LOGINIsabella n'arrivait pas à s'empêcher de jeter des coups d'œil à Alexander Blackwood tandis que la voiture traversait les rues de la ville.
Le milliardaire était assis à côté d'elle, consultant des documents sur son téléphone comme si conduire une employée à l'hôpital faisait partie de ses activités quotidiennes. Son expression demeurait froide, et son costume noir était impeccable malgré la précipitation. Isabella resserra sa prise sur son sac à main. « Monsieur Blackwood, je vous suis vraiment reconnaissante pour votre aide, mais je ne veux pas vous causer de problèmes. » Alexander ne leva même pas les yeux. « Alors, arrêtez de parler et dites-moi dans quel hôpital nous allons. » Elle cligna des yeux, surprise par sa réponse. « À l'hôpital central. » Alexander releva la tête et regarda le chauffeur. « Vous avez entendu ? » « Oui, monsieur. » La voiture changea immédiatement de direction. Isabella baissa les yeux vers son téléphone. L'infirmière ne lui avait pas expliqué exactement ce qui arrivait à sa mère, et cette incertitude la rongeait de l'intérieur. Sa mère était la seule personne qui l'avait soutenue pendant les moments les plus difficiles de sa vie. Isabella avait enduré la faim, les nuits sans sommeil et les humiliations, mais elle avait toujours trouvé la force de continuer parce que sa mère dépendait d'elle. Elle ne pouvait pas la perdre. Pas maintenant. « Vous vous inquiétez toujours autant ? » demanda soudain Alexander. Isabella leva les yeux. « Pardon ? » « On dirait que vous êtes sur le point de vous évanouir. » « Ma mère est malade. Que voulez-vous que je fasse ? Que je sourie ? » Alexander posa son téléphone. N'importe qui d'autre aurait adouci ses paroles en lui parlant. Isabella, cependant, semblait oublier qu'elle était assise à côté d'un homme capable de la licencier d'un simple coup de téléphone. Étrangement, cela ne l'irritait pas autant que cela aurait dû. « Je ne vous ai pas demandé de sourire », répondit-il. « Alors, ne me posez pas de questions inutiles, monsieur Blackwood. » Le chauffeur garda les yeux rivés sur la route, faisant semblant de n'avoir rien entendu. Alexander observa Isabella pendant plusieurs secondes. Puis, à sa grande surprise, il reporta son attention sur son téléphone sans répondre. Cependant, il n'arrivait plus à se concentrer sur ses documents. L'image d'Isabella se mordillant la lèvre tout en fixant son téléphone s'était gravée dans son esprit. Pourquoi se souciait-il autant de son inquiétude ? C'était ridicule. Elle n'était que son employée. Une employée qui travaillait pour lui depuis moins d'une journée. --- Vingt minutes plus tard, la voiture s'arrêta devant l'hôpital. Isabella ouvrit la portière avant même que le chauffeur ait eu le temps de sortir pour l'aider. « Merci de m'avoir amenée ici, monsieur Blackwood. Je vous promets que je rattraperai le temps que j'ai perdu. » Alexander descendit de la voiture et ajusta sa veste. « Retrouvez d'abord votre mère. Nous parlerons du travail ensuite. » Isabella n'eut pas le temps de répondre. Elle se précipita vers le comptoir d'accueil et demanda des nouvelles de sa mère, Margaret Reed. Une infirmière consulta les dossiers, puis lui indiqua le couloir. « Elle est dans la chambre 307. Le médecin vous attend. » Isabella se précipita vers l'ascenseur, Alexander la suivant à quelques pas derrière elle. Lorsqu'elle atteignit la chambre, elle découvrit sa mère allongée dans un lit, reliée à un moniteur. Son visage était pâle et elle avait du mal à respirer. « Maman ! » Margaret ouvrit lentement les yeux. « Isabella... » La jeune femme s'approcha immédiatement d'elle et lui prit la main. « Je suis là, maman. Ne t'inquiète pas. Tout ira bien. » Elle essaya de garder une voix calme, mais les larmes menaçaient de déborder de ses yeux. Margaret esquissa un faible sourire. « Tu n'aurais pas dû quitter ton travail pour moi. » « Ne dis pas ça. Tu es plus importante que n'importe quel emploi. » « Mais tu as besoin de ce travail, ma chérie. » Isabella serra sa main. « Et je vais le garder. Je te le promets. » Le médecin entra peu après, accompagné d'une infirmière. Après avoir vérifié le moniteur, il se tourna vers Isabella. « Mademoiselle Reed, nous devons discuter du traitement de votre mère. » Isabella se leva immédiatement. « Qu'est-ce qui ne va pas, docteur ? Son état s'aggrave-t-il ? » « Votre mère a souffert d'une complication respiratoire. Nous avons réussi à stabiliser son état, mais elle a besoin d'examens supplémentaires et d'un traitement plus spécialisé. » Le cœur d'Isabella se mit à battre à toute vitesse. « Combien cela va-t-il coûter ? » Le médecin lui expliqua les procédures nécessaires et lui tendit une première estimation des frais. Isabella fixa le document. Les chiffres semblaient se brouiller devant ses yeux. La somme dépassait largement ses moyens. Même si elle dépensait toutes ses économies et cessait de payer ses autres factures, elle ne pourrait pas réunir cet argent à temps. « N'y a-t-il pas une autre solution ? » demanda-t-elle d'une voix tremblante. Le médecin secoua lentement la tête. « Nous pouvons continuer à stabiliser son état, mais je vous déconseille de retarder les examens. » Isabella hocha la tête, bien qu'elle eût du mal à respirer. « Je comprends. Je ferai tout ce que je peux pour trouver l'argent. » Lorsque le médecin quitta la pièce, elle resta immobile près de la porte. Elle ne voulait pas pleurer devant sa mère. Elle ne voulait pas que Margaret découvre à quel point elle était désespérée. Mais comment était-elle censée trouver une telle somme ? « Isabella. » La voix d'Alexander la fit se retourner. Il était resté silencieux pendant toute la conversation, observant chaque changement sur son visage. « De combien avez-vous besoin ? » demanda-t-il. Elle secoua immédiatement la tête. « Je n'ai besoin de rien de votre part. » « Je ne vous ai pas demandé si vous aviez besoin de quelque chose. Je vous ai demandé de combien d'argent vous aviez besoin. » « Monsieur Blackwood, vous en avez déjà fait assez en m'amenant ici. Je ne peux pas accepter d'argent de mon patron. » Alexander fronça les sourcils. « Vous préférez laisser votre mère souffrir à cause de votre fierté ? » Ses paroles la frappèrent de plein fouet. « Ne vous permettez pas de me parler ainsi ! » s'exclama-t-elle en baissant la voix pour ne pas réveiller sa mère. « Vous ne savez rien de ma vie. » Alexander garda le silence. Isabella prit une profonde inspiration, essayant de maîtriser ses émotions. « Je n'ai pas besoin que vous ayez pitié de moi. J'ai simplement besoin de temps pour trouver une solution. » Pour la première fois, Alexander ne trouva aucune réponse immédiate. Il n'avait jamais vu une femme refuser son aide de cette manière. La plupart auraient accepté l'argent avant même qu'il ait terminé sa proposition. Mais Isabella préférait affronter seule une situation désespérée plutôt que de se sentir redevable envers lui. Quelque chose d'inattendu s'éveilla en lui. Du respect. Et un besoin de plus en plus intense de la comprendre. « Très bien », finit-il par dire. « Je ne vous proposerai plus d'argent. » Isabella parut surprise. « Merci. » « Mais je resterai ici jusqu'à ce que vous ayez terminé de parler avec le médecin. » « Vous n'êtes pas obligé de faire ça. » « Je le sais. » Alexander sortit son téléphone et s'éloigna de quelques pas. « Daniel, j'ai besoin que tu te renseign es sur le traitement de Margaret Reed. Trouve les meilleurs spécialistes disponibles et détermine ce dont elle a besoin pour recevoir des soins immédiats. » Il marqua une pause. « Et je ne veux pas qu'Isabella découvre que je suis intervenu. » Il raccrocha avant que son assistant ait pu poser la moindre question. Lorsqu'il revint, Isabella était assise près de sa mère, lui caressant doucement la main. Alexander s'arrêta sur le seuil de la porte. Il avait participé à des réunions avec des hommes d'affaires impitoyables, négocié des contrats de plusieurs millions et affronté des hommes capables de détruire des entreprises entières. Rien de tout cela ne l'avait préparé à l'étrange sensation qu'il éprouvait en regardant cette jeune femme lutter pour rester forte alors que son monde menaçait de s'effondrer. Il ignorait à quel moment elle avait commencé à compter pour lui. Il ne comprenait pas pourquoi il voulait résoudre tous ses problèmes. Il savait seulement qu'il ne supportait pas de la voir souffrir. Et c'était dangereux. Parce qu'Alexander Blackwood ne faisait jamais rien sans raison. Pourtant, pour la première fois de sa vie, il s'apprêtait à faire quelque chose qu'il était incapable d'expliquer lui-même. --- Une heure plus tard, Isabella quitta la chambre pour parler de nouveau au