Beranda / Loup-garou / LES LARMES DE MON EX-COMPAGNON / Chapitre 35 — Le choix du sang 3

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Chapitre 35 — Le choix du sang 3

Penulis: Déesse
last update Tanggal publikasi: 2026-07-19 02:09:51

Giulia

Je débouche la fiole. Le bouchon est en liège, vieux, presque friable. Il s'effrite sous mes doigts. Une odeur s'échappe du goulot. Une odeur que je ne connais pas et que je reconnais pourtant. C'est l'odeur de mes rêves. L'odeur de la forêt la nuit, quand la lune est pleine et que les bêtes se taisent. L'odeur du pendentif que je porte contre ma poitrine. L'odeur de ma mère.

— Giulia, dit Enzio, et sa voix est douce maintenant, très douce, presque triste. Quoi que tu décides, je serai l
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  • LES LARMES DE MON EX-COMPAGNON    Chapitre 225 — Le sauvetage

    GiuliaOn ne me laisse pas entrer, et c'est peut-être la seule fois de ma vie où j'obéis sans discuter, parce que le vieux chirurgien des Maisons m'a regardée une seconde, une seule, et m'a dit une phrase qui valait tous les ordres du monde, votre sang bout, ma reine, et j'ai besoin que le sien reste froid, alors j'attends dehors, adossée à la tente, dans ma cuirasse couverte de lui, et je compte, je compte les respirations, les miennes, parce que les siennes je ne peux plus les entendre, et le lien est là, ténu, un fil d'araignée dans une tempête, et tant qu'il vibre je respire, et quand il faiblit j'arrête, et je vis ainsi, par à-coups, suspendue à un signal plus fragile qu'une goutte de rosée.La bataille continue sans moi, je l'entends, elle s'éloigne, elle change de timbre, les cris de mêlée deviennent des cris de poursuite, puis des cris de victoire, et des gens viennent me trouver, Enzo, Selene, des capitaines, et ils parlent, et je réponds, je cro

  • LES LARMES DE MON EX-COMPAGNON    Chapitre 224 — Matteo blessé

    GiuliaCela arrive au moment où tout bascule, au moment exact où la bataille est gagnée, et c'est toujours ainsi, je le saurai désormais, c'est au moment où l'on croit que c'est fini que le monde choisit de frapper, le centre ennemi se rompt, les lignes de Lorenzo lâchent, la fuite commence, et je pousse un cri de victoire que je ne finirai jamais.Parce que je les vois, sur la crête basse, à l'ouest, là où la bataille est passée et où plus personne ne regarde, un groupe, six, sept hommes, pas en fuite, immobiles, et parmi eux des arcs, des arcs noirs, longs, que je n'ai jamais vus dans aucune armée de loups, et l'un d'eux est bandé, et il n'est pas bandé vers la mêlée, il est bandé vers moi, et je comprends dans le même éclair, les archers de Valerius, les hommes des Maisons, les flèches d'argent, parce que le Conseil sait depuis longtemps ce qui tue ce qui est comme moi, et Valerius n'a jamais eu l'intention de laisser Lorenzo gagner seul, Valerius a pl

  • LES LARMES DE MON EX-COMPAGNON    Chapitre 223 — Au cœur de la bataille

    Giulia Je ne sais pas à quel moment je cesse d'être une générale pour devenir autre chose, peut-être quand le deuxième louveteau de ma garde tombe, un garçon de seize ans que j'ai vu grandir, et que quelque chose en moi, quelque chose qui tenait encore, lâche, et le sang de Draegon monte, monte, cette marée que j'ai retenue toute ma vie, que je n'ai laissée parler que deux fois, et cette fois je ne la retiens pas, cette fois je l'appelle, je lui ouvre toutes les portes, et le monde change de couleur, le monde devient lent et net et rouge sur les bords. Tout ralentit, tout, je vois les lames arriver comme des feuilles dans le vent, je vois les gouttes de sueur quitter les fronts, je vois la peur dans les yeux des hommes qui se retournent vers moi, la peur qui naît à la seconde où ils me voient, parce qu'ils voient ce que je suis, enfin, entièrement, la marque brûle à travers le brassard, mes crocs sont sortis, mes yeux ont dû changer, je

  • LES LARMES DE MON EX-COMPAGNON    Chapitre 222— La contre-offensive

    GiuliaLe conseil de guerre se tient dans l'heure, debout, personne ne s'assied, personne ne songe à s'asseoir, la grande tente sent la sueur froide et la toile mouillée, et autour des cartes il y a Selene, Matteo, Enzo, Aldo, Silas, Vera, les capitaines, et le silence que j'ai laissé après le résumé, un silence que je compte, trois battements, quatre, le temps que chacun mesure le trou qui vient de s'ouvrir sous nos pieds.— Nous déplaçons tout, dit Enzo le premier, les dispositions sont grillées, les fossés sont connus, on change tout, on rebouche, on creuse ailleurs, on déplace ta tente, ma reine, on la déplace ce soir, et on tient, les murs tiendront, trois jours c'est court mais c'est assez pour durcir.— Non, dis-je.Le mot tombe, et tout le monde me regarde, et je sens le regard de Silas, je sens sa question avant qu'elle naisse, et je pose les deux mains sur la carte, sur la plaine, sur l'est, et je laisse venir ce qui est venu p

  • LES LARMES DE MON EX-COMPAGNON    Chapitre 221 — L'espion de Valerius

    GiuliaOn me réveille avant l'aube, et il faut toute ma vie pour ne pas sauter sur mon poignard, la main d'Enzo sur mon épaule, sa voix basse, urgente, une voix qui n'entre dans ma tente qu'en état de guerre, et Matteo est déjà debout, déjà ceint, déjà l'émissaire, nous n'avons pas échangé une parole et nous sommes déjà ce que nous devons être, la reine et le Conseil, c'est étrange comme les rôles nous remettent en place, plus vite que des vêtements.— On l'a pris au troisième fossé, dit Enzo, en marchant, un homme, pas un loup, un homme des Maisons, du moins en apparence, il rampait vers les cordes des chevaux, les chiens l'ont senti avant les sentinelles, il a essayé de boire sa capsule, Vera lui a cassé la mâchoire avant.— Un homme des Maisons, dis-je, et je regarde Matteo, et Matteo a pâli sous son masque, je le vois à la façon dont il serre la mâchoire, parce qu'un espion des Maisons dans notre camp, ça veut dire une chose, une seule, ça ve

  • LES LARMES DE MON EX-COMPAGNON    Chapitre 220 — La frustration, encore

    GiuliaJe reste là, debout, après que la toile de la tente est retombée, et la première chose qui monte, la toute première, ce n'est pas la tendresse, ce n'est pas l'admiration, c'est la frustration, pure, chaude, montante, la frustration qui me chauffe la nuque et me serre les poings, parce que nous étions là, nous étions à un souffle, et il a reculé, encore, et une part de moi, une part que je ne laisserai parler devant personne, une part de moi voudrait courir après lui, le retenir par la cape, lui dire que la perfection je m'en fiche, que le parfait n'existe pas, que le parfait est une invention de ceux qui ont deux cents ans devant eux.Et puis je ris.Je ris seule, dans la tente, un rire bas, un rire un peu sec, un rire de femme qui se reconnaît, parce que je viens de m'entendre penser, et ce que j'ai pensé ressemblait à s'y méprendre à un caprice de gamine à qui l'on refuse un fruit, et c'est lui qui a raison, je le sais, je le sais dans l

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