FAZER LOGINLes deux corps roulent au sol, griffes et crocs s’entrechoquant, la poussière s’élève. La meute retient son souffle, pétrifiée. L’air est saturé de rage, de sueur, de sang.Noah tremble, ses jambes flanchent, il tombe presque à genoux, retenu par un garde.— Arrêtez… arrêtez, je vous en prie… Vous allez vous tuer tous les deux…Mais ses mots se perdent dans le vacarme. Les rugissements, les impacts, les craquements d’os qui ploient sous la force. Les flammes des torches dansent sur leurs silhouettes, projetant des ombres monstrueuses qui semblent avaler la clairière.Et au milieu de ce chaos, Noah sent l’enfant se crisper encore, comme s’il refusait lui aussi ce monde de haine. Ses larmes redoublent, son cœur éclate.Eliza, toujours agenouillée, serre plus fort ses mains.— Par la lune… par tout ce qui est sacré… protège-le… protège-les…Mais la lune, impassible, regarde en silence.Et le duel continue, sauvage, implacable, tandis que le cercle retient captif deux hommes qui s’entre
Noah avance vers lui, titubant presque. Ses mains cherchent à attraper celles de Marcus, mais l’alpha reste figé.— Marcus… arrête, je t’en supplie. Tu n’as plus la force. Ce n’est pas comme ça que ça doit finir. Pas toi, pas lui. Je t’en prie…Le regard de Marcus s’adoucit un instant, juste un instant. Puis ses lèvres se plissent en une ligne douloureuse.— Si je perds… au moins tu sauras que je me suis battu pour toi. Jusqu’au bout.Noah secoue la tête frénétiquement, sa respiration coupée.— Non ! Je ne veux pas que tu te battes pour moi. Je veux que tu vives. Toi aussi, Adrian !Ses cris résonnent dans le silence, mais les deux alphas restent inébranlables. Leurs yeux se croisent, et tout est dit : ni l’un ni l’autre n’abandonnera. La fierté, l’orgueil, l’honneur, mais aussi leur amour pour Noah, les enchaînent à ce combat inévitable.Autour d’eux, la meute se disperse, formant un large cercle. Le cérémonial commence. Des chants graves, des murmures anciens, le craquement des t
Un instant, la silhouette élancée d’Eliza apparaît, adossée au mur, ses bras croisés sous sa poitrine. Ses yeux luisent dans la pénombre, avides. Elle s’approche lentement, son parfum envahissant l’air. Quand l’exercice cesse un moment, que Marcus reprend son souffle, elle glisse d’une voix basse, douce comme une caresse :— Tu devrais te reposer. Tu ne peux pas gagner dans cet état… mais tu n’as pas besoin de gagner pour garder quelqu’un à tes côtés.Marcus se détourne, essuyant son front du revers de sa main. Son regard reste fixé sur le sol, refusant d’accrocher celui de la jeune femme.— Eliza, tu devrais rentrer. Ce n’est pas ta place ici.Elle sourit, mais il y a de l’amertume dans ses lèvres rouges. Elle s’approche encore, son ombre se mêlant à la sienne.— Je peux être à ta place, Marcus. Tu n’as qu’à me laisser. Je… je peux te donner ce que Noah refuse de t’offrir.Le silence tombe lourdement. Marcus se fige, puis relève enfin la tête, ses yeux clairs la transperçant d’une
La nuit est lourde, moite, comme si l’air lui-même pressait sur la poitrine de Noah. Dans la petite chambre où Adrian l’a installé, il n’arrive pas à trouver le sommeil. Son corps le trahit sans cesse : frissons, sueurs froides, haut-le-cœur qui le forcent à se lever précipitamment pour vomir dans la salle de bain. Ses mains tremblent lorsqu’il s’agrippe au lavabo, ses yeux rougis par la fatigue et les larmes. Il se redresse, haletant, fixant son reflet. Son ventre à peine arrondi n’est encore qu’une promesse, mais pour lui, il porte déjà un poids immense : celui de l’avenir de son enfant, et celui du choix impossible entre deux hommes.Quand il retourne s’allonger, les flashs le hantent. Dans ses rêves brisés, il voit Marcus étendu sur le sol, le torse transpercé, le regard vide. Il sursaute, le souffle coupé, ses doigts s’accrochant à ses draps trempés de sueur. D’autres visions s’imposent à lui, plus floues mais tout aussi terribles : un champ de bataille, des silhouettes de loups
Dans la grande salle, Adrian est déjà là, assis autour de la grande table en bois massif. Son visage est fermé, sa posture droite et dominatrice, mais ses doigts tapotent distraitement l’accoudoir de sa chaise. En face de lui, Luca parle, d’une voix posée, méthodique.— Tu connais les règles, Adrian, dit Luca calmement. Le cercle sera tracé à la tombée de la nuit. Aucun des deux n’aura le droit de recevoir de l’aide, ni de ses lieutenants, ni de sa meute. Ce sera une lutte d’alpha à alpha, jusqu’à ce que l’un cède… ou meure.Adrian hoche la tête, sans broncher. Ses yeux sombres sont rivés sur le plan détaillé que Luca a griffonné : une arène improvisée, les limites du cercle marquées à la craie et entourées par les spectateurs — loups, alliés et curieux.Noah, qui s’était arrêté devant la porte, écoute chaque mot comme un coup porté à sa poitrine. Son souffle se bloque, sa gorge se serre. Finalement, il entre, ses pas hésitants résonnant sur le sol. Adrian relève la tête, son regard a
Et au fond de Noah, une certitude prend racine : il ne pourra pas continuer ainsi longtemps. Ses choix, ses erreurs, son amour, sa culpabilité… tout se mélange. Mais ce soir, au moins, il a tenu tête. Et même si son cœur saigne, il refuse de céder encore.Adrian, lui, boit une gorgée de vin, ses yeux fixés sur la table. Son esprit est déjà ailleurs, vers le duel, vers la victoire, vers cette obsession qu’il refuse d’abandonner. Mais quelque part, dans le creux de son estomac, il sent une morsure : la résistance de Noah, cette faille dans son emprise.Un jeu dangereux a commencé. Et aucun d’eux ne sait encore qui en sortira vivant.La chambre est plongée dans une pénombre lourde, seulement éclairée par la lueur diffuse de la lune filtrant à travers les rideaux. Noah, déjà recroquevillé sur le lit, sent son cœur battre à tout rompre. La porte claque doucement derrière Adrian, et le bruit sec résonne comme une menace.Le brun s’avance lentement, une ceinture enroulée autour de sa main, l