médecin. Alexander se tenait près de la fenêtre du couloir, au téléphone. « Je veux que tout soit prêt aujourd'hui », ordonna-t-il. « Peu importe combien cela coûte. » Il entendit des pas et se retourna. Isabella se tenait devant lui. « Vous parlez affaires ? » Alexander rangea son téléphone. « Quelque chose comme ça. » Elle l'étudia avec méfiance, mais décida de ne pas insister. « Je dois retourner au travail. Ma mère est stable, et l'infirmière m'appellera s'il se passe quelque chose. » Alexander la regarda comme si elle venait de prononcer la chose la plus absurde au monde. « Vous allez retourner au bureau après tout ça ? » « J'ai besoin de ce travail. » « Votre mère est à l'hôpital. » « Je le sais, monsieur Blackwood. C'est justement pour cela que je dois conserver mon salaire afin de payer son traitement. » Il serra la mâchoire. Il n'avait pas l'habitude de voir des gens contraints de choisir entre travailler et prendre soin d'un membre malade de leur famille. Surtout quelqu'un qui travaillait pour lui. « Je vais vous raccompagner chez vous », dit-il. « Je peux rentrer seule. » « Isabella. » Elle leva les yeux. « Oui ? » « Ne m'obligez pas à me répéter. » Isabella soupira. « Très bien. » Ils se dirigèrent ensemble vers la sortie. Juste avant d'atteindre les portes principales, elle s'arrêta. « Monsieur Blackwood, puis-je vous poser une question ? » « Cela dépend. » « Pourquoi m'aidez-vous ? » Alexander la fixa. Il avait plusieurs réponses possibles. Il aurait pu lui dire que prendre soin de ses employés relevait de ses responsabilités. Il aurait pu prétendre qu'il cherchait simplement à empêcher une situation personnelle d'interférer avec le travail. Mais ces deux réponses auraient été des mensonges. La vérité était que, depuis qu'Isabella avait franchi la porte de son bureau ce matin-là, il n'arrivait plus à cesser de penser à elle. « Parce que je suis votre patron », finit-il par répondre. Isabella ne sembla pas convaincue. « Alors, j'espère pouvoir vous remercier comme il se doit un jour. » Elle se dirigea vers la voiture sans se rendre compte qu'Alexander continuait de la regarder. Il monta derrière elle et referma la portière. Alors que le véhicule s'éloignait de l'hôpital, Alexander comprit qu'il voulait la revoir le lendemain. Et le jour suivant. Il voulait entendre sa voix, observer ses réactions et découvrir ce qu'elle cachait derrière ce regard provocateur. Ce qui avait commencé par une simple curiosité devenait quelque chose de bien plus dangereux. Une obsession. Et Alexander Blackwood ignorait encore que la femme qui venait d'entrer dans sa vie finirait par devenir la seule personne capable de remettre en question son contrôle, de détruire ses certitudes et de lui faire désirer quelque chose dont il n'avait jamais voulu avoir besoin. Isabella Reed.Isabella se tenait devant son miroir, ajustant la robe simple mais élégante qu'elle avait choisie pour la soirée.Elle avait reçu le message d'Alexander plus tôt dans l'après-midi.Alexander : Je viendrai te chercher à sept heures. Sois prête.Elle sourit et prit son sac à main.À sept heures précises, son téléphone sonna.— Tu es prête ? demanda Alexander.— Presque. Tu es pile à l'heure.— Je ne voudrais manquer aucune seconde de cette soirée.Isabella rit.— J'arrive.Lorsqu'elle sortit, elle trouva Alexander debout près de sa voiture noire. Il portait un costume sombre parfaitement ajusté, avec le bouton supérieur de sa chemise ouvert.Son regard se posa sur elle et un sourire apparut lentement sur ses lèvres.— Magnifique.Isabella le détailla avec admiration.— Tu as l'air différent aujourd'hui. Tu es encore plus beau dans cette tenue.Alexander eut un petit rire.— Ah oui ?— Ne laisse pas cela te monter à la tête.— Trop tard. Tu viens déjà d'embellir ma soirée.Il lui ouvrit
Victoria fixait la photographie sur son téléphone.Alexander était assis en face d’Isabella, lui tenant la main par-dessus la table. Le sourire qu’il affichait était quelque chose qu’elle voyait rarement sur son visage.Elle agrandit la photo, son expression devenant de plus en plus froide.Son fils n’avait jamais regardé une femme de cette manière auparavant.Elle appela immédiatement la femme qui lui avait envoyé la photographie.« Où as-tu pris cette photo ? »« Dans un restaurant du centre-ville. Ils semblaient très proches. »« T’ont-ils remarquée ? »« Non, madame. »Victoria mit fin à l’appel et posa son téléphone sur la table.Elle s’était attendue à ce qu’Alexander reste concentré sur les affaires, comme il l’avait toujours été. Il avait bâti son empire grâce à sa propre détermination, en partant de presque rien et en refusant de dépendre de qui que ce soit.Victoria ne l’avait jamais élevé. Alexander avait pratiquement grandi tout seul, apprenant très tôt qu’il ne pouvait co
