LOGINPour mettre fin à la dette écrasante de sa famille, Iris accepte de travailler une seule nuit dans un casino clandestin. Elle pensait servir des boissons jusqu'à ce qu'une vente aux enchères secrète fasse d'elle le « prix » remporté par le plus redouté des parrains de la mafia. Froide, impitoyable et craint de tous, Dante Moretti l'emmène de force dans son manoir. Iris est persuadée qu'il sera son pire cauchemar. Pourtant, au fil des jours, elle découvre un homme prêt à tout pour la protéger, même si cela signifie déclarer la guerre à ses propres ennemis. Ce qui n'était qu'une captivité devient peu à peu un lien aussi dangereux qu'irrésistible. Iris n'aurait jamais imaginé tomber amoureuse de son ravisseur. Mais dans le monde de la mafia, aimer le Parrain a un prix et certains amours ne survivent qu'au milieu des balles et des trahisons.
View MoreLa lettre était arrivée un mardi, glissée sous la porte comme une ordonnance qu’on n’ose pas lire devant le médecin. Iris l’avait retournée trois fois entre ses doigts avant de déchirer l’enveloppe. L’en-tête de la clinique affichait ce bleu pâle qui aurait pu être apaisant s’il n’annonçait pas toujours un chiffre. Celui-ci était pire que les précédents.
Son père dormait dans la chambre voisine, assommé par les antalgiques. Sa respiration, un souffle humide et irrégulier, remplissait le silence du salon. Iris posa la lettre sur la table basse, à côté d’une tasse froide, et compta. Pas les jours, pas les heures. Les zéros. Six. Six zéros après un chiffre qu’elle ne voulait même plus regarder. La maladie avait ce talent : elle ne tuait pas seulement les corps, elle dévorait tout ce qu’il y avait autour. L’épargne d’une vie, les meubles vendus un à un, la dignité.
Le téléphone sonna une heure plus tard. Un numéro inconnu. Elle faillit ne pas répondre, mais quand on en est là, on répond. On répond parce qu’au fond, on espère un miracle administratif, une erreur de la banque, quelque chose. Ce n’était pas la banque.
La voix était calme, presque douce. Un homme. Il connaissait le montant exact de la dette, l’adresse de l’appartement. Il savait que le père d’Iris ne passerait pas le mois. Il parlait comme on énonce des faits météorologiques, sans plaisir, sans menace, avec cette neutralité qui rend la peur plus froide.
— Une nuit, dit-il. Vous servez. Vous souriez. Au matin, le dossier est effacé.
Iris demanda ce qu’elle aurait à faire exactement. La réponse vint après un silence.
— Rien que vous ne choisissiez de faire.
Elle aurait dû raccrocher. Elle le savait. Mais les mots dossier effacé tournaient dans sa tête, trop lourds pour qu’on les laisse tomber. Elle pensa à son père, à la honte qu’il éprouverait s’il savait. Aux huissiers, aux courriers recommandés, à la propriétaire qui frappait chaque début de mois avec un sourire de moins en moins compréhensif. Elle pensa qu’elle n’avait plus rien à vendre, sauf elle-même, et que cette nuit ne serait peut-être qu’une version accélérée de ce que le monde finirait par lui prendre de toute façon.
— Une adresse, dit-elle. Donnez-moi une adresse.
L’homme dicta un nom de rue qu’elle ne connaissait pas, dans un quartier qu’elle n’aurait pas su situer. Puis il ajouta une heure. Vingt-trois heures précises. Tenue de soirée. On viendrait la chercher en bas de l’immeuble.
La communication se coupa avant qu’elle puisse poser une autre question.
Le soir venu, Iris enfila la seule robe capable de passer pour une tenue de soirée : un fourreau noir qui datait du mariage d’une cousine, trois ans plus tôt. Pas de bijoux, pas de maquillage élaboré, juste un trait d’eye-liner et le rouge à lèvres de sa mère, celui que personne n’avait jeté après l’enterrement. Devant le miroir, elle se trouva l’air d’une femme qui joue un rôle. Sans doute parce que c’était exactement ce qu’elle faisait.
Dans la chambre, son père ouvrit les yeux au moment où elle se penchait pour remonter le drap.
— Tu es belle, murmura-t-il. Où tu vas ?
— Travailler. Je rentre tard. Dors.
Il hocha la tête, déjà reparti dans ce demi-sommeil où la douleur se fait moins précise. Iris resta un instant à le regarder. La peau sur les os, les mains tremblantes même au repos. Elle éteignit la lampe et sortit.
La voiture l’attendait au pied de l’immeuble. Noire, silencieuse. Le chauffeur n’avait pas donné son nom. Il ouvrit la portière arrière sans un mot. Iris monta, sentit l’odeur du cuir neuf, le parfum discret d’un désodorisant, et se dit que tout cela ressemblait à un rêve dont on ignore encore s’il tournera au cauchemar.
La ville défilait derrière la vitre, floue, indifférente. Iris ne regardait pas vraiment. Elle pensait aux zéros sur la lettre, à son père qui ne passerait pas le mois. Au fond, une nuit, ce n’était rien. Une nuit, c’était le prix pour que tout s’arrête. Elle se trompait, bien sûr. Mais ça, e
lle ne pouvait pas encore le savoir.
