Compartir

Chapitre 8 : Il ne me veut pas

last update Fecha de publicación: 2026-07-13 21:27:39

POV de Maëlle

Pendant plusieurs jours, mon téléphone ne quitte presque pas ma main.

Je l’emporte dans la cuisine, dans le jardin et jusque dans la salle de bains. Chaque vibration me fait sursauter. Ce sont toujours Solène, l’université ou des publicités que je ne me souviens pas avoir acceptées.

Jamais Sacha.

Je continue pourtant à lui trouver des excuses. Une mission urgente. Un téléphone cassé. Une situation qu’il ne peut pas expliquer. Bastien a dit qu’il disparaissait parfois, alors je m’accroche à cette phrase.

Au bout d’une semaine, son numéro ne fonctionne plus.

Je reste longtemps devant l’écran après le message automatique. Il aurait pu perdre son téléphone. Changer de carte. Appeler demain.

Je deviens très douée pour inventer la suite à sa place.

Bastien remarque seulement que je mange peu et que je passe trop de temps dans ma chambre. Un matin, il me trouve devant un bol de céréales devenu mou depuis longtemps.

— C’est encore à cause de Théo ?

Je relève la tête.

Il a l’air gêné, comme chaque fois qu’il essaie de parler de mes histoires de cœur. J’acquiesce avant qu’il pose d’autres questions.

— Un peu.

Bastien traite Théo de pauvre type et promet qu’un jour je rirai d’avoir pleuré pour lui. Je le laisse croire qu’il a compris.

C’est plus facile.

S’il savait pour Sacha, il voudrait connaître chaque détail. Depuis quand, combien de fois, ce que son meilleur ami m’avait promis. Je devrais avouer que Sacha n’avait rien promis du tout. J’avais entendu ce que j’espérais entendre dans ses baisers et dans la façon dont il me gardait contre lui la nuit.

Bastien irait quand même le chercher.

Je préfère passer pour une fille incapable d’oublier Théo.

Solène connaît la vérité. Je lui raconte tout lors d’un après-midi à la plage, sans réussir à la regarder. Elle ne me demande pas pourquoi j’ai couché aussi vite avec Sacha. Elle insulte seulement son absence de courage, puis change de sujet lorsqu’elle voit que je ne supporte plus d’entendre son prénom.

Je ne ressens même pas vraiment de colère. Elle arrive parfois, dure quelques minutes, puis laisse la même douleur derrière elle.

Sacha est parti le matin où je voulais parler de nous.

Cette idée revient dès que je ferme les yeux. Tant que je me glissais dans son lit en secret, il me voulait. Il a suffi que je demande davantage pour qu’il emporte son sac.

Théo m’avait remplacée par une fille rencontrée au club. Sacha a préféré disparaître.

Je finis par me demander si je ne suis simplement pas le genre de fille qu’on choisit.

Le reste de l’été se passe comme ça. Certaines journées paraissent normales. Je vais nager avec Solène, aide Bastien à nettoyer le bateau de son unité et prépare mon départ pour Lyon. D’autres, je reste allongée jusqu’à l’après-midi, trop fatiguée pour ouvrir les volets.

Je dors beaucoup, mais je me réveille épuisée.

À la fin du mois d’août, Solène fait irruption dans ma chambre avec du ruban adhésif et m’oblige à terminer mes cartons. Elle parle de l’appartement, des garçons que nous allons rencontrer et des soirées auxquelles elle compte me traîner.

Je la laisse parler. Lyon se trouve assez loin pour que personne ne connaisse Sacha.

Cela me suffit.

Notre appartement universitaire est plus petit que sur les photos. Les deux chambres tiennent à peine un lit et un bureau, et la cuisine donne directement sur l’entrée. Solène décide que c’est chaleureux. Je décide de la croire.

La rentrée remplit mes journées. Je cours entre les amphithéâtres, les démarches administratives et les files d’attente devant le secrétariat. Le soir, je m’endors parfois sans retirer mes vêtements.

La fatigue empire. Je peine à garder les yeux ouverts pendant les cours et manque plusieurs fois mon arrêt dans le bus. Un matin, l’odeur du café de Solène me donne la nausée. Deux jours plus tard, je vomis après avoir mangé la moitié d’un croissant.

Je mets tout sur le compte du stress.

Solène commence à me surveiller pendant les repas. Elle remplit mon assiette, s’assure que je mange et ouvre les fenêtres dès qu’elle cuisine quelque chose de trop gras.

Le vendredi suivant, elle m’emmène à une fête dans une résidence étudiante. Elle a choisi ma robe, maquillé mes yeux et promis que nous rentrerions tôt.

J’accepte surtout parce que je veux arrêter de l’inquiéter.

