LOGINChapitre 66
Eryx
La nuit est avancée, mais aucun de nous ne dort. Ysoria est étendue contre moi, sa tête sur mon torse, ses doigts dessinant des cercles lents sur ma peau. La cheminée crépite doucement. Je respire son parfum, je sens sa chaleur, et pour la première fois depuis des années, je me sens apaisé. Mais les mots que je n'ai jamais dits à personne remontent, poussés par je ne sais quelle f
Chapitre 66EryxLa nuit est avancée, mais aucun de nous ne dort. Ysoria est étendue contre moi, sa tête sur mon torse, ses doigts dessinant des cercles lents sur ma peau. La cheminée crépite doucement. Je respire son parfum, je sens sa chaleur, et pour la première fois depuis des années, je me sens apaisé. Mais les mots que je n'ai jamais dits à personne remontent, poussés par je ne sais quelle force. Peut-être parce qu'elle est là, fragile et forte à la fois. Peut-être parce que je sais qu'elle ne me jugera pas.— Tu veux que je te raconte mon enfance ? dis-je à voix basse.Elle lève la tête, me regarde. Ses yeux sombres sont pleins d'une douceur qui me désarme.— Si tu veux.Je respire profondément. Les souvenirs sont là, tapis dans l'ombre, prêts à mordre. Je n'en p
Chapitre 65YsoriaLa chambre est plongée dans une pénombre douce, seulement éclairée par la lueur des braises qui rougeoient dans la cheminée. Je suis étendue sur le lit, les draps froissés autour de moi, et je le regarde. Eryx est assis au bord du matelas, torse nu, les cheveux en désordre, et il me fixe avec une intensité qui me coupe le souffle. Ses yeux bleus sont plus sombres que d’habitude, traversés par une émotion que je ne sais pas nommer. Du désir, oui. Mais aussi une tendresse si profonde qu’elle me serre la gorge.— Tu es sûre ? demande-t-il, la voix rauque.— Je suis sûre.Il ne bouge pas tout de suite. Il me regarde encore, comme s’il cherchait une hésitation, une peur. Il n’en trouve pas. Pas ce soir. Ce soir, je ne veux plus avoir peur. Je ne veux plus me protéger. Je veux être &agr
Chapitre 64EryxJe la regarde traverser le hall, son manteau sur les épaules, son sac à la main. Elle se dirige vers la porte d’entrée, seule. Sans moi. Mon cœur se serre, mes poings se crispent le long de mon corps. Chaque fibre de mon être me hurle de me lever, de la suivre, de la ramener. Mais je reste assis. Je ne bouge pas.— Où vas-tu ? demandé-je, la voix plus dure que je ne le voudrais.Elle s’arrête, se retourne. Ses yeux sombres me fixent, calmes, déterminés.— Je vais voir une ancienne amie. Tu le sais. Je te l’ai dit ce matin.— Tu ne m’as pas dit où exactement.— Parce que tu n’as pas besoin de savoir où exactement. Tu as besoin de me faire confiance.Le mot claque dans l’air. Confiance. Je connais ce mot, je l’utilise dans les affaires, dans les contrats. Mais dans ma
Chapitre 63YsoriaJe repousse la porte de la bibliothèque et je le trouve là, assis dans le fauteuil près de la fenêtre, un livre ouvert sur les genoux qu’il ne lit pas. Il lève les yeux dès que j’entre, et je vois ce regard qui ne me quitte jamais, cette intensité qui me brûle et m’étouffe à la fois. Je viens de passer une heure avec Kaïros, à discuter des démarches juridiques. Une heure. Et Eryx m’a envoyé trois messages. Où es-tu ? Avec qui ? Reviens.— Tu es là, dit-il en se levant.— Je suis là.Il s’approche, pose une main sur ma taille, m’attire contre lui. Je me laisse faire, mais je sens cette tension dans ses doigts, cette possessivité qui ne me lâche plus.— Pourquoi tu ne répondais pas à mes messages ?— J’étai
Chapitre 62EryxLa cuisine est baignée de lumière. Je suis assis au bout de la table, une tasse de café froid entre les mains, et je la regarde. Ysoria est devant la cuisinière, les cheveux en désordre, une chemise de nuit trop grande pour elle. Elle rit parce que j’ai renversé de la farine.— Tu es sûr que tu sais faire des crêpes ? demande-t-elle en se retournant, une poêle à la main.— J’ai dirigé des entreprises. Je peux bien retourner une crêpe.— Visiblement, non.Elle rit encore. Je m’approche, essuie une trace de farine sur sa joue. Elle me regarde, les yeux brillants.— À quoi tu penses ? demande-t-elle.— À toi. À nous.Elle pose la poêle, glisse ses bras autour de ma taille. Je la serre contre moi.— Tu sais, dis-je doucement, je crois que je p
Chapitre 61YsoriaJe me tiens devant le miroir de la chambre bleue, les mains posées à plat sur la commode. Mon reflet me renvoie une image que je ne reconnais plus tout à fait. La robe que j’ai choisie est simple, bleu nuit, sans fioritures. Mes cheveux sont détachés, libres sur mes épaules. Pas de maquillage, pas de masque. Aujourd’hui, je ne me cacherai plus. Aujourd’hui, je marcherai à ses côtés, et le monde entier le saura.Eryx entre sans frapper. Il s’arrête sur le seuil, me regarde, et je vois dans ses yeux cette lueur qui ne cesse de me bouleverser. De la fierté, de la tendresse, et cette peur sourde de me perdre qui ne le quitte plus.— Tu es prête ? demande-t-il d’une voix basse.— Je le suis.Il s’approche, prend ma main, la porte à ses lèvres. Sa chaleur me traverse, me rassure, me donne







