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Tout va bien

Author: Arichiebella
last update publish date: 2026-09-26 01:27:02

Elena

Le matin est venu, calme. Je me suis reveillee au doux son de pas dans le couloir et au bip du moniteur a cote de mon lit. J ai oublie ou je me trouvais. Puis j ai vu le plafond de l hopital. La perfusion dans mon bras. Le moniteur enroule autour de mon ventre. Et Marisol endormie dans le fauteuil a cote de moi. Je me suis souvenue de tout. La peur. Le trajet. Les questions. La longue nuit a attendre chaque nouveau resultat.

Ma main s est immediatement dirigee vers mon ventre. Bonjour. J ai entendu un doux mouvement en reponse. J ai souri. Tu es toujours la. Mais bien sur qu elle l est. J ai regarde vers la porte. Le docteur Whitfield etait la, une tablette a la main. Je me suis redressee legerement. Comment va-t-elle? Le docteur a souri. Elle va tres bien. Le souffle suivant qui est sorti de moi etait du soulagement.

Vraiment? Vraiment. Son rythme cardiaque s est maintenu toute la nuit. Votre examen est rassurant et nous ne voyons pas de signes indiquant que vous avez commence le travail. Mes yeux se sont fermes. J ai laisse sortir un souffle que je semblais avoir retenu en moi depuis la veille au soir. Dieu merci. Le docteur Whitfield a approche une chaise.

Nous allons y aller doucement, reposez-vous, restez hydratee et continuez a surveiller vos symptomes. Si les serrements deviennent reguliers ou desagreables, ou si vous remarquez des saignements, du liquide ou des changements significatifs dans ses mouvements, vous revenez immediatement. J ai hoche la tete. Je le ferai. Et Elena? J ai leve les yeux. Oui? Vous avez fait ce qu il fallait en venant. Cela a apaise quelque chose en moi. Je n avais pas surreagi. Je n avais pas imagine la peur. J avais simplement suivi mes instincts.

Apres le depart du docteur, Marisol s est reveillee. Elle a cligne des yeux plusieurs fois avant de me regarder. Alors? J ai souri. Tout va bien. Ses epaules se sont immediatement relachees. Dieu merci. Elle s est levee et m a enlacee doucement. J ai ri doucement. Tu vas me ecraser. Je te enlace en faisant attention. Je sais.

Elle s est reculee. As-tu dormi? Pas vraiment. Moi non plus. Tu ronflais. Sa bouche s est ouverte sous le choc. Ce n est pas vrai. C est totalement vrai. Je respirais fort parce que j etais fatiguee. J ai ri. C etait bon. Normal. Presque ordinaire. Mais en dessous de cela, il y avait autre chose. Quelque chose que je n avais pas prevu.

Alors que l infirmiere retirait le materiel de surveillance, je me suis retrouvee a fixer le fauteuil vide a cote du lit. Pas celui de Marisol. L autre. Le fauteuil qui etait reste vide toute la nuit. Et soudainement, j ai imagine Adrian assis la. Ses manches retsroussees. Ses cheveux legerement en desordre. Son visage tendu alors qu il ecoutait le docteur. Je l ai imagine demandant si le bebe allait bien.

J ai imagine sa main trouvant la mienne. L image etait si reelle que ma poitrine s est serree. J ai tourne le regard. Elena? La voix de Marisol etait douce. Je vais bien. Elle ne m a pas crue, et moi non plus. Sur le chemin du retour, j ai regarde par la fenetre. La ville bougeait autour de nous comme si rien ne s etait passe.

Des gens entraient dans des cafes. Des voitures passaient. Quelqu un ouvrait les portes d une petite boulangerie. Tout continuait. Mais quelque chose en moi avait change. La nuit derniere, j avais eu peur et la personne que je voulais a mes cotes n etait pas seulement Marisol. C etait Adrian. Cette prise de conscience m a effrayee plus que l hopital.

