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Chapitre 19 : Le Lendemain 2

Penulis: Déesse
last update Tanggal publikasi: 2026-10-28 09:52:53

Une tête.

Je ne m'attarde pas. Je n'ai pas besoin de le faire pour comprendre le message. La violence est là, volontairement impossible à confondre avec autre chose. Je reconnais le visage, un des hommes qui nous devait de l'argent, un des hommes qui avait peut-être parlé, qui avait peut-être trahi. Je sens ma mâchoire se fermer jusqu'à la douleur.

Puis je vois la photo.

Sofia.

Prise de loin.

Je la rega
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    Il se rassoit. Ses doigts défont les boutons de sa chemise avec une maladresse que je ne lui connaissais pas. Les boutons glissent entre ses doigts, il en rate un, recommence, et je ne l'aide pas, je le regarde se débattre avec cette petite chose, et je découvre que le voir maladroit me touche plus que le voir sûr de lui. Le tissu s'ouvre sur sa poitrine, sur les cicatrices qui la zèbrent, sur cette carte de blessures que je n'ai jamais pris le temps de lire. Il laisse la chemise glisser. Il défait sa ceinture. Il hésite.— Continue.Le pantalon tombe. Il est là, devant moi, presque nu, et il me regarde comme s'il attendait un verdict. Ses cuisses sont puissantes, marquées par endroits, et je vois sur sa hanche gauche une cicatrice plus large que les autres, plus ancienne, une blessure qui a dû le tenir éloigné du monde pendant des semaines. Je ne demande pas. Je ne demande jamais. Ce soir, je prends ce qu'il me montre et je laisse le reste.Je pose un genou su

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    — SofiaJe monte les escaliers sans me retourner.Chaque marche me rapproche de sa chambre, de sa porte, de ce que je suis venue chercher, et je sens mon pouls battre dans ma gorge, dans mes poignets, à l'endroit exact où mes doigts se sont refermés sur la rampe. Le bois est lisse sous ma paume, légèrement tiède là où la lumière du couloir l'a chauffé toute la journée, et ce détail minuscule me donne un point d'ancrage, quelque chose de concret à quoi me raccrocher pendant que le reste de mon corps me crie de faire demi-tour. Derrière moi, ses pas répondent aux miens, plus lourds, plus lents, et je sais qu'il attend que je m'arrête, que je me ravise, que je lui donne une raison de ne pas me suivre. Je ne m'arrête pas. Je ne me ravise pas. Je monte.La porte de sa chambre est entrouverte. Je la pousse du plat de la main. Le bois cède sans résistance, et l'air qui m'accueille est imprégné de lui, de son savon, de cette odeur de cuir et de poussière qui ne le quitte ja

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    Sa voix n'est pas moqueuse. Pas encore. Mais je vois dans ses yeux une lueur, quelque chose qui pourrait devenir un sourire, qui pourrait devenir une provocation. Je ne lui donne pas ça. — Non. Je suis possessive. C'est différent. Il y a un autre silence. Plus long. Je ne baisse pas les yeux. Je ne recule pas. Je reste là où je suis. — Possessive. Il répète le mot. Il le goûte, comme il a goûté mon nom, comme il goûte tout ce qui vient de moi. — Oui. — De quoi ? — De ce qui est à moi. Je tourne les talons. Je sors. Je ne lui laisse pas le temps de répondre, de répliquer, de me dire que je n'ai rien à revendiquer. Je ne veux pas entendre ça. Je ne veux pas qu'il me dise que je n'ai pas de droits, que nous ne sommes pas un couple, que cette possession est une illusion. Je le sais déjà. Je le sais, et pourtant je continue. Je continue à avancer, à réclamer, à défendre ce que je ne suis même pas sûre de vouloir. Peut-être que c'est ça, être possessive. Peut-être que c'est voul

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    — SofiaJe l'entends avant de la voir.Son rire monte dans le couloir, clair, assuré, familier. Elle ne rit pas comme quelqu'un qui découvre. Elle rit comme quelqu'un qui connaît la maison, qui sait où sont les murs, qui a déjà fait ce chemin mille fois.Je m'arrête.Je devrais continuer. Je devrais entrer dans la pièce, me présenter, faire ce que je fais toujours : observer, écouter, comprendre. Mais mes jambes ne bougent pas. Mes pieds sont ancrés dans le sol, et je reste là, dans le couloir, à écouter.— Dante, arrête.Sa voix est teintée de quelque chose que je ne veux pas reconnaître. De l'affection. De la complicité. De cette intimité que je n'ai pas encore avec lui, que je n'aurai peut-être jamais.Je fais un pas.Je m'arrête devant la porte entrouverte. Je regarde.Elle est là.Grande. Blonde. Ses cheveux tombent sur ses épaules en vagues lentes. Elle porte une robe noire qui épouse ses formes sans vulgarité, juste assez pour qu'on la remarque. Juste assez pour qu'on ne puisse

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    — SofiaJe la vois avant qu'elle me voie.Elle entre dans le hall comme si elle possédait les murs, les fenêtres, la lumière qui tombe du plafond. Elle ne marche pas, elle avance, et l'espace se réorganise autour d'elle sans qu'elle ait besoin de le demander.Je suis debout près de la fenêtre, un dossier à la main, et je regarde.Elle est grande. Pas de cette grandeur qui écrase, de celle qui attire. Ses cheveux sont blonds, coupés court, et ils captent la lumière comme s'ils avaient été faits pour ça. Son manteau est gris, trop simple pour être ordinaire, trop bien coupé pour être bon marché. Elle ne porte pas de bijoux. Elle n'en a pas besoin.Je la regarde et je sais.Je sais qui elle est avant qu'elle se présente. Je sais ce qu'elle représente. Je sais ce qu'elle vient chercher.Dante ne m'a pas prévenue. Il ne m'a pas dit qu'elle viendrait. Il ne m'a pas dit qui elle est, ce qu'elle fait, ce qu'elle veut. Il ne m'a rien dit du tout, et je sens monter en moi une colère que je dois

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    Elle me regarde sans comprendre. Je cherche comment le dire, comment expliquer quelque chose que je ne comprends pas moi-même, cette sensation étrange dans ma poitrine, cette impression d'avoir reçu quelque chose que je n'attendais plus.— Ce n'était pas le même rire.Elle ne répond pas. Mais je vois qu'elle a entendu. Quelque chose se détend dans ses épaules, presque imperceptiblement. Elle repose le rapport sur le bureau.— Tu es bizarre.— Je sais.— Non, je veux dire… plus que d'habitude.Je ne trouve rien à répondre. Elle a raison. Je suis bizarre. Je me sens bizarre. Quelque chose est en train de se déplacer en moi, quelque chose que je ne contrôle pas, qui m'échappe et qui, pour la première fois, ne me fait pas peur.Je reprends le dossier. Je fais semblant de le lire. Je ne vois aucun mot.— Tu veux que je te montre le reste ?Sofia se lève. Elle s'approche du bureau, contourne, vient se placer à côté de moi pour regarder les cartes que je viens d'étaler. Son épaule est à quel

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