Se connecterChapitre 53
Lyséa
Le chalet est perché au sommet d'une montagne, là où les nuages frôlent les toits de bois et où le silence est si profond qu'on entend le battement de son propre cœur. Les pins se dressent autour de nous comme des sentinelles, leurs aiguilles vert sombre se découpent sur le ciel gris, et la neige commence à tomber, fine, légère, comme un voile qu
Chapitre 59LyséaLa nuit est une étreinte désespérée, une danse de corps et de souffles, un voyage dans un territoire que je croyais perdu à jamais, un territoire de peaux qui se cherchent, de mains qui explorent des chemins qu'elles connaissent par cœur, de bouches qui se retrouvent dans l'obscurité comme si elles n'avaient jamais été séparées, comme si les deux années de silence et de douleur n'avaient été qu'un mauvais rêve, une parenthèse, une pause dans notre histoire. Le froid qui régnait dans le chalet s'est transformé en une chaleur intense, une chaleur qui émane de nos corps, de nos souffles, de nos cœurs qui battent à l'unisson, une chaleur qui repousse les ombres, qui fait fondre la glace, qui nous réchauffe de l'intérieur.Je sens ses mains sur m
Chapitre 58VaelenLe chalet est plongé dans une pénombre glacée, la lumière blafarde de la neige qui filtre par les fenêtres givrées est la seule lueur qui éclaire la pièce, une lueur froide, bleutée, presque surnaturelle, qui donne à nos visages une pâleur de spectres, de fantômes, de survivants qui se sont trouvés dans l'œil de la tempête.Nous sommes toujours blottis l'un contre l'autre, mes bras autour d'elle, sa tête posée contre ma poitrine, ses doigts entrelacés aux miens, ce contact qui est devenu une évidence, une nécessité, un besoin viscéral qui dépasse toutes les barrières que nous avons érigées, toutes les défenses que nous avons bâties, toutes les blessures que nous avons infligées.
Chapitre 57LyséaLa tempête de neige s'abat sur le chalet comme un rouleau compresseur, comme une vague blanche qui engloutit tout sur son passage. Le vent hurle dehors, sifflant à travers les interstices des fenêtres, faisant gémir les poutres du toit, secouant les murs comme si la montagne elle-même tremblait de peur.La panne de chauffage est arrivée en pleine nuit, sans prévenir, et le chalet s'est transformé en une glacière en quelques heures, les radiateurs qui refroidissaient inexorablement, les vitres qui se couvraient de givre, le froid qui s'infiltrait par les portes, par les fenêtres, par les murs, comme un ennemi silencieux qui avançait pas à pas, inexorablement.Je me suis réveillée grelottant, mes dents qui claquaient, mes membres engourdis par le froid qui s'était glissé
Chapitre 56VaelenLa neige continue de tomber dehors, et le grenier est plongé dans une pénombre blanche qui adoucit les contours, qui atténue les ombres, qui donne à ce moment une qualité presque irréelle, presque suspendue hors du temps.Lyséa est assise devant moi, la lettre de sa mère serrée contre sa poitrine comme un talisman, comme une arme, comme une preuve que tout ce qu'elle croyait savoir de sa vie n'était qu'une illusion.— Raconte-moi tout, dit-elle, sa voix calme, trop calme, comme si elle avait dépassé le stade de l'émotion pour entrer dans une zone plus froide, plus dure, plus déterminée. Tout ce que tu sais. Sans rien cacher.Je prends une profonde inspiration, et je commence.— Il y a trente ans, les Noctryn et les Drakhar étaient des familles rivales, en guerre constante pour le contrôle des routes commerciales, des alliances politiques, des marchés financiers. Leurs conflits ont attiré l'attention du Cartel de l'Est, une organisation criminelle qui a vu dans cette
Chapitre 55LyséaLes archives de ma mère sont rangées dans une vieille malle en bois, au fond du grenier du chalet, là où la poussière danse dans les rayons de lumière qui filtrent par les lucarnes et où l'odeur du vieux papier se mêle à celle de la résine et de la neige qui s'accumule sur le toit. Je les ai découvertes par hasard, en cherchant des couvertures supplémentaires, en fouillant dans ce fatras de souvenirs oubliés, de lettres jaunies, de photos sépia, de secrets que ma mère a emportés dans sa tombe.Je suis assise sur le plancher poussiéreux, la malle ouverte devant moi, et mes doigts parcourent les documents un à un, des lettres d'amour de mon père, des relevés bancaires, des carnets de voyage, des photographies de paysages lointains.Puis je t
Chapitre 54VaelenJe les vois quand elle se penche pour attraper un dossier, les manches de son pull remontent sur ses poignets, et là, sous le tissu de son vêtement, un éclat métallique attire mon regard, un reflet argenté que je connais trop bien, un bijou que je lui ai offert des années auparavant et que je croyais perdu à jamais.Le bracelet ancien.Il est là, enroulé autour de son poignet fragile, ses maillons fins et ouvragés, ses pierres bleues qui scintillent à la lumière de la cheminée. Je l'avais fait réaliser par un artisan de Florence, un orfèvre qui ne travaillait que sur commande, un homme qui passait des mois à créer des pièces uniques, des œuvres d'art portables, des promesses de pierre et de métal.Je l'avais off
Chapitre 19VaelenDeux ans.Deux ans à chercher une ombre.J’ai dépensé des fortunes. J’ai mobilisé des armées d’enquêteurs, de détectives, de génies de l’informatique. J’ai remué ciel et terre, retourné chaque pierre, fouillé chaque piste. Les aéroports, les gares, les ports. Les comptes bancaire
Chapitre 17LyséaLe soleil se lève sur la côte comme une promesse.Je suis devant la maison, assise sur le muret de pierres qui sépare le jardin de la falaise, et je regarde l’horizon s’embraser de rose et d’or. La mer est calme, ce matin, presque lisse, et les goélands tournoient dans le ciel cla
Chapitre 14LyséaL'aube se lève sur Astrévale comme une blessure.Le ciel est bas, chargé de nuages gris, et une pluie fine commence à tomber, silencieuse, obstinée, comme si la ville elle-même pleurait mon départ. Les flèches des tours Drakhar se noient dans la brume, et les jardins du domaine so
Chapitre 12LyséaL'aube n'est pas encore levée quand je commence à faire mes valises.La chambre est plongée dans une pénombre grise, cette couleur indécise qui précède le jour, où les contours des meubles se fondent dans l'obscurité et où les ombres semblent plus épaisses que la matière. Je n'all







