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last update Fecha de publicación: 2026-08-28 04:08:03

Un léger sourire effleura les lèvres de Théo, sans toutefois atteindre son regard. « Quelle perspicacité, mademoiselle Evans ! Bien sûr, je parlerai aussi à mon frère, mais je tenais à vous entendre également. Je veux tout savoir. Si vous vous inquiétez de ma loyauté envers Sebastian, rassurez-vous. Il ne s’agit pas de rancune personnelle. Il s’agit de sauver une entreprise qui a pris des décisions irréfléchies. »

Camille expira lentement.

Il n’avait pas tort. Elle avait passé des mois à observer Sebastian faire des choix audacieux, parfois impulsifs. C’était un génie quand ça fonctionnait, mais quand ça tournait mal, il n’y avait pas de filet de sécurité. Mais était-ce vraiment judicieux de dénoncer son patron à son frère ? Soudain, elle regretta de ne pas en avoir parlé à Sebastian avant de partir.

« Je gère son emploi du temps », commença-t-elle en pesant ses mots. « J’organise ses réunions, je relis les contrats avant qu’ils ne soient soumis au service juridique et je m’occupe des relations avec les investisseurs, de façon superficielle. »

 « Ce qui signifie que vous savez exactement combien de temps il consacre aux affaires. » Le regard de Théo ne faiblit pas.

Camille hésita de nouveau avant de répondre. « Monsieur Lawrence est… sélectif dans ses priorités, mais il est efficace. »

Théo laissa échapper un léger soupir qui ressemblait presque à un ricanement. « C’est une façon polie de le dire. »

Elle garda une expression neutre. « Il est doué pour nouer des relations. Les clients et les investisseurs l’apprécient. Il leur inspire confiance. »

« Ce n’est pas la même chose que gérer les risques », dit Théo. « Parlez-moi des contrats qu’il a approuvés récemment. Y en a-t-il eu qui ont suscité des inquiétudes ? »

L’esprit de Camille revint aux appels téléphoniques tardifs, aux contrats qu’on lui avait demandé de signer à la hâte sans vérification adéquate, aux projets qui ressemblaient plus à des passions qu’à des investissements judicieux.

Finalement, elle croisa le regard de Théo. Il la fixait comme s’il pouvait lire en elle. Camille n'avait jamais été douée pour mentir, et elle sentait qu'elle allait tout gâcher si elle essayait maintenant, surtout sous le regard de Théo. Alors elle dit : « Oui. Quelques-unes. »

Théo l'observa longuement. Puis il hocha la tête. « Vous m'enverrez une liste de ces transactions. Et désormais, je veux être mis en copie de tout document important qui vous est soumis. »

Son estomac se noua légèrement. « Vous voulez que je vous fasse un rapport ? »

« Je veux de la transparence », corrigea Théo. « Vous êtes bien placée pour voir ce que les autres négligent. Si quelque chose me paraît louche, je veux le savoir. »

Camille soutint son regard. C'était un terrain inconnu. Dangereux, même, et elle ne voulait pas s'y aventurer. Elle ouvrit la bouche, hésita, puis reprit : « Monsieur Lawrence, je comprends vos inquiétudes, mais je ne peux m'empêcher de me demander… Devrais-je… »

Théo inclina légèrement la tête et son regard s'aiguisa. « Le dire à Sebastian ? » Il termina sa phrase avant qu'elle ne puisse la finir.

Un silence pesant s'installa dans la pièce.

Camille déglutit. « Je ne veux pas créer de tensions inutiles… »

Théo se pencha en avant, les avant-bras posés sur le bureau. Sa voix était calme, mais ferme. « Dites-lui ce que vous jugez bon, Mademoiselle Evans. Mais n'oubliez pas : je saurai si votre version change. »

Sa voix était impassible, son visage aussi, mais elle comprit qu'il s'agissait d'un avertissement. D'un test.

Camille soutint son regard, se forçant à ne pas réagir. Il faisait d'elle, indirectement, son espionne… Pour qu'elle dénonce son frère, son patron. Elle acquiesça. « Compris, Monsieur Lawrence. »

Après un instant, Théo se redressa, balayant la conversation d'un revers de main comme s'il s'agissait d'un simple échange d'informations, puis reporta son attention sur le dossier devant lui. « C'est tout, Mademoiselle Evans. Vous pouvez partir. »

Camille se leva, lissant sa jupe avant de se tourner pour sortir. Mais alors qu'elle atteignait la porte, il reprit la parole.

« Et Mademoiselle Evans ? »

Elle se retourna.

Son regard était perçant, impénétrable. « Vous gérez le chaos de mon frère depuis six mois. J'imagine que ça n'a pas été facile. »

Elle esquissa un sourire professionnel, encore sous le choc de ce qu'il venait de lui demander. « Ça fait partie du travail. »

Theo fredonna, comme s'il réfléchissait. Puis, d'un léger hochement de tête, il la congédia.

