LOGINAriane
Je reste figée un long moment après son départ. Comme si mon corps refusait de bouger, refusait d’admettre ce qui vient de se passer. Rafael est revenu. Après tout ce temps. Après toutes ces années de silence, de questions sans réponses, de blessures que j’ai enfouies sous des couches de raison et de résignation.
Je me laisse tomber sur ma chaise, mes doigts tremblants effleurant ma tempe. Mon front est brûlant. Je suis épuisée. Mon corps me le rappelle avec une violence implacable, comme après chaque guérison trop intense.
Rafael n’aurait pas dû revenir.
Je ferme les yeux, mais aussitôt, des souvenirs me percutent de plein fouet.
Sa voix basse, un murmure contre ma peau.
Ses promesses, toujours en demi-teinte.
Ses absences, toujours plus longues que ses présences.
Je me redresse d’un coup. Non. Pas maintenant. Pas après tout ce que j’ai reconstruit. Je refuse de me laisser aspirer par ce tourbillon qu’il représente.
Un bruit derrière moi me fait sursauter. Je me retourne vivement.
— Ilan ?
Il referme la porte derrière lui, son regard grave posé sur moi.
— Tu es encore là ?
— J’ai oublié mon téléphone.
Je fronce les sourcils. Il a son portable dans la main. Ilan n’oublie jamais rien.
— Ariane.
Son ton m’alerte immédiatement. Il est inquiet.
— Qu’est-ce qu’il y a ?
Il s’approche, hésite une seconde avant de poser sa main sur mon poignet. Un contact bref, mais suffisant pour sentir la tension dans ses muscles.
— J’ai vu cet homme sortir d’ici.
Un frisson me parcourt.
— Rafael.
Son visage se ferme instantanément.
— Il est revenu, constaté-je, incapable de cacher l’émotion dans ma voix.
— Et tu comptes le laisser refaire partie de ta vie ?
Sa voix est froide, presque tranchante. Je me dégage doucement.
— Ce n’est pas aussi simple.
— Si ça l’est, Ariane. Il t’a déjà brisée une fois.
Je détourne le regard. Ilan ne comprend pas. Il ne pourra jamais comprendre. Pas Rafael, pas moi, pas ce qui nous lie.
— Il dit que je suis en danger, soufflé-je.
Ilan croise les bras, exaspéré.
— Tu es en danger à cause de ce que tu fais. Pas à cause de lui.
— Tu crois que c’est si simple ?
— Oui.
Sa réponse claque comme un verdict.
— Arrête, Ariane. Arrête de te sacrifier pour tout le monde. Arrête de penser que ce don est ta responsabilité.
Je secoue la tête. Il ne comprend pas.
— Et si ce que je faisais avait un prix plus lourd que ce que je crois ?
Il soupire, passe une main dans ses cheveux.
— Il te manipule. Comme toujours.
— Non. Cette fois, il était… différent.
Ilan serre les mâchoires.
— Ariane…
Je me lève brusquement.
— Il faut que je réfléchisse.
— Non. Tu veux fuir.
Je plante mon regard dans le sien.
— Peut-être.
Un silence. Puis il recule d’un pas.
— Très bien. Mais souviens-toi d’une chose : je suis là. Toujours.
Et il sort, me laissant seule dans cette pièce soudain trop grande, trop silencieuse.
---
Rafael
La nuit est lourde, étouffante. L’air de la ville porte cette odeur familière d’asphalte humide et de promesses inachevées. Je marche sans destination, mes pensées tourbillonnant comme une tempête incontrôlable.
Ariane.
Je n’aurais pas dû aller la voir. Pas encore. Pas avant d’être sûr.
Mais je n’ai pas eu le choix.
Elle est en danger.
Et elle ne sait rien.
Je sens la présence avant même de l’entendre.
— Tu joues avec le feu, murmure une voix derrière moi.
Je ne me retourne pas.
— Je sais.
Un rire bas, moqueur.
— Tu crois qu’elle est prête ?
Je ferme les yeux une seconde.
— Elle n’a pas le choix.
Un silence. Puis :
— Alors, prépare-toi. Parce que ce qui arrive est bien pire que ce que tu imagines.
L’ombre disparaît.
Je reste seul dans l’obscurité.
Et je sais que le compte à rebours a déjà commencé.