L’appartement est déjà bondé. La musique couvre les conversations et la chaleur colle les vêtements à la peau. Quelqu’un me donne un verre. Je prends une gorgée avant de reconnaître le goût de la bière.

Mon estomac se retourne.

Je pose le verre et cherche les toilettes. Dans la cuisine, un garçon sort une pizza du four. L’odeur du fromage chaud me frappe si violemment que je dois couvrir ma bouche.

Je n’atteins pas le couloir.

Mes jambes deviennent molles. La pièce se penche, les visages s’allongent autour de moi et la voix de Solène arrive de très loin.

Lorsque je rouvre les yeux, je suis allongée sur un canapé. Une fille que je ne connais pas tien

t un verre d’eau près de mon visage. Solène est accroupie à côté d’elle.

Elle me ramène immédiatement à l’appartement.

Le lendemain, je me réveille avec la même nausée. Solène est déjà dans la cuisine. Elle me regarde essayer d’avaler un biscuit sec, puis pose son téléphone.

— Tu as du retard ?

Je ne comprends pas tout de suite.

— Tes règles, Maëlle.

Je repose le biscuit.

J’essaie de retrouver la dernière date. Les vacances ont effacé mes habitudes. Je n’ai rien noté et rien attendu.

Juin.

Peut-être tout début juillet.

Je prends mon téléphone et compte les semaines. Je recommence parce que le premier calcul paraît impossible.

Solène se lève sans rien ajouter. Elle revient de la pharmacie avec trois tests de grossesse.

Je voudrais lui dire qu’elle exagère. Aucun son ne sort.

Dans la salle de bains, je lis la notice trois fois. Le premier test reste posé sur le bord du lavabo pendant que je marche entre la porte et la douche.

Lorsque j’ose enfin regarder, deux lignes sont apparues.

Je vérifie le dessin sur la boîte.

Deux lignes signifient enceinte.

J’ouvre immédiatement le deuxième test. Mes doigts déchirent l’emballage de travers. Le résultat est le même.

La salle de bains devient trop petite. Je m’assois sur le sol, les tests alignés devant moi, et recompte les dates sur mon téléphone.

Sacha.

Solène frappe derrière la porte.

— Ouvre-moi.

Je tourne le verrou. Elle entre et s’accroupit devant moi.

— On va prendre rendez-vous. Tu n’as pas besoin de décider maintenant.

Je l’entends, mais je n’arrive pas à répondre. Ma main se pose sur mon ventre. Rien n’a changé. Je ne sens rien.

Je prends mon téléphone et compose le numéro de Sacha.

La voix automatique m’annonce encore qu’il n’est plus attribué.

Je commence à trembler. 

— Il ne me veut pas.

Continúa leyendo este libro gratis
Escanea el código para descargar la App

Último capítulo

  • Le bébé secret de l’héritier interdit   Chapitre 157 — Elle réclame sa mère

    POV de MaëlleDorian se tient dans le couloir, accompagné de deux hommes que je reconnais aussitôt. Ils étaient là quand on m’a pris Mia.Je me lève d’un bond.— Où est ma fille ?— À la clinique. Elle réclame sa mère.J’attrape mon manteau. Bastien veut venir avec moi, mais Dorian lui annonce qu’il devra attendre dans le hall. Mon frère commence à protester. Je lui demande de nous suivre et sors avant que la discussion me fasse perdre une minute de plus.Durant tout le trajet, Dorian reste silencieux. Moi, je pense à Mia seule dans un endroit inconnu, entourée de gens qu’elle n’a jamais vus. J’ai envie de demander si elle a mangé, si elle a dormi, si elle a pleuré toute la nuit. Les questions se bousculent dans ma tête, mais une seule franchit mes lèvres.&mdas

  • Le bébé secret de l’héritier interdit   Chapitre 156 : Ils ont pris Mia

    POV de MaëlleLes portières claquent dans l’allée.Bastien sort de sa chambre pendant que je garde Mia contre moi. Elle remue dans son sommeil lorsque des voix s’élèvent près de l’entrée.— Vous n’irez pas plus loin, dit Bastien.La réponse de Dorian monte jusqu’à l’étage.— Le test est positif. Sacha veut sa fille à Paris.— Ta fille ? Tu l’as entendue, celle-là ? Il ne connaissait même pas son existence il y a deux jours.Je descends quelques marches. Quatre hommes se trouvent derrière Dorian.— Dis à Sacha de m’appeler.Dorian lève les yeux vers moi.— Il ne changera pas d’avis.— Alors Mia reste ici.Bastien referme la porte. L’un des agents la bloque avec son pied, et les quatre hommes entrent