Parce que le vouloir la signifiait qu il y avait toujours une partie de moi qui lui faisait confiance pour partager ma peur. Une partie de moi qui voulait toujours tendre la main vers lui quand quelque chose comptait. Quand nous sommes arrives au cottage, je suis allee directement dans la chambre du bebe. La piece etait calme et chaleureuse. La lumière du soleil traversait les rideaux. Le berceau se trouvait pres du mur.

La petite plaque en bois avec le prénom d Amara etait posee sur l etagere. Je l ai touchee doucement. Ton pere aurait du etre ici. Les mots sont sortis avant que je ne puisse les arreter. Je me suis assise dans le fauteuil a bascule. Pendant des mois, je me etais dit que l independance signifiait tout faire seule. Mais ce n etait peut-etre pas cela.

C etait peut-etre de savoir que l on pouvait survivre seule sans avoir a se convaincre que l on devait le faire. J ai sorti mon telephone. La conversation avec Adrian etait toujours ouverte sur l ecran et son dernier message etait la. Prends tout le temps dont tu as besoin. Je l ai relu. Il ne m avait rien demande. Il n avait pas insiste. Il ne s etait pas presente a l hopital. Il ne savait pas qu il y avait une raison de le faire.

Mes yeux se sont remplis de larmes. J ai ouvert le clavier. Pendant plusieurs secondes, je n ai rien ecrit. Puis j ai ecrit: Le bebe va bien. J ai fixe la phrase. Simple. Sûre. Vraie. J ai failli la effacer. Puis j ai ajoute: J ai du aller a l hopital la nuit derniere parce que les contractions ont recommence. Ils m ont surveillee toute la nuit et le docteur Whitfield dit que tout va bien.

Mon pouce a survole le bouton d envoi. Je pouvais encore arreter. Je pouvais encore garder cette experience pour moi. Mais le garder totalement a l ecart des moments difficiles commençait soudainement a ressembler moins a de la protection qu a un mur dont je ne etais plus sûre de vouloir. J ai appuye sur envoyer. Le message a ete livre et mon cœur a commence a battre la chamade.

J ai pose le telephone et j ai regrette de l avoir fait aussitôt. Puis il a vibre. Je me suis figee sur place. Je l ai pris. Adrian avait repondu. Adrian: Merci de me l avoir dit. Un autre message est apparu. Adrian: Je suis soulage qu elle aille bien. Je suis soulage que tu ailles bien. J ai fixe l ecran.

Puis un autre. Adrian: J aurais aime pouvoir etre la. Ma gorge s est serree. Je m attendais a de la colère. A de la pression. A une demande de revenir. Au lieu de cela, il a ecrit: Adrian: Mais je sais que tu as demande du temps. Je ne me servirai pas de ce moment pour te demander quoi que ce soit. Des larmes ont rempli mes yeux.

J ai tape lentement. Elena: Je voulais que tu sois la. J ai failli l effacer. Mais je ne l ai pas fait. Je l ai envoye. La reponse n est pas venue tout de suite. Pour une fois, je n ai pas panique. Quelques minutes plus tard, sa reponse est apparue. Adrian: J aurais aime y etre moi aussi.

J ai presse le telephone contre ma poitrine. Cela faisait mal. Pas l ancienne douleur. Quelque chose de plus doux. Quelque chose de dangereusement proche de l espoir. J ai regarde vers le berceau. Je ne sais pas ce que nous devenons, ai-je murmure. Ma main etait sur mon ventre. Mais nous apprenons peut-etre enfin a dire la verite.

Amara a bouge dans mon ventre. J ai souri a travers mes larmes. Tout allait bien. Le bebe etait en bonne sante. J etais en securite. Et pour la premiere fois depuis que j avais quitte Adrian, je m etais autorisee a lui dire quand j avais peur. Ce n etait pas le pardon. Ce n etait pas la reconciliation. Ce n etait pas une promesse. C etait simplement une porte. Et cette fois, je l avais ouverte moi-meme.

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