Masuk— Plus fort, Adrian. Sa voix rauque. Ses doigts crispés sur les draps. Son dos qui se cambre. — Vas-y, oui comme ça... Il l'écoute. Il ferait tout ce qu'elle demande. Mains sur ses hanches, rythme qui s'accélère. Elle mord sa lèvre. — Regarde-moi. Elle ouvre des yeux troubles, noyés. Pupilles dilatées. — Dis-moi ce que tu veux. — Toi. Juste toi. Elle l'embrasse. Sauvagement. Goût de whisky, de sel, de lui. Sa langue, ses dents, cette façon qu'elle a de le dévorer comme si c'était la dernière fois. Ses ongles labourent son dos. Ses jambes remontent plus haut. — Ne t'arrête pas. Il ne s'arrête pas. Il ralentit, au contraire. La fait languir. La regarde se tordre, chercher son rythme, le supplier du regard sans un mot. — Adrian... s'il te plaît... Ce prénom dans sa bouche. Cette façon de le dire, comme une prière. Il accélère. Plonge en elle. Profond. Plus profond. Jusqu'à ce qu'elle ne soit plus que souffle coupé, que gémissement, que corps offert. Elle bascule la première. Ses doigts agrippent ses épaules, ses ongles s'enfoncent, son ventre se creuse, son cri résonne dans la chambre. Il la suit de près, quelques secondes plus tard, le front contre son cou, à respirer sa peau, à trembler contre elle. Dans sa vie, Maya n'a qu'une règle : pas d'amour. L'amour détruit tout. Alors elle préfère les plans Q : des nuits sans lendemain, sans prénoms, sans promesses. Un verre. Un regard. Chacun disparaît. Jusqu'à lui. Adrian. Magnétique. Troublant. Il ne devrait être qu'une nuit de plus. Mais il revient. Il ne veut pas seulement son corps. Il veut la comprendre. La défier. La posséder. Trop tard, Maya comprend que certaines rencontres ne doivent rien au hasard. Et que le plan Q parfait peut devenir la plus dangereuse des addictions.
Lihat lebih banyakPOV MAYA
Je n'ai qu'une seule règle dans la vie : ne jamais rester jusqu'au matin.
Pas de petit-déjeuner partagé. Pas de t'as bien dormi ? murmuré dans les draps froissés. Pas de regard qui s'attarde trop longtemps, qui cherche quelque chose que je n'ai pas l'intention de donner. Je pars avant l'aube, avant que les corps se réchauffent trop l'un à l'autre, avant que la nuit ait le temps de ressembler à autre chose qu'à ce qu'elle est.
Une transaction. Propre. Honnête. Sans dommages collatéraux.
Léa dit que je suis froide.
Elle a tort. Je suis précise.
Ce soir-là, j'avais mis ma robe noire — celle qui ne fait pas d'effort, celle qui dit " je suis là par hasard" alors que rien de ce que je fais n'est jamais par hasard. Talons. Rouge à lèvres bordeaux. Le genre de tenue qu'on remarque sans que j'aie à ouvrir la bouche.
Le "Velvet" était bondé pour un jeudi. Une musique basse, lourde, qui épousait les conversations sans les couvrir. Des lumières tamisées qui rendaient service à tout le monde. J'avais trouvé ma place au bout du bar — mon poste habituel, celui d'où l'on voit entrer sans être vue — et j'avais commandé un verre de rouge que je n'avais pas encore bu.
Je n'étais pas pressée.
Les bons plans Q ne se précipitent pas. On observe d'abord. On trie. On élimine les trop bavards, les trop collants, ceux qui regardent leur téléphone toutes les deux minutes ou qui commandent une bière en plastique avec une paille. Les détails révèlent tout. J'ai appris ça à mes dépens, il y a longtemps — avant ma règle, avant que je comprenne que laisser quelqu'un entrer dans ta vie même par une toute petite porte, c'était déjà trop.
C'est le barman qui m'a distraite.
Non — c'est ce qu'il regardait.
J'ai suivi son regard machinalement, et c'est là que je l'ai vu.
Il venait d'entrer. Grand. La quarantaine, peut-être un peu moins, difficile à dire. Un visage que je qualifierais de dangereux si j'étais du genre à dramatiser : mâchoire nette, regard sombre sous des sourcils légèrement froncés, comme si le monde entier lui posait une question dont il connaissait déjà la réponse. Il ne cherchait pas à être remarqué. Il ne souriait pas à la salle. Il n'avait pas ce réflexe masculin agaçant de scanner l'espace pour évaluer les options disponibles.
