MasukPOV de Maëlle
Sacha s’immobilise en moi.
Nous retenons notre souffle.
La porte d’entrée s’ouvre au rez-de-chaussée et Bastien laisse tomber ses clés dans le vide-poche. Le bruit résonne dans toute la maison.
— Merde.
Je pousse contre le torse de Sacha.
— Sors.
Son bassin bouge encore, très légèrement. La sensation me traverse et mes cuisses se resserrent autour de lui.
— Sacha !
Sacha attrape la couette et la ramène au-dessus de nos têtes. L’obscurité nous avale. Il s’allonge complètement sur moi, son visage enfoui près de mon oreille, sa poitrine collée à la mienne.
Il pose une main sur ma bouche tandis que les pas de Bastien atteignent l’escalier.
— Si tu continues à serrer comme ça, je ne vais nulle part.
Je le mords dans la paume.
Les pas s’arrêtent devant ma chambre.
— Maëlle ?
Je ferme les yeux. Sacha retire lentement sa main de ma bouche, mais ses doigts restent contre ma joue.
— Oui ?
Ma voix sort trop aiguë.
— Ça va ? Tu es partie d’un coup.
Sous la couette, la chaleur devient étouffante. Sacha essaie de se soulever légèrement pour me laisser respirer. Son corps glisse contre le mien.
Je me contracte autour de lui.
Ses doigts s’enfoncent dans l’oreiller. Sa bouche s’ouvre sur mon cou, sans produire un son.
— J’ai trop bu, dis-je. Je veux dormir.
— Tu veux que je t’apporte quelque chose ?
La voix de mon frère se trouve à moins d’un mètre et cette proximité rend chaque point de contact insupportablement précis : le poids de Sacha entre mes jambes, son souffle brûlant, son sexe immobile au plus profond de moi.
Je mords l’intérieur de ma joue.
— Non. Ça va passer.
Sacha bouge à peine.
La pression traverse mon ventre. Mes ongles labourent son dos avant que le plaisir me fasse gémir.
Sa bouche écrase la mienne.
Le son reste coincé entre nos lèvres.
Un silence tombe dans le couloir.
Sacha repousse enfin la couette.
e goût de sa peau, la chaleur de son torse et le poids de son corps rallument tout ce que Bastien vient d’interrompre.Sacha m’embrasse avec moins de patience. Il attrape l’arrière de ma cuisse et remonte ma jambe contre sa hanche.
Son corps tremble contre le mien.
— Tu as serré autour de moi pendant toute la conversation.
Mes joues brûlent.
Le regard de Sacha descend sur ma bouche.
Il recule jusqu’à presque sortir de moi, puis revient d’un seul coup.
Les mouvements deviennent plus courts, plus profonds. Il me tient par la hanche et absorbe chacun de mes sursauts avec son prop
re corps.
Sacha me soulève et me porte jusqu’au lit. Il me tourne, me place à genoux sur le matelas et vient derrière moi.
La position me rend soudain consciente de tout : la porte verrouillée, Bastien quelques mètres plus bas, le corps nu de Sacha contre mon dos.
Sa main passe autour de ma taille. L’autre se pose sur ma bouche.
— Restes silencieuse.
Son sexe retrouve mon entrée.
Je hoche la tête contre sa paume.
Il pousse en moi.
La sensation est plus profonde ainsi. Je me cambre, surprise, et Sacha me retient par le ventre pendant que mon corps l’accueille jusqu’au bout. Sa poitrine se colle à mon dos. Son souffle frappe mon oreille.
Le matelas s’enfonce sous ses genoux. Son bassin frappe mes fesses dans un rythme qu’il contrôle entièrement, assez lent pour limiter le bruit, assez profond pour faire monter la chaleur à chaque poussée.
Je mords sa paume lorsqu’un gémissement menace de sortir.
Ses lèvres effleurent mon oreille.
— Voilà. Comme ça.
