แชร์

CHAPITRE 3 — L'Abandon du Moulin

ผู้เขียน: Torres NGABA (TNT)
last update วันที่เผยแพร่: 2026-02-21 12:19:36

Elle y retourna le lendemain soir.

Elle savait que c'était une mauvaise idée. Elle s'était dit exactement ça en fermant la clinique, en enfilant sa veste, en prenant le chemin de la forêt pour la deuxième fois en trois jours. Mauvaise idée, Zola. Elle avait même prononcé les mots à voix haute, dans le vide de la rue déserte, et s'était quand même mise en marche.

Il y avait quelque chose en elle, depuis la nuit du moulin, qui n'obéissait plus tout à fait aux ordres habituels.

Elle ne cherchait pas le sentier cette fois. Elle cherchait l'ancien moulin au bout du sous-bois, bâtisse abandonnée depuis vingt ans que les gamins de Downtown évitaient parce que selon la rumeur, elle était hantée. Zola ne croyait pas aux fantômes. Elle croyait à des choses bien plus concrètes et bien plus terrifiantes — elle avait grandi dans la maison d'un chasseur, après tout.

Elle trouva le moulin dans le crépuscule naissant. Une silhouette se découpait contre la pierre grise, appuyée au chambranle de la porte éventrée, les bras croisés.

Il l'attendait.

— Je savais que tu viendrais, dit Jospain.

— Arrête ça.

— Arrêter quoi ?

— De dire des choses comme si tu savais tout à l'avance. C'est agaçant.

Quelque chose passa sur ses traits. Pas un sourire — il ne semblait pas être quelqu'un qui souriait facilement — mais quelque chose de léger quand même, une détente infime dans la ligne de sa mâchoire. Zola réalisa que c'était peut-être la première fois qu'elle provoquait quelque chose de ressemblant à de l'amusement chez lui.

— Bien, dit-il. Alors pose tes questions.

Elle entra dans le moulin sans y être invitée, parce qu'elle n'allait pas rester dehors dans le froid à avoir cette conversation. L'intérieur sentait la poussière et le vieux bois, mais quelqu'un avait allumé deux lanternes de camping qui posaient une lumière chaude sur les murs de pierre. Un sac de matériel dans un coin. Des couvertures. Il avait campé ici.

— Tes blessures d'avant-hier, dit-elle. Tu peux m'expliquer comment elles ont guéri en quelques heures ?

— Quel genre d'explication tu veux ?

— La vraie.

Il la regarda depuis le seuil. Il n'était pas entré, elle remarqua. Il restait dehors, comme s'il y avait une ligne invisible qu'il ne voulait pas franchir.

— Qu'est-ce que tu penses déjà ? dit-il.

— Je pense que tu n'es pas ordinaire.

— Ça, c'est certain.

— Je pense que ce que j'ai vu — tes blessures se refermer — n'est pas possible pour un être humain normal.

— Exact.

— Alors ?

Il y eut un silence. Dehors, le vent déplaçait les branches avec un murmure long et régulier. Jospain avait les yeux sur elle, ce regard-là, ce regard d'or qui pesait et qui attendait en même temps. Il évaluait quelque chose. Elle ne savait pas quoi exactement.

— Tu as peur de moi ? dit-il enfin.

— Non.

— Tu mens ?

— Non, dit-elle, et c'était vrai, ce qui était peut-être en soi une forme de problème. Je devrais avoir peur. Je n'ai pas peur. C'est une distinction importante.

— Pourquoi tu devrais avoir peur ?

— Parce que tu es fort, que je ne sais pas ce que tu es, et que je suis seule dans un bâtiment abandonné avec toi.

— Pourtant tu es venue.

— Pourtant je suis venue.

Il se décida. Il entra dans le moulin, et dans l'espace soudain réduit entre les quatre murs, il était encore plus grand que dans son souvenir. Elle dut lever la tête pour maintenir le contact visuel, ce qu'elle fit, parce qu'elle n'avait aucune intention de baisser les yeux devant qui que ce soit.

— Zola, dit-il. Bamba.

