เข้าสู่ระบบLe lendemain, Elly ne retourna pas au siège de Varenne & Co.
Elle travailla depuis chez elle, entourée de documents qu’elle avait imprimés pendant la nuit. Son salon ressemblait à un centre de crise improvisé. Des relevés bancaires étaient étalés sur la table basse, des copies de contrats occupaient le canapé et plusieurs feuilles étaient accrochées au mur.
Elle avait besoin d’un système.
C’était sa manière de survivre à l’inconnu.
Transformer le chaos en structure.
Elle créa quatre catégories.
Famille.
Finances.
Mort de Gabriel Varenne.
Personnes disparues.
Elle commença à relier les noms.
Victor.
Claire.
Gabriel.
Marianne Delcourt.
D’autres apparaissaient dans les documents de son père.
Des dirigeants.
Des banques.
Des sociétés offshore.
Mais un élément revenait constamment.
Le numéro 17.
Elly appela Maëlle.
— J’ai besoin d’une recherche historique.
— Ça ressemble à une mauvaise journée.
— C’en est une.
— Qu’est-ce que tu cherches ?
— Tout ce qui concerne l’entrepôt 17.
Maëlle se tut.
— Tu connais le bâtiment ?
— Oui.
— Tu savais qu’il avait un sous-sol ?
Un nouveau silence.
— Oui.
Elly ferma les yeux.
— Depuis quand ?
— Depuis toujours.
— Pourquoi tu ne m’en as jamais parlé ?
— Parce que ton père me l’avait demandé.
Elly se leva.
— Tout le monde connaissait mon père sauf moi.
— Ce n’est pas vrai.
— Vraiment ?
— Elly…
— Tu savais qu’il enquêtait.
— Oui.
— Tu savais pour l’entrepôt.
— Oui.
— Tu savais quelque chose sur sa mort ?
Maëlle hésita.
— Pas ce que tu crois.
Elly s'assit de nouveau.
— Alors dis-moi ce que je dois croire.
— Je ne peux pas encore.
— Pourquoi ?
— Parce que je ne sais pas qui écoute.
La phrase glaça Elly.
— Tu penses qu’on nous surveille ?
— J’en suis certaine.
Elle raccrocha.
Quelques minutes plus tard, son téléphone reçut une notification provenant de son système de sécurité.
Mouvement détecté devant votre résidence.
Elly se leva immédiatement.
Elle se dirigea vers la caméra extérieure.
Une voiture noire était garée de l’autre côté de la rue.
Elle zooma.
Impossible de voir le conducteur.
Puis la voiture démarra.
Elly recula de l’écran.
Quelqu’un savait où elle vivait.
Elle appela Gabriel.
Il décrocha presque immédiatement.
— Que s’est-il passé ?
— Une voiture me surveille.
— Depuis combien de temps ?
— Je ne sais pas.
— Ne sortez pas.
— Je ne comptais pas le faire.
— Fermez les rideaux.
— Gabriel.
— Oui ?
— Vous êtes en train de me dire que je suis en danger ?
— Je vous dis que votre situation vient de changer.
— À cause de quoi ?
Il hésita.
— De la clé.
Elly regarda la petite pièce métallique posée sur la table.
— Pourquoi ?
— Parce qu’elle n’ouvre pas seulement l’armoire de l’entrepôt.
— Alors qu’est-ce qu’elle ouvre ?
Gabriel resta silencieux.
— Gabriel.
— Une seconde archive.
— Où ?
Il répondit enfin.
— Au siège de Varenne & Co.
Elly sentit une colère sourde naître en elle.
— Et je suppose que vous savez où.
— Oui.
— Alors demain, vous venez avec moi.
— Elly…
— Ce n’était pas une question.
Elle raccrocha.