Camille quitta le bureau le cœur battant la chamade. Travailler pour Sebastian allait être très différent, et des problèmes se profilaient à l'horizon. Elle le sentait.

_____________ Deux jours plus tard, Camille était assise à son bureau, parcourant ses e-mails avec une concentration forcée. L'entreprise organisait une réception ce soir-là – une soirée destinée à accueillir Theo Lawrence de retour à Chicago et à rassurer les investisseurs. Au programme : costumes élégants, champagne de luxe et sourires soigneusement préparés.

 Et elle comptait bien l'éviter.

Elle n'était pas obligée d'y assister. Ce n'était pas comme si elle travaillait au service des investissements, et puis, elle n'avait aucune envie de se retrouver dans une pièce où les frères Lawrence accapareraient toute l'attention – pour des raisons bien différentes.

Nul doute que Sebastian serait lui aussi en compagnie d'une de ses nombreuses conquêtes, et pourquoi s'infligerait-elle le supplice de le voir oublier sa présence, voire même son existence ?

La porte du bureau s'ouvrit brusquement, la tirant de ses pensées.

Theo entra, son charisme habituel imposant sans effort.

« Bonjour, Monsieur Lawrence », dit-elle d'une voix égale.

« Bonjour », répondit Theo, son regard s'attardant sur elle quelques secondes tandis qu'il marmonnait : « Mon frère est là ? »

 « Oui, c’est lui… Mais… »

Inutile de poursuivre, car sans un mot de plus, Théo passa devant elle et entra dans le bureau de Sebastian, refermant la porte derrière lui.

Incroyable ! Camille soupira en se levant et en le suivant aussitôt. Certes, Théo avait parfaitement le droit de voir son frère, mais il était aussi de son devoir de gérer l’agenda de Sebastian et de l’informer de ses visiteurs. On ne pouvait pas débarquer comme ça dans son bureau. C’était son rôle de veiller à ce que cela n’arrive pas, et Théo pouvait bien le respecter, non ?

 Elle ouvrit la porte et passa la tête. « Je suis désolée, monsieur Lawrence, mais j'ai essayé de lui expliquer que vous n'en vouliez pas… »

« Ce n'est rien », dit Sebastian en agitant les mains pour la rassurer. « Croyez-moi, je connais mon frère et ses habitudes. J'y suis habitué. »

Mais elle n'y était pas habituée, pensa Camille. Elle lança un regard désapprobateur à Théo avant de refermer la porte et de retourner à son bureau.

Elle n'avait pas revu Théo depuis leur conversation d'il y a deux jours. Il n'avait pas donné suite à sa promesse de lui envoyer des rapports. Il ne lui avait pas demandé si elle avait parlé de quelque chose à Sebastian. Mais elle savait qu'il valait mieux ne pas supposer qu'il avait oublié.

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  • LE FRÈRE QUE JE NE DEVRAIS PAS VOULOIR   10

    Tandis que Théo observait le contour étonnamment pulpeux de ses lèvres généreuses, il se dit que ce n'était pas désagréable. Le gloss qu'elle portait était mieux, pas beaucoup, mais suffisant pour les rendre pleines, douces et rosées. Si elle avait choisi de mettre en valeur cet atout naturel avec un rouge vif, elle aurait pu distraire son frère, facilement distrait, qui aurait même pu se demander – ce qui aurait été une pensée naturelle pour n'importe quel homme – quels autres atouts elle pouvait bien cacher sous ses cols et jupes boutonnés.« — Je pense que tu es douée dans ce que tu fais », observa-t-il, continuant d'étudier ses lèvres.Pour la deuxième fois en quelques minutes, Camille resta bouche bée ; elle n'avait pas imaginé qu'il la remarquait plus qu'il ne remarquait le mobilier de bureau, et voilà qu'il exprimait une appréciation à contrecœur… ou du moins, c'est ce qu'il semblait.Elle n'en était toujours pas sûre. À contrecœur, elle croisa son regard. « Vraiment ? »« Ai-j

  • LE FRÈRE QUE JE NE DEVRAIS PAS VOULOIR   9

    Son regard, empreint de dédain, glissa sur ses traits maigres et autoritaires ; il ne laissait jamais personne oublier une seconde qui était le chef. En le voyant saper l'autorité de Sebastian, Camille avait dû se mordre la langue plus d'une fois, mais Sebastian ne s'en plaignait jamais. Il était tout simplement trop facile à vivre et trop gentil pour se plaindre.Tout le contraire de Theo.Sachant combien Sebastian détestait faire des vagues et se faire des ennemis – son frère était une véritable vague ambulante –, Camille se plaignait souvent en son nom, ce qui lui valut une certaine réputation : celle d'être ce que les gens polis de l'immeuble qualifiaient d'excessivement zélée, et ce que les moins polis qualifiaient d'hostile et d'effrayante.Cette réputation d'effrayante ne lui avait pas attiré beaucoup d'amis, mais elle lui avait valu un certain respect, certes à contrecœur ; un respect à contrecœur et un amour non partagé faisaient que ses vendredis soirs étaient généralement c

