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chapitre 6

last update 게시일: 2026-01-19 14:55:17

Cette nuit-là, Élise ne dormit pas. Elle resta éveillée jusqu'à l'aube, regardant les premières lueurs du jour teinter le ciel new-yorkais de rose et d'or.

À 10h du matin, elle prit une douche brûlante, enfila ses meilleurs vêtements – dérisoires comparés au monde dans lequel elle s'apprêtait à pénétrer – et sortit.

Elle savait où elle devait aller.

La Blackwood Tower se dressait devant elle, intimidante et imposante. Le hall d'entrée était un chef-d'œuvre de marbre et de verre, avec une immense sculpture abstraite en son centre. Des dizaines de personnes en costume allaient et venaient, tous absorbés dans leurs affaires importantes.

Élise s'approcha du bureau de réception où une jeune femme impeccable l'accueillit avec un sourire professionnel.

— Bonjour, comment puis-je vous aider ?

— Je... j'ai rendez-vous avec Damien Blackwood, mentit- elle.

— Votre nom ?

— Élise Monroe.

La femme tapa sur son ordinateur, et son expression changea immédiatement. Surprise, puis respect.

— Oh, Mademoiselle Monroe ! Bien sûr. Monsieur Chen a laissé des instructions. Veuillez suivre l'agent de sécurité jusqu'aux ascenseurs privés. Il vous conduira directement au quatre-vingt-dixième étage.

Tout était orchestré. Damien savait qu'elle viendrait. Cette certitude aurait dû irriter Élise, mais étrangement, elle la rassurait. Au moins, l'un d'eux deux savait où tout cela menait.

L'ascenseur privé était aussi luxueux que la Bentley – panneaux de bois précieux, miroirs dorés, et une ascension si fluide qu'Élise sentit à peine le mouvement. Les chiffres défilaient : 50... 60... 70... 80... 90.

Les portes s'ouvrirent sur un espace à couper le souffle.

Le quatre-vingt-dixième étage était entièrement ouvert, un loft gigantesque avec des plafonds de six mètres de haut. Un côté était clairement la zone de bureau – bureaux en verre, écrans multiples, bibliothèque remplie de livres rares. L'autre côté était plus personnel – canapés de cuir italien, bar de marbre noir, œuvres d'art contemporain aux murs.

Et au centre, devant les immenses baies vitrées offrant une vue à 360 degrés sur tout Manhattan, se tenait Damien Blackwood.

Il portait un pantalon de costume gris anthracite et une chemise blanche dont les manches étaient retroussées sur des avant-bras musclés. Ses cheveux étaient légèrement ébouriffés, comme s'il y avait passé la main à plusieurs reprises. Il ne se retourna pas immédiatement, laissant Élise s'avancer.

— Je me demandais si vous viendriez, dit-il finalement, sa voix résonnant dans l'espace.

— Vous saviez que je viendrais, répliqua Élise.

Damien se retourna enfin, et Élise fut frappée par l'intensité de son regard. Il y avait de la fatigue là, comme s'il n'avait pas dormi non plus.

— Espérer n'est pas savoir, murmura l'alpha.

Ils se fixèrent à travers l'espace qui les séparait, l'air chargé de non-dits et de possibilités.

— Pourquoi avez-vous payé pour ma mère ? demanda Élise. La vraie raison.

Damien s'avança lentement, chacun de ses pas mesuré, prédateur.

— Parce que j'ai perdu mon frère par manque de moyens financiers, même si je ne l'ai compris que plus tard. Parce que personne ne devrait avoir à regarder quelqu'un qu'il aime mourir quand il existe une possibilité de le sauver. Et parce que...

Il s'arrêta à quelques pas d'Élise.

— Parce que je voulais que votre choix soit libre. Vraiment libre. Pas dicté par le désespoir.

— Et maintenant ? Quel est mon choix ?

Un sourire lent, dangereux, étira les lèvres de Damien.

— C'est pour ça que vous êtes là, non ? Vous avez déjà choisi, Élise. Sinon, vous seriez restée chez vous.

C'était vrai. Dieu, c'était tellement vrai que ça faisait mal.

— Dix millions, dit Élise, sa voix à peine plus qu'un murmure. Un an. Et après, je suis libre.

— Complètement libre, confirma Damien.

— Et pendant cet an... vous me traiterez avec respect. Je ne suis pas votre propriété.

— Vous êtes ma responsabilité, corrigea Damien. Nuance importante.

Élise prit une profonde inspiration, sentant qu'elle était sur le point de franchir un point de non-retour.

— J'ai une condition supplémentaire.

Les sourcils de Damien se haussèrent, surpris.

— Je vous écoute.

— Si... si à un moment pendant cette année, l'un de nous deux développe des sentiments réels, l'autre doit être honnête. Pas de mensonges. Pas de manipulation. Juste la vérité.

Quelque chose de complexe passa dans les yeux de Damien.

— Vous pensez que c'est possible ? Développer des sentiments dans un arrangement contractuel ?

— Je pense que nous sommes compatibles d'une façon que ni vous ni moi ne pouvons vraiment contrôler. Et je refuse de vivre dans le mensonge pendant un an.

Damien s'approcha encore, jusqu'à ce qu'il soit assez proche pour que leurs souffles se mêlent. Ses phéromones enveloppèrent Élise comme une caresse possessive.

— D'accord, murmura-t-il. Honnêteté totale. Vous avez ma parole.

Il tendit la main.

— Marché conclu, Élise Monroe ?

Élise regarda cette main tendue. Grande, forte, capable de signer des contrats de milliards de dollars et de briser des empires. Une main qui pourrait aussi la tenir, la caresser, la posséder.

Elle prit une dernière inspiration de femme libre, et glissa sa main dans celle de Damien.

— Marché conclu.

La poigne de Damien était ferme, chaude, et électrique. Pendant un long moment, ils restèrent ainsi, mains jointes, scellant un pacte qui changerait leurs deux vies à jamais.

— Bienvenue dans mon monde, Élise, murmura Damien. J'espère que vous êtes prête.

Élise n'était pas prête. Pas du tout. Mais il était trop tard pour reculer maintenant.

L'année venait de commencer.

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