LOGIN~ POV de Celine ~
Le cuir de mon fauteuil exécutif était lisse et froid sous mes doigts, un ancrage stable tandis que l’air de la pièce se densifiait. De l’autre côté du bureau de verre, Damien se figea. Son attention se verrouilla sur mon visage, sa poitrine se soulevant et s’abaissant tandis qu’il essayait de digérer ce qu’il voyait. « Comment es-tu en vie ? » demanda Damien à nouveau, la voix plus basse cette fois. « Comment est-ce possible ? » Il fit un pas vers moi, les mains s’avançant légèrement comme s’il voulait toucher mon épaule pour prouver que je n’étais pas une ombre. Rowan bougea immédiatement. Il ne dégaina pas d’arme, mais sa posture s’élargit, bloquant la ligne entre nous. Son aura s’embrasa, remplissant le penthouse d’une menace calme qui fit sembler la lumière ambiante s’assombrir. « Je vous ai prévenu, Alpha », dit Rowan, sa voix profonde tranchant le silence. « Restez derrière le bureau. » La mâchoire de Damien se resserra, ses yeux flamboyant d’or pendant une fraction de seconde tandis que son loup se précipitait contre sa peau. « Rowan Cole. Le mercenaire de la frontière sud. Que fait un solitaire comme vous dans ma ville ? » « Je vais où l’on me paie », répondit Rowan sans effort, croisant les bras. « Et en ce moment, on me paie pour s’assurer que personne ne s’approche trop de Mademoiselle Brooks. » Julian rit derrière moi, sa main reposant encore confortablement contre ma hanche. Il se pencha légèrement, son souffle chaud frôlant le côté de mon cou. « Vous devriez vraiment l’écouter, Damien. Rowan n’est pas connu pour sa patience. » Le regard de Damien passa de Rowan à la main de Julian sur ma veste de costume. Le muscle de sa mâchoire se contracta si fort que je pus entendre le faible grincement de ses dents. Ses poings se serrèrent le long de son corps, les jointures devenant blanches. « Ôtez votre main d’elle », grogna Damien, sa voix vibrant d’un grondement sombre et territorial qui résonna contre les murs. Julian ne fléchit pas. Au lieu de cela, il laissa sa main s’attarder encore une seconde avant de la soulever lentement, passant ses doigts dans ses cheveux sombres avec une élégance travaillée. « Toujours si dramatique. Celine, chérie, veux-tu que je vide la pièce pour que tu puisses mener tes affaires ? » « Je vais bien, Julian », dis-je en gardant mon ton égal. Je levai les yeux vers le Roi Lycan et offris un bref sourire. « Merci. Donne-nous quelques minutes. » Julian hocha la tête, jetant un dernier regard dismissif à Damien avant de s’éloigner vers le salon latéral. « Je serai en train de lire dans la bibliothèque. Appelle si tu as besoin de quoi que ce soit, mon amour. » Le mot plana dans l’air. Damien regarda Julian s’éloigner, la poitrine soulevée. J’ignorai le spectacle. M’adossant, je pris le dossier reposant sur le buvard du bureau et le fis glisser à travers la table vers Damien. « Qu’est-ce que c’est ? » demanda Damien, la voix tendue. « Ta réalité », répondis-je. « Ce dossier contient les accords de transfert pour chaque prêt en défaut, facture impayée et hypothèque immobilière précédemment détenus par les banques centrales. Brooks Global les a tous achetés. Shadow Ridge ne doit plus d’argent aux institutions financières. Tu me dois. » Damien fixa la couverture sombre du dossier, refusant de le toucher. « Comment as-tu fait ça, Celine ? Comment une exclue discréditée bâtit-elle un empire capable de racheter la dette d’un territoire entier en sept ans ? » « Ça ne te regarde pas », dis-je froidement. « Comment j’ai survécu à la neige dans laquelle tu m’as jetée ne te concerne pas. Ce qui te concerne, ce sont les deux cent quarante millions de crédits listés à la page quatre. » « Je me fiche du nombre de crédits écrits sur ces pages », dit Damien en se penchant en avant et en plantant ses paumes à plat sur le bureau. Il me fixa de haut, les yeux sombres d’un mélange de colère et de désespoir. « Je ne laisserai pas une criminelle exilée posséder ma meute. Je ne signerai pas notre souveraineté à toi. » Rowan fit un demi-pas silencieux en avant, mais je levai deux doigts pour le retenir. Je levai les yeux dans ceux de Damien. La faible douleur fantôme de notre lien de compagnons rompu palpitait quelque part