LOGINPOV de Maëlle
Bastien est sorti acheter de quoi dîner. Dès que sa voiture quitte l’allée, je vais prendre une douche.
Je viens de passer la tête sous l’eau lorsque la porte s’ouvre. Sacha entre, tourne le verrou et retire son tee-shirt.
— Tu ne peux pas attendre dix minutes ?
Il pose ses mains sur ma taille.
— Non.
Son torse se colle à mon dos. Sa bouche descend sur mon épaule pendant que l’eau coule sur nous.
— Alors, la première fois, c’était fait exprès ? murmure-t-il.
— Tu rêves. Je me croyais seule.
Je me retourne et lui envoie de l’eau au visage. Sacha essuie ses yeux, puis me saisit avant que je puisse sortir de la douche.
Le baiser me plaque contre le carrelage. Sa bouche est chaude malgré l’eau, ses mains glissent sur ma peau et son corps durcit contre mon ventre.
Je passe les doigts sur sa poitrine. Sacha se penche pour embrasser mon cou tandis que ma main descend le long de ses abdominaux. J’aime sentir son ventre se contracter à mon contact, voir son calme disparaître lorsqu’il me veut.
Il me soulève. Mes jambes entourent sa taille et mon dos retrouve le mur.
Ma main glisse alors sur son flanc et rencontre une longue marque rugueuse. Je baisse les yeux. Une cicatrice pâle part de ses côtes et disparaît dans son dos.
— Comment tu t’es fait ça ?
Sacha referme ses doigts autour de mon poignet.
— C’est vieux.
— Ça ne répond pas à ma question.
Il écarte ma main de la cicatrice et m’embrasse.
J’essaie encore de parler, mais ses doigts descendent entre mes jambes. Mon souffle se brise contre sa bouche. Il me caresse lentement, le regard fixé sur mon visage, jusqu’à ce que mes cuisses se resserrent autour de ses hanches.
Sacha récupère un préservatif dans le portefeuille posé près du lavabo. L’emballage tombe sur le sol mouillé.
Il revient contre moi et me pénètre.
Je m’accroche à ses épaules. Ses bras me portent facilement, les muscles de son dos roulant sous mes mains chaque fois qu’il bouge. L’eau frappe son visage et ruisselle sur sa poitrine avant de passer entre nos corps.
La salle de bains se remplit de nos respirations. Sacha garde d’abord un rythme lent, attentif au moindre bruit venant du rez-de-chaussée. Puis je resserre les jambes autour de lui et son contrôle cède.
Il me pousse plus fort contre le mur.
Je cache mon visage dans son cou. La cicatrice reste sous ma paume, mais ma question s’efface lorsque son bassin revient contre le mien. Le plaisir monte rapidement, nourri par sa force, la chaleur de sa peau et la possibilité de voir Bastien rentrer à tout moment.
Une voiture ralentit dans la rue.
Sacha tourne la tête vers la fenêtre sans s’arrêter.
— C’est peut-être lui.
— Alors tais-toi.
La poussée suivante m’arrache un gémissement. Sacha couvre ma bouche et accélère. Ses doigts serrent ma cuisse, son souffle devient plus lourd et ses mouvements perdent leur régularité.
Je jouis contre sa paume, le corps tendu entre le mur et lui. Il enfouit aussitôt son visage dans mon cou et me rejoint quelques secondes plus tard.
La voiture continue sa route.
Sacha me repose sous le jet. Mes jambes tremblent encore lorsqu’il se penche pour ramasser l’emballage.
Je touche sa cicatrice une dernière fois.
Il prend ma main et embrasse mes doigts, puis attrape le gel douche comme si je n’avais rien demandé.
Le vendredi suivant, je suis de nouveau dans son lit.
Bastien travaille au port. Nous avons laissé la porte ouverte et les vêtements de Sacha traînent du couloir jusqu’au pied du matelas.
Je suis allongée contre lui, encore essoufflée. Sa main passe lentement sur ma hanche.
— Demain, je parle à Bastien.
Son geste s’arrête.
— De nous, j’ajoute.
Sacha regarde le plafond.
— D’accord.
Je me redresse sur un coude.
— C’est tout ?
Il tourne la tête vers moi et m’attire sur son torse.
— Tu veux que je prépare un discours ?