Ariane
La nuit a été blanche. Impossible de dormir, impossible d’échapper à cette sensation d’urgence, ce pressentiment qui gronde sous ma peau. Rafael est revenu. Et avec lui, une tempête que je pressens dévastatrice.
Au matin, je me tiens devant le miroir, observant mon propre reflet avec une lassitude que je n’arrive plus à masquer. Mes traits sont tirés, mes yeux trop cernés, et cette fatigue que rien ne semble apaiser.
J’effleure mon poignet. Là où Rafael m’a touchée hier soir, ma peau semble encore brûlante.
Un soupir m’échappe. Je n’ai pas le temps de me laisser envahir par ces pensées. Mon agenda est plein, mes patients m’attendent.
Je noue mes cheveux en un chignon lâche et quitte l’appartement.
---
Mon cabinet est déjà occupé lorsque j’arrive. Une femme attend dans le petit salon, les mains crispées sur son sac. Elle est jeune, la vingtaine à peine, mais ses yeux portent quelque chose de brisé, une détresse à vif.
Je m’approche doucement.
— Mademoiselle ?
Elle lève la tête et je me fige.
Son regard…
Noir. Profond. Presque trop sombre.
Un frisson me parcourt, instinctif. Je n’ai jamais ressenti une telle chose avant.
— Vous êtes… Ariane ? demande-t-elle d’une voix presque tremblante.
Je hoche la tête, troublée.
— Entrez, nous allons parler.
Elle me suit sans un mot et s’assied face à moi. Ses doigts s’entrelacent nerveusement.
— Que puis-je faire pour vous ?
Elle avale difficilement sa salive avant de murmurer :
— Je crois… Je crois qu’il y a quelque chose en moi qui ne devrait pas être là.
Mon cœur rate un battement.
— Expliquez-moi.
Elle ferme les yeux un instant, comme si elle rassemblait son courage.
— Depuis plusieurs semaines… je ressens une présence. Quelque chose qui me suit. Qui murmure quand je ferme les yeux.
Mon estomac se serre.
— Avez-vous vu quelqu’un d’autre ? Un médecin ?
Elle secoue la tête.
— Ils me prennent pour une folle.
Son regard accroche le mien.
— Vous ne ferez pas ça, n’est-ce pas ?
Non.
ArianeLa lumière persiste autour de moi, intense et immaculée, une lueur qui semble vouloir brûler l’obscurité des siècles passés. J’ai l’impression que le monde a changé en un instant, que tout ce que nous avons vécu, tout ce que nous avons traversé, est soudainement éclipsé par cette victoire. Mais en même temps, quelque chose me dit que ce n’est pas fini. Que tout n’a pas encore été dit.Je regarde autour de moi. Lysandre est là, juste derrière moi, son regard fixe, ses muscles tendus comme si la bataille n’était pas encore terminée. L’air entre nous est lourd de non-dits, d’émotions brutes et imprécises, mais il n’y a pas de place pour les faiblesses maintenant. Pas après tout ce que nous avons enduré ensemble.— Nous l’avons fait, murmure-t-il, la voix grave. Il est fini.Mais ses mots semblent en suspens, flottant dans l’air sans vraiment me rassurer. Le vent qui souffle, frais et mordant, me frappe le visage, mais il ne me réveille pas. Il est trop tard pour ça. Nous avons déj
ArianeLe vent s’élève autour de nous, tourbillonnant comme une furie déchaînée. L’air devient lourd, presque tangible, chargé de l’énergie noire qui émane de Raven. Chaque particule d’ombre semble vivante, mouvante, prête à nous engloutir. Je sens le sol se dérober sous mes pieds, comme si la terre elle-même hésitait à nous soutenir. Le carnet dans ma main devient soudainement brûlant, un objet d'une puissance insoupçonnée. Lysandre se redresse avec difficulté, le souffle court, les yeux brillants d’une rage sourde, mais il ne dit rien. Il attend. Je vois dans son regard la même détermination que j’ai vue en moi, mais avec plus d’âmes perdues derrière lui, plus de luttes déjà menées. Il sait ce qui est en jeu. Nous savons tous les deux ce que représente ce combat.Raven, quant à lui, ne semble pas pressé. Il avance vers nous lentement, chaque mouvement calculé, presque magnétique. Il prend son temps, comme s’il savait que le temps était de son côté, que la victoire lui était déjà due