La peur d’être découverts se mélange au plaisir. Mon cœur cogne, mes jambes tremblent et chaque bruit venant du couloir rend mon corps plus sensible. Sacha le comprend. Sa main quitte ma bouche, descend sur mon ventre et se glisse entre mes cuisses.
Je manque de m’effondrer.
Il me retient contre lui, son bras tendu autour de ma taille. Ses muscles se contractent contre mon dos lorsqu’il accélère. Son souffle perd toute régularité, mais ses doigts continuent de me caresser avec une précision qui fait monter la tension jusqu’à la limite.
Des pas traversent le salon.
Je tourne la tête vers la porte.
Sacha saisit mon menton et ramène mon visage vers lui.
— Reste avec moi.
Il m’embrasse par-dessus mon épaule tandis que son bassin revient contre le mien. Le plaisir éclate sans prévenir. Mes cuisses se ferment autour de sa main et tout mon corps se contracte autour de lui.
Sacha étouffe mon cri dans sa bouche.
Il tient encore quelques secondes. Ses mouvements deviennent plus courts, plus puissants. Sa main serre ma hanche et son front tombe contre mon épaule lorsqu’il jouit à son tour.
Nous restons immobiles, essoufflés, pendant que Bastien ouvre un placard dans la cuisine.
Sacha se retire et me fait basculer doucement sur le côté. Sa poitrine se soulève encore vite. Je passe les doigts sur les marques laissées par mes ongles.
Un sourire apparaît au coin de sa bouche.
— Tu vas devoir porter une chemise demain.
— Toi, tu vas devoir apprendre à être discrète.
Je lui donne un coup dans l’épaule.
Il attrape mon poignet, m’attire contre lui et m’embrasse encore. Le baiser est plus lent, mais son corps réagit déjà sous ma cuisse.
POV de MaëlleDorian se tient dans le couloir, accompagné de deux hommes que je reconnais aussitôt. Ils étaient là quand on m’a pris Mia.Je me lève d’un bond.— Où est ma fille ?— À la clinique. Elle réclame sa mère.J’attrape mon manteau. Bastien veut venir avec moi, mais Dorian lui annonce qu’il devra attendre dans le hall. Mon frère commence à protester. Je lui demande de nous suivre et sors avant que la discussion me fasse perdre une minute de plus.Durant tout le trajet, Dorian reste silencieux. Moi, je pense à Mia seule dans un endroit inconnu, entourée de gens qu’elle n’a jamais vus. J’ai envie de demander si elle a mangé, si elle a dormi, si elle a pleuré toute la nuit. Les questions se bousculent dans ma tête, mais une seule franchit mes lèvres.&mdas
POV de MaëlleLes portières claquent dans l’allée.Bastien sort de sa chambre pendant que je garde Mia contre moi. Elle remue dans son sommeil lorsque des voix s’élèvent près de l’entrée.— Vous n’irez pas plus loin, dit Bastien.La réponse de Dorian monte jusqu’à l’étage.— Le test est positif. Sacha veut sa fille à Paris.— Ta fille ? Tu l’as entendue, celle-là ? Il ne connaissait même pas son existence il y a deux jours.Je descends quelques marches. Quatre hommes se trouvent derrière Dorian.— Dis à Sacha de m’appeler.Dorian lève les yeux vers moi.— Il ne changera pas d’avis.— Alors Mia reste ici.Bastien referme la porte. L’un des agents la bloque avec son pied, et les quatre hommes entrent
POV de MaëlleNous sommes rentrées chez mes parents hier soir. Ce matin, je range les dernières affaires de Mia pendant qu’elle prend son petit déjeuner en bas.Depuis qu’Apolline a fait transférer Sacha à Paris, j’appelle son numéro plusieurs fois par jour. La communication n’aboutit jamais. Mes messages restent sans réponse.Je ne sais pas dans quelle clinique il se trouve. Je ne sais même pas si son état s’est amélioré depuis son réveil.Lorsque Dorian apparaît devant la maison, je descends lui ouvrir.— Comment va Sacha ?— Son état est stable.— Je peux aller le voir ?— Non. Il ne veut pas te voir.Il prononce ces mots sans détour, puis désigne la voiture garée derrière lui.— Je suis venu pour autre chose.Une femme en descend avec une mallette médicale. Deux agents de sécurité la suivent jusqu’à la porte.Dorian m’annonce que Sacha exige un nouveau test de paternité.— Il sait déjà que Mia est sa fille.— Il veut le vérifier lui-même.Je prends mon téléphone et rappelle Sacha.