— Je veux juste savoir que tu ne vas pas changer d’avis dès qu’il essaiera de te casser la figure.
Sacha sourit et m’embrasse. Sa main descend sur mes fesses, puis me fait basculer sous lui.
Son téléphone vibre sur la table de nuit.
Il regarde l’écran. Son visage change à peine, mais il coupe l’appel et retourne le téléphone.
Lorsqu’il revient vers moi, son baiser est plus brutal. Je passe les bras autour de son cou. Le téléphone vibre encore, tombe au sol sous un mouvement du lit et finit par se taire.
Je m’endors dans ses bras.
Le lendemain matin, le drap est froid à côté de moi.
Je ramasse mes vêtements et retourne dans ma chambre. Je pense que Sacha est descendu avant le réveil de Bastien.
Mon frère est déjà dans la cuisine, seul devant son café.
— Sacha est sorti ?
Bastien hausse les épaules.
— On dirait.
— Il t’a dit où il allait ?
— Non. Il fait souvent ça. Il rappellera quand il aura terminé ce qu’il avait à faire.
Bastien reprend son café. Pour lui, il n’y a rien d’étrange.
Je remonte jusqu’à la chambre d’amis. Le sac de Sac
ha a disparu. Ses chaussures, sa veste et les vêtements rangés dans l’armoire aussi.
Il n’est pas simplement sorti. Il a tout emporté.
J’appelle son numéro. La sonnerie continue jusqu’à la messagerie.
Je recommence en revenant dans ma chambre. Toujours rien.
La conversation de la veille me revient. Ma main sur son torse. Ma décision de parler à Bastien. Le silence de Sacha avant son accord.
Il a attendu que je m’endorme pour partir.
Voilà sa réponse.
J’écris :
**Tu aurais pu me dire que tu ne voulais pas que Bastien sache.**
Le message est envoyé. Sacha ne le lit pas.
Je garde mon téléphone près de moi pendant le déjeuner. Bastien parle du port et ne paraît toujours pas inquiet. Il connaît cette version de Sacha, celle qui disparaît sans prévenir et revient quand elle en a envie.
Moi, je connais seulement l’homme qui dormait encore contre moi quelques heures plus tôt.
L’après-midi passe sans appel. Je retourne vérifier la chambre d’amis, puis je me déteste de l’avoir fait.
Dans la soirée, j’ouvre une dernière fois notre conversation.
J’efface les questions que je viens d’écrire et n’en garde qu’une seule :
**Tu es parti à cause de moi ?**
J’attends encore quelques minutes devant l’écran.
Puis j’ajoute :
**D’accord. J’ai compris.**
POV de MaëlleDorian se tient dans le couloir, accompagné de deux hommes que je reconnais aussitôt. Ils étaient là quand on m’a pris Mia.Je me lève d’un bond.— Où est ma fille ?— À la clinique. Elle réclame sa mère.J’attrape mon manteau. Bastien veut venir avec moi, mais Dorian lui annonce qu’il devra attendre dans le hall. Mon frère commence à protester. Je lui demande de nous suivre et sors avant que la discussion me fasse perdre une minute de plus.Durant tout le trajet, Dorian reste silencieux. Moi, je pense à Mia seule dans un endroit inconnu, entourée de gens qu’elle n’a jamais vus. J’ai envie de demander si elle a mangé, si elle a dormi, si elle a pleuré toute la nuit. Les questions se bousculent dans ma tête, mais une seule franchit mes lèvres.&mdas
POV de MaëlleLes portières claquent dans l’allée.Bastien sort de sa chambre pendant que je garde Mia contre moi. Elle remue dans son sommeil lorsque des voix s’élèvent près de l’entrée.— Vous n’irez pas plus loin, dit Bastien.La réponse de Dorian monte jusqu’à l’étage.— Le test est positif. Sacha veut sa fille à Paris.— Ta fille ? Tu l’as entendue, celle-là ? Il ne connaissait même pas son existence il y a deux jours.Je descends quelques marches. Quatre hommes se trouvent derrière Dorian.— Dis à Sacha de m’appeler.Dorian lève les yeux vers moi.— Il ne changera pas d’avis.— Alors Mia reste ici.Bastien referme la porte. L’un des agents la bloque avec son pied, et les quatre hommes entrent
POV de MaëlleNous sommes rentrées chez mes parents hier soir. Ce matin, je range les dernières affaires de Mia pendant qu’elle prend son petit déjeuner en bas.Depuis qu’Apolline a fait transférer Sacha à Paris, j’appelle son numéro plusieurs fois par jour. La communication n’aboutit jamais. Mes messages restent sans réponse.Je ne sais pas dans quelle clinique il se trouve. Je ne sais même pas si son état s’est amélioré depuis son réveil.Lorsque Dorian apparaît devant la maison, je descends lui ouvrir.— Comment va Sacha ?— Son état est stable.— Je peux aller le voir ?— Non. Il ne veut pas te voir.Il prononce ces mots sans détour, puis désigne la voiture garée derrière lui.— Je suis venu pour autre chose.Une femme en descend avec une mallette médicale. Deux agents de sécurité la suivent jusqu’à la porte.Dorian m’annonce que Sacha exige un nouveau test de paternité.— Il sait déjà que Mia est sa fille.— Il veut le vérifier lui-même.Je prends mon téléphone et rappelle Sacha.