La façon dont il dit son nom de famille — lentement, avec une légère hésitation, comme si le mot avait un goût particulier dans sa bouche — lui fit l'effet d'un avertissement qu'elle n'arrivait pas encore à déchiffrer.

— Oui.

— Kofi Bamba est ton père.

Ce n'était pas une question.

Zola sentit quelque chose se contracter dans sa poitrine. — Tu le connais.

— Je connais ce nom.

— Réponds à ma question. Ce que tu es.

Il s'arrêta à deux mètres d'elle. Suffisamment proche pour qu'elle perçoive la chaleur qui se dégageait de lui — anormalement chaude, comme si son corps produisait plus d'énergie qu'un corps humain ordinaire. Son regard descendit vers sa main, et il leva lentement les doigts de sa main droite. Elle les regarda.

Les ongles s'allongèrent. Noircirent. Devinrent des griffes.

Zola ne recula pas. Elle regardait les griffes avec cette partie froide et professionnelle de son cerveau qui cataloguait, analysait, cherchait une explication rationnelle et n'en trouvait pas.

Puis les griffes disparurent. Ses ongles redevinrent normaux.

— Tu as ta réponse, dit-il.

— Loup-garou.

— Le terme que les humains utilisent, oui.

— Et la meute Sewero — il y a d'autres personnes comme toi dans cette ville.

— Oui.

Elle hocha la tête lentement. Les pièces s'assemblaient d'une façon qu'elle n'aimait pas du tout — ou plutôt qu'elle aimait trop, et c'était ça le problème.

— Mon père te cherche, dit-elle. Tu le sais ?

— Je m'en doutais en voyant son nom.

— Alors tu devrais partir. Disparaître. Emmener ta meute ailleurs.

Quelque chose passa dans ses yeux d'or — une ombre, rapide, intense. Il dit : — Est-ce que c'est ce que tu veux ? Que je parte ?

Elle aurait dû dire oui. La réponse logique, la réponse sûre, la réponse que Kofi Bamba aurait voulue entendre était oui, absolument, pars et n'y reviens jamais.

Sa bouche refusa de former ce mot.

— Ce que je veux n'est pas la question. Ce qui est sûr pour toi et ta meute, oui.

— Et si je te disais que ce n'est pas ma priorité ?

— Je te dirais que tu es imprudent.

— Peut-être. — Il la regarda d'une façon étrange, d'une façon qui lui fit l'impression qu'il regardait quelque chose qu'elle ne pouvait pas voir elle-même. — Ou peut-être que je suis exactement là où je dois être.

— Jospain. Pars.

— Non.

Le mot, court et absolu, avait quelque chose de son père. Cette même façon d'occuper toute la place dans une décision, de fermer toutes les portes avec une syllabe. Elle comprit à cet instant qu'il ne partirait pas — pas parce qu'il était inconscient du danger, mais parce qu'il avait décidé que quelque chose était plus important que le danger.

Elle ne sut pas si ça la terrifiait ou si ça l'impressionnait.

Les deux, probablement.

— Alors éloigne-toi de moi, dit-elle. Si tu refuses de partir, au moins...

— Ça non plus, dit-il tranquillement. Je ne peux pas faire ça non plus.

Elle ouvrit la bouche. La referma. Il y avait quelque chose dans le fond de ces yeux d'or, quelque chose qui ressemblait à une douleur ancienne mêlée à quelque chose d'autre, quelque chose de neuf et d'impérieux. Quelque chose qu'il refusait clairement de lui expliquer ce soir.

— Pour ta propre sécurité, dit-elle.

— Ce n'est pas pour ma sécurité que tu le demandes.

Elle ne répondit pas. Il avait raison, et ils le savaient tous les deux, et c'était précisément ça qui était le plus dangereux dans tout cet échange : pas ses griffes, pas sa nature, pas la meute de son père qui se refermait sur la sienne comme un piège.

Mais lui, qui lisait en elle comme dans une page ouverte, et elle qui n'avait pas envie qu'il arrête.

Elle repartit sans lui dire au revoir. À mi-chemin sur le sentier, elle entendit sa voix derrière elle, portée par le vent froid du soir.

