LOGINChapitre 76
Cassian
Je détruis Lilia froidement. Méthodiquement. Sans une once de pitié.
En une semaine, j'anéantis tous mes ennemis. Lilia d'abord, la reine déchue, la manipulatrice démasquée. Je réunis les preuves de ses dettes, de ses crimes, de ses manipulations. Les relevés bancaires qui montrent l'argent versé par Viviane à Viktor, ces sommes coloss
Chapitre 78CaméliaSix mois ont passé. Six mois depuis que j'ai quitté le manoir, depuis que j'ai fui Lilia et Cassian, depuis que j'ai choisi de redevenir moi-même. Six mois, et le monde ne s'est pas effondré. Six mois, et j'ai survécu. Six mois, et je me suis reconstruite, brique par brique, toile par toile, jour après jour.J'ai trouvé un emploi dans une librairie, une petite boutique indépendante nichée au cœur de la vieille ville, entre une boulangerie qui exhale des odeurs de pain chaud et de croissant et un magasin d'antiquités dont la vitrine poussiéreuse expose des bibelots d'un autre siècle. La librairie est minuscule, à peine plus grande que mon studio, mais elle déborde de livres. Les murs sont tapissés de rayonnages du sol au plafond, des romans, des essais, des bandes dessinées, des r
Chapitre 77CassianLe manoir est vide. Les domestiques sont invisibles, les couloirs sont déserts, les pièces sont plongées dans l'obscurité. Lilia est partie, chassée comme une malpropre sous la pluie battante, ses hurlements résonnant encore dans ma mémoire. Eloïse est parti, humilié, ruiné, évincé du conseil d'administration, jeté dehors sans ménagement. Les ennemis sont vaincus, la guerre est gagnée, mais la victoire n'a rien apporté. Rien que le silence, le vide, et cette solitude qui m'écrase comme une chape de plomb, qui pèse sur mes épaules, qui m'empêche de respirer.J'erre la nuit, incapable de dormir, incapable de trouver le repos. Mes pas me portent à travers les couloirs déserts, le long des murs tapissés de portraits d'ancêtres qui me regardent
Chapitre 76CassianJe détruis Lilia froidement. Méthodiquement. Sans une once de pitié.En une semaine, j'anéantis tous mes ennemis. Lilia d'abord, la reine déchue, la manipulatrice démasquée. Je réunis les preuves de ses dettes, de ses crimes, de ses manipulations. Les relevés bancaires qui montrent l'argent versé par Viviane à Viktor, ces sommes colossales qui ont servi à acheter son silence et à financer sa fuite. Les courriels interceptés entre elle et Eloïse, ces messages codés où ils planifiaient ma perte, où ils échangeaient des informations sur mes déplacements, mes faiblesses, mes angles morts, où ils riaient de ma naïveté. Les témoignages de ses complices, ces hommes et ces femmes qu'elle a utilisés avant de les jeter comme des mouchoirs usag
Chapitre 75CaméliaJe trouve un petit appartement dans une ville dont je ne connais pas le nom, une ville côtière battue par les vents, peuplée de mouettes et de bateaux de pêche. L'immeuble est vieux, les murs sont décrépis, la façade est rongée par le sel et les embruns, l'escalier sent l'humidité et la marée. Mais quand je pousse la porte du studio, quand je découvre la pièce unique, le matelas posé à même le sol, la fenêtre qui donne sur l'océan gris et infini, je souris. Pour la première fois depuis des jours, depuis des semaines, depuis que Lilia est revenue et que ma vie s'est effondrée comme un château de cartes, je souris.C'est minuscule. C'est spartiate. C'est à peine meublé. Il y a un évier en porcelaine écaillée, une plaque de cuisso
Chapitre 74CaméliaJe roule sans savoir où aller.La voiture de location file sur les routes de Bretagne, et le paysage défile derrière la vitre comme un tableau impressionniste, flou, gris, noyé de pluie. Les essuie-glaces battent la mesure, un rythme régulier, hypnotique, qui scande le temps qui passe et la distance qui s'installe entre le manoir et moi. Les phares trouent l'obscurité de cette fin d'après-midi qui ressemble à un crépuscule, éclairant des morceaux de lande, des bouts de falaise, des fragments d'océan déchaîné. Je n'ai pas de destination. Je n'ai pas de plan. Je n'ai pas de carte. J'ai juste besoin de m'éloigner, de mettre des kilomètres entre elle et moi, entre lui et moi, entre cette vie qui n'était pas la mienne et celle que je vais devoir reconstruire sur les ruines de mon c&o
Chapitre 73CassianJe regarde la voiture s'éloigner depuis la fenêtre de mon bureau.La pluie s'est mise à tomber plus fort, une pluie fine et glaciale qui strie les vitres comme des larmes, qui brouille les contours du paysage, qui transforme le manoir en une forteresse de brume et de mélancolie. Les gouttes s'écrasent contre le verre avec un bruit mat, régulier, hypnotique, et elles dessinent des rigoles qui serpentent le long de la fenêtre comme des rivières miniatures, comme des veines sur une peau transparente. La silhouette de la voiture disparaît peu à peu dans l'allée, fantôme noir avalé par le brouillard qui monte de la lande, et bientôt, il n'y a plus rien. Plus rien que la pluie, le vent, et le grondement sourd de l'océan qui s'écrase contre les falaises, inlassable, éternel, indifférent &a
Chapitre 16Camélia_ Pourquoi ?Ma voix est un filet brisé qui s'élève dans le silence du jardin. Il s'arrête. Sa silhouette se découpe sur le halo des lanternes, et je vois ses épaules larges, sa nuque droite, ses mains qui pendent le long de son corps. Les flammes des bougies dansent dans la bri
Chapitre 5CaméliaLa porte claque derrière ma mère, et je reste seule dans le silence.Dix minutes. Elle m'a donné dix minutes pour enfiler la peau de ma sœur, pour disparaître sous le satin et la dentelle, pour devenir quelqu'un que je ne suis pas. Dix minutes pour accepter le verdict qu'elle vie
Chapitre 4VivianeJe ferme la porte derrière moi, et le loquet s'enclenche avec un cliquetis sec qui résonne dans le silence soudain de la suite.La femme de chambre a été renvoyée d'un geste, les domestiques écartés, les questions étouffées avant même d'avoir été formulées. Il ne reste plus que n
Chapitre 3CaméliaViviane apparaît dans l'encadrement de la porte.Elle est silhouette impériale dans sa robe de cérémonie bleu nuit, parée de saphirs et de diamants qui scintillent comme des étoiles froides sur le velours sombre du tissu. Elle s'immobilise sur le seuil, et son regard balaie la sc