POV de SachaMon père arrive à la clinique avec un avocat.Il ne demande pas comment je vais. Il s’installe dans le fauteuil près de la fenêtre pendant que l’autre homme pose un dossier sur la tablette devant moi.— Le conseil commence à s’inquiéter. Il faut quelqu’un pour assurer la continuité jusqu’à ce que tu sois rétabli.Je parcours la première page. Le texte transfère une partie de mes pouvoirs exécutifs à mon père pour une durée indéterminée.— Non.L’avocat ouvre la bouche. Je referme le dossier.— Sortez.Il regarde mon père, qui finit par lui faire signe de partir.— Tu viens de subir une opération au cerveau, Sacha.— Et tu essaies déjà de récupérer ce qui ne t’appartient plus.Je ne me souviens pas de lui avoir pris le contrôle du groupe. Pourtant, les documents que Dorian m’a apportés ce matin ne laissent aucun doute. Mon nom apparaît partout. Les sociétés qui dépendaient encore de mon père cinq ans plus tôt sont désormais réparties entre plusieurs holdings que je dirige.
POV de Maëlle— Vous êtes qui ?Je reste penchée vers lui, incapable de répondre tout de suite.Sacha attend. Il paraît épuisé, sa voix sort à peine, mais son regard ne flotte plus. Il m’observe avec l’attention méfiante qu’il réserve aux inconnus.— Maëlle.Son expression ne change pas.— Maëlle Aubert.J’ajoute mon nom comme si cela pouvait faire la différence. Je lui parle de la chapelle, de la structure qui s’est effondrée et de la façon dont il m’a poussée hors de l’estrade. Ses yeux se ferment quelques secondes. Lorsqu’il les rouvre, je n’y trouve toujours rien.— Je ne vous connais pas.Le médecin s’approche du lit et me demande de reculer. Il vérifie les constantes de Sacha avant de lui poser quelques questions simples. Son nom, le lieu où il pense se trouver, la date.Sacha sait qui il est. Il se souvient de New York et d’une réunion prévue avec son père. Lorsqu’il donne l’année, le médecin l’arrête.Il se trompe de cinq ans.— Quel jour sommes-nous ? demande Sacha.Le médeci
POV de MaëlleÀ l’hôpital, Sacha part directement au bloc.Un médecin m’explique qu’il souffre d’un traumatisme crânien sévère. Le choc a provoqué une hémorragie et la pression augmente trop vite. Ils doivent intervenir immédiatement.Je comprends les mots séparément. Ensemble, ils n’ont aucun sens.— Il va s’en sortir ?Le médecin ne répond pas tout de suite.— On fait tout ce qu’on peut.Puis il disparaît derrière les portes du service.Dorian reste avec moi. Il parle au personnel, passe plusieurs appels et fait évacuer les gens de la chapelle avant même que la police commence à poser des questions. Je l’entends sans vraiment l’écouter.La dernière chose que Sacha m’a demandée, c’est si j’étais blessée.Lui avait déjà du sang sur le visage.Apolline arrive moins d’une heure plus tard. Elle traverse le couloir sans ralentir, encore maquillée pour l’essayage. Ses cheveux sont défaits et elle a remplacé sa robe par un pantalon clair.Elle regarde Dorian, puis les portes fermées du bloc