Il a commandé à boire sans regarder le barman dans les yeux. Whisky — j'ai vu le geste, la façon dont il a désigné la bouteille du menton. Puis il a posé les deux mains à plat sur le comptoir et il a regardé droit devant lui.
Pas son téléphone.
Pas la salle.
Devant lui.
J'ai bu une gorgée de vin.
Non, me suis-je dit. Trop silencieux. Trop dans sa tête. Les hommes trop dans leur tête sont soit poètes maudits soit emmerdeurs professionnels, et dans les deux cas, ils racontent leur vie à la troisième gorgée.
Je me suis retournée vers la salle.
Sauf que.
Sauf que trente secondes plus tard, sans que je comprenne pourquoi, mes yeux sont revenus sur lui.
Il n'avait pas bougé. Même position. Même calme — un calme presque irritant, le genre qu'on ne peut pas acheter et qu'on ne peut pas feindre. Autour de lui, les gens s'agitaient, riaient trop fort, se penchaient les uns vers les autres avec cette urgence particulière des nuits de semaine. Lui était là comme quelque chose de fixe. Un point d'ancrage au milieu du bruit.
Et puis — comme s'il l'avait senti — il a tourné la tête.
Ses yeux ont trouvé les miens immédiatement. Pas cherché. Trouvé.
Je n'ai pas détourné le regard. Ce serait admettre quelque chose.
Il non plus.
Trois secondes. Quatre. Cinq. Un temps légèrement au-delà du raisonnable, au-delà de ce qu'on peut encore appeler croiser le regard de quelqu'un par hasard.
Puis il a repris son verre et s'est retourné vers le bar.
Comme si de rien n'était.
J'ai posé mon verre.
Mon cœur battait un tout petit peu trop vite, et ça — ça, je ne l'aimais pas du tout.
Ma règle numéro un est de ne jamais rester jusqu'au matin.
Ma règle numéro deux — celle que je n'énonce jamais à voix haute parce qu'elle devrait aller de soi — c'est de ne jamais être la première à traverser la salle.
Je me suis levée.
Et j'ai traversé la salle.
Il ne m'a pas regardée approcher. Soit il ne m'avait pas vue dans le miroir derrière le bar — ce qui était peu probable — soit il attendait. J'ai pris le tabouret à côté de lui sans demander la permission et j'ai fait signe au barman.
— Même chose que lui, ai-je dit.
Là, il a tourné la tête.
De près, ses yeux étaient plus clairs que je ne l'avais cru. Un gris tirant vers le vert — ou l'inverse, selon la lumière. Ils me regardaient avec une attention tranquille, presque clinique, qui aurait dû me mettre mal à l'aise.
Elle ne m'a pas mise mal à l'aise.
C'était ça, le problème.
— Tu bois du whisky ? a-t-il demandé. Voix basse. Pas de préambule, pas de je peux m'asseoir , pas de sourire de façade.
— Apparemment.
Un silence. Pas gêné. Le genre de silence que seules certaines personnes savent laisser exister sans le remplir de bruit inutile.
— Je m'appelle Adrian.
Je l'ai regardé.
— Maya.
Il a hoché la tête, comme si c'était suffisant. Comme si mon prénom lui avait confirmé quelque chose qu'il savait déjà.
Et je ne sais pas pourquoi — je ne saurais pas l'expliquer si on me le demandait, ce n'était pas rationnel, ce n'était pas dans mes habitudes, ce n'était conforme à aucune de mes règles — mais quelque chose dans ce regard m'a donné l'impression très nette que cet homme-là n'était pas venu ici par hasard.
J'ai bu mon whisky.