  • Le bébé secret de l’héritier interdit   Chapitre 155 : Le prélèvement

    POV de MaëlleNous sommes rentrées chez mes parents hier soir. Ce matin, je range les dernières affaires de Mia pendant qu’elle prend son petit déjeuner en bas.Depuis qu’Apolline a fait transférer Sacha à Paris, j’appelle son numéro plusieurs fois par jour. La communication n’aboutit jamais. Mes messages restent sans réponse.Je ne sais pas dans quelle clinique il se trouve. Je ne sais même pas si son état s’est amélioré depuis son réveil.Lorsque Dorian apparaît devant la maison, je descends lui ouvrir.— Comment va Sacha ?— Son état est stable.— Je peux aller le voir ?— Non. Il ne veut pas te voir.Il prononce ces mots sans détour, puis désigne la voiture garée derrière lui.— Je suis venu pour autre chose.Une femme en descend avec une mallette médicale. Deux agents de sécurité la suivent jusqu’à la porte.Dorian m’annonce que Sacha exige un nouveau test de paternité.— Il sait déjà que Mia est sa fille.— Il veut le vérifier lui-même.Je prends mon téléphone et rappelle Sacha.

  • Le bébé secret de l’héritier interdit   Chapitre 154 : Les cinq années perdues

    POV de SachaMon père arrive à la clinique avec un avocat.Il ne demande pas comment je vais. Il s’installe dans le fauteuil près de la fenêtre pendant que l’autre homme pose un dossier sur la tablette devant moi.— Le conseil commence à s’inquiéter. Il faut quelqu’un pour assurer la continuité jusqu’à ce que tu sois rétabli.Je parcours la première page. Le texte transfère une partie de mes pouvoirs exécutifs à mon père pour une durée indéterminée.— Non.L’avocat ouvre la bouche. Je referme le dossier.— Sortez.Il regarde mon père, qui finit par lui faire signe de partir.— Tu viens de subir une opération au cerveau, Sacha.— Et tu essaies déjà de récupérer ce qui ne t’appartient plus.Je ne me souviens pas de lui avoir pris le contrôle du groupe. Pourtant, les documents que Dorian m’a apportés ce matin ne laissent aucun doute. Mon nom apparaît partout. Les sociétés qui dépendaient encore de mon père cinq ans plus tôt sont désormais réparties entre plusieurs holdings que je dirige.

  • Le bébé secret de l’héritier interdit   Chapitre 153 : Effacée

    POV de Maëlle— Vous êtes qui ?Je reste penchée vers lui, incapable de répondre tout de suite.Sacha attend. Il paraît épuisé, sa voix sort à peine, mais son regard ne flotte plus. Il m’observe avec l’attention méfiante qu’il réserve aux inconnus.— Maëlle.Son expression ne change pas.— Maëlle Aubert.J’ajoute mon nom comme si cela pouvait faire la différence. Je lui parle de la chapelle, de la structure qui s’est effondrée et de la façon dont il m’a poussée hors de l’estrade. Ses yeux se ferment quelques secondes. Lorsqu’il les rouvre, je n’y trouve toujours rien.— Je ne vous connais pas.Le médecin s’approche du lit et me demande de reculer. Il vérifie les constantes de Sacha avant de lui poser quelques questions simples. Son nom, le lieu où il pense se trouver, la date.Sacha sait qui il est. Il se souvient de New York et d’une réunion prévue avec son père. Lorsqu’il donne l’année, le médecin l’arrête.Il se trompe de cinq ans.— Quel jour sommes-nous ? demande Sacha.Le médeci

  • Le bébé secret de l’héritier interdit   Chapitre 152 : Vous êtes qui ?

    POV de MaëlleÀ l’hôpital, Sacha part directement au bloc.Un médecin m’explique qu’il souffre d’un traumatisme crânien sévère. Le choc a provoqué une hémorragie et la pression augmente trop vite. Ils doivent intervenir immédiatement.Je comprends les mots séparément. Ensemble, ils n’ont aucun sens.— Il va s’en sortir ?Le médecin ne répond pas tout de suite.— On fait tout ce qu’on peut.Puis il disparaît derrière les portes du service.Dorian reste avec moi. Il parle au personnel, passe plusieurs appels et fait évacuer les gens de la chapelle avant même que la police commence à poser des questions. Je l’entends sans vraiment l’écouter.La dernière chose que Sacha m’a demandée, c’est si j’étais blessée.Lui avait déjà du sang sur le visage.Apolline arrive moins d’une heure plus tard. Elle traverse le couloir sans ralentir, encore maquillée pour l’essayage. Ses cheveux sont défaits et elle a remplacé sa robe par un pantalon clair.Elle regarde Dorian, puis les portes fermées du bloc

Más capítulos
Explora y lee buenas novelas gratis
Acceso gratuito a una gran cantidad de buenas novelas en la app GoodNovel. Descarga los libros que te gusten y léelos donde y cuando quieras.
Lee libros gratis en la app
ESCANEA EL CÓDIGO PARA LEER EN LA APP
DMCA.com Protection Status