  • LE FRÈRE QUE JE NE DEVRAIS PAS VOULOIR   8

    Être traité avec le respect dû au travail était pourtant une chose, et si Théo ne s'attendait pas à une flagornerie obséquieuse de la part des employés de l'immeuble portant le nom de sa famille, il ne s'attendait pas non plus à être réprimandé par des subalternes.Il avait rarement – ​​voire jamais – eu à rappeler à qui que ce soit qui était le chef, mais il décida que cette jeune femme méritait d'être ramenée à la réalité.Lorsqu'il s'arrêta à quelques pas de la porte du bureau, c'était précisément l'intention de Théo. Il se retourna et, déboutonnant sa veste impeccablement coupée, s'éclaircit la gorge. La silhouette menue, recroquevillée derrière le bureau, releva la tête et l'expression de Théo se figea dans un mépris glacial ; derrière les lunettes qu'elle portait lorsqu'elle travaillait sur la paperasse, les yeux de Camille étaient remplis de larmes retenues.Théo savait que certains hommes étaient sensibles aux larmes des femmes ; il trouvait ces démonstrations, même sincères,

  • LE FRÈRE QUE JE NE DEVRAIS PAS VOULOIR   7

    Camille se raidit. Elle aurait dû s'en douter et partir dès qu'il s'était approché, mais il était trop tard. Théo n'en dit pas plus ; il n'en avait pas besoin. Elle savait exactement ce qu'il voulait dire.Après un instant de silence, elle se tourna complètement vers lui. « Théo, commença-t-elle d'une voix plus basse, se mordant la lèvre inférieure pour se donner du courage, je dois être honnête avec toi. »Voilà qui devenait intéressant. Il inclina légèrement la tête, attendant.« Ce… ce n'est pas quelque chose qui me met à l'aise. » Elle déglutit, les sourcils froncés. « Tu me demandes de surveiller mon patron. De te faire un rapport sur des choses qu'il a choisi de ne pas partager. »Théo ne répondit pas. Il la laissa continuer.« Je comprends pourquoi tu as besoin de savoir ce qui se passe, admit-elle, mais je ne veux pas être impliquée de cette façon. Cela me met dans une situation que je n'ai jamais souhaitée. » Il y avait une certaine fermeté dans sa voix, malgré l'hésitation

  • LE FRÈRE QUE JE NE DEVRAIS PAS VOULOIR   6

    Théo était de retour à Chicago depuis moins de deux semaines, et déjà, il se rappelait pourquoi il avait préféré être loin.L'événement était aussi fastueux que prévu : des cadres supérieurs tirés à quatre épingles en costumes sur mesure, leurs conversations ponctuées de formules de politesse stratégiques. Investisseurs, membres du conseil d'administration et personnalités mondaines se mêlaient autour d'une coupe de champagne, chaque poignée de main dissimulant un objectif non énoncé.Il avait passé d'innombrables soirées comme celle-ci, mais celle-ci avait quelque chose de particulièrement épuisant. Peut-être parce que son nom était associé à la raison de cette réunion. Peut-être parce qu'il était là pour réparer les dégâts que son jeune frère avait laissés sans surveillance.Sebastian avait toujours été imprudent, trop sûr de son charme, trop enclin à jouer avec le feu. Et maintenant, c'était à Théo qu'on attendait de lui qu'il répare ses erreurs. Encore une fois.Il avait pourtant

  • LE FRÈRE QUE JE NE DEVRAIS PAS VOULOIR   5

    Elle avait passé des années à perfectionner l'art de garder son sang-froid sous pression. Mais Théo était là depuis à peine deux semaines et il commençait déjà à perdre toute sa maîtrise. Elle décida sur-le-champ qu'elle ne l'aimait pas. Il ne respectait manifestement aucune limite et semblait juger tout et tout le monde.Chassant cette pensée, elle reprit son travail et, quelques minutes plus tard, elle rassembla les dossiers sur son bureau – Sebastian les lui avait demandés. Prenant une profonde inspiration, elle se leva et se dirigea vers son bureau.Camille frappa légèrement avant d'entrer.Sébastien était adossé à sa chaise, toujours aussi détendu. En face de lui, Théo était assis, les doigts nonchalamment entrelacés, le dos impassible, ses yeux bleus perçants l'évaluant dès son entrée.Camille s'efforça de se concentrer.« Voici les documents que vous vouliez », dit-elle en les posant devant Sebastian.« Parfait », répondit-il avec un sourire. « Je savais que je pouvais compter

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