profondément dans ma poitrine — un fantôme de sensation d’une vie que j’avais enterrée. Mon pouls s’accéléra, une réaction naturelle à sa proximité, mais je ne laissai pas un seul éclair d’émotion atteindre mon visage. J’armai le silence, le laissant me regarder — les vêtements chers, les boutons de manchette en diamant, l’autorité que je portais — jusqu’à ce que la réalité de sa position s’installe dans ses os. « Tu n’as pas le choix, Alpha », dis-je tranquillement. « Si tu refuses de signer, j’ouvre le second dossier sur mon bureau. Celui qui transfère l’acte d’achat de tes frontières est à Bloodcrest. D’ici la tombée de la nuit, leurs guerriers occuperont la terre où Garrett est mort. D’ici la semaine prochaine, je saisirai ta maison ancestrale et mettrai aux enchères les droits de bois au plus offrant. » Damien tressaillit comme si je l’avais frappé. « Tu ne le ferais pas. » « Essaie-moi », répondis-je. « Je ne suis plus la fille douce qui a pleuré dans ton Grand Hall tandis que ton Conseil mentait à mon sujet. Je me fiche de ta fierté. Je me fiche de tes ancêtres. Je me soucie seulement de mon investissement. » « Cinq cents personnes vivent sur cette terre, Celine ! » cria Damien en cognant sa main contre la table. Le son claqua à travers la pièce. « Des familles ! Des enfants qui ne savent même pas qui tu es ! Vas-tu les jeter dans le froid de la façon dont tu prétends que je t’ai jetée ? » « Ne me parle pas de miséricorde », claquai-je, ma voix descendant d’une octave. « Tu n’as montré aucune miséricorde quand tu m’as dépouillée de mon nom, rompu notre lien et fait traîner tes gardes jusqu’à la frontière dans un blizzard parce que c’était politiquement pratique pour ton siège. Tu as choisi ta meute plutôt que moi. Maintenant, tu peux les sauver en te soumettant à moi. » Damien me fixa, sa respiration hachée. Le silence entre nous s’étira, rempli seulement du faible bourdonnement des systèmes d’air du bâtiment. Il baissa les yeux vers ses mains reposant sur la table. C’est alors que je le vis. Sur sa main droite, un argent captura la lumière. C’était une simple et fine bague chevalière, gravée d’un petit croissant de lune et d’une feuille de chêne. Mon souffle se coinça dans ma gorge pendant une fraction de seconde avant que je ne me force à détourner le regard. C’était la bague que j’avais gravée pour lui en secret il y a sept ans, en utilisant de l’argent de récupération des archives, des semaines avant que tout ne s’effondre. Je la lui avais donnée dans le noir, lui disant que c’était un gage de mon dévouement. Il la portait encore. À travers sept ans de guerre, de pauvreté et de ruine politique, il avait gardé ce morceau d’argent à son doigt. Un chagrin soudain menaça de faire surface dans ma poitrine, mais je le refoulai immédiatement, l’enfouissant sous un calcul froid. Porter une bague ne changeait rien. Ça n’effaçait pas les engelures. Ça n’effaçait pas le sang que j’avais versé pour survivre. « Tu as deux minutes, Damien », dis-je en tendant la main vers mon stylo et en le plaçant à côté du dossier. « Signe la restructuration, ou je signe l’accord Bloodcrest. » Damien regarda le stylo, puis releva les yeux vers moi. Ses yeux étaient remplis d’un mélange agonisant de défaite et de blessure. Il tendit la main, ses doigts tremblant légèrement tandis qu’il prenait le stylo. « Quelles sont les conditions ? » demanda-t-il doucement, la voix se brisant. « Shadow Ridge ne sera pas liquidée », déclarai-je clairement. « Cependant, cinquante et un pour cent de tous les actifs commerciaux, droits fonciers et opérations commerciales seront transférés immédiatement à Brooks Global. Tu restes Alpha de nom pour garder tes loups calmes, mais chaque décision majeure, chaque contrat commercial et chaque dépense de trésorerie doit être approuvée par ma firme. Tu réponds devant moi. » Damien ferma les yeux un long moment, prenant une respiration lente et tremblante. Quand il les rouvrit, le défi avait disparu, remplacé par le poids écrasant d’un leader qui n’avait plus de coups à jouer. Il ouvrit le dossier à la page finale, pressa la pointe du stylo contre le papier et signa son nom. Il termina la signature, posa le stylo et poussa le dossier de nouveau à travers le