INICIAR SESIÓNÉlena
La matinée passe dans un brouillard épais, comme si le monde extérieur avait cessé d'exister. Chaque minute est une éternité, chaque seconde une attente insupportable. Je regarde l'écran de mon ordinateur sans voir les chiffres, sans lire les mots. Les emails défilent, les dossiers s'accumulent, mais mon esprit est ailleurs. Mon esprit est avec elle.
Dans ce bureau. Dans ses bras. Dans ses baisers
AdrianaLa porte de l'appartement se referme derrière nous. Le bruit de la serrure qui claque résonne dans le silence. Nous sommes seules. Enfin.Je reste un instant adossée à la porte, à la regarder. Elle est là, au milieu de mon salon, sa robe rouge légèrement défaite, ses cheveux éparpillés sur ses épaules, ses joues encore roses du vent de la nuit et de ce que je lui ai fait dans les jardins. La lumière tamisée de la ville entre par les grandes fenêtres, dessine des ombres bleutées sur sa peau.Elle tremble. De froid, d'excitation, de désir – je ne sais plus. Ses mains pendent le long de son corps, impuissantes. Ses yeux me regardent, brillants, humides, pleins d'attente.— Adriana, murmure-t-elle.— Chut.Je m'approche. Lentement. Volontairement. Je veux sentir chaque seconde. Chaque batte
Soudain, je m'arrête. Je me retourne vers elle. Mes mains trouvent ses hanches, la soie de sa robe sous mes doigts. La chaleur de son corps à travers le tissu. La douceur de sa peau.— Ce soir, ce type... il vous a touchée.— Oui, mais...— Il a posé ses mains sales sur vous. Là. Sur vos hanches. Sur vos cuisses.Ma voix est étranglée. La rage monte, chaude, brûlante.— Je n'ai pas supporté. Quand je vous ai vue avec lui, sa main sur vous... j'ai vu rouge. J'ai eu envie de tuer. De le déchiqueter. De lui arracher les mains.— Adriana...— Je ne peux pas, Élena. Je ne peux pas partager. Je ne peux pas voir quelqu'un d'autre vous regarder, vous désirer, vous toucher. Je deviendrai folle. Je deviendrai dangereuse.— Personne ne me touchera. Je ne veux qu'elle.— Vous êtes s&uc
L'homme sourit. Un sourire carnassier, prédateur. Il s'approche, un peu trop près. Son odeur , un parfum masculin, fort, envahissant , me submerge. Du bois, du cuir, quelque chose d'artificiel. Rien à voir avec son parfum à elle., Adriana a beaucoup de chance d'avoir une assistante aussi ravissante. Moi, mes assistantes sont toutes de vieilles femmes acariâtres.— Je...— Vous voulez boire quelque chose ? Un vrai champagne, pas cette piquette qu'ils servent ici ?Il désigne ma coupe. Je la regarde, surprise. Elle est encore pleine. Je n'ai pas bu une seule gorgée.— Non, merci, ça va très bien.— Vous êtes timide, dit-il. C'est mignon.Sa main se pose sur mon bras. Juste là, sur ma peau nue. Sa main est chaude, moite, insistante. Ses doigts pressent légèrement, comme pour tester ma réaction.&md
Une femme brune, magnifique, vêtue d'une robe argentée qui colle à ses formes comme une seconde peau, lui caresse l'avant-bras en riant à une blague que je n'entends pas. Ses doigts glissent sur la peau d'Adriana, s'attardent, caressent. Le geste est intime, possessif, comme si elle avait des droits sur elle.La jalousie me serre la gorge. Une brûlure acide qui monte de ma poitrine. Mes poings se serrent. Mes mâchoires se crispent.Je n'ai pas le droit d'être jalouse. Je ne suis rien pour elle. Officiellement, je suis son assistante. Officieusement, je suis une femme mariée qui a couché avec elle une seule fois. Je n'ai aucun droit sur elle.Pourtant, quand cette femme rit trop près de son visage, quand sa main s'attarde trop longtemps sur son bras, j'ai envie de m'interposer. De la repousser. De crier : "Elle est à moi."Adriana doit sentir mon malaise. Parce qu'&agrav
Dans la voiture, l'espace est feutré, intime. Le chauffeur a relevé la vitre. Nous sommes seules, isolées du monde. L'air est épais, chargé de nos parfums mêlés, de nos désirs qui se cherchent.Je m'assois à côté d'elle. La proximité est électrique. Son parfum remplit l'habitacle – ce parfum simple, de supermarché, mais qui sur elle devient addictif. Sa peau est à quelques centimètres de la mienne. Je vois les veines bleues sous sa peau fine, au niveau de son cou. J'ai envie d'y poser mes lèvres.La voiture démarre. Paris défile.Je pose ma main sur sa cuisse.Juste au-dessus du genou. Doucement. Ma paume est chaude, légèrement moite. Je sens la soie sous mes doigts, et sous la soie, sa chair, sa chaleur, sa vie. Je sens ses muscles se tendre sous ma main. Je sens son souffle s'accél&ea
Thomas me regarde encore. Il est impressionné, presque intimidé. Comme s'il ne me reconnaissait pas. Comme si la femme devant lui était une étrangère.— Tu vas rentrer tard ?— Je ne sais pas. Ne m'attends pas.— D'accord.Il se rassoit. Reprend sa bière. Regarde la télévision. En deux secondes, son regard a déjà changé. Il est déjà retourné à son émission. Il ne m'a même pas embrassée. Ne m'a même pas touchée.Je vais dans la chambre. Je prends un petit sac, j'y mets mon téléphone, mes clés, un rouge à lèvres. Je me regarde une dernière fois dans le miroir. Je touche mon décolleté, mes seins sous la soie. Je suis belle. Je suis désirée. Par elle. Rien d'autre ne compte.— À ce soir, Thomas, d
ÉlenaLe lendemain, je n'arrive à rien faire. Mes doigts tremblent sur le clavier. Je relis trois fois chaque email sans comprendre un seul mot. Mon cerveau est ailleurs, bloqué sur ce soir, sur elle, sur cette robe qui m'attend quelque part au bureau. Chaque minute est une éternité. Chaque seconde
Elle se lève. Nue. Magnifique. La lumière du matin caresse sa peau, dessine ses formes. Elle s'approche, m'enlace par derrière, pose sa tête sur mon épaule. Ses bras autour de ma taille, sa chaleur contre mon dos.— Merci pour cette nui
Je suis complètement nue. Offerte. Vulnérable. À elle.Elle me regarde. Longuement. Intensément. Ses yeux parcourent mon corps de la tête aux pieds, s'attardent là où je suis la plus intime.— Tu es si belle, murmure-t-elle. Si i
ÉlenaLa chambre est comme dans mon souvenir. Le grand lit aux draps de soie grise. La lumière tamisée par les rideaux épais. L'odeur d'elle partout , ce parfum que je respire chaque jour au bureau, mais qui ici, dans son antre, est plus fort, plus