LOGINCillian O'Connor ne règne pas seulement sur les meutes d'une main de fer : sa légende sulfureuse le précède. Homme d'un appétit vorace et d'une exigence insatiable, il ne s'attarde jamais deux nuits consécutives dans le même lit, laissant derrière lui des amantes comblées mais éphémères. Pourtant, la première nuit où Éabha croise son regard, c'est elle qui le dévore des yeux. La seconde nuit, c'est lui qui perd le contrôle, traquant sa nuque comme une proie. Dès la troisième nuit, ses propres règles volent en éclats , il ne s'agit plus de les briser, mais de les réécrire ensemble, dans un corps à corps où le pouvoir vacille, où les gémissements deviennent des ordres, et où l'interdit se consume pour mieux renaître de ses cendres. Liam, l'âme sœur destinée d'Éabha, l'a répudiée sans vergogne pour épouser la fille de Cillian, le chef suprême des loups-garous. Comme si cette trahison ne suffisait pas, il piétine l'honneur de sa famille et ose, avec un mépris insultant, lui suggérer de devenir sa maîtresse clandestine , un hochet à consumer dans l'ombre. La riposte d'Éabha, aussi cinglante qu'un fouet ? « Je préfère m'abandonner aux draps de ton beau-père et le supplier de me prendre plutôt que de subir ta morsure ! »
View MoreÉabha
La lune est pleine.
Sa lumière argentée inonde ma chambre, caresse ma peau nue pendant que je passe la robe blanche de ma mère. Mes mains tremblent légèrement sur le tissu précieux, celui qu'elle portait le jour de son mariage, celui qu'elle a gardé pendant vingt-trois ans dans une boîte en cèdre, protégé par des sachets de lavande. Le tissu glisse sur mes épaules, épouse mes formes, et pour une fois, je me sens belle.
Je suis omega.
Dans la hiérarchie des loups-garous, je suis tout en bas. La plus faible, la plus soumise, celle que les autres protègent ou méprisent selon leur humeur. Mon odeur est douce, trop douce, celle qui attire les alphas et fait baisser les yeux aux bêtas. J'ai toujours été frêle, menue, avec des os trop fins et des muscles trop mous pour me battre. Les autres filles de mon âge chassaient déjà, apprenaient à se défendre. Moi, je restais à la maison, à coudre, à cuisiner, à apprendre à être une bonne petite omega soumise.
Mais Liam m'aimait comme j'étais. Il disait que ma faiblesse le rendait plus fort. Que ma douceur était un trésor. Que j'étais belle, si belle, avec mes grands yeux clairs et mes cheveux si pâles qu'ils semblent argentés sous la lune.
— Tu es magnifique, ma fille.
Je me retourne. Maman est dans l'embrasure de la porte. Elle aussi est omega, comme sa mère avant elle. Une lignée de faibles, de soumises, de femmes qui baissent les yeux et obéissent. Mais aujourd'hui, ses yeux brillent de larmes qu'elle refuse de laisser couler. De fierté.
Elle entre, ajuste une bretelle, lisse une mèche de mes cheveux. Ses doigts sont doux, malgré les années de travail. Elle sent le pain chaud et la lavande.
— Il va tomber à la renverse quand il te verra. Aucun alpha ne pourra résister à une omega aussi belle que toi.
— C'est lui qui devrait être magnifique, maman. C'est son grand jour.
Elle secoue la tête, attrape mon menton entre ses doigts. Son regard est intense, presque fiévreux.
— C'est TON jour, Éabha. Ne l'oublie jamais. C'est toi l'âme sœur. C'est toi qu'il a choisie depuis toujours. Peu importe que tu sois omega. Peu importe que d'autres soient plus fortes, plus puissantes. Le destin vous a liés, et rien ni personne ne peut changer ça.
Depuis toujours. Depuis notre naissance, le lien d'âme sœur existe entre Liam et moi. Nous l'avons toujours su, ressenti comme une chaleur au creux de la poitrine, une certitude. Liam est à moi. Je suis à lui. Rien ni personne ne peut changer ça.
Même s'il est alpha. Même que je ne suis qu'une omega.
Papa attend dans la cuisine. Lui est bêta, ni fort ni faible, juste un homme ordinaire qui a épousé une omega et en a conçu une autre. Il a mis son costume du dimanche, celui qu'il ne sort que pour les mariages et les enterrements. Il me regarde entrer et son visage s'illumine d'une fierté si immense que je sens mes joues chauffer.
— Si ta mère voyait ça, murmure-t-il en parlant de sa propre mère, disparue depuis longtemps.
— Elle me voit, papa. Elle est là.
Il hoche la tête, trop ému pour parler, et m'offre son bras. C'est lui qui va me conduire au Grand Rassemblement. C'est lui qui va me remettre à Liam devant toutes les meutes d'Irlande.
La route est longue jusqu'à la clairière sacrée. Des centaines de loups-garous convergent de partout, certains que j'ai vus grandir, d'autres venus des contrées les plus reculées. Le Grand Rassemblement a lieu une fois par an, sous la pleine lune d'été. Cette année, il est spécial. Cette année, il officialise mon lien avec Liam.
— Tu es nerveuse ? demande papa.
— Non. Juste impatiente.
Je sens Liam. Sa présence au bout du lien, chaude et rassurante. Il est déjà là-bas, je le sais, au cœur de la clairière, à préparer son discours. Il m'a dit qu'il voulait que ce soit parfait. Qu'il avait préparé des mots spéciaux, rien que pour moi.
