Mag-log inLa descente de l'appareil avait été brève — à peine soixante minutes de secousses au-dessus de la ligne de crête avant de mordre le tarmac de l'aéroport de Valderia.
Marc marchait à grandes foulées deux pas devant, une oreillette Bluetooth déjà enfoncée dans l'oreille, commentant avec une volubilité insupportable les retards de livraison de la veille et la météo qu'ils venaient de se prendre sur la côte. Clara suivait en retrait, les sens
Le debriefing avec Marc commença à neuf heures pile.Ils s'installèrent dans la salle de réunion du fond — celle avec le grand tableau blanc et la vue sur les toits — et déroulèrent la semaine de Porto Mina point par point, avec cette méthode efficace qu'ils avaient rodée au fil des chantiers. Points résolus d'abord : l'étanchéité du niveau trois, les évacuations, les menuiseries extérieures que Ferrara avait finalement accepté de revoir. Points en suspens ensuite : les matériaux de façade du bâtiment B, la question des carrelages des espaces communs, le retard de livraison des huisseries métalliques qui menaçait le calendrier du deuxième trimestre.Clara prenait des notes, Marc annotait les plans, et ils travaillèrent ainsi pendant deux heures avec cette fluidit&eac
La descente de l'appareil avait été brève — à peine soixante minutes de secousses au-dessus de la ligne de crête avant de mordre le tarmac de l'aéroport de Valderia.Marc marchait à grandes foulées deux pas devant, une oreillette Bluetooth déjà enfoncée dans l'oreille, commentant avec une volubilité insupportable les retards de livraison de la veille et la météo qu'ils venaient de se prendre sur la côte. Clara suivait en retrait, les sens un peu cotonneux, le sac en bandoulière, l'esprit encore accroché aux brumes du port et à ce message envoyé la veille à Vincent.Il avait répondu ce matin, avant même qu'elle n'embarque.Content de l'apprendre. Bon retour.Quatre mots. Polis, neutres, à l'image de la distance qu'elle avait elle-même installée ces dernières semaines. Elle l'avait mérité. Ça lui avait quand même fait quelque chos
Elena s'endormit à vingt-deux heures trente.Thomas l'entendit à la façon dont sa respiration changea de rythme depuis le salon — ce souffle qui s'apaisait, se régularisait, devenait cette longue marée tranquille du sommeil profond. Il attendit encore vingt minutes par précaution, le temps de finir son verre, de regarder sans le voir un reportage sur la télévision allumée en sourdine.Puis il se leva, enfila son blouson sans faire de bruit, prit ses clés sur le comptoir de la cuisine.Il avait dit à Elena en se couchant qu'il avait peut-être un investisseur à rappeler tard — un contact de la côte qui travaillait sur des fuseaux horaires décalés. Elena avait hoché la tête avec cette neutralité nouvelle qu'elle avait depuis la réconciliation — pas de questio
Le chantier sentait la chaux fraîche et le diesel.Clara avait posé son casque sur le bureau provisoire de la cabane de chantier, les cheveux attachés en arrière à la va-vite, un plan grand ouvert sous ses yeux. Marc faisait les cent pas en mâchouillant un stylo.— Ferrara ne veut rien lâcher sur l'étanchéité du niveau trois, dit-il en s'arrêtant net. Il soutient que les évacuations actuelles suffisent. Si on ne rectifie pas maintenant, on aura des infiltrations aux premières grosses pluies.— Je sais, dit Clara sans lever les yeux de ses cotations. C'est pour ça qu'on y va avec les chiffres du Bureau d'Études thermique. Il ne pourra pas contrer des calculs certifiés.Elle prit son carnet et se redressa.— Viens. On le trouve avant sa pause de
La journée avait été longue.Ferrara avait passé l'après-midi à contester les choix de matériaux pour la façade du bâtiment B avec une obstination de vieux marin qui refuse de changer de cap par principe. Clara had tenu bon deux heures, cédé un point mineur pour garder l'essentiel, et s'était retrouvée à dix-neuf heures avec une migraine sourde derrière les yeux et Marc affalé sur une chaise de chantier qui disait qu'il ne sentait plus ses jambes.— On mange à l'hôtel ? proposa-t-il.— Non, dit Clara. J'ai besoin d'air.Elle pensa à la trattoria. Celle du quai, avec le store rouge et les deux lauriers en pot. Elle y était allée avec Vincent des mois plus tôt — le
Quand Thomas arriva à Porto Mina, le soleil commençait à peine à mordre les façades blanches du vieux port. Il gara la berline sur le parking de la marina, coupa le moteur, et resta assis un moment les mains sur le volant à regarder la mer qui prenait sa couleur du matin — ce bleu sombre et froid qui deviendrait turquoise dans deux heures.Il avait quitté tôt, vraiment tôt.Elena arriva au café du port à dix heures.Thomas était déjà là. Assis en terrasse malgré le froid, les mains autour d'un café qu'il n'avait pas touché, les yeux sur la mer. Il portait un jean et une veste simple — pas de costume. Elle le vit depuis le trottoir avant qu'il ne la voie, et elle s'arrêta une seconde sans qu'il s'en aperçoive.Il avait l'air &eacut







