LOGINChapitre 58
Matteo
L'entrepôt abandonné pue l'humidité et le moisi. Mes hommes ont attaché l'homme sur une chaise au centre de la pièce, les mains liées derrière le dos, le visage tuméfié. Je le reconnais immédiatement. Franco Ruggieri. Un ancien associé de mon père, disparu depuis des années, que je croyais mort ou exilé.
Il lè
Chapitre 87NaomiJe suis dans le hall quand elle entre. Je ne l’ai jamais vue. Mais je sais qui c’est. Valentina Moretti. La sœur de Bianca. La fille du vieux Moretti. Elle avance avec une assurance qui me déstabilise. Un tailleur sombre. Des talons hauts. Des cheveux bruns tirés en arrière. Un sourire discret. Elle n’a pas besoin de crier pour se faire respecter.— Naomi Reed.Sa voix est douce. Trop douce. Polie. Presque musicale. Mais je sens quelque chose. Sous la douceur. Une froideur. Une distance. Un mépris à peine voilé.— Oui. Et vous ?— Valentina Moretti. Je suis une alliée de Matteo. Pour l’instant.Elle s’approche. Elle ne s’assied pas. Elle me domine de toute sa hauteur. Elle me regarde comme on regarde une intruse. Une erreur. Une anomalie.— Matteo m’a parlé de vous. Enfin. Pas beaucou
Chapitre 86MatteoLes résultats de l’enquête interne sont posés devant moi. Des pages et des pages. Des noms. Des dates. Des preuves. Vittorio se tient debout de l’autre côté du bureau, les bras croisés, le visage sombre. Il attend.— Alors ?— Le traître n’était qu’un pion. Un homme de main. Il transmettait des informations, mais il ne les produisait pas. Il les recevait.— De qui ?— D’une source plus haut placée. Quelqu’un qui connaît nos mouvements, nos faiblesses, nos secrets. Quelqu’un qui n’est pas dans la famille.— Un nom.— On n’en a pas encore. Mais les ordres venaient de l’extérieur. D’une organisation. Ou d’une personne. Une personne qui sait exactement où frapper.Je me lève. Je marche jusqu’à la fenêtre. Dehors, la nuit est tombée. Les jardins sont noirs. Silencieux. Je fixe le vide. Je sens la rage monter. Froide. Contrôlée. Mais là.— Donc on a un traître qui n’est qu’un messager. Et derrière, quelqu’un qui tire les ficelles. Quelqu’un qui nous observe depuis des moi
Chapitre 85NaomiLe manoir est silencieux. Les lumières du hall sont basses. Je marche vers ma chambre, soutenue par Matteo. Mes jambes tremblent. Mon corps est lourd. Mon esprit est vide. Je ne sais plus ce que je ressens. Peur. Colère. Confusion. Tout se mélange.Il ouvre la porte. Je m’assois sur le lit. Il reste debout. Il me regarde. Il ne dit rien. Pas un reproche. Pas une question. Pas un cri. Rien. Juste ce regard. Gris. Calme. Inquiet.— Tu devrais te reposer.Sa voix est douce. Trop douce. Je ne comprends pas. J’ai fui. J’ai suivi un message. J’ai disparu. Sans rien dire. Sans prévenir. Je l’ai laissé. Encore. Et il ne dit rien. Il ne me reproche rien.— Pourquoi tu ne cries pas ?Ma voix est rauque. Basse. Je ne le regarde pas. Je fixe le sol. Les motifs du tapis. Les lignes. Les couleurs. N’importe quoi. Tout sauf lui.— Pourqu
Chapitre 84MatteoLes coups de feu. Proches. Violents. Je les entends depuis la voiture. Vittorio accélère. On fonce vers l’usine. Les balles sifflent. Les éclats de verre. Les cris. Je descends avant même que la voiture s’arrête.— Matteo ! Attends !Je n’attends pas. Je cours. L’entrée. Le hall. Les escaliers. Les tirs. Ils viennent du deuxième. Je monte. Quatre à quatre. Mon arme à la main. Je ne pense qu’à elle. Naomi.J’arrive au couloir. Je vois des hommes. Cagoulés. Armés. Ils tirent vers une porte. Vers une pièce. Vers elle. Je tire. Le premier s’effondre. Le deuxième. Le troisième. Les autres se retournent. Je tire encore. Vittorio arrive derrière moi. Ses hommes avec lui. La fusillade éclate. Les murs explosent. La poussière. La fumée. Le bruit.Je tire.
Chapitre 83NaomiElle est revenue. La femme. La blonde. Celle qui m’a laissé le mot. Celle qui m’a attirée ici. Elle se tient devant moi. Calme. Sereine. Comme si elle attendait ce moment depuis toujours.— Tu es venue.— Vous m’avez dit de venir seule. Je suis seule.— Bien.Elle sort quelque chose de sa poche. Un objet. Petit. Brillant. Elle me le tend.— Prends.Je regarde. Un pendentif. Identique à celui que j’ai trouvé dans les affaires de mon père. Le même cercle. La même épée. Le même métal terni. Je le prends. Mes doigts tremblent. Je l’ouvre. À l’intérieur, une photographie. Un homme. Jeune. Inconnu. Mais quelque chose dans son visage me trouble.— Qu’est-ce que c’est ?— Ton héritage. Le véritable héritage de Reed
Chapitre 82MatteoL’usine est là. Devant moi. Un bloc de béton et de fer. Les fenêtres sont noires. La porte est ouverte. Mes hommes m’attendent dehors. Leurs visages sont graves.Je descends de la voiture. Je marche vers l’entrée. Mes pas résonnent sur le gravier. L’air est froid. Il sent la rouille. La poussière. Le vide.— Où ?— À l’intérieur. Deuxième étage. Ancien bureau.J’entre. Le hall est immense. Sombre. Des machines rouillées. Des câbles pendants. Des flaques d’eau. Je monte les escaliers. Quatre à quatre. Je ne vois rien. Je ne pense qu’à elle.J’arrive au deuxième. Un couloir. Des portes. J’en pousse une. Une petite pièce. Ancien bureau. Une table. Une chaise. Des papiers éparpillés. Et sur le sol. Un objet.Je m&