POV de SachaMon père arrive à la clinique avec un avocat.Il ne demande pas comment je vais. Il s’installe dans le fauteuil près de la fenêtre pendant que l’autre homme pose un dossier sur la tablette devant moi.— Le conseil commence à s’inquiéter. Il faut quelqu’un pour assurer la continuité jusqu’à ce que tu sois rétabli.Je parcours la première page. Le texte transfère une partie de mes pouvoirs exécutifs à mon père pour une durée indéterminée.— Non.L’avocat ouvre la bouche. Je referme le dossier.— Sortez.Il regarde mon père, qui finit par lui faire signe de partir.— Tu viens de subir une opération au cerveau, Sacha.— Et tu essaies déjà de récupérer ce qui ne t’appartient plus.Je ne me souviens pas de lui avoir pris le contrôle du groupe. Pourtant, les documents que Dorian m’a apportés ce matin ne laissent aucun doute. Mon nom apparaît partout. Les sociétés qui dépendaient encore de mon père cinq ans plus tôt sont désormais réparties entre plusieurs holdings que je dirige.
POV de Maëlle— Vous êtes qui ?Je reste penchée vers lui, incapable de répondre tout de suite.Sacha attend. Il paraît épuisé, sa voix sort à peine, mais son regard ne flotte plus. Il m’observe avec l’attention méfiante qu’il réserve aux inconnus.— Maëlle.Son expression ne change pas.— Maëlle Aubert.J’ajoute mon nom comme si cela pouvait faire la différence. Je lui parle de la chapelle, de la structure qui s’est effondrée et de la façon dont il m’a poussée hors de l’estrade. Ses yeux se ferment quelques secondes. Lorsqu’il les rouvre, je n’y trouve toujours rien.— Je ne vous connais pas.Le médecin s’approche du lit et me demande de reculer. Il vérifie les constantes de Sacha avant de lui poser quelques questions simples. Son nom, le lieu où il pense se trouver, la date.Sacha sait qui il est. Il se souvient de New York et d’une réunion prévue avec son père. Lorsqu’il donne l’année, le médecin l’arrête.Il se trompe de cinq ans.— Quel jour sommes-nous ? demande Sacha.Le médeci
POV de MaëlleÀ l’hôpital, Sacha part directement au bloc.Un médecin m’explique qu’il souffre d’un traumatisme crânien sévère. Le choc a provoqué une hémorragie et la pression augmente trop vite. Ils doivent intervenir immédiatement.Je comprends les mots séparément. Ensemble, ils n’ont aucun sens.— Il va s’en sortir ?Le médecin ne répond pas tout de suite.— On fait tout ce qu’on peut.Puis il disparaît derrière les portes du service.Dorian reste avec moi. Il parle au personnel, passe plusieurs appels et fait évacuer les gens de la chapelle avant même que la police commence à poser des questions. Je l’entends sans vraiment l’écouter.La dernière chose que Sacha m’a demandée, c’est si j’étais blessée.Lui avait déjà du sang sur le visage.Apolline arrive moins d’une heure plus tard. Elle traverse le couloir sans ralentir, encore maquillée pour l’essayage. Ses cheveux sont défaits et elle a remplacé sa robe par un pantalon clair.Elle regarde Dorian, puis les portes fermées du bloc