ArianeLe silence qui suit les paroles de Raven est presque insupportable. Il flotte entre nous comme un nuage menaçant, prêt à éclater à tout instant. Il n’y a pas d’échappatoire. Ce moment est inévitable. Chaque seconde semble se dérouler au ralenti, comme si le monde autour de nous s’était figé, attendant le signal. Mais au fond de moi, je sais que ce moment est déjà trop avancé pour qu’il soit stoppé. Le destin s’écrit, et il est impossible de revenir en arrière.Lysandre fait un pas en avant, l'épée prête à fendre l’air, son regard acéré ancré sur Raven. Il n’y a pas de peur dans ses yeux, seulement une détermination farouche. Mais, moi, je sens la peur couler dans mes veines, un froid glacé qui m’envahit malgré moi. J’ai vu ce qu’il faisait à ceux qu’il touchait. Il n’était pas juste un homme. Raven était plus. Il était l'incarnation de la malédiction, l’ombre du passé qui ne cessait de revenir, de hanter nos rêves.— Tu penses que tu peux nous arrêter ? demande Lysandre, sa voi
ArianeL’air est lourd, comme si le ciel lui-même pesait sur mes épaules. Nous avançons à travers les ruelles sombres de la vieille ville, chaque pas résonnant dans la nuit comme un avertissement. Les bâtiments autour de nous sont presque écrasants, leurs pierres froides et humides qui semblent nous observer à chaque coin de rue. La lumière de la lune, timide, traverse les nuages, projetant des ombres qui dansent sur les murs. Lysandre marche à mes côtés, son regard acéré cherchant dans chaque recoin, chaque repli de cette ville qui nous cache tant de secrets.Le silence entre nous est palpable. Aucun mot n'est nécessaire, car nous savons que chaque instant nous rapproche de l'inévitable. Raven. Cette silhouette sinistre qui s'est immiscée dans nos vies, tissant une toile d'ombre et de mystère. Une force invisible qui nous lie, qui nous appelle. Mais cette fois, ce n'est pas la peur qui nous guide, c’est la détermination. Nous avons fait le choix de ne plus fuir. Nous devons affronter
ArianeJe n’ai jamais cru en la destinée. Elle semblait toujours être une abstraction, un concept que l’on se racontait pour expliquer l’inexplicable. Mais depuis que le carnet est apparu dans ma vie, tout a changé. Tout s'est entremêlé dans une danse macabre de coïncidences et de révélations. La malédiction, cette malédiction qui me lie à Raven, à ce pouvoir qui s’étend dans chaque fibre de mon être, n’est plus une légende ou une simple pensée fugace. C'est une réalité que je ne peux fuir.Lysandre marche à mes côtés, son silence pesant. Nous avons traversé des épreuves qui nous ont laissés brisés, mais quelque chose a changé en nous, comme si la douleur avait lentement forgé des liens plus profonds, plus solides. Je lève les yeux vers lui. Ses traits sont marqués par les événements, mais il est là, toujours là, dans ce monde que nous avons décidé d’affronter ensemble. Ce regard qu’il me lance, emplis de secrets et de promesses non dites, me dit tout ce que ses mots ne peuvent exprim
ArianeJe respire profondément, tentant de reprendre pied dans un monde qui semble constamment vaciller, entre lumière et ténèbres. Lysandre reste près de moi, mais une distance invisible se dresse entre nous. Nous sommes là, physiquement proches, mais nos esprits se battent une guerre silencieuse. Il ne dit rien, mais je sens qu’il est perdu, qu’il lutte contre des démons intérieurs que je ne peux pas comprendre.— Ariane, sa voix se fait plus douce cette fois, presque un chuchotement. Il se penche légèrement, mais je ne le laisse pas m’approcher davantage. Je dois comprendre ce qui m’arrive avant de me laisser submerger à nouveau par cette impression de chute infinie.Je me frotte les yeux, cherchant à chasser les derniers vestiges de la brume qui m’a enveloppée. L’ombre du carnet flotte dans mon esprit comme un spectre, une ombre persistante que je ne peux ignorer. Lysandre me regarde, et je sens l’intensité de son regard, l’inquiétude qu’il essaie de dissimuler sous une façade de
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