Beranda / Loup-garou / L'EMPRISE DU MILLIARDAIRE ALPHA / Chapitre 5 : Le Refus et la Contre-Offre

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Chapitre 5 : Le Refus et la Contre-Offre

Penulis: Queenoflove842
last update Tanggal publikasi: 2026-01-09 18:27:12

Deux jours s'écoulèrent comme un cauchemar éveillé.

Quarante-huit heures pendant lesquelles Élise ne dormit pratiquement pas, tournant et retournant le contrat dans ses mains jusqu'à ce que le papier commence à se froisser. Quarante-huit heures à peser chaque mot, chaque clause, chaque implication de ce qui lui était proposé.

Luna avait été d'un soutien ambigu, oscillant entre le "c'est complètement fou, refuse" et le "mais pense à tout ce que tu pourrais faire avec cet argent". Élise lui en voulait presque de ne pas être plus catégorique dans un sens ou dans l'autre.

Le mercredi soir, comme chaque semaine, Élise se rendit au Mount Sinai Hospital pour voir sa mère. Elle prit le métro bondé, serrant son sac contre elle, le contrat caché au fond comme un secret honteux.

Catherine Monroe était éveillée lorsqu'elle entra dans sa chambre. La maladie l'avait terriblement amaigrie, mais ses yeux – les mêmes yeux bleus qu'Élise – brillaient toujours de cette douceur qui avait bercé toute son enfance.

— Ma chérie, murmura-t- elle en lui tendant une main tremblante.

Élise la prit délicatement et s'assit sur la chaise à côté du lit, celle qui portait l'empreinte de toutes ses visites.

— Comment tu te sens aujourd'hui, maman ?

— Mieux, mentit- elle avec un sourire fatigué. Les infirmières sont adorables. Elles m'ont apporté de la glace à la vanille ce matin.

Élise sourit, mais son cœur se serra. Sa mère avait toujours été ainsi, minimisant sa propre souffrance pour ne pas l'inquiéter. Même maintenant, alors que le cancer la dévorait de l'intérieur.

Elles parlèrent de tout et de rien. Élise lui raconta des anecdotes de la galerie, évitant soigneusement de mentionner le gala, Damien Blackwood, ou la proposition qui hantait chacune de ses pensées. Sa mère lui parla de l'infirmière de nuit qui lui lisait des poèmes de Rumi, de la vue sur Central Park qu'elle pouvait apercevoir de sa fenêtre.

— Tu as l'air fatiguée, Élie, observa-t- elle après un moment. Quelque chose te tracasse ?

Élise hésita. Elle ne lui avait jamais menti, mais comment lui expliquer ça ?

— C'est juste... le travail. Les factures. Tu sais comment c'est.

Les yeux de sa mère se remplirent de larmes.

— Je suis tellement désolée, mon bébé. Si j'avais pu éviter tout ça...

— Maman, non, la coupa Élise en serrant sa main plus fort. Ce n'est pas ta faute. Rien de tout ça n'est ta faute.

— Je me sens tellement inutile. Tellement... coupable de te faire porter ce fardeau.

— Tu n'es pas un fardeau. Tu es ma mère. Et je ferais n'importe quoi pour toi.

N'importe quoi.

Les mots résonnèrent dans sa tête avec un poids nouveau.

Elle resta jusqu'à ce que sa mère s'endorme, épuisée par la simple conversation. Avant de partir, elle s'arrêta au bureau des infirmières.

— Comment va-t- elle vraiment ? demanda-t- elle à l'infirmière en chef, une femme compétente nommée Sharon qu'elle avait appris à connaître au fil des mois.

Sharon eut cette expression qu'elle redoutait, ce mélange de compassion et de professionnalisme clinique.

— Élise... nous faisons tout notre possible pour la garder confortable. Mais le cancer progresse. Sans un traitement plus agressif, plus expérimental...

Elle laissa la phrase en suspens, mais Élise comprit. Plus cher.

— Combien de temps ? murmura-t- elle.