— Zola. Fais attention à toi.

Elle ne répondit pas. Elle pressa le pas.

Cette nuit-là, son père posa un dossier sur la table du dîner. Il l'ouvrit devant elle avec ce geste calme qu'il avait — jamais dramatique, jamais théâtral, juste précis.

— Les Sewero ont posé leur territoire au nord de la ville, dit-il. Près du vieux moulin.

Zola leva les yeux vers lui.

— Tu connaissais l'endroit ? dit son père.

— Non, dit-elle.

Ce fut son deuxième mensonge. Et contrairement au premier, celui-là lui brûla la langue.

อ่านหนังสือเล่มนี้ต่อได้ฟรี
สแกนรหัสเพื่อดาวน์โหลดแอป

บทล่าสุด

  • L'Alpha de la Nuit : Désirs Interdits   CHAPITRE 67 — La Visite De Duvivier

    Il envoya une lettre d'abord — une vraie lettre, papier épais, écriture régulière — pour demander si une visite était acceptable. Il ne voulait pas arriver sans permission.Zola lui répondit par oui.Il arriva le premier samedi d'août, en début d'après-midi. Pas sous un alias cette fois — Sander Duvivier, son vrai nom, dans l'entrée de leur maison avec une bouteille de vin et quelque chose de presque cérémonieux dans la façon dont il tendit la bouteille.— Je ne sais pas ce que vous buvez, dit-il. J'ai demandé à quelqu'un qui connaît.— Du rouge, ça tombe bien, dit Zola.Jospain l'accueillit avec une poignée de main — ni froide ni chaleureuse, quelque chose de juste entre les deux, la façon dont on accueille quelqu'un dont on a décidé de penser du bien sans avoir eu encore assez de temps pour que ce soit automatique.Ifeoma dormait. Duvivier la regarda dans son berceau portable avec une expression que Zola lui avait déjà vue — cette façon de regarder les enfa

  • L'Alpha de la Nuit : Désirs Interdits   CHAPITRE 66 — Ce Que Thandi Gardait

    Ce fut une conversation un jeudi après-midi, dans la cuisine de Zola, avec Ifeoma endormie dans la pièce voisine et du thé froid entre elles parce que ni l'une ni l'autre n'avait pensé à le reboire.Thandi dit, sans préambule, sans avoir annoncé qu'elle allait dire quelque chose :— Je suis amoureuse de Jabari.Zola posa sa tasse. La reprit. La reposa.— Depuis quand ?— Depuis le premier soir où j'ai su qui il était vraiment. La nuit de la carrière. — Thandi regardait son thé. — Avant, quand c'était juste l'ami de l'homme mystérieux de la forêt, c'était de la curiosité. Après, quand j'ai compris ce qu'il portait — son frère, sa façon d'être, comment il parle de Kojo — c'est devenu autre chose.— Est-ce qu'il sait ?— Non. — Thandi leva les yeux. — Est-ce que tu penses que ça a du sens ? Objectivement.— Objectivement, dit Zola, Jabari est quelqu'un de bien. Il est discret, loyal, et il a plus de profondeur qu'il ne le montre. Ça, objectivement.—

  • L'Alpha de la Nuit : Désirs Interdits   CHAPITRE 65 — Le Premier Signe d'Ifeoma

    Ce fut un mardi de juillet, à quatre semaines exactement.Segun était passé pour un rapport — quelque chose de banal sur les patrouilles du territoire — et il s'était assis dans le salon pendant cinq minutes avec Ifeoma dans les bras, parce que Zola avait besoin de ses deux mains et qu'il avait proposé.Segun tenait des bébés comme il tenait tout le reste — avec une efficacité pratique qui ne demandait pas à être belle pour fonctionner. Ifeoma était stable dans ses bras, calme.Puis Segun dit quelque chose à voix basse. Zola ne l'entendit pas depuis la cuisine. Mais elle entendit Ifeoma.Pas un pleur. Pas un son de nouveau-né ordinaire. Quelque chose de plus bas, presque inaudible, qui venait du fond de la petite gorge — un son qui n'était pas humain dans sa qualité, même si aucun médecin ordinaire n'aurait su le définir autrement.Elle entra dans le salon. Segun avait une expression qu'elle ne lui avait jamais vue — pas de la peur, quelque chose de plus nuancé.

  • L'Alpha de la Nuit : Désirs Interdits   CHAPITRE 64 — Jabari Et Son Fils

    Il arriva à Downtown la première semaine de juillet.Zola ne savait pas que Jabari avait arrangé ça — elle le sut après coup, par Jospain, qui lui dit simplement : Jabari a demandé une autorisation de déplacement pour son fils. Je lui ai dit oui sans hésitation.Le fils s'appelait Kojo. Il avait cinq ans, et il arriva avec sa grand-mère — une femme solide et silencieuse du nom d'Aba, qui regarda le territoire sud et la maison de Zola et Jospain avec des yeux qui prenaient la mesure des choses avant de les accepter.Jabari fut différent ce jour-là. Zola l'avait vu dans beaucoup de configurations — en combat, en réunion, en deuil silencieux pour son frère Keita. Elle ne l'avait jamais vu avec son fils dans les bras. Ce que ça faisait à son visage — cette ouverture complète qui disparaissait dans ses autres états — lui serra quelque chose dans la gorge.Kojo avait les yeux vifs de son père et une façon de regarder les gens qui évaluait tout à toute vitesse. Il s'arrêta

  • L'Alpha de la Nuit : Désirs Interdits   CHAPITRE 63 — Ce Que Le Conseil Décida

    La lettre du Conseil arriva à trois semaines de la naissance d'Ifeoma.Pas Asante cette fois — le courrier officiel du secrétariat, avec le sceau et le format formel qu'elle avait appris à reconnaître. Kofi l'apporta en personne, ce qui signifiait qu'il l'avait lue et qu'il voulait être là quand sa fille la lirait aussi.Zola la lut debout dans la cuisine, Ifeoma dans les bras, pendant que Jospain lisait par-dessus son épaule.Le Conseil, à l'issue de son investigation interne sur les activités du Sous-comité d'Évaluation des Phénomènes Liminaux — officiellement dissous par décision unanime — transmettait plusieurs choses.Premièrement, une reconnaissance formelle de l'alliance opérationnelle de Downtown comme modèle expérimental valide. Une coopération entre une structure de chasse établie et une meute Alpha documentée, produisant des résultats mesurables en termes de réduction des incidents surnaturels incontrôlés. En termes administratifs du Conseil, c'était un él

  • L'Alpha de la Nuit : Désirs Interdits   CHAPITRE 62 — Le Lien Qui Grandit

    À deux semaines, quelque chose changea.Amara l'avait prédit — le lien de seuil qui se stabilisait, la nature d'Ifeoma qui commençait à se manifester distinctement. Ce fut un matin ordinaire, Zola dans la cuisine avec le café, Jospain sorti pour un tour rapide du territoire, quand elle sentit quelque chose.Pas en elle. En Ifeoma.La petite fille était dans son berceau dans la pièce voisine. Elle ne pleurait pas. Elle ne faisait pas de bruit. Mais Zola la sentait — cette conscience directe, plus précise qu'elle ne l'avait jamais été pendant la grossesse, comme si le lien qui avait été interne était maintenant externe mais toujours aussi fort.Elle alla dans la pièce. Ifeoma était éveillée, les yeux ouverts vers le plafond, avec ce regard que les nourrissons ont quand ils regardent quelque chose qu'on ne voit pas.Zola s'accroupit au bord du berceau. — Tu regardes quoi ?Ifeoma tourna les yeux vers elle.Dans la lumière de la chambre, ce matin-là, pour la

บทอื่นๆ
สำรวจและอ่านนวนิยายดีๆ ได้ฟรี
เข้าถึงนวนิยายดีๆ จำนวนมากได้ฟรีบนแอป GoodNovel ดาวน์โหลดหนังสือที่คุณชอบและอ่านได้ทุกที่ทุกเวลา
อ่านหนังสือฟรีบนแอป
สแกนรหัสเพื่ออ่านบนแอป
DMCA.com Protection Status