Se connecterJe suis Kael Ashford OmĂ©ga, fantĂŽme de la patinoire, invisible par choix. Dans un monde oĂč les OmĂ©gas sont interdits de hockey professionnel, j'ai passĂ© trois ans Ă masquer mon odeur, Ă bander mon corps, et Ă me battre pour intĂ©grer l'Ă©quipe la plus Ă©litiste de la ligue. Ma cible : Ace Draven, le capitaine Alpha intouchable dont l'ombre Ă©crase chaque joueur qui ose le dĂ©fier. Mon objectif ,le dĂ©trĂŽner, briser la rĂšgle, et prouver que les OmĂ©gas ont leur place sur la glace. Mais la nuit avant la finale du championnat, ma chaleur Ă©clate , et Ace me plaque contre le mur du vestiaire, sa voix grave et dĂ©vastatrice : « Tu m'appartiens. » Le pire ? Mon loup le savait dĂ©jĂ . Il l'a toujours su.
Voir plusLa salle d'Ă©quipement sent le caoutchouc brĂ»lĂ© et l'effort accumulĂ© de dix ans de saisons. Je n'aurais jamais dĂ» y entrer aprĂšs vingt-deux heures. Je le savais en posant la main sur la poignĂ©e. Je l'ai fait quand mĂȘme.Il y a quelqu'un ? dis-je dans le noir.Rien.Je tĂątonnai vers l'Ă©tagĂšre du fond, celle oĂč Vex rangeait les sangles de rechange pour les jambiĂšres. La mienne avait lĂąchĂ© pendant l'entraĂźnement vidĂ©o et si je ne la fixais pas ce soir, je la fixerais demain matin dans le couloir avec tout le monde qui regarderait.Je prĂ©fĂšre le noir.Ma main trouva l'Ă©tagĂšre. Trouva autre chose aussi.Une main.Tu cherches les sangles, dit la voix d'Ace.Je ne reculai pas. Je refusai catĂ©goriquement de reculer. Toi aussi apparemment, dis-je.Les miennes ont lĂąchĂ©. Les miennes aussi. Un silence. Puis : On pourrait allumer. L'interrupteur est de ton cĂŽtĂ©. Je sais. Il ne bougea pas. Je ne bougeai pas non plus. Nos mains Ă©taient toujours sur la mĂȘme Ă©tagĂšre, Ă deux centimĂštres l'une de
Sa main lĂącha mon maillot avant que j'aie eu le temps de dĂ©cider si j'allais me retourner ou fuir.Je me retournai.Un mot, dis-tu. Il inclina la tĂȘte vers le couloir, dĂ©jĂ en train de marcher. C'est toi qui dĂ©cides si tu suis. Je le suivis. Ăvidemment. Parce que je suis stupide, ou parce que fuir maintenant aurait Ă©tĂ© pire. Je choisis la deuxiĂšme option dans ma tĂȘte. C'est plus facile Ă vivre.Il poussa la porte de la salle de visionnage. Ăcrans Ă©teints, lumiĂšres basses, deux chaises et une table qui avait vu de meilleures dĂ©cennies. Il ne s'assit pas. Il s'appuya contre le mur du fond, les bras croisĂ©s, et il me regarda entrer. Ferme , dit-il.Je fermai la porte. Tu veux quoi ? Sainte-Croix. Mon estomac se contracta, mais je gardai le visage neutre. Sainte-Croix. Mon ancienne Ă©quipe. Celle que j'avais quittĂ©e il y a six mois, officiellement pour «raisons personnelles », officieusement parce que leur capitaine avait commencĂ© Ă poser des questions auxquelles je ne pouvais pas
Ashford. T'es en retard, lança Dimitri depuis le bord de la glace. J'ai deux minutes d'avance, rĂ©pondis-je sans le regarder. Les recrues arrivent dix minutes avant l'heure. IntĂ©ressant. Personne ne me l'a dit. Je te le dis maintenant. Trop tard. Je posai le patin sur la glace et il y eut ce moment , ce moment prĂ©cis que j'aimais malgrĂ© tout oĂč le monde devenait tranchant. Net. Chaque son amplifiĂ©, chaque surface brillante, chaque chose Ă sa place. La glace n'avait pas d'odeur. La glace Ă©tait neutre. La glace ne trahissait rien de ce qu'on Ă©tait. Il est toujours comme ça ? demanda quelqu'un derriĂšre moi. Une recrue, Ă peine dix-neuf ans, nerveuse dans ses patins trop propres.Pire, dit Ryker en me rejoignant. En gĂ©nĂ©ral il a aussi un couteau dans les yeux. C'est mon air de repos, dis-je. Dieu merci tu ne souris pas, alors. Les exercices commencĂšrent. Le coachs Vex au centre, sifflet au cou, bloc-notes dans la main. Il ne regardait pas le bloc-notes. Il ne regardait jamais
Ashford. Casier numĂ©ro sept. L'homme qui me tendit la clĂ© ne leva pas les yeux. Pas besoin. Il avait le ton de quelqu'un habituĂ© Ă ce que les gens obĂ©issent sans qu'on leur explique pourquoi.Merci , dis-je.Vestiaire Ă gauche. Essais sur glace Ă quatorze heures.Je sais lire un planning. Il leva les yeux cette fois. Je lui souris. Il retourna Ă son Ă©cran.Le couloir des Loups de Fer sentait la transpiration froide, le caoutchouc et quelque chose de mĂ©tallique que je ne sus pas nommer tout de suite. Je le sus trois secondes plus tard : c'Ă©tait l'adrĂ©naline collective d'une vingtaine d'Alphas qui vivaient dans le mĂȘme espace depuis trop longtemps. Je la reconnus parce qu'elle me dĂ©rangeait. Elle dĂ©rangeait toujours ce que j'avais enfoui.Je poussai la porte du vestiaire.Nouveau. La voix venait d'un grand type aux cheveux noirs qui m'observait depuis son banc avec l'expression de quelqu'un Ă©valuant un cheval malade. Dimitri Voss. Co-capitaine. J'avais fait mes devoirs.Perspicace ,












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