Victoria était assise à une table privée, tapotant impatiemment ses doigts contre son verre luxueux.Elle attendait depuis près de vingt minutes lorsqu’Alexander entra enfin.Il tira une chaise et s’assit en face d’elle.« Tu es en retard », fit-elle remarquer.« J’avais du travail à terminer. »Victoria observa son visage.« Isabella doit vraiment beaucoup t’occuper ces derniers temps. »Alexander prit le menu.« Si tu m’as invité ici pour parler d’Isabella, tu aurais pu t’épargner cette peine. »L’expression de Victoria se durcit.« Elle commence déjà à influencer ton jugement. »Il reposa le menu.« Mettons les choses au clair. Isabella n’a rien fait de mal. Elle est travailleuse, respectueuse et elle ne m’a jamais rien demandé. »« C’est exactement ce qu’une femme intelligente voudrait te faire croire. »Alexander plissa les yeux.« Fais attention, Maman. »Victoria s’adossa à sa chaise.« Tu es un homme qui a réussi. Tu as des responsabilités et tu as besoin d’une femme qui compr
Alexander raccompagna Isabella chez elle après leur visite à l’hôpital.Le trajet se déroula dans le calme, mais les pensées d’Isabella étaient loin d’être tranquilles.Ses paroles tournaient sans cesse dans son esprit.Tu deviens quelqu’un sans qui je ne veux plus passer mes journées.Elle n’aurait jamais imaginé qu’un homme comme Alexander Blackwood puisse lui dire quelque chose d’aussi sincère.Il était riche, puissant et admiré par d’innombrables femmes. Pourtant, il avait choisi de passer son temps avec elle.Lorsque la voiture s’arrêta devant son immeuble, Isabella détacha sa ceinture.« Merci pour aujourd’hui, Alexander. »Il acquiesça.« Je t’en prie. »Elle posa la main sur la poignée de la portière, mais sa voix l’arrêta.« Isabella. »Elle se tourna vers lui.« Oui ? »« Peux-tu m’accorder encore quelques minutes ? »Elle hésita avant d’acquiescer.Alexander coupa le moteur et se tourna vers elle.« Je réfléchissais à quelque chose. »« À quoi ? »Il inspira profondément.«
Alexander mit fin à l’appel avec Isabella, mais son expression resta sérieuse.Victoria avait dépassé les limites en rendant visite à Margaret à l’hôpital et en l’interrogeant sur sa relation avec lui.Il avait déjà averti sa mère, mais elle n’avait manifestement aucune intention de respecter ses souhaits.Il prit son téléphone et l’appela.Victoria répondit presque immédiatement.« Alexander, j’allais justement t’appeler. »« Alors, nous avons quelque chose en commun », répondit-il froidement. « Je veux savoir pourquoi tu as rendu visite à Margaret. »Un bref silence s’installa.« C’est la mère d’Isabella. J’ai pensé qu’il était convenable de faire sa connaissance. »« Ne prétends pas que tu y es allée par gentillesse. Tu l’as interrogée sur Isabella et moi. »Victoria soupira.« Je voulais simplement lui rappeler que tu es le PDG d’une entreprise puissante. Ta vie privée a des conséquences sur ta réputation. »« Ma vie privée ne te regarde pas. »« Alexander ! »« Je ne suis plus un
Victoria était assise à l'arrière de sa voiture, regardant par la fenêtre avec une expression irritée.Les paroles de son fils résonnaient encore dans son esprit.Il avait rejeté ses inquiétudes, défendu Isabella et lui avait pratiquement ordonné de ne pas se mêler de sa vie personnelle.Elle serra la mâchoire.Qui était exactement Isabella Reed pour que son fils se comporte ainsi ?« Madame, où allons-nous ? » demanda le chauffeur.Victoria se tourna vers lui.« À l'hôpital St. Mary's. »Le chauffeur hocha la tête et continua de conduire.Victoria s'adossa à son siège.Si Alexander était déterminé à protéger Isabella, elle voulait rencontrer la femme qui l'avait élevée.Peut-être qu'une conversation avec la mère d'Isabella l'aiderait à mieux comprendre la situation.Ou peut-être que cela confirmerait ses soupçons.Quoi qu'il en soit, elle comptait bien découvrir la vérité.---À l'hôpital, Margaret était réveillée, confortablement installée contre ses oreillers.Elle venait de termin







