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CHAPITRE 24 : LE RIDEAU DE VERT

last update publish date: 2026-02-07 08:50:05

​Le "Faucon d'Ébène" fendait les nuages au-dessus du bassin du Congo, une mer de verdure infinie qui semblait vouloir engloutir le ciel. À cette vitesse, le paysage n'était qu'un flou émeraude, mais pour Ngaba, chaque kilomètre parcouru était une plongée vers un passé qu'il avait tenté d'oublier.

​— On perd le signal, grogna Silas, les yeux rivés sur les moniteurs holographiques du cockpit. L'hélicoptère de Shana vient d'entrer dans une zone d'interférence magnétique naturelle. C’est comm
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    Le lendemain matin, la boue de Bonapriso semblait plus lourde, comme si elle portait le poids des menaces de la nuit. Ngaba se tenait debout dans la cour, une tasse de café noir fumant entre les mains. Il regardait Kofi qui jouait près du manguier, ramassant des feuilles tombées et les collant sur son petit maillot de lutte. Oxane préparait le ndolé du matin, l’odeur d’arachide et de feuilles amères emplissant l’air, mais son regard revenait sans cesse vers la ruelle où les trois Koffi avaient fui.Shana revint d’une courte sortie dans le quartier. Son pagne était taché de boue fraîche, et elle tenait un petit morceau de papier froissé.« J’ai contacté les anciens. Deux d’entre eux acceptent de venir. Ils disent que les Koffi ne sont pas seuls. Ils ont trouvé des alliés chez les vieux clans du nord, ceux qui ont perdu des affaires quand la Dynastie d’Ébène a repris le contrôle. Ils parlent de vengeance silencieuse. Pas une attaque frontale. Quelque chose de plus vi

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    Le soleil se levait à peine sur Bonapriso, jetant une lumière orangée sur la boue rouge encore humide de la rosée nocturne. Ngaba était déjà debout, torse nu, assis sur un petit tabouret en bois devant le manguier. Ses mains calleuses reposaient sur le tronc rugueux, paumes ouvertes, comme s’il écoutait le cœur de l’arbre. La cour portait encore les traces de la fête : des miettes de gâteau écrasées dans la terre, une guirlande déchirée qui pendait mollement, et l’odeur persistante de poisson braisé et de bissap sucré.Kofi dormait toujours à l’intérieur, blotti contre Oxane sous le pagne fin. Shana montait la garde près de la porte, les yeux mi-clos mais l’esprit alerte. Ngaba avait à peine dormi. La rencontre avec l’ombre du port tournait en boucle dans sa tête. Cette graine chez son fils n’était pas une menace pour l’instant, mais elle était réelle. Et les restes du Vide étaient patients.Il ferma les yeux. Le chant des racines revint, plus clair ce matin, comme

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