verre. « C’est fait. Tu nous possèdes. » « Je possède les actifs », corrigeai-je en tirant le dossier et en vérifiant la signature. « Il y a une différence. » Damien se redressa, brossant sa veste tandis qu’il essayait de regagner un lambeau de sa dignité. « J’informerai les aînés de la meute que la dette a été prolongée. Je suppose que tu voudras des rapports financiers hebdomadaires envoyés à ton bureau ? » « On s’occupera des rapports demain », dis-je en fermant le dossier et en le glissant dans le tiroir de mon bureau. « Pour l’instant, tu as une mission immédiate. » Damien fronça les sourcils. « Une mission ? » « Ce soir, c’est le Gala de la Société Aetheria au Grand Horizon », dis-je en le regardant de haut en bas. « Chaque grand investisseur, famille noble et chef de meute du continent sera là. Brooks Global fait son apparition publique formelle. » « Je n’assiste pas aux soirées de société, Celine », dit Damien platement. « Tu le fais ce soir », répondis-je. « Tu es maintenant un exécutif subordonné représentant mon intérêt dans Shadow Ridge. Tu assisteras au gala. Tu porteras les couleurs de mon entreprise — marine et argent — et tu te tiendras là où je te dirai de te tenir. » La mâchoire de Damien se resserra à nouveau. « Tu veux me faire défiler comme un serviteur ? » « Je veux que mon investissement soit protégé », dis-je sans effort. « Si les autres meutes voient l’Alpha de Shadow Ridge se tenir derrière mon épaule, personne ne remettra en question qui détient le pouvoir dans ce territoire. » Damien me fixa, sa poitrine se soulevant tandis qu’il combattait sa fierté restante. Enfin, il donna un hochement de tête raide et unique. « Très bien. À quelle heure ? » « Huit heures », dis-je. Damien se tourna vers l’ascenseur privé, les épaules rigides. Il fit trois pas avant que je ne parle à nouveau, ma voix résonnant légèrement à travers le penthouse silencieux. « Oh, Damien ? » Il s’arrêta, tournant légèrement la tête pour regarder en arrière par-dessus son épaule. « Quoi ? » Je reposai mon menton sur mes mains croisées, lui offrant un sourire faible et froid. « Le Roi Julian m’escortuera au gala ce soir », dis-je casualement. « Assure-toi de nous tenir la porte quand nous arriverons. » Damien ne répondit pas. Il me fixa une seconde, les jointures blanches le long de son corps, avant de faire demi-tour sur ses talons et d’entrer dans l’ascenseur en attente. Les portes glissèrent, coupant sa vue de moi, ne laissant que le doux bourdonnement de la tour derrière.~ POV de Damien ~Julian tourna lentement la tête, sa main restant sur la taille de Celine une seconde avant de laisser son bras retomber. Un léger sourire toucha ses lèvres, délibéré et calme, comme s’il m’avait attendu toute la soirée.« Alpha Damien », dit Julian. « Vous prenez vos fonctions de sécurité assez personnellement ce soir. »« Le plancher de danse est libre », dis-je, mon attention verrouillée sur Celine. « Reculez, Julian. »Julian baissa les yeux vers Celine, le ton léger. « Cela te dérange, Celine ? Je détesterais provoquer une scène devant le conseil commercial. »« C’est bon », dit Celine. Sa voix était stable, sans la moindre hésitation. « Va vérifier les détails du contrat avec Miller. Je m’occupe de ça. »Julian lui donna un bref hochement de tête, recula et se fondit dans la foule environnante.Je n’attendis pas. Je pris sa place, ma main se refermant autour de la taille de Celine et la tirant fermement contre moi. À l’instant où mes doigts pressèrent le tissu d
~ POV de Celine ~Les flashs des caméras balayaient le tapis rouge tandis que Julian me tendait le bras.« Accroche-toi à moi », chuchota Julian en gardant le visage tourné vers les journalistes. « Chaque dirigeant d’ici jusqu’à la côte nous regarde. »« Qu’ils regardent », dis-je en franchissant l’embrasure. « Nous leur avons donné de quoi parler en rachetant la dette. »« Damien se tient près du poste de sécurité », murmura Julian, ses doigts reposant contre mon flanc tandis que nous avancions vers le plancher de la salle de bal. « On dirait qu’il a envie de me casser le cou. »Je regardai vers les piliers de marbre près de l’entrée. Damien se tenait parmi le détail de sécurité et les managers juniors. Sa veste d’uniforme reposait carrée sur ses épaules, les mains glissées dans ses poches. Nos regards se croisèrent une seconde à travers la salle. Une chaleur soudaine monta dans ma poitrine, mais je détournai la tête avant que mon expression ne change.« Ne lui donne pas cette satisf
