LOGINIsalya resta immobile quelques secondes de trop.
Le brouhaha de l’exposition continuait autour d’elle — verres qui s’entrechoquent, rires feutrés, commentaires admiratifs sur les œuvres — mais tout lui paraissait soudain lointain, étouffé, comme si elle se trouvait sous l’eau.
Devant elle, Averon attendait.
Derrière elle, Tavrik.
Et au milieu… elle, le cœur affolé, l’esprit embrouillé, incapable de respirer correctement.
— « Isalya ? » répéta Averon doucement.
Elle cligna des yeux, comme si elle sortait d’un rêve.
— « Oui… pardon. »
Isalya ferma doucement la porte de son appartement derrière elle. Le cliquetis du verrou résonna dans le silence de la pièce comme un écho lointain. Chaque son semblait amplifié, chaque souffle plus lourd. Elle déposa son manteau sur le dossier d’une chaise et s’adossa contre la porte, les yeux clos, comme si le simple poids de la nuit pouvait la stabiliser.Le souvenir de l’exposition était encore frais dans son esprit. Les lumières mouvantes, les rires feutrés, le visage fermé de Tavrik, et ce silence chargé qui s’était installé entre eux… Tout se bousculait, s’entrechoquait et la laissait à la fois émue et effrayée. Elle inspira profondément, mais le souffle ne suffisait pas à chasser la tension qui s’accrochait à ses muscles.Elle se dirigea lentement vers le salon. La lumière douce de
Ils marchaient côte à côte dans le silence.La porte de l’exposition venait de se refermer derrière eux, étouffant le brouhaha, les lumières mouvantes, les regards indiscrets. Dehors, la nuit semblait plus froide qu’avant, presque hostile. L’air humide s’insinuait sous les vêtements, mais Isalya savait que le frisson qui la traversait ne venait pas seulement du contraste thermique.Tavrik avançait à un pas mesuré, légèrement devant elle.Assez proche pour qu’elle sente sa présence.Assez distant pour qu’elle comprenne qu’il se contenait.Aucun mot n’avait été échangé depuis qu’ils avaient quitté le bâtiment.Chaque pas résonnait dans son esprit comme une question sans réponse.Tu choisis, Isa.Elle ferma brièvement les yeux, comme si elle pouvait encore effacer cette phrase. Elle ne voulait pas se souvenir de la façon dont elle l’avait frappée — pas comme une demande, mais comme une injonction. Comme si son cœur devait obéir à une logique qui n’était pas la sienne.Ils atteignirent la
Isalya resta immobile quelques secondes de trop.Le brouhaha de l’exposition continuait autour d’elle — verres qui s’entrechoquent, rires feutrés, commentaires admiratifs sur les œuvres — mais tout lui paraissait soudain lointain, étouffé, comme si elle se trouvait sous l’eau.Devant elle, Averon attendait.Derrière elle, Tavrik.Et au milieu… elle, le cœur affolé, l’esprit embrouillé, incapable de respirer correctement.— « Isalya ? » répéta Averon doucement.Elle cligna des yeux, comme si elle sortait d’un rêve.— « Oui… pardon. »
— « Tu voulais partir où ? » demanda Tavrik, la voix basse.Elle déglutit.— « Chez moi… », Répondit-elle faiblement.Il sourit. Ce sourire qui la désarmait et l’agaçait à la fois.— « Non. Pas ce soir. »— « Et pourquoi ? »Il pencha la tête, ses yeux ne quittant pas les siens.— « Parce que j’ai prevu autre chose pour nous ce soir, mon amour. »Elle aurait voulu protester.Elle aurait voulu mettre de la distance.Mais sa voix restait coincée, écrasée par ce désir qu’elle refusait d’admettre.— « Monte. » ordonna-t-il doucement en désignant sa voiture garée à côté.— « Tavrik… je… »— « Tu viens. Point. »Il contourna la voiture, ouvrit la porte passager sans la quitter des yeux.Elle aurait dû dire non.Elle aurait dû partir.Elle aurait dû couper court à cette attraction dangereuse.Mais elle monta.La portière se referma dans un claquement qui résonna dans sa poitrine.Le trajet se déroula dans un silence lourd, brûlant.Tavrik ne parlait pas.Il conduisait comme il vivait : avec
Le réveil vibra une première fois.Puis une seconde.Isalya n’avait pas encore la force d’ouvrir les yeux.Elle était épuisée.Pas physiquement… non.Mais émotionnellement.La nuit précédente l’avait laissée dans un état étrange, presque fragile.Elle avait rêvé de Tavrik.Pas juste un rêve vague ou flou… non, un rêve qui semblait avoir encore son parfum, sa voix, son regard.Elle sentit son cœur ne battre plus vite rien qu’à ce souvenir.Elle passa une main sur son visage et inspira profondément.— Arrête, Isalya… sinon tout sa va finir par te detruire…Elle repoussa les couvertures et resta assise quelques secondes au bord du lit.Elle avait froid… ou peut-être était-ce l’absence de ses mains, de sa voix.Elle soupira.Son regard glissa vers la petite table où reposait sa pochette.À côté, soigneusement posée…Une rose sombre.Elle se figea.Hier soir, lorsqu’il l’a raccompagner chez elle, Tavrik lui avait glissé ça dans la main en murmurant :— « Pour que tu te souviennes que dès a
La porte de l’appartement de Tavrik claqua derrière eux.Isalya fit un pas en arrière—mais il avança d’un, sans lui laisser l’espace qu’elle croyait vouloir.— « Tavrik… on ne devrait pas… »— « Ne mens pas. »Sa voix glissa contre sa peau comme une caresse profonde.Il tendit la main, effleura sa joue du dos des doigts.— « Tu brûles autant que moi. »Elle tourna la tête pour éviter son regard.Erreur.Il attrapa délicatement son menton entre ses doigts et la força à le regarder.







