Masuk« Dom, arrête de nous distraire ! S'il te plaît. »
« Excusez-moi, monsieur le DRH. » dit sarcastiquement le concerné en quittant le bureau.
Le directeur des ressources humaines se reconcentre sur l'affaire de Véronique, y réfléchit longuement, lui pose des questions auxquelles elle répond correctement et prend la décision finale de la retenir jusqu'à l'arrivée de la Véronique qui avait postulée.
« Comprenez que c'est pour éviter le surnombre. D'ici d'un mois si elle ne se présente pas, vous serez définitivement engagée. »
Cette dernière le remercie pour sa gentillesse puis s'excuse d'avoir causé des soucis dans son service avant de sortir gaiement de la pièce. Alors qu'elle se dirige vers l'ascenseur, elle passe près d'un escalator. Il faut dire que tous les niveaux de cet immeuble en contiennent ! Hésitante et prise de vertige, elle le dévisage longuement puis préfère passer son chemin. Pourtant quelqu'un la retient par le bras.
« On a peur des escalators, madame Chouchou ? »
En effet, c'est bien l'homme de l'ascenseur. À cet instant, Véronique l'insulte mille fois dans ses pensées. Et sans honte, la jeune femme avoue avoir peur de ces appareils.
« On va essayer d'y remédier, d'accord ? »
Lentement, il la conduit près de l'appareil et ensemble ils descendent jusqu'au niveau précédent. Pendant la descente, la jeune femme a eu un haut le cœur ainsi que les mains extrêmement baladeuse car dès qu'elle a piétiné le sol, elle les a surpris dans la veste de son compagnon, empoignant son t-shirt.
« Désolée. »
« T'inquiète, c'était mignon. Maintenant tu as le choix entre continuer ou prendre l'ascenseur ou encore les escaliers. »
« C'est bon pour moi, je prendrai l'ascenseur. »
« Il faut quand même diversifier ; tu pourrais finir bloquée à l'intérieur un de ces quatre. »
« Je vais tâcher de m'en souvenir. »
Là dessus, ils se séparent. Véronique descend jusqu'au rez de chaussée pour reprendre son travail. Le reste de la journée se passe bien et à 14 heures, elle termine son service. L'emploi du temps des techniciens de surface ayant été modifié et ajusté suivant chaque individu, la jeune femme prend le soin de le consulter.
***
**
Alors qu'elle est sur son chemin pour la maison, Véronique cogite par rapport à son travail de domestique. Elle sait relativiser et considère la probabilité que l'autre Véronique se présente à l'ESSET. Elle se dit qu'elle pourrait abandonner son idée de démissionner de son premier boulot et y aller temporairement à temps partiel pour prendre une décision finale suivant l'évolution des choses.
Arrivée chez elle, la jeune paysanne décide de contacter son employeuse qui l'a appelé plus de trente fois. Et celle-ci, lorsqu'elle décroche n'attend pas une seconde pour lui passer un savon. C'est ainsi que l'enthousiasme de la vingtenaire s'éteint. Elle reste silencieuse et analyse chaque parole prononcée par la dame. Elle décide de jouer la carte de la sincérité ; ainsi lui révèle-t-elle avoir à la dernière minute décroché un emploi dans une entreprise sans toutefois mentionner la confusion et ce qui en découle. Elle lui explique qu'elle y travaille à temps partiel et que si la dame le veut, elles pourraient revoir leur contrat et lui permettre de travailler chez elle pour le reste de la journée.
Il s'agit là d'une offre acceptable, seulement madame MONKA n'en veut pas.
« On a besoin d'une domestique à plein temps, Véro. Donc tu es virée. Par contre, tu devras venir encore pendant une semaine ou deux, le temps de te remplacer. Tu viendras selon tes nouveaux horaires de travail. »
Suite à ses mots, elle lui raccroche au nez. Véronique se sent angoissée et submergée par des doutes et de l'appréhension. Elle s'interroge continuellement et finit par avoir des maux de tête.
« Moi qui croyais que la vie en ville serait de tout repos. »
...
En début de soirée, Véronique prépare à manger et attend patiemment sa cousine pour lui faire part de sa situation.
Une heure s'écoule lorsque Blévie rentre. Véronique perçoit sur son visage de la frustration et s'inquiète pour elle. Le silence est pesant. Blévie ôte ses baskets, jette son sac à main sur leur canapé et se crache lourdement sur son lit à côté de sa cousine.
« S'il te plaît Véro, dis-moi que t'as passé une bonne journée. » soupire-t-elle, la tête enfouie dans son oreiller.
