INICIAR SESIÓNChapitre 47
Sofia
Lors d'une nouvelle réunion familiale organisée dans le grand salon du manoir des Black, je me tiens droite sur ma chaise, les mains croisées sur mes genoux, le dos raide comme une barre d'acier, le visage aussi impassible que je peux le maintenir malgré la tempête qui fait rage dans ma poitrine. La table monumentale en acajou massif est couverte de nappes blanches amidonnées, de couverts en a
Le couloir du manoir est silencieux, seulement troublé par le tic-tac lointain de l'horloge comtoise et le craquement discret des boiseries qui travaillent dans le froid de décembre. Je me suis éveillée tôt, incapable de trouver le sommeil après une nuit peuplée de cauchemars, et j'ai décidé de descendre à la bibliothèque pour emprunter un livre, n'importe lequel, quelque chose qui m'aiderait à penser à autre chose qu'à Vanessa, à ses sourires, à ses regards qui me transpercent. Les domestiques ne sont pas encore levés, les couloirs sont déserts, et la lumière grise de décembre filtre à peine à travers les fenêtres à meneaux, jetant des ombres pâles sur le parquet ciré. Je marche pieds nus pour ne pas faire de bruit, serrant ma robe de chambre en soie contre moi, et c'est alors que j'entends des voix.
Chapitre 63SofiaLe dîner est servi dans la grande salle à manger du manoir, sous les lustres de cristal qui jettent une lumière dorée et froide sur la table en acajou massif, sur les couverts en argent alignés comme des soldats, sur les verres en cristal taillé qui captent chaque flamme des bougies et la renvoient en éclats mordorés. Les murs sont couverts de boiseries sombres et de portraits d'ancêtres Black qui semblent nous observer avec sévérité, juges muets de cette comédie mondaine qui se joue chaque soir depuis que Vanessa Moretti s'est installée au domaine sous le prétexte fallacieux de régler une ancienne affaire avec Adrian. Je n'ai pas protesté. Je n'ai pas osé protester. J'ai serré les dents, courbé la tête, et j'ai laissé cette femme s'immiscer dans notre quotidien comme une lam
Chapitre 62AdrianLe gravier crisse encore sous les pneus de la berline noire qui s'éloigne lentement dans l'allée, ses feux arrière trouant la brume comme deux braises rouges avant de disparaître derrière le portail. Vanessa n'a pas bougé. Elle se tient devant moi, droite et souveraine, ses cheveux noirs fouettés par le vent glacé, son manteau de laine sombre serré à la taille par une ceinture de cuir, ses talons plantés dans le sol gelé comme si elle prenait racine. Les gardes et les domestiques sont restés figés sur le perron, spectateurs malgré eux de cette scène que je devine déjà en train de se propager dans les couloirs du manoir comme une traînée de poudre. Leurs regards vont de Vanessa à moi, guettant une réaction, un éclat, un signe qui leur dira laquelle de ces deux femmes,
Chapitre 61SofiaLa scène se fige dans la lumière des phares, et je me sens soudain comme une intruse dans ma propre vie, une spectatrice impuissante d'un drame qui se joue devant moi sans que j'aie été invitée. La femme aux cheveux noirs se tient toujours à quelques pas de la voiture, son sourire de lame accroché aux lèvres, sa silhouette élancée découpée sur la brume qui monte des champs gelés. Le froid mord mes joues, s'infiltre sous le plaid de laine, mais c'est une autre morsure qui me serre la gorge, une douleur sourde qui irradie dans ma poitrine à mesure que les mots de l'inconnue résonnent dans l'air glacé.Adrian est sorti de la voiture presque aussitôt, la portière claquant derrière lui avec un bruit sec qui me fait sursauter. Il se tient debout entre elle et moi, massif, immobil
Chapitre 60AdrianLa route qui mène au manoir serpente entre les champs gelés et les bois de cyprès centenaires, leurs cimes noires se découpant sur le ciel bas de décembre. Le crépuscule tombe, rapide, avalant les dernières lueurs du jour et plongeant le paysage dans une pénombre bleutée que percent à peine les phares de notre voiture. Sofia est assise à côté de moi, silencieuse, enveloppée dans un plaid de laine que Marcus a glissé sur ses épaules avant notre départ. Elle regarde défiler les arbres à travers la vitre fumée, le visage pâle, les traits encore marqués par la fatigue et les cauchemars qui ont peuplé ses nuits. Depuis l'enlèvement, elle ne parle presque plus, sauf la nuit, quand elle se réveille en sursaut et que je reste auprès d'elle jusqu'à
Chapitre 59SofiaLe sommeil me quitte lentement, comme une brume qui se dissipe à l'aube, et j'ouvre les yeux sur la pénombre douce de la chambre principale. Les rideaux de velours bleu nuit filtrent la lumière naissante, la réduisant à un halo pâle qui caresse les boiseries sculptées et les tapisseries aux tons pastel. Dehors, le vent s'est apaisé, et le silence est si profond que j'entends le craquement discret des braises mourantes dans la cheminée. Mon corps est lourd, engourdi, mais étrangement apaisé, comme si la chaleur des draps de satin avait chassé les dernières traces des cauchemars qui me hantent depuis l'enlèvement. Je reste immobile un long moment, les yeux mi-clos, laissant la réalité reprendre lentement possession de mes pensées.Puis je le vois.Adrian dort dans le f







