LOGINLa semaine qui suivit le gala s'écoula avec cette régularité apparente des semaines qui ressemblaient aux autres de l'extérieur et qui ne leur ressemblaient pas du tout de l'intérieur.
Clara travaillait. C'était ce qu'elle faisait de mieux et ce qui lui convenait le mieux en ce moment, cette
Le lundi arriva avec ce ciel blanc et froid des débuts de semaine qui ne promettaient rien de particulier et qui tenaient cette promesse avec une constance remarquable. Clara traversa le hall de Santé-Vita à sept heures quarante, salua Lucie d'un signe de tête, prit l'ascenseur, longea le couloir jusqu'à son bureau avec le pas régulier de quelqu'un qui avait décidé que cette journée serait exactement comme les autres.Elle s'y tenait depuis le parking.Elle s'y était tenue dans l'ascenseur. Dans le couloir. Et maintenant dans son bureau, assise devant son ordinateur qui chargeait avec la lenteur exaspérante des lundis matin, elle s'y tenait encore, les mains à
Le samedi matin trouva Clara dans sa cuisine, debout devant la cafetière qui crachait son café par petites saccades avec l'impatience de quelqu'un qui avait autre chose à faire, les cheveux encore défaits, un vieux pull trop grand sur les épaules, les yeux dans le vide de la fenêtre qui donnait sur les toits de Claireville dans la lumière grise du matin.Elle attendit que la cafetière finisse, se servit, alla s'asseoir sur le canapé, prit le bracelet sur la table basse, le tint dans sa paume.Le bureau vide. Le couloir désert. Ce regard qui avait duré trop longtemps. Ce demi-pas en arrière d'Alexandre et ses mains à elle, à plat sur le bois, qui
Le vendredi soir s'installa sur Santé-Vita progressivement, cette désertification douce des fins de semaine qui commençait par les étages inférieurs et remontait vers le haut, les portes qui se fermaient une à une, les lumières qui s'éteignaient dans les bureaux vitrés, les voix qui se raréfiaient dans les couloirs jusqu'à ce qu'il ne reste plus que le silence particulier des grands immeubles vides qui respiraient différemment quand les gens n'étaient plus là pour les remplir.Clara était encore à son bureau.La contre-proposition pour Yamamoto était terminée depuis dix-neuf heures, envoyée, classée, ma
Alexandre arriva au bureau ce vendredi matin comme il arrivait tous les matins, costume impeccable, dossier sous le bras, ce pas régulier et assuré qui ne laissait rien deviner de ce qui se passait derrière. Sauf que cette fois quelque chose avait changé, quelque chose d'infime et de réel, comme une note légèrement différente dans une partition qu'on connaît par cœur et qu'on ne saurait pas nommer si on ne faisait pas attention.Clara fit attention.Elle le vit traverser le couloir depuis son bureau, la porte entrouverte, et elle vit cette chose qu'elle n'avait pas encore vue chez lui, ou plutôt cette chose qui manquait, cette surveillance permanente de lui-même
La musique filtrait à travers les platanes de l'allée, légère, presque agaçante de fluidité. C'était la bande-son d'Ambre lorsqu'elle réinvestissait les lieux. Alexandre remonta le chemin de gravier, les mains enfoncées dans les poches, sans se presser. Ce soir de mai à Bellevue avait une douceur presque poisseuse, saturée d'odeurs d'herbe coupée et de terre chauffée par le soleil de l'après-midi. Une invitation à rester dehors.Il poussa la porte.Ambre trônait dans la cuisine, silhouette familière adossée aux placards ouverts. Un verre de chardonnay &agra
À midi, Sonia Bellamy frappa à sa porte avec l'énergie chaleureuse de quelqu'un qui n'avait pas besoin de raison particulière pour rendre visite aux gens et qui en trouvait quand même toujours une."Je vais déjeuner à la cafétéria", dit-elle avec le ton de quelqu'un qui annonçait quelque chose d'évident. "Venez."Ce n'était pas vraiment une invitation. C'était plutôt une information sur ce qui allait se passer, livrée avec la douceur maternelle de quelqu'un qui savait que les gens avaient besoin qu'on les sorte de leur bureau à midi et qui s'en chargeait volontiers.