Et la concernée se tournant vers elle, lui dit que ce n'est pas le plus important. Elle lui retourne la question et Blévie répond qu'elle a perdu son emploi à cause d'un client aigri et très chiant. En effet, lorsqu'on est chargée de l'organisation des rayons dans un supermarché, il faut faire preuve de beaucoup de patience pour gérer les clients récalcitrants.
« Je l'ai frappé. Rien que pour ça, je suis satisfaite. » avoue-t-elle fièrement devant l'air empathique de son interlocutrice. « Allez, raconte-moi ta journée. »
...
« ... Et là, il s'est esclaffé de rire. »
« Parce que tu t'appelles Chouchou ? »
« On aurait dit un enfant. Et tu sais que c'est comme ça qu'il m'appelle maintenant ?! »
Véronique poursuit son monologue et lorsqu'elle arrive au point où le fameux "Dom" l'a accompagné sur l'escalator, Blévie l'interrompt.
« Donc tu as fait copain-copain avec le loup-garou ? Après, il ressemble à quoi ? On ne sait jamais. »
« Taille moyenne, visage un peu rond, beaucoup de cheveux, de barbe... »
« Beurk, c'est un clochard le mec ! »
« Mais non. En plus il est très bien comme ça. Je disais donc qu'il portait un jeans, un t-shirt, par-dessus une veste et des chaussures montantes. »
Elle reprend par la suite son récit et Blévie la stoppe de nouveau au passage où Dom avait dit que le geste de Véronique lors de la descente était mignon.
« C'était quoi ça ? Le début d'une amitié ou autre chose ? »
« Ni l'un ni l'autre. Il m'avait trop énervé dans le bureau du DRH. »
Après, elle raconte le reste de sa journée y compris sa discussion avec Madame MONKA. Blévie l'écoute attentivement et partage ses craintes. Leur optimisme quant à leur futur reste très présent dans les phrases qu'elles utilisent l'une et l'autre pour se consoler.
« N'empêche, tu aurais dû simuler une maladie auprès de ta patronne, toi aussi ! » rajoute Blévie.
Comme l'heure n'est pas aux sermons, Véronique garde le silence et sert à manger pour elles deux dans une même assiette. Après le repas, elles vont se coucher car une longue journée les attend demain ; Blévie se remettra à la recherche d'un emploi tandis que Véronique après son travail devra se rendre chez les MONKA pour rattraper les tâches manquées et les connaissant, elle sait qu'elle aura énormément de choses à faire.
« Bonne nuit ! »
« Bonne nuit, madame Chouchou. »
Véronique a un petit sourire. En vrai, elle a bien aimé le court instant passé avec "l'homme de l'ascenseur" et souhaiterait bien le revoir. Revoir sa tête de "loup-garou".
~ Onze heures ~La petite famille est réunie dans le sanitaire autour de Léandre qui, peu à peu reprend son souffle. Il fait de la fièvre et sa mère se demande s'il lui faudrait un bain ou juste un antipyrétique¹. « Je veux voir papa. » murmure-t-il.Seulement, le père de famille demeure encore endormi, comme tente Valérie de lui faire comprendre. Mais le petit ne veut rien entendre, recommençant à pleurer tout en répétant sa demande. Finalement, Christophe prend l'initiative de le porter pour l'emmener voir son père. Bien que ne comprenant pas grand-chose à ce qui se passe, il cherche à se rattraper de quelque manière que ce soit.Les filles en retrait, Samuelle s'excuse d'avoir trahi sa promesse ainsi, elle reçoit une étreinte de sa mère qui la console en lui disant qu'il n'est pas trop tard pour se racheter. Ensemble, elles vont chercher un médicament dans la cuisine avant de rejoindre les garçons.*****~ En même temps ~Blévie descend d'un SUV, chargée de plusieurs sacs et dit
~ Plus tôt, ce jour-là, chez Dominique ~« Vous allez beaucoup me manquer, les enfants. Mais vous avez une année scolaire en cours, et... » essaie Valérie d'expliquer aux enfants lorsque Samuelle lui prend la parole, légèrement excitée :« Ça veux dire qu'après les vacances d'été, on reviendra ici pour de bon ? »"Il faudrait surtout que mon mariage tienne jusque-là... " pense la mère de famille en esquissant un sourire forcé, contrastant avec ses états d'âme.... Après mangé et fais la vaisselle, Valérie s'installe à côté des enfants pour suivre un dessin animé. En même temps, Dominique est toujours endormi sur le canapé adjacent. Au milieu du programme, l'attention de Mme EBARA est volée par le téléphone de son époux qui vibre sur la table en verre. Elle l'observe sans réagir. Dans sa tête, elle redoute qu'il s'agisse de "la maîtresse" à l'autre bout du fil, réflexion qui lui fait monter les larmes aux yeux, se disant avoir échoué dans son mariage. Des minutes s'écoulent et l'app
