Se connecter« Si j'ai vingt ans et toi trente-deux... à quarante ans tu seras officiellement un ancêtre pour moi. C'est mathématique, vieux père. » Le plan était simple : Un mariage arrangé de deux ans. Pas d'amour, pas de scandale, une cohabitation polie, puis le divorce. Soren Kastell, milliardaire rigide et bourreau de travail, avait tout calculé. Le problème ? Zélia. Sa nouvelle épouse est une catastrophe naturelle. Elle est directe jusqu'à l'insolence, maladroite au point de détruire son mobilier design, et possède une joie de vivre psychiatrique qui fait trembler la holding Kastell. Elle ne veut pas de son argent, elle veut sa tranquillité. Et pour l'obtenir, elle est prête à lui mener une guerre psychologique hilarante. Soren voulait l'ignorer. Il va devoir la subir. Mais à force de disputes nocturnes, de vérités crues balancées sans filtre et de situations totalement absurdes, la glace commence à se fissurer. Sans aucune séduction, par la seule force de son authenticité déjantée, la gamine est en train de rendre le milliardaire complètement fou... de rage, puis fou d'elle.
Voir plusLe soleil se leva, lavant les stigmates de la nuit d'une lumière crue et limpide. À l'étage du manoir Kastell, Zélia prit une longue inspiration avant de s'extirper du lit. Chaque muscle de son corps la rappelait à l'ordre. Lorsqu'elle posa le pied à terre, une vive douleur lui transperça le genou gauche, violacé et gonflé par sa chute de trois mètres. Ses paumes, lacérées par les pointes de fer forgé, la brûlaient cruellement. Pourtant, elle refusa de fléchir. Elle s'approcha du miroir, le visage blême mais le regard d'une froideur impériale. Pas question de montrer la moindre faiblesse. Elle choisit avec soin une robe longue en maille fine, d'un vert émeraude profond, dotée de manches longues qui descendaient jusqu'au poignet, dissimulant ainsi les bandages discrets qu'elle avait appliqués sur ses écorchures. Elle dissimula ses traits tirés sous un maquillage léger mais impeccable, avant de descendre d'un pas lent, mesuré, masquant son léger b
Le silence qui s'abattit sur le domaine après le départ d'Agnès était presque lourd à porter. Le grand portail en fer forgé s'était refermé dans un claquement métallique sec, scellant définitivement la défaite de la gouvernante. Sur le gravier de l'allée, Zadig portait les deux valises massives de Zélia, le visage encore pâle sous l'effet de l'adrénaline. Sa respiration s'était apaisée, mais ses yeux ne quittaient pas sa belle-sœur. — Tu es complètement givrée, tu le sais ça ? murmura-t-il, un demi-sourire incrédule flottant sur ses lèvres malgré la gravité du moment. Si tu t'étais brisé une jambe, Soren t'aurait laissée sur le bitume. Zélia redressa les épaules, ignorant la vive douleur qui lui lançait dans le genou gauche. Ses paumes, écorchées par le fer forgé, piquaient cruellement sous la brise nocturne. Elle frotta ses mains l'une contre l'autre pour en chasser la poussière et la suie. — Mais je ne me suis rien brisé, Zad
Zélia fit quelques pas en arrière, s'éloignant du faisceau des phares de la voiture pour s'enfoncer dans la pénombre qui bordait la haute clôture. Ses yeux, désormais habitués à l'obscurité, inspectèrent méthodiquement la structure. C'était un ouvrage imposant, mêlant muret de pierre et lourds grillages de fer forgé surmontés de pointes acérées. Ses mains glissèrent le long de sa robe, tâtant le tissu, évaluant sa liberté de mouvement.Zadig, qui la suivait comme son ombre, fronça les sourcils en l'observant.— Qu'est-ce que tu fais, Zélia ?— Je réfléchis à comment je vais monter ici, répondit-elle d'une voix si calme qu'elle en paraissait irréelle.Le jeune homme manqua d'en perdre l'équilibre. Ses yeux s'agrandirent de stupeur.— Non... Ne me dis pas que tu vas grimper !— Et oui, c'est ce que je vais faire, répliqua-t-elle en nouant fermement le bas de sa robe pour dégager ses jambes. Si je ne peux pas entrer par la porte, j'entrerai en grimpant.— Non, je t'en supplie, ne fais pa
La nuit était maintenant complètement tombée sur Istanbul, étendant un manteau d'encre sur le domaine des Kastell. La sportive de Zadig s'engagea dans la longue allée obscure, ses phares blancs balayant les grands arbres avant de se figer sur les grilles en fer forgé du grand portail. Le domaine était barricadé. Près de la guérite, sous la faible lueur d’un lampadaire, plusieurs valises massives attendaient à même les pavés.Soren était déjà de retour. À l'étage de la grande bâtisse, sa silhouette se dessinait derrière l'immense baie vitrée éclairée du grand salon, un verre à la main, observant la scène d'en haut.Zadig freina brusquement, faisant crisser les pneus sur le gravier.— Qu'est-ce que c'est que ce délire ? marmonna-t-il en fronçant les sous-sourcils.Zélia ne répondit pas. Son regard s’était figé sur les bagages. Ses yeux s'agrandirent sous le choc en reconnaissant sa grande valise en toile rouge et ses sacs de voyage abandonnés à la fraîcheur nocturne. Une brûlure d'humil






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