登入POV de Maëlle
Sa main se resserre sur ma cuisse.
Je jette tout mon poids sur le côté. La chaise heurte le mur et manque de basculer. L’homme la rattrape, puis sa paume s’abat sur mon visage.
Le goût du sang envahit ma bouche.
— Fais pas ta sainte, salope. Toute la France sait que Delcourt te baise.
Il m’empoigne par les cheveux.
Je tire sur mes poignets. La corde me brûle jusqu’aux coudes, ma
POV de MaëlleSa main se resserre sur ma cuisse.Je jette tout mon poids sur le côté. La chaise heurte le mur et manque de basculer. L’homme la rattrape, puis sa paume s’abat sur mon visage.Le goût du sang envahit ma bouche.— Fais pas ta sainte, salope. Toute la France sait que Delcourt te baise.Il m’empoigne par les cheveux.Je tire sur mes poignets. La corde me brûle jusqu’aux coudes, mais mes mains restent coincées derrière le dossier. Il remonte ma robe, déchire la couture lorsqu’elle résiste et maintient mes jambes écartées avec son genou.Sa ceinture tombe près de ma chaussure.Je comprends que personne ne viendra ouvrir cette porte pour lui dire d’arrêter. Les autres hommes l’ont entendu entrer. Ils savent qu’il est ici et le laissent faire.— Vous pouvez avoir plus d&
POV de Maëlle— Sacha vous donnera ce que vous voulez.L’homme vient de poser une bouteille d’eau près de moi. Je me lève trop vite et dois prendre appui contre le mur.— Vous n’avez qu’à l’appeler. Il paiera plus que votre patron. Dites-moi seulement où est Mia.Il ne répond pas. Je me rapproche malgré le vertige.— Elle a quatre ans. Elle doit être morte de peur. Laissez-moi la voir et je ferai tout ce que vous voulez.Il pousse la bouteille dans ma direction avec sa chaussure.— Bois et arrête de gueuler.— Je veux ma fille.Cette fois, il me regarde vraiment. Son crâne est rasé et une cicatrice lui coupe la lèvre. L’arme coincée dans sa ceinture apparaît quand il se penche vers moi.— Delcourt récupérera sa gamine. Toi, t
POV de MaëlleLe père de Sacha pose les yeux sur moi une dernière fois. Son visage reste parfaitement calme.Puis il sort.La porte vient à peine de se refermer qu’un homme essaie de m’arracher Mia des bras.Je me replie aussitôt autour d’elle. Mia hurle et s’accroche à mon cou. Le garde tire une seconde fois, mais elle se débat si violemment qu’une femme lui demande d’arrêter.— On les garde ensemble jusqu’au transfert.Les hommes me relèvent et nous poussent dans le couloir. Je marche avec Mia dans les bras, entourée de gardes. Aucune porte ne reste ouverte assez longtemps pour que je voie ce qu’il y a derrière. Nous descendons jusqu’à un garage où attend une camionnette blanche.À l’intérieur, Mia refuse de quitter mes genoux. Je garde une main derrière sa tête pendant qu’elle pleure contre moi. Deux hommes s’installent en face de nous et la porte se referme.— On rentre à la maison ? murmure-t-elle.— Oui.Le mensonge sort immédiatement. Elle me croit et se calme un peu.Je cherch
POV de Sacha**Ils ont Mia.**Le message apparaît dès que mon téléphone retrouve du réseau. Une photo suit.Mia est attachée sur la banquette arrière d’une voiture. Une bande grise couvre sa bouche.Le verre posé devant moi part contre la cloison.Tout le monde se tait dans la cabine.Je regarde encore la photo. Ma fille pleure devant un inconnu et je suis à des milliers de kilomètres d’elle. Maëlle a essayé de m’appeler avant d’envoyer le message. Son nom remplit la liste des appels manqués.Je lance l’appel. Son téléphone est éteint.Je quitte Lyon quelques jours et ils osent prendre Mia devant son école. Ils savent que Maëlle fera tout pour la rejoindre. Ils savent aussi que je suis assez loin pour ne pas intervenir moi-même.J’ai laissé trop de gens croire qu’ils pouvaient l’approcher. J’ai contenu les scandales, étouffé les menaces et évité de frapper avant de connaître toute la vérité. Cette patience vient de leur donner accès à ma fille.J’appelle Dorian.— Ils ont pris Mia. Ma
POV de MaëlleLe bandeau tombe sur le sol.Je cligne plusieurs fois des yeux avant de distinguer la pièce.L’homme assis en face de moi a une soixantaine d’années. Son costume est impeccable et il paraît parfaitement à sa place dans ce bureau, contrairement aux deux hommes armés qui m’ont amenée jusqu’ici.Mia n’est pas là.— Vous êtes qui ?— Le père de Sacha.Je le regarde mieux.Maintenant que je le sais, la ressemblance devient évidente. Les mêmes yeux clairs, la même façon de tenir la tête lorsqu’il observe quelqu’un. Chez Sacha, cette froideur peut disparaître. Chez cet homme, elle semble installée depuis toujours.C’est lui.L’homme qui a obligé Sacha à abandonner sa vie quatre ans plus tôt se trouve devant
POV de Maëlle— Non, mon cœur. Je suis ta maman. Apolline est la fiancée de Sacha.Mia baisse les yeux vers son dessin.— Et moi, je suis quoi pour elle ?Je cherche une réponse assez simple pour une enfant de quatre ans.— Tu es la fille de ton papa. Ça ne changera jamais.Mia accepte cette réponse et retourne près de ses feutres. Elle ajoute une couronne au-dessus de sa tête, ferme l’enveloppe et écrit PAPA dessus en tirant la langue sous l’effort.Le lendemain, j’arrive devant l’école à l’heure habituelle. La grille s’ouvre et les enfants sortent par petits groupes. Je repère plusieurs manteaux roses, une veste jaune et des boucles brunes qui appartiennent à une autre petite fille.Mia n’apparaît pas.J’attends que la maîtresse accompagne les deux derniers élèves jusqu’au portail.— Mia est encore dans la classe ?La femme me regarde avec surprise.— Elle est partie vers quinze heures quarante.— Partie où ?— Une dame est venue la chercher. Elle avait votre autorisation.Je reste