« ... S'il vous plaît, ne m'obligez pas à raconter ça !... C'est tellement dur... » implora Véronique, les yeux larmoyants et la honte ayant pris le dessus.En effet, expliquer ce qui lui était arrivé ce fameux jour ferait ressurgir ses souvenirs concernant la propagation de la rumeur, le rôle qu'elle y jouait mais aussi le traitement qu'elle recevait ainsi que sa condition depuis lors. La situation était déjà assez difficile ; en parler ne lui ferait que plus de mal.Un blanc s'installa alors dans la pièce en raison du refus de Véronique de parler du sujet fâcheux mais surtout à cause du temps de réflexion du DRH à propos des enjeux de l'histoire. Le monsieur réfléchissait le regard figé vers l'extérieur. Cet embouteillage qu'il observait en contrebas semblait refléter son état d'esprit. Néanmoins, fallait-il que ce temps de silence passe, alors, il quitta les baies vitrées en demandant à la jeune femme de se lever et de sécher ses larmes ; il avait toujours son rendez-vous avec Chri
« Elle était en mode : "lâche-moi ! T'es qu'un connard ! " et lui "non, je t'aime trop ! ". Je te dis, j'étais choquée ! Il lui a pris dans ses bras et elle s'est calmée, tu vois, comme dans les films. J'étais en mode "mais mdr, c'est quoi ça ?". J'ai longtemps douté parce que je n'imaginais pas cette fille comme ça ! » raconte une technicienne de surface dans un coin du jardin en mimant les évènements dans des tons irréguliers.« Tu crois qu'il pourra quitter sa femme pour elle ? » l'interroge une de ses locutrice.« Tss, non ! Ce n'est qu'une histoire de cul. » commente une autre. « Du coup, ils sont partis ensemble ? »« Non. Il lui a pris un taxi. »« Erh, mais vraiment ! J'aurais été elle, je serais partie avec lui. » extériorise une autre, ce qui fait l'unanimité de la majorité du groupe.Puis, une voix masculine tonne au loin : il s'agit de l'un de leurs collègues leur annonçant qu'il est l'heure pour la réunion avec le DRH.« OUI, ON ARRIVE, RÔÔH ! » répond la narratrice avant
~ Trois heures quarante ~Véronique reçoit le message "Hey, tu dors ?"qu'elle croyait initialement de NTM. C'est Dominique. Pourquoi lui écrit-il à cette heure, se demande-t-elle.La jeune femme hésite à lui retourner la question avant de s'essayer à plusieurs tentatives de réponse. Mais au final, la réplique qui lui vient est :"Non.""Je ne te dérange pas, j'espère" reprends Dominique, assis dans son canapé, les pieds posés sur la table basse près d'une boîte de cachets sédatifs."Non. Pourquoi est-ce que tu m'écris à cette heure ?""Je n'arrive pas à dormir. Ce, malgré tout ce que je fais pour"« Du coup, il m'utilise comme plan B ? », pense Véronique à haute voix avant de lui répondre par des points de suspension. "Ce que je veux dire c'est que je suis encore troublé à cause de ce que tu m'as dit", rectifie le trentenaire.Véronique se redresse sur son lit, les lèvres tremblantes et les yeux clos. Les souvenirs remontent et son cœur se serre. "Bah, c'est la vérité. Maintenant, l
« Tu es au courant d'une rumeur quelconque me concernant ? »« Il est deux heures passées, Dom, je-... »« Ben, tu me réponds et puis basta ! »« Je ne suis au courant de rien. Vraiment rien. De quelle rumeur s'agit-il, au juste ? »« B-peu importe ! Bon, je-... Je vais te laisser. »« Ben, non ! J'ai le droit de savoir : en tant que DRH et en tant qu'ami. La rumeur te concerne directement ? Qu'est-ce qui se passe, Dom ? Est-ce qu'il y a une incidence sur l'ESSET ? »Mais Dominique se trouve dans l'incapacité de répondre à cette question. Saisi de honte et sans plus de cérémonie, il raccroche l'appel. Vianney, de son côté émet un long bâillement tant par la fatigue que son exaspération grandissante face à cet appel impromptu de son supérieur ainsi que sa fuite inexpliquée. Quand bien même il voudrait se rendormir aux côtés de sa fiancée, la situation commence à devenir préoccupante. Voici la deuxième fois de la semaine que Dominique le contacte à une heure tardive pour poser des ques







