Se connecter— Plus fort, Adrian. Sa voix rauque. Ses doigts crispés sur les draps. Son dos qui se cambre. — Vas-y, oui comme ça... Il l'écoute. Il ferait tout ce qu'elle demande. Mains sur ses hanches, rythme qui s'accélère. Elle mord sa lèvre. — Regarde-moi. Elle ouvre des yeux troubles, noyés. Pupilles dilatées. — Dis-moi ce que tu veux. — Toi. Juste toi. Elle l'embrasse. Sauvagement. Goût de whisky, de sel, de lui. Sa langue, ses dents, cette façon qu'elle a de le dévorer comme si c'était la dernière fois. Ses ongles labourent son dos. Ses jambes remontent plus haut. — Ne t'arrête pas. Il ne s'arrête pas. Il ralentit, au contraire. La fait languir. La regarde se tordre, chercher son rythme, le supplier du regard sans un mot. — Adrian... s'il te plaît... Ce prénom dans sa bouche. Cette façon de le dire, comme une prière. Il accélère. Plonge en elle. Profond. Plus profond. Jusqu'à ce qu'elle ne soit plus que souffle coupé, que gémissement, que corps offert. Elle bascule la première. Ses doigts agrippent ses épaules, ses ongles s'enfoncent, son ventre se creuse, son cri résonne dans la chambre. Il la suit de près, quelques secondes plus tard, le front contre son cou, à respirer sa peau, à trembler contre elle. Dans sa vie, Maya n'a qu'une règle : pas d'amour. L'amour détruit tout. Alors elle préfère les plans Q : des nuits sans lendemain, sans prénoms, sans promesses. Un verre. Un regard. Chacun disparaît. Jusqu'à lui. Adrian. Magnétique. Troublant. Il ne devrait être qu'une nuit de plus. Mais il revient. Il ne veut pas seulement son corps. Il veut la comprendre. La défier. La posséder. Trop tard, Maya comprend que certaines rencontres ne doivent rien au hasard. Et que le plan Q parfait peut devenir la plus dangereuse des addictions.
Voir plusChapitre 31 ZoéSix mois plus tardLa petite église de Saint-Jean est pleine de lumière.Les rayons du soleil couchant passent à travers les vitraux, dessinent des taches de couleur sur le sol de pierre, sur les bancs de bois, sur les visages des invités. Des fleurs blanches partout, des roses, des pivoines, cette odeur douce qui emplit l'air.Je suis dans la sacristie, en robe blanche.Pas une robe de princesse. Simple. Longue. Dentelle fine sur les épaules, taille haute qui cache à peine mon ventre rond. Cinq mois et demi. Le bébé s'est invité à la fête.— T'es belle, murmure une voix derrière moi.Je me retourne. Mon père est là, dans son costume gris, les yeux brillants.— Papa...— Ma petite fille. Qui se marie.Il s'approche, prend mes mains.— T'es sûre ?— Plus que tout.— Même avec ce fou ?Je ris.— Surtout avec ce fou.Il me serre contre lui. Longtemps. Fort.— Je suis fier de toi, chuchote-t-il. Et ta mère serait fière aussi.Les larmes montent. Je les retiens.— Merci, p
Chapitre 30ZoéOn est dans le salon.Max est sur le canapé, moi blottie contre lui. Thomas vient de monter se coucher après un long câlin et un dessin offert "pour que vous soyez guéris tous les deux". La télé murmure un programme qu'on regarde pas. La maison est calme.Trop calme.— Il arrive bientôt, je murmure.— Je sais.— T'as peur ?— Oui.— Moi aussi.Il passe sa main dans mes cheveux, m'embrasse le front.— Quoi qu'il arrive, je t'aime.— Je t'aime aussi.On reste silencieux, à écouter les bruits de la nuit. Le vent dans les arbres, le réfrigérateur qui ronronne, nos cœurs qui battent trop fort.Soudain, des phares dans l'allée.Une voiture. Portière qui claque. Pas lourds, rapides, furieux sur le gravier.Mon père.La porte d'entrée s'ouvre à la volée. Elle était pas verrouillée. On a oublié. Ou peut-être qu'on savait que ça servait à rien.Il est là.Stéphane Morel. Mon père. Cinquante-deux ans, le visage rouge de colère, les yeux fous, les poings serrés. Il nous regarde, s
Chapitre 29ZoéJe suis dans mon lit, les yeux ouverts, fixant le plafond comme je le fais depuis une semaine. Le soleil entre par la fenêtre, dessine des ombres sur le mur. Un nouveau jour. Une nouvelle journée à faire semblant.Des pas dans l'escalier.Je reconnais les siens. Lourds, lents, hésitants. Il s'arrête devant ma porte.Je retiens mon souffle.Il frappe. Trois coups. Doux.— Zoé ?Sa voix. Grave, rauque. Fatiguée.Je réponds pas. Comme depuis huit jours.— S'il te plaît... ouvre. Il faut que je te parle.Rien.— Je resterai pas là si tu veux pas. Mais juste... cinq minutes. S'il te plaît.Son "s'il te plaît" me déchire le cœur. Je ferme les yeux, respire un grand coup.Puis je me lève.J'ouvre la porte.Il est là. Devant moi. Barbe de trois jours, yeux cernés, traits tirés. Il a pas dû dormir plus que moi. Son sweat est froissé, ses cheveux en bataille. Il tient quelque chose dans sa main – une tasse de café, pour moi.— Salut, dit-il doucement.— Salut.Silence. Il me reg
Chapitre 28ZoéJe suis restée cloîtrée dans ma chambre toute la journée.Le ventre vide, les yeux secs à force d'avoir pleuré, le corps lourd comme si on m'avait retiré tous les os. J'ai pas mangé. J'ai pas bu. J'ai juste regardé le plafond en écoutant les bruits de la maison.Max qui prépare le petit déjeuner. Max qui parle à Thomas. Max qui monte l'escalier, qui s'arrête devant ma porte, qui repart.Il a frappé trois fois ce matin. J'ai pas répondu.Thomas frappe à ma porte.— Zoé ? T'es malade ?Sa petite voix à travers le bois. Je me redresse sur le lit, le cœur serré.— Oui, mon cœur. Je suis un peu malade.— Tu veux que je te fasse un dessin ? Ça guérit, les dessins.Les larmes me montent aux yeux.— Avec plaisir.— Je te le glisse sous la porte, d'accord ?— D'accord.Un bout de papier apparaît. Je me lève, le ramasse. Un bonhomme avec des cheveux longs, un sourire immense, et un soleil à côté. Au-dessus, écrit en lettres maladroites : Pour Zoé, pour guérir vite.Je colle le d
Chapitre 12 Zoé Je me suis traînée jusqu’à la cuisine, les pieds nus sur le carrelage froid, le t-shirt large de son équipe de foot—celui que j’avais chipé un soir où il l’avait laissé traîner sur le dossier d’une chaise—tombant juste assez bas pour couvrir mon cul, mais pas assez pour cacher gra
Chapitre 3POV MAYA Quand je suis arrivée dans son appartement, l'odeur de son parfum flottait encore dans l'air, ce mélange de bois de cèdre et de quelque chose de plus animal, plus lui. Il ne m'a même pas laissé le temps de poser mon sac. Ses mains se sont accrochées à ma taille, me tirant contr
Chapitre 2 POV MAYA Le whisky était trop fort et pas assez froid.Je l'ai bu quand même.— Tu viens souvent ici ? ai-je demandé.Je sais. Comme entrée en matière, j'avais fait mieux. Mais je voulais l'entendre parler. Évaluer. Reprendre le contrôle d'une situation que j'avais l'impression d'avoi
POV MAYA Je n'ai qu'une seule règle dans la vie : ne jamais rester jusqu'au matin.Pas de petit-déjeuner partagé. Pas de t'as bien dormi ? murmuré dans les draps froissés. Pas de regard qui s'attarde trop longtemps, qui cherche quelque chose que je n'ai pas l'intention de donner. Je pars avant l'a
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