On la déplaça dans une autre chambre.Plus loin dans le couloir, sans fenêtre sur le parc, avec une porte blindée et un verrou intérieur. Madame Castillo lui apporta des vêtements, un plateau de thé, des médicaments pour dormir. Iris refusa les médicaments. Elle ne voulait pas sombrer. Pas cette nuit.Dante resta debout près de la cheminée allumée pour l'occasion. Il ne partit pas. Il ne dit rien non plus. Il attendit.Ce fut elle qui rompit le silence.— Ils vous connaissent. Vous et moi. Ils savent où je suis.— Oui.— Et ils continueront.— Oui.Iris ferma les yeux. Les flammes projetaient des lueurs mouvantes sur le plafond. Elle pensa à la lame qui était descendue sur son oreiller, à la poigne de l'homme sur sa cheville, à la détonation. À Dante entrant dans la pièce comme si le monde entier pouvait s'écrouler derrière lui.— Pourquoi vous m'avez sauvée ?— Ce n'est pas la première fois que vous posez cette question.— Et vous ne m'avez jamais répondu.Il vint s'asseoir dans le f
La nuit était tombée depuis longtemps.Iris avait fini par s'endormir, épuisée par des jours sans véritable repos. Elle avait laissé la lampe de chevet allumée, comme souvent depuis l'attaque du convoi, et la porte fermée à clé. Le manoir était silencieux. Dehors, le vent poussait des branches contre les vitres, un frottement régulier qui ressemblait à une respiration.Ce fut le grincement qui la réveilla.Pas le vent. Pas le bois. Un bruit plus précis, plus court. Le frottement d'une semelle sur le parquet. Iris ouvrit les yeux dans le noir, le cœur déjà lancé. Elle resta immobile, l'oreille tendue. Le silence revint, épais. Elle crut à un rêve, à un reste de cauchemar.Puis la poignée tourna.Lentement. Avec précaution. Le pêne résista, la porte était verrouillée, mais l'homme derrière s'y attendait. Iris entendit un cliquetis métallique, deux tours brefs, et la serrure céda. La porte s'ouvrit sur un filet de lumière.La silhouette se glissa dans la chambre.Iris ne cria pas. Le cri
Le monde d'Iris se déroba sous ses pieds.— Vous payiez les frais de la clinique ?— Une partie. Discrètement. Pour que la famille de l'un de mes hommes ne se retrouve pas à la rue après sa mort. Votre père a travaillé pour moi il y a longtemps. Un chauffeur. Fidèle. Il ne vous l'a jamais dit.— Il ne m'a jamais rien dit.— C'était mieux ainsi.— Mieux pour qui ?Dante soutint son regard. Il ne se défendit pas. Il ne chercha pas d'excuse.— Je ne sais pas encore. Mais si les Vitale ont utilisé votre nom, c'est parce qu'ils savaient qu'il me ferait réagir. Ils avaient raison. Je suis venu à cette vente. J'ai payé. Je vous ai ramenée ici. Et maintenant, ils attendent de voir ce que je vais faire de vous.Iris posa ses deux mains à plat sur la table. Elles tremblaient, mais elle ne les retira pas.— Et vous comptiez me le dire quand ?— Jamais.Le mot tomba entre eux, net, sans excuse.— Parce que vous pensiez que je n'étais pas capable de le supporter ?— Parce que je pensais que vous p
Trois jours qu'Iris portait le nom comme on porte une arme sans savoir s'en servir.Vitale. Elle l'avait lu à l'encre pâle sur un relevé bancaire, sous un nom de société écran qui n'existait nulle part ailleurs. Depuis, il ne la lâchait plus. Pas un mot. Une présence. Quelque chose qui s'était glissé sous sa peau et qui remontait chaque fois qu'elle fermait les yeux.Elle n'avait rien dit à Dante. Elle avait attendu.Pas longtemps. Juste assez pour comprendre que le manoir n'était pas un refuge, mais un poste de guet. Les gardes du portail changeaient de faction deux fois par jour maintenant, contre une seule auparavant. Les portes de l'aile est restaient fermées à clé la nuit, et le matin, on trouvait des mégots écrasés dans la cour de service, là où personne ne fumait avant. Madame Castillo fermait la porte de la cuisine dès qu'un certain prénom était prononcé devant elle. Un prénom que les domestiques connaissaient et qu'Iris n'avait pas encore entendu.Dante ne venait plus dîner.




![LIÉE AU SEIGNEUR DE LA MAFIA[ Livre 1 de la série Entangled]](https://www.goodnovel.com/pcdist/src/assets/images/book/43949cad-default_cover.png)

Bienvenue dans Goodnovel monde de fiction. Si vous aimez ce roman, ou si vous êtes un idéaliste espérant explorer un monde parfait, et que vous souhaitez également devenir un auteur de roman original en ligne pour augmenter vos revenus, vous pouvez rejoindre notre famille pour lire ou créer différents types de livres, tels que le roman d'amour, la lecture épique, le roman de loup-garou, le roman fantastique, le roman historique et ainsi de suite. Si vous êtes un lecteur, vous pouvez choisir des romans de haute qualité ici. Si vous êtes un auteur, vous pouvez obtenir plus d'inspiration des autres pour créer des œuvres plus brillantes. De plus, vos œuvres sur notre plateforme attireront plus d'attention et gagneront plus d'adimiration des lecteurs.