La clairière est immense, entourée de chênes centenaires dont les branches forment une voûte au-dessus de nos têtes. Des torches flambent partout, projetant des ombres dansantes sur la foule. Il doit y avoir cinq cents loups, peut-être plus. Les chefs des meutes sont assis sur des trônes de pierre, disposés en cercle. Au centre, l'estrade de bois où les annonces officielles sont faites.
Liam est là.
Il se tient près de l'estrade, entouré d'autres jeunes alphas de son âge. Il porte une tunique noire, simple mais élégante, qui met en valeur ses épaules larges, sa carrure de dominant. Mon cœur fait un bond quand il tourne la tête et que nos regards se croisent.
Il me sourit.
Ce sourire que j'aime tant, un peu en coin, celui qu'il n'a que pour moi. Je lui rends, et je sens le lien vibrer entre nous, cette connexion invisible qui fait que je sais ce qu'il ressent sans qu'il ait besoin de parler. Ce soir, il est calme. Concentré. Peut-être un peu nerveux, mais c'est normal.
— Je vais te laisser avec les autres femmes, dit papa en m'embrassant le front. Je te retrouverai après la cérémonie.
— Ne pleure pas trop, je rigole.
— Je ne promets rien.
Le silence s'étire. Il me regarde, et je le regarde. Je ne baisse pas les yeux. Je ne peux pas. Quelque chose en moi refuse de se soumettre, même face à lui, même dans son propre domaine, même quand tout en moi hurle de le faire. C'est plus fort que moi. C'est cette chose qui s'est réveillée en moi, cette flamme qui refuse de s'éteindre, cette fierté stupide qui me pousse à le défier même quand je devrais me soumettre.— J'ai appris, dit-il enfin, pour ton altercation avec ma fille.Mon sang se glace. Voilà. C'est pour ça qu'il m'a convoquée. Saoirse s'est plainte, comme je le craignais, et il va me punir. Me chasser. Me détruire, comme sa fille a détruit ma vie. Tout ça pour avoir osé riposter, pour avoir refusé de me laisser humilier une fois de plus.— Saoirse m'a dit que tu l'avais insultée, co
Nous empruntons l'escalier de pierre, puis un couloir orné de tapisseries et de tableaux. Les tapisseries représentent des scènes de chasse, des loups courant après des cerfs, des batailles anciennes où des hommes à tête de loup affrontent d'autres créatures. Les tableaux sont des portraits, des générations d'O'Connor qui me regardent passer de leurs yeux peints, qui me jugent, qui me condamnent.Mes pas résonnent sur le sol dallé, et je me sens minuscule dans cet endroit immense, écrasée par le poids de l'histoire et du pouvoir. Chaque pas me rapproche de lui, et chaque pas fait battre mon cœur un peu plus vite, un peu plus fort.Le garde s'arrête devant une porte en bois sombre, massive, sculptée de motifs de loups entrelacés qui semblent vivants dans la lumière des torches. Il frappe deux coups, et une voix grave répond de
ÉabhaLe soir même, un garde du domaine des O'Connor vient me chercher.Je suis au bar, en train de ramasser les verres vides après une soirée tranquille. Les derniers clients sont partis depuis une heure, et il ne reste que Mooney derrière son comptoir, occupé à essuyer des chopes qui n'en finissent pas d'être essuyées, ce geste mécanique qu'il répète soir après soir comme un rituel. L'air est épais, saturé de fumée et d'alcool, et je sens la fatigue qui pèse sur mes épaules, dans mes jambes, au creux de mes reins.La porte s'ouvre, et le garde entre. Il est grand, large d'épaules, vêtu de l'uniforme sombre frappé de l'emblème des O'Connor, ce loup stylisé qui semble me regarder de ses yeux vides. Son visage est impassible, taillé dans la pierre, mais ses yeux me cherchent da
ÉabhaJe fais un pas vers elle. Un seul. Mais ce pas, elle le sent. Elle le voit. Elle comprend que quelque chose a changé, que je ne suis plus la proie facile qu'elle pouvait écraser d'un regard.— Et toi, tu as tout fait pour m'achever. Tu ne t'es pas contentée de prendre Liam, de prendre ma place, de prendre ma vie. Non. Il fallait que tu m'écrases complètement, que tu t'assures que je ne me relève jamais. Tu as posé une couronne de fleurs sur la tombe de ma mère avec un mot qui disait que la vie est dure pour les faibles. Tu as ri de ma douleur, tu as craché sur ma dignité, tu t'es assurée que personne ne m'aide, que personne ne me parle, que personne ne me regarde. Tu as voulu que je crève dans l'indifférence générale, seule, abandonnée, oubliée.Saoirse est blême maintenant. Toute couleur a quitté son
Maman tremble. Elle tremble de tout son corps, un tremblement qui la secoue, qui la secoue, qui ne s'arrête pas. Ses dents claquent, ses mains sont froides comme la mort, ses lèvres sont bleues.— Prends ma couverture, dis-je. Je lui tends ce qui me reste.
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Éabha...Le mot me frappe comme un coup de poing dans l'estomac. Je sais. Je sais avant qu'il ne le dise. Je sais depuis toujours, depuis cette nuit dans la forêt, depuis ce regard froid, depuis cette promesse de destruction.— Une société écr
Éabla M. O'Flaherty rit, mais il n'y a pas de joie dans ce rire. Rien que de l'amertume.— Depuis quand la loi compte pour ceux qui ont le pouvoir, Declan ? Il est le futur gendre de Cillian O'Connor. Dans quelques mois, il sera intouchable. Tu crois que des petits commerçants comme nous peuvent l






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