Gabriel ne révéla pas le nom.Pas ce jour-là.Il savait qu’Elly le lui reprocherait.Elle ne lui faisait pas confiance, et il ne pouvait pas lui en vouloir. À sa place, il aurait probablement ressenti la même chose.Il avait observé Éléonore Varenne pendant plus longtemps qu’elle ne pouvait l’imaginer.Il avait suivi son parcours professionnel à travers les rapports internes de Varenne & Co.Il avait lu les analyses de ses opérations.Il savait comment elle travaillait.Il savait qu’elle arrivait au bureau avant ses équipes.Qu’elle refusait régulièrement des invitations mondaines.Qu’elle détestait les réunions inutiles.Qu’elle prenait toujours deux minutes avant de répondre à une question importante, même lorsqu’elle connaissait déjà la réponse.Mais il ignorait quelque chose.Il ignorait ce qu’elle ferait lorsqu’elle apprendrait la vérité.C’était cela qui inquiétait son père.Et peut-être aussi ce qui inquiétait Gabriel.Il la retrouva dans le café du rez-de-chaussée.Elle avait
Le lendemain matin, Elly entra dans le siège de Varenne & Co. avec une détermination froide qui ne laissait à personne l’impression qu’elle avait passé la nuit à douter d’elle-même.Elle traversa le hall sans ralentir.Les employés la saluaient.Certains murmuraient encore à propos de la promotion d’Adrien.Elle entendit même son nom derrière elle.Elle ne se retourna pas.Dans l’ascenseur, elle reçut un message de Gabriel.Je suis au sous-sol.Elle lui répondit :J’arrive.Le parking souterrain était presque vide.Gabriel se tenait à côté d’une porte de sécurité.— Vous êtes en avance, dit-il.— Je déteste perdre du temps.— Je commence à m’en rendre compte.Il passa son badge.La porte s’ouvrit.Ils descendirent encore d’un niveau.— Pourquoi le groupe possède-t-il un sous-sol que je ne connaissais pas ?— Parce qu’il n’apparaît pas dans les plans accessibles au conseil.— Donc quelqu’un vous a donné l’accès.— Oui.— Qui ?Gabriel sourit légèrement.— Vous posez énormément de quest
Le lendemain, Elly ne retourna pas au siège de Varenne & Co.Elle travailla depuis chez elle, entourée de documents qu’elle avait imprimés pendant la nuit. Son salon ressemblait à un centre de crise improvisé. Des relevés bancaires étaient étalés sur la table basse, des copies de contrats occupaient le canapé et plusieurs feuilles étaient accrochées au mur.Elle avait besoin d’un système.C’était sa manière de survivre à l’inconnu.Transformer le chaos en structure.Elle créa quatre catégories.Famille.
La porte s’ouvrit sur une petite pièce sans fenêtre.Une odeur de papier humide et de métal froid flottait dans l’air. Le faisceau de la lampe du téléphone d’Elly balaya les murs jusqu’à s’arrêter sur une armoire métallique fixée au sol.Il n’y avait rien d’autre.Pas de bureau.Pas de chaise.Pas de lumière.Elly entra.Gabriel resta sur le seuil.— Vous ne venez pas ?— C’est votre pièce.Elle se retourna vers lui.— Vous êtes vraiment agaçant.— On me le dit souvent.Elle s’approcha de l’armoire.Une serrure était installée sur le tiroir du milieu.La clé numéro 17 entra parfaitement.Elly ouvrit.À l’intérieur se trouvait un seul dossier.
Elly fixa Gabriel sans comprendre.Elle détestait les hommes qui contrôlaient l’information. Dans le monde des affaires, c’était une forme de pouvoir qu’elle connaissait trop bien. On ne vous disait pas forcément non. On vous laissait simplement ignorant jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour agir.Elle refusait de subir cela ici.— Qui m’a envoyé le message ?Gabriel resta silencieux.— Vous ne pouvez pas venir ici, me parler de mon père, me dire que vous me surveillez depuis dix-neuf ans et ensuite refuser de répondre à une question aussi simple.— Ce n’est pas simple.— Alors rendez-la simple.— La personne qui vous a envoyé ce message ne veut pas que vous connaissiez son identité.— Et vous ?— Je veux que vous compreniez d’abord ce que vous avez entre les mains.Gabriel sortit une enveloppe de la poche intérieure de son manteau.— Prenez ceci.Elly hésita avant de la saisir.— Qu’est-ce que c’est ?— La raison pour laquelle votre père m’a engagé.Elle ouvrit.À l’intérieur se trouv
Le trajet jusqu’à l’ancien site prit trente-sept minutes.Elly connaissait la route, mais elle ne l’avait pas empruntée depuis des années. Elle se souvenait vaguement des entrepôts, des grues et des longues rangées de bâtiments industriels qui entouraient autrefois la zone.À l’époque, son père l’emmenait parfois travailler avec lui le samedi.Elle se souvenait de son rire.De ses chemises toujours impeccables.De cette façon qu’il avait de s’agenouiller devant elle pour lui expliquer quelque chose comme si ce qu’elle pensait était réellement important.À neuf ans, elle avait cru que son père était invincible.Puis il était mort.Du moins, c’était ce qu’on lui avait dit.Elle gara sa voiture à distance du bâtiment.La grille principale était ouverte.Elly sortit.L’air était froid et humide.Elle avança lentement.Chaque pas produisait un léger écho sur le sol bétonné.Le bâtiment était plus imposant qu’elle ne l’imaginait. Une partie du toit s’était effondrée, mais la façade principa