Chapitre 31 ZoéSix mois plus tardLa petite église de Saint-Jean est pleine de lumière.Les rayons du soleil couchant passent à travers les vitraux, dessinent des taches de couleur sur le sol de pierre, sur les bancs de bois, sur les visages des invités. Des fleurs blanches partout, des roses, des pivoines, cette odeur douce qui emplit l'air.Je suis dans la sacristie, en robe blanche.Pas une robe de princesse. Simple. Longue. Dentelle fine sur les épaules, taille haute qui cache à peine mon ventre rond. Cinq mois et demi. Le bébé s'est invité à la fête.— T'es belle, murmure une voix derrière moi.Je me retourne. Mon père est là, dans son costume gris, les yeux brillants.— Papa...— Ma petite fille. Qui se marie.Il s'approche, prend mes mains.— T'es sûre ?— Plus que tout.— Même avec ce fou ?Je ris.— Surtout avec ce fou.Il me serre contre lui. Longtemps. Fort.— Je suis fier de toi, chuchote-t-il. Et ta mère serait fière aussi.Les larmes montent. Je les retiens.— Merci, p
Chapitre 30ZoéOn est dans le salon.Max est sur le canapé, moi blottie contre lui. Thomas vient de monter se coucher après un long câlin et un dessin offert "pour que vous soyez guéris tous les deux". La télé murmure un programme qu'on regarde pas. La maison est calme.Trop calme.— Il arrive bientôt, je murmure.— Je sais.— T'as peur ?— Oui.— Moi aussi.Il passe sa main dans mes cheveux, m'embrasse le front.— Quoi qu'il arrive, je t'aime.— Je t'aime aussi.On reste silencieux, à écouter les bruits de la nuit. Le vent dans les arbres, le réfrigérateur qui ronronne, nos cœurs qui battent trop fort.Soudain, des phares dans l'allée.Une voiture. Portière qui claque. Pas lourds, rapides, furieux sur le gravier.Mon père.La porte d'entrée s'ouvre à la volée. Elle était pas verrouillée. On a oublié. Ou peut-être qu'on savait que ça servait à rien.Il est là.Stéphane Morel. Mon père. Cinquante-deux ans, le visage rouge de colère, les yeux fous, les poings serrés. Il nous regarde, s
Chapitre 29ZoéJe suis dans mon lit, les yeux ouverts, fixant le plafond comme je le fais depuis une semaine. Le soleil entre par la fenêtre, dessine des ombres sur le mur. Un nouveau jour. Une nouvelle journée à faire semblant.Des pas dans l'escalier.Je reconnais les siens. Lourds, lents, hésitants. Il s'arrête devant ma porte.Je retiens mon souffle.Il frappe. Trois coups. Doux.— Zoé ?Sa voix. Grave, rauque. Fatiguée.Je réponds pas. Comme depuis huit jours.— S'il te plaît... ouvre. Il faut que je te parle.Rien.— Je resterai pas là si tu veux pas. Mais juste... cinq minutes. S'il te plaît.Son "s'il te plaît" me déchire le cœur. Je ferme les yeux, respire un grand coup.Puis je me lève.J'ouvre la porte.Il est là. Devant moi. Barbe de trois jours, yeux cernés, traits tirés. Il a pas dû dormir plus que moi. Son sweat est froissé, ses cheveux en bataille. Il tient quelque chose dans sa main – une tasse de café, pour moi.— Salut, dit-il doucement.— Salut.Silence. Il me reg
Chapitre 28ZoéJe suis restée cloîtrée dans ma chambre toute la journée.Le ventre vide, les yeux secs à force d'avoir pleuré, le corps lourd comme si on m'avait retiré tous les os. J'ai pas mangé. J'ai pas bu. J'ai juste regardé le plafond en écoutant les bruits de la maison.Max qui prépare le petit déjeuner. Max qui parle à Thomas. Max qui monte l'escalier, qui s'arrête devant ma porte, qui repart.Il a frappé trois fois ce matin. J'ai pas répondu.Thomas frappe à ma porte.— Zoé ? T'es malade ?Sa petite voix à travers le bois. Je me redresse sur le lit, le cœur serré.— Oui, mon cœur. Je suis un peu malade.— Tu veux que je te fasse un dessin ? Ça guérit, les dessins.Les larmes me montent aux yeux.— Avec plaisir.— Je te le glisse sous la porte, d'accord ?— D'accord.Un bout de papier apparaît. Je me lève, le ramasse. Un bonhomme avec des cheveux longs, un sourire immense, et un soleil à côté. Au-dessus, écrit en lettres maladroites : Pour Zoé, pour guérir vite.Je colle le d
NOUVELLE HISTOIRE TITRE : TROIS SEMAINES POUR S'AIMERPROLOGUE— Embrasse-moi.— Ton père ne va pas aimer.— Je m'en fous.Il ne m'embrasse pas. Il me soulève et me dépose sur la table. Je porte une chemise longue, celle que je lui avais volée une fois, juste pour son odeur.Sa main effleure ma cu
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Chapitre 41ElaraLe jour de mon mariage, je me suis réveillée avant le soleil.Mon cœur battait si fort que j'entendais ses pulsations dans mes oreilles. J'étais allongée dans mon lit, dans ma chambre de la propriété, à regarder le plafond en repensant à tout ce qui m'avait menée jusqu'ici.Une se
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