— Peut-être trois mois. Peut-être six si nous avons de la chance.

Élise hocha la tête, incapable de parler. Sharon posa une main réconfortante sur son épaule.

— Il y a de nouveaux protocoles d'immunothérapie qui montrent des résultats prometteurs pour ce type de cancer. Mais ils ne sont pas couverts par l'assurance, et...

— Combien ? coupa Élise.

— Au moins 200 000 dollars pour le traitement complet.

Le chiffre la frappa comme un coup de massue. 200 000 dollars. Une somme qu'elle n'aurait jamais. Jamais, sauf...

Sauf si tu acceptes.

Elle quitta l'hôpital dans un état second, marchant sans but précis dans les rues de Manhattan. Ses pas la menèrent devant la Blackwood Tower, gratte-ciel de verre et d'acier qui se dressait comme un monolithe vers le ciel nocturne.

Quatre-vingt-dix étages. Damien Blackwood était là-haut, quelque part, dans son bureau ou son penthouse, vivant dans un monde où 200 000 dollars n'étaient qu'une goutte d'eau dans un océan de richesses.

Le portable d'Élise vibra. Un message de Marcus Chen :

"Monsieur Blackwood attend votre réponse. Le délai expire dans quatre heures."

Froid. Impersonnel. Comme tout dans cet univers.

Élise regarda l'écran, puis le gratte-ciel, puis à nouveau l'écran. Ses doigts tremblaient lorsqu'elle composa le numéro inscrit dans le message.

Une sonnerie. Deux.

— Élise, répondit la voix grave de Damien, et quelque chose dans son ton suggérait qu'il avait attendu cet appel.

— Je... j'ai lu le contrat.

— Et ?

Un silence. Dans ce simple mot, il y avait une attente, presque palpable.

— Je ne peux pas accepter, lâcha Élise d'une traite.

Le silence qui suivit fut assourdissant. Élise ferma les yeux, s'attendant à ce que Damien raccroche, à ce que tout s'arrête là.

— Pourquoi ? demanda finalement l'alpha, sa voix dangereusement calme.

— Parce que je ne suis pas à vendre. Parce que ce que vous proposez est... c'est obscène. Vous voulez faire de moi un objet, une possession que vous contrôlez selon votre bon vouloir. Je vaux plus que ça.

— Je vois, dit Damien après un moment. C'est votre dernier mot ?

— Oui, répondit Élise, même si chaque fibre de son être hurlait de protester.

— Très bien. Dans ce cas, bonne chance, Élise Monroe. J'espère que votre fierté vous tiendra chaud les nuits où vous ne pourrez pas payer le chauffage.

Le ton était glacial, blessant, et Élise sentit quelque chose se briser en elle.

— Allez vous faire foutre, siffla-t- elle avant de raccrocher.

Elle resta plantée là, tremblant de rage et de désespoir, son téléphone serré si fort dans sa main que ses jointures blanchirent. Elle avait fait le bon choix. Le choix digne. Le choix honorable.

Alors pourquoi se sentait- elle comme si elle venait de commettre la plus grande erreur de sa vie ?

---

Vingt minutes plus tard, alors qu'Élise était dans le métro qui la ramenait à Brooklyn, son téléphone sonna à nouveau. Numéro inconnu.

Elle décrocha, irritée.

— Quoi ?

— Mademoiselle Monroe, ici Sharon, du Mount Sinai, répondit la voix surprise de l'infirmière. Je... je voulais vous informer qu'il s'est passé quelque chose d'extraordinaire.

Le cœur d'Élise se serra.

— Ma mère...

— Oh non, elle va bien ! Enfin, aussi bien que possible. C'est juste que... nous venons de recevoir un don. Un don anonyme destiné spécifiquement au traitement de Catherine Monroe.

Le monde s'arrêta de tourner.

— Un... don ?

— Oui. Un million de dollars. Avec des instructions explicites pour utiliser les fonds pour le nouveau protocole d'immunothérapie, les meilleurs oncologues disponibles, et tous les soins palliatifs nécessaires. Je... je n'ai jamais rien vu de tel.

