LOGINPOV de MaëlleSix semaines plus tard, Mia fête ses cinq ans avec douze enfants, deux gâteaux et un magicien qu’elle démasque au bout de dix minutes.Sacha a loué une salle près du jardin des Cascine parce que notre appartement n’aurait jamais survécu à la fête. Il a laissé Mia choisir le thème. Elle a demandé des chevaux, des papillons et des astronautes ; l’organisatrice a réussi à installer les trois sans transformer la pièce en cauchemar.Mes parents sont revenus de Saint-Cyr. Solène a fait le trajet avec Bastien et affirme qu’ils ont réservé des chambres séparées, détail que personne ne lui avait demandé. Lucia est là avec son fils. Plusieurs enfants du centre courent autour des tables en mélangeant le français et l’italien.Sacha arrive vin
POV de MaëlleMia dort enfin dans son lit, entourée de papiers froissés et de trois cadeaux ouverts.Sacha s’est allongé sur le canapé. Il a pris l’antidouleur prescrit par la clinique et laissé son téléphone dans la cuisine après avoir ordonné à son chauffeur de rentrer. Lorsque je reviens avec une couverture, il a les yeux fermés, mais sa respiration reste trop légère pour qu’il dorme.Je lui demande s’il a mal. Le médicament commence à agir, répond-il. Je pose la couverture sur lui, mais sa main attrape la mienne avant que je me relève.— Assieds-toi.Il tire doucement. Je m’installe au bord du canapé, près de sa hanche. Le pansement couvre une partie de sa tempe. La coupure n’est pas grave, pourtant l’image de la voiture immobile sur l’&eacut
POV de MaëlleÀ vingt-trois heures, Mia porte toujours sa robe de fête.Elle a mangé trois bouchées, déplacé six fois les cadeaux sous le sapin et vérifié la rue chaque fois qu’un moteur s’est approché. La neige s’est transformée en pluie, mais les trottoirs brillent encore sous une fine couche de glace.Sacha ne répond plus depuis presque deux heures.J’ai appelé une première fois à vingt et une heures vingt, puis une deuxième à vingt-deux heures. Son téléphone sonne jusqu’à la messagerie. Le lien qu’il m’a envoyé montre la voiture immobile sur une route secondaire depuis plus de quarante minutes.Je garde cette dernière information pour moi. Mia se tient debout sur une chaise devant la fenêtre, le calendrier serré contre elle.
POV de SachaLe juge signe la dernière ordonnance à dix-sept heures quarante.Les comptes utilisés par mon père passent sous contrôle judiciaire, les sociétés écrans sont dissoutes et les parts dissimulées rejoignent les actifs saisis. Les dirigeants qui espéraient attendre son retour quittent le groupe avec leurs accès coupés. À dix-huit heures, le nouveau conseil vote le plan que j’ai imposé. À dix-huit heures vingt, je ferme le dossier.Armand pourra encore se défendre pendant des années. Il ne dirigera plus rien.Dorian entre dans mon bureau au moment où j’enfile mon manteau.— Le vol pour Florence est annulé. Tous les départs du Bourget sont suspendus jusqu’à demain matin.— Milan ?— Même situation. Turin ferme dans une heure.
POV de MaëlleÀ cinq heures trente, quelqu’un frappe doucement à ma porte.Sacha a déjà mis son manteau. Sa voiture l’attend dans la rue et la lumière de son appartement est éteinte. Il entre sans bruit, pose un petit paquet sur la table, puis s’arrête devant la chambre de Mia.— Elle dort encore, dis-je.— Je sais.Il ouvre la porte juste assez pour la regarder. Mia s’est couchée en travers du lit, la couverture repoussée au pied. Sacha la remonte sur ses jambes, embrasse ses cheveux et ressort avant de la réveiller.— Qu’est-ce qui se passe à Paris ?— Plusieurs sociétés que mon père utilisait ont déplacé de l’argent cette nuit. Les banques attendent ma signature avant de bloquer les comptes. Le juge veut aussi m’entendre sur les documents
POV de MaëlleLe mardi suivant, une partie de la bordure restaurée se détache pendant le contrôle final.Le problème reste limité, mais l’exposition doit ouvrir dans trois jours. Lucia et moi reprenons les points de maintien pendant que la responsable vérifie le reste de la tapisserie. À dix-sept heures, j’écris à Sacha pour lui demander de récupérer Mia au centre. Il répond presque aussitôt qu’il s’en charge.Je lui promets d’être rentrée pour le dîner.À vingt heures, je suis encore penchée sur le même angle de tissu. La lumière artificielle modifie les couleurs, mes yeux piquent et mon téléphone est resté dans le vestiaire pour éviter toute poussière sur la table. Lorsque Lucia annonce enfin que la bordure tient, je découvre six m







