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Chapitre 85 — Maeve

Author: Déesse
last update publish date: 2026-05-23 13:11:41

Éabha

C’est Maeve qui me sauve.

Pas d’un danger mortel, pas d’une catastrophe imminente. Mais de la solitude. De ce poids écrasant qui m’écrase la poitrine depuis que je suis arrivée dans ce domaine, entourée d’inconnus hostiles ou indifférents, prisonnière de mon propre silence et de mes propres secrets.

Elle est devenue mon amie. La première vraie amie que j’aie eue depuis des années, depuis que Saoirse a chassé tous ceux qui nous
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    ÉabhaLa cour intérieure est grise et glacée. Le vent qui s’engouffre entre les bâtiments pique les joues et fait voler mes cheveux mal retenus par mon bonnet. Je traverse rapidement, les bras chargés d’un paquet de linge que Maud m’a demandé de porter à la lingerie. Mes semelles claquent sur les pavés mouillés, et mon souffle forme de petits nuages blancs dans l’air froid.C’est là que je les vois.Ils sont trois. Trois silhouettes qui viennent de franchir le porche et se dirigent vers la grande porte du château. Je les reconnais immédiatement. Même sans lever les yeux, je les reconnaîtrais entre mille , l’odeur, la démarche, la morgue qui suinte de chacun de leurs gestes.Liam. Le mari de Saoirse. Le gendre du chef suprême.Il n’a pas changé. Toujours cette silhouette de prédateur, ces épaules trop larges, ce sourire carnassier qui n’atteint jamais ses yeux. Ses cheveux châtains sont plus longs que dans mon souvenir, attachés

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    Éabha C’est Maeve qui me sauve. Pas d’un danger mortel, pas d’une catastrophe imminente. Mais de la solitude. De ce poids écrasant qui m’écrase la poitrine depuis que je suis arrivée dans ce domaine, entourée d’inconnus hostiles ou indifférents, prisonnière de mon propre silence et de mes propres secrets. Elle est devenue mon amie. La première vraie amie que j’aie eue depuis des années, depuis que Saoirse a chassé tous ceux qui nous entouraient, depuis que la honte et la pauvreté ont fait de nous des parias. Maeve ne sait rien de tout ça , je ne lui ai pas raconté, pas encore , mais elle ne pose pas de questions. Elle m’accepte comme je suis, sans jugement, avec un sourire franc et un bavardage incessant qui me fait un bien fou. Aujourd’hui, elle m’a entraînée dans une aile du domaine que je n’avais jamais vue. Un dédale de couloirs étroits, de portes basses, d’escaliers en colimaçon qui s’enfoncent dans la

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    ÉabhaIl pleut.Une pluie fine, insistante, qui tambourine contre les vitres et transforme la lumière du dehors en un gris uniforme, presque crépusculaire. Le bureau est plongé dans une pénombre que la lampe à huile posée sur ma table ne suffit pas à dissiper. L’odeur de la pluie se mêle à l’odeur de forêt, et l’air est lourd, humide, chargé d’électricité.Je travaille depuis le matin sur un registre particulièrement abîmé. Les pages sont tachées, l’encre délavée par l’humidité, et je dois déchiffrer chaque mot avec une attention extrême. Je suis si absorbée par cette tâche que je ne l’entends pas arriver. Je ne l’entends pas, mais je le sens. Ce changement dans l’air. Ce frisson sur ma peau. Cette chaleur soudaine qui monte dans la pièce comme si quelqu’un venait d’ouvrir la porte d’un four.Je lève la tête. Il est là. Debout près de la cheminée, immobile, le regard fixé sur moi. Il a plu sur son manteau, des gouttes scintillent sur la

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    Éabha L’après-midi est déjà bien avancé. La lumière qui tombe des hautes fenêtres s’est épaissie, teintée d’un doré lourd qui annonce le soir. Le bureau est silencieux, juste troublé par le grattement de ma plume sur le papier et le froissement des pages que je tourne. Et par sa respiration. Il est là. Assis à sa table de travail, un dossier ouvert devant lui. Il ne dit rien. Il n’a pas dit un mot depuis qu’il est entré, il y a une heure peut-être, ou deux. Il s’est simplement installé, a plongé dans ses papiers, et le silence est retombé sur nous comme une chape de velours. Un silence épais, lourd, presque palpable, chargé d’une électricité qui crépite dans l’air immobile et fait se dresser les petits poils sur mes avant-bras. Je travaille ou du moins, j’essaie. Ma plume gratte le papier, recopie des colonnes de chiffres qui s’effacent de mon esprit au fur et à mesure que je les trace. Parce que je ne peux

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    ÉabhaLes jours commencent à défiler, et je m'enfonce dans le silence du bureau comme on s'enfonce dans un océan.Chaque matin, je me réveille avant l'aube. Chaque matin, je me glisse hors de mon lit encore imprégné de l'odeur du manteau, je passe une robe propre , Maud m'a fourni deux tenues de travail, simples mais nettes et je me rends dans la chambre de papa. Je lui tiens la main, je lui parle un peu, je vérifie qu'il a passé une bonne nuit. Tante Aisling est déjà réveillée la plupart du temps, assise dans son lit à égrener un chapelet que Maeve lui a donné, et elle me sourit quand j'entre. Un vrai sourire, qui me réchauffe le cœur.Puis je monte au bureau.Cillian n'est jamais là le matin. Il s'absente pour des affaires de meute, des tournées d'inspection, des réunions avec les chefs de clan. Je ne sais pas où il va, je ne lui demande pas, et personne ne me le dit. Mon travail m'attend sur un coin du grand bureau, des liasses de papiers attachées par des rubans, avec une note de

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