Non.

— Qui ? demanda Élise d'une voix blanche. Qui a fait ce don ?

— C'est anonyme, comme je vous l'ai dit. Le virement vient d'un compte offshore. Mais Élise... c'est un miracle. Votre mère va avoir une chance. Une vraie chance.

Élise raccrocha sans répondre, ses mains tremblant si fort qu'elle faillit laisser tomber son téléphone. Autour d'elle, les autres passagers du métro la regardaient avec curiosité, mais elle ne les voyait pas.

Damien.

Ça ne pouvait être que lui. Qui d'autre aurait pu ? Qui d'autre aurait su ?

Un nouveau message apparut sur son écran. Toujours Marcus Chen :

"Monsieur Blackwood souhaite que vous sachiez que ce don n'a aucune condition attachée. Votre mère recevra les meilleurs soins possibles, que vous acceptiez sa proposition ou non. Il vous respecte suffisamment pour ne pas utiliser cela comme levier de chantage."

Un second message suivit immédiatement :

"Cependant, M. Blackwood a une nouvelle proposition. 10 millions de dollars au lieu de 5. Les termes du contrat restent les mêmes. Cette offre expire demain à midi. Réfléchissez bien."

Élise fixa l'écran, incrédule.

Dix millions.

Et le traitement de sa mère déjà payé.

C'était...

C'était la manipulation la plus cruelle et la plus brillante qu'elle ait jamais vue. Damien lui donnait ce qu'elle voulait – les soins pour sa mère – tout en éliminant la raison principale qui aurait pu justifier l'acceptation du contrat. Et dans le même mouvement, il doublait l'offre, rendant le refus encore plus difficile.

Élise voulait le détester. Voulait être furieuse de cette manipulation éhontée.

Mais tout ce qu'elle ressentait, c'était une admiration horrifiée pour le génie machiavélique de cette manœuvre.

---

Elle rentra chez elle dans un état second. Luna était sortie, laissant un mot sur la table de la cuisine : "Chez Sophie pour dîner. Rentre tard. Des restes de pizza dans le frigo."

Élise n'avait pas faim. Elle s'effondra sur le canapé, fixant le plafond où une tache d'humidité formait une carte abstraite de son désespoir.

Dix millions de dollars.

Avec cet argent, elle pourrait recommencer sa vie après l'année. Reprendre ses études. Ouvrir sa propre galerie. Vivre sans le poids constant de l'inquiétude financière.

Une année. Douze mois de sa vie.

"Aucun attachement émotionnel ne devra être développé par aucune des parties..."

Pouvait- elle faire ça ? Vivre avec Damien, partager son lit, accompagner ses événements, tout en gardant son cœur verrouillé ?

Ses instincts d'oméga lui criaient déjà que c'était impossible. Que Damien Blackwood était dangereux précisément parce qu'il était compatible. Que tomber amoureuse de cet alpha serait aussi inévitable que douloureux.

Mais peut-être... peut-être qu'elle pourrait se protéger. Garder une distance émotionnelle. Considérer cela comme un travail, rien de plus.

Qui essaies-tu de convaincre ?

Son téléphone vibra encore. Cette fois, un message directement de Damien :

"Je sais que vous me détestez en ce moment. C'est compréhensible. Mais sachez une chose : je n'ai pas payé pour le traitement de votre mère pour vous manipuler. Je l'ai fait parce qu'aucun enfant ne devrait avoir à choisir entre sa dignité et la vie de sa mère. Votre mère vivra, Élise. Que vous acceptiez ou non. Maintenant, la question est : que voulez-vous pour VOUS ?"

Élise lut et relut le message, cherchant le piège, la manipulation cachée. Mais elle n'en trouva pas. Juste une franchise brutale qui lui ressemblait tellement.

Que veux-tu pour toi ?

Elle ne savait plus. Elle ne savait plus rien.

---

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