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Chapitre 15 : Flashback – Les Regrets 2

Auteur: Dledition
last update Date de publication: 2026-07-11 08:52:33

Il avait changé de tactique. La colère avait cédé la place à quelque chose de plus doux, de plus insidieux. Il s'était agenouillé devant moi, avait pris mes mains dans les siennes.

— Mon amour. Ma guerrière. Je sais que c'est dur. Je sais que tu sacrifies beaucoup. Mais on est si proches du but. Si proches. Quand Aether Tech sera introduite en bourse, on sera riches. Libres. Tu pourras faire tout ce que tu veux. Ouvrir ton propre cabinet, construire des tours, des ponts, ce
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  • L'épouse qui n'existait pas    Chapitre 113: La Lettre Empoisonnée 2

    Je m’avance.Je m’assois en face d’Evelyn.Je pose la lettre entre nous, sur la table basse.— Elle est de lui.Elle regarde la lettre.Elle ne la touche pas.Elle relève les yeux vers moi.— Tu l’as lue.— Oui.— Que dit-elle.Je respire.Je dis à voix basse.— Elle ne menace rien. Elle rappelle des choses d’avant. Elle rappelle des choses de vous deux. Des choses qui ne sont pas dans le dossier public. Des choses intimes.Elle ne dit rien.Je continue.— Elle est destinée à te dire qu’il continue à posséder, dans sa mémoire, un endroit de toi qu’il pense qu’il est encore à lui.Elle serre les mâchoires.Elle ne pleure pas.Elle ne rougit pas.Elle regarde la lettre.Elle finit par dire, à voix basse.— Il ne l’a plus.— Je sais.— Il faut brûler cette lettre.

  • L'épouse qui n'existait pas    Chapitre 112 : La Lettre Empoisonnée

    Je respire longtemps.Je sens quelque chose monter en moi que je ne connaissais pas si bien, une colère qui n’est pas celle des affaires, une colère plus ancienne, une colère qui appartient à quelque chose de plus profond, une colère qui n’a rien à voir avec Titan, une colère qui n’a rien à voir avec les batailles économiques, une colère qui a à voir uniquement avec le fait qu’un homme, dans un studio d’Exarchia, à quelques kilomètres à peine, a passé plusieurs soirs à trier, dans le stock de souvenirs qu’il a de la femme que j’aime, exactement ceux qu’il pense qu’elle n’a partagés avec personne, pour les lui envoyer par la poste en sachant très bien que la simple confirmation qu’il possède ces souvenirs suffira, à elle seule, à la déstabiliser plus qu’aucune menace explicite.Ce n’est pas une lettre.C’est une lettre empoisonnée.Le poison n’est ni chimique, ni physique.Le poison est intime.Le poison est le fait, pou

  • L'épouse qui n'existait pas    Chapitre 111 : La Peur d’Evelyn 2

    Je hoche la tête.Je murmure.— D’accord.Il attend.Je murmure encore.— Je ne veux pas que cet enfant naisse haineux.Il pose son front contre le mien.— Il ne naîtra pas haineux, Evelyn.— Comment tu le sais.— Parce que sa mère, ce matin, à huit heures, sur cette terrasse, m’a dit à voix haute qu’elle ne voulait pas qu’il le soit. Les mères qui disent cela à voix haute ne portent pas des enfants haineux. Ce sont les mères qui n’en parlent jamais qui, sans le vouloir, transmettent ce qu’elles ne nomment pas.Je pleure doucement.Je pleure une petite quantité de larmes, sans effondrement.Il essuie une larme du bout du pouce.Il ne dit plus rien.Nous restons sur la terrasse. Le soleil monte. Ma mère revient du village avec le chauffeur. Elle porte deux paniers, l’un rempli de tomates, l’autre rempli de yaourts locaux, dont elle n’a même pas besoi

  • L'épouse qui n'existait pas    Chapitre 110 : La Peur d’Evelyn

    Evelyn HarperJe comprends, quelques jours après le sabotage, que la peur, chez une femme enceinte, est un phénomène différent de la peur qu’elle est chez une autre femme, et que je n’avais pas préparé ma vie intérieure à cette différence.La peur, avant, était une réaction chez moi. Elle arrivait, elle occupait l’espace, je la reconnaissais, je la nommais, je décidais quoi faire de mon corps face à elle, je choisissais de rester, ou de partir, ou de me taire, ou de parler, ou d’attendre, ou de rappeler mon avocat, ou de saisir Gideon, ou de continuer à travailler, ou de m’endormir dessus, et elle finissait par se plier au rythme des décisions que je prenais parce que j’étais seule dans mon corps à décider.Aujourd’hui, la peur, chez moi, est double.Elle est double parce qu’il y a deux vies dans ce corps.Il y a la mienne, qui a été menacée à plusieurs reprises depuis plus d’un an, qui a survécu à ses menaces, qui a appris à gérer s

  • L'épouse qui n'existait pas    Chapitre 109 : La Confrontation 2

    Je parle sans un mot en trop.— Vasquez, je ne suis pas venu vous menacer avec des grands mots. Je ne suis pas venu vous dire que je vais vous détruire, parce que ce n’est pas la manière dont on menace un homme comme vous. Un homme comme vous a été menacé toute sa vie. Vous avez été menacé par des concurrents. Vous avez été menacé par des services. Vous avez été menacé par des familles. Vous avez été menacé par des juges. Vous avez été menacé par des créanciers. Vous êtes encore là. Cela signifie que la menace, en tant que telle, ne vous impressionne plus. Je ne suis donc pas venu ajouter une menace supplémentaire à une collection déjà bien fournie.Il hoche à peine.Il attend la suite.Je poursuis.— Je suis venu vous proposer une évaluation.— Une évaluation.— Oui.Je pose devant lui une petite pochette en cuir que j’ai sortie de la poche intérieure droite de mon manteau.Il ne l’ouvre pas.

  • L'épouse qui n'existait pas    Chapitre 108 : La Confrontation

    Gideon CrossJe décide d’y aller seul.Il aurait été plus sûr, d’un point de vue strictement opérationnel, d’envoyer une équipe. Il aurait été plus rationnel, d’un point de vue juridique, d’attendre que la police remonte, comme elle finira par le faire, jusqu’à Vasquez. Il aurait été plus habile, d’un point de vue diplomatique, de faire porter un message par un tiers, un émissaire d’affaires, un ancien officier reconverti, un homme dont c’est le métier de dire calmement à un adversaire des choses qui ne peuvent plus être dites en pleine lumière.Je n’en fais rien.Je décide d’y aller seul, non pas parce que je pense y être physiquement plus efficace qu’une équipe, ce qui est faux, non pas parce que je crois que cette rencontre restera confidentielle, ce qui est également faux, mais parce que je pense qu’il est important, à un moment précis d’une négociation qui commence à sortir des cadres, que l’adversaire voie, une fois, mon visage à moi, e

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