تسجيل الدخولChapitre 2
Point de vue de KieranLa forge de Garrick était toujours le même endroit. Un refuge pour ceux qui cherchaient à disparaître. Un lieu où les hommes fatigués pouvaient poser leurs armes quelques heures avant de reprendre leur route. Mais cette nuit-là, quelque chose était différent. Je le sentais. Garrick ne parlait jamais des affaires du royaume sans raison. Il était un homme qui avait appris à garder le silence. Pendant des années, il avait forgé des lames pour des soldats, des nobles et même des hommes dont les noms ne devaient jamais être prononcés. Il savait reconnaître le danger avant qu’il ne frappe. Je pris la chope qu’il avait posée devant moi, mais je ne bus pas.
– Tu sais quelque chose.
Ce n’était pas une question. Garrick me fixa quelques secondes avant de détourner le regard vers le feu de la forge.
– Je sais beaucoup de choses, Kieran.
– Et tu sais aussi que je n’aime pas perdre mon temps.
Un léger sourire apparut sur son visage.
– Voilà pourquoi tu es toujours vivant.
Je restai silencieux.
Avec Garrick, les conversations avaient toujours été des affrontements. Il ne disait jamais tout. Il donnait seulement assez d’informations pour pousser les autres à chercher les réponses. Une habitude agaçante. Mais efficace. Il posa ses mains sur la table.
– Avelis est inquiet.
– Les royaumes sont toujours inquiets.
– Pas comme ça.
Son ton changea.
Plus grave.
Je relevai les yeux vers lui.
– Explique.
Il soupira.
– Depuis trois semaines, les routes sont surveillées. Les messagers royaux voyagent de nuit. Les nobles ferment leurs portes. Certains disent qu’une trahison a frappé la cour.
Je haussai légèrement un sourcil.
– Une trahison ?
– C’est ce que les rumeurs racontent.
Les rumeurs. Des mots dangereux. Les gens parlaient beaucoup quand ils avaient peur. Ils inventaient des monstres pour expliquer ce qu’ils ne comprenaient pas. Je connaissais ce monde. Un royaume pouvait brûler à cause d’une vérité. Mais il pouvait aussi brûler à cause d’un mensonge.
– Et pourquoi cela m’intéresserait ?
Garrick me regarda longuement.
– Parce que quand un royaume cherche quelqu’un capable de retrouver une personne introuvable…
Il s’arrêta.
– Ils ne cherchent pas un soldat.
Je compris immédiatement.
– Ils cherchent un mercenaire.
Il hocha lentement la tête.
Je reposai ma chope.
– Non.
Garrick fronça les sourcils.
– Tu ne sais même pas ce qu’ils veulent.
– Peu importe.
Je me levai.
– Les missions royales apportent toujours des problèmes.
– Les missions normales aussi.
– Les missions royales apportent des problèmes qui portent une couronne.
Un silence tomba dans la forge.
Garrick eut un rire faible.
– Toujours aussi méfiant.
– La méfiance garde en vie.
– Non.
Il me fixa.
– Elle empêche aussi parfois de vivre.
Je ne répondis pas. Ces mots ne m’atteignirent pas. Du moins, c’est ce que je voulais croire. Je récupérai ma cape posée près de la porte.
– J’ai besoin de repos.
– Tu mens très mal.
Je m’arrêtai.
– Pardon ?
Garrick croisa les bras.
– Tu es curieux.
Je laissai échapper un léger souffle.
– Je suis prudent.
– Bien sûr.
Son sourire était presque moqueur.
– Et moi, je suis le roi d’Avelis.
Je l’ignorai.
Mais avant que je puisse sortir, trois coups frappèrent à la porte. Garrick et moi échangeâmes un regard. Personne ne venait ici à cette heure. La forge était connue seulement de quelques personnes. Des personnes de confiance. Garrick attrapa lentement un marteau posé près de l’enclume. Moi, j’avais déjà la main sur mon épée. Trois nouveaux coups résonnèrent. Plus forts. Je m’approchai de la porte.
– Qui est là ?
Un silence.
Puis une voix.
– Je viens au nom du roi Alaric.
Garrick me regarda immédiatement. Son expression venait de changer. Ce n’était plus l’homme qui plaisantait quelques secondes plus tôt. C’était l’ancien soldat qui avait survécu à des guerres dont personne ne parlait. J’ouvris la porte. Un homme vêtu des couleurs royales se tenait sous la pluie. Un parchemin scellé dans la main. Son regard se posa sur moi.
– Kieran Drakkar ?
Je ne répondis pas.
Il prit cela comme un oui.
Il me tendit le parchemin.
– Sa Majesté le roi Alaric demande votre présence à Avelis.
Je regardai le sceau royal. Une couronne noire entourée d’une épée. Rarement une bonne nouvelle.
– Pour quelle raison ?
Le messager hésita.
Une hésitation qui ne m’échappa pas.
– Cela devra être expliqué par le roi lui-même.
Je pris le parchemin sans le briser.
– Si le roi veut me voir, il peut attendre.
Le messager pâlit légèrement. Garrick, derrière moi, ferma les yeux comme s’il savait déjà que j’allais provoquer un désastre.
– Kieran…
Je l’ignorai.
Le messager reprit