~ POV de Damien ~La chambre d’hôtel semblait plus petite qu’il y a cinq minutes. Je lançai le verre de cristal contre le foyer de brique, et le son du verre se brisant résonna contre les hautes fenêtres. Ma poitrine se soulevait et s’abaissait en respirations hachées tandis que je fixais les fragments éparpillés sur le sol.Lucas se tenait près de l’embrasure, les bras croisés, me regardant d’un regard stable qui ne faisait que faire brûler plus fort la chaleur sous mon col.« Elle nous tient », dis-je, la voix descendant. « Elle a racheté chaque dette unique, chaque note, chaque hypothèque. Tout. »« Je sais », répondit Lucas en changeant de poids. « Son équipe financière a agi vite. Ils ont gelé nos comptes offshore il y a trente minutes. Pas un seul crédit ne peut être déplacé sans son autorisation. »Je me détournai de la cheminée, mes mains se serrant en poings le long de mon corps. « Comment est-ce même possible ? Il y a sept ans, elle était à moitié gelée, suppliant pour un pa
~ POV de Celine ~Le cuir de mon fauteuil exécutif était lisse et froid sous mes doigts, un ancrage stable tandis que l’air de la pièce se densifiait. De l’autre côté du bureau de verre, Damien se figea. Son attention se verrouilla sur mon visage, sa poitrine se soulevant et s’abaissant tandis qu’il essayait de digérer ce qu’il voyait.« Comment es-tu en vie ? » demanda Damien à nouveau, la voix plus basse cette fois. « Comment est-ce possible ? »Il fit un pas vers moi, les mains s’avançant légèrement comme s’il voulait toucher mon épaule pour prouver que je n’étais pas une ombre.Rowan bougea immédiatement. Il ne dégaina pas d’arme, mais sa posture s’élargit, bloquant la ligne entre nous. Son aura s’embrasa, remplissant le penthouse d’une menace calme qui fit sembler la lumière ambiante s’assombrir.« Je vous ai prévenu, Alpha », dit Rowan, sa voix profonde tranchant le silence. « Restez derrière le bureau. »La mâchoire de Damien se resserra, ses yeux flamboyant d’or pendant une fr
~ POV de Damien ~~ Sept Ans Plus Tard ~« Si vous ne signez pas l’accord de restructuration d’ici midi, Black Enterprise cesse d’exister », dit Caleb à travers le téléphone.« Je ne cède pas nos terres à un collecteur de dettes, Caleb », répondis-je en entrant dans l’ascenseur privé à la base de la tour de la ville.« Ils ont acheté soixante-dix pour cent de nos prêts en défaut du jour au lendemain, Damien », prévint Caleb, le ton tendu de panique. « Brooks Global possède les hypothèques sur la maison de meute ancestrale, les terrains d’entraînement et la forêt sud. Le directeur général a l’autorité légale de saisir tout notre territoire aujourd’hui. Si vous ne les convainquez pas d’accorder une prolongation, cinq cents membres de meute seront sans-abri d’ici la tombée de la nuit. »« Je m’en occupe », dis-je en appuyant sur le bouton du dernier étage.Les portes de l’ascenseur se fermèrent, coupant le bruit de la rue en bas.La cabine monta souplement vers le dernier étage. Sept
~ POV de Celine ~« Les traîtres n’ont pas le droit de parler, Brooks », aboya le garde derrière moi en me poussant en avant sur la plateforme surélevée.Le rugissement de la foule me frappa comme un mur de son. Des centaines de membres de meute remplissaient le Grand Hall, épaule contre épaule sous les arches de granite imposantes. Les guerriers cognait leurs poings contre les rambardes de fer, leurs voix se fondant en un seul chant assourdissant.« Exécution ! Sang pour Garrett ! Mort à la traîtresse ! »Je titubai à travers le sol de granite sombre, les maillons de fer autour de mes poignets cliquetant à chaque pas. Deux enforceurs me forcèrent à genoux au centre de la plateforme. La roche froide mordit dans ma peau, mais je refusai de baisser la tête. Je gardai mon regard fixé sur l’estrade devant.Damien était assis dans le fauteuil central d’Alpha. Son manteau sombre était boutonné jusqu’à la gorge, son expression rigide et froide. Il me regarda de haut, mais ses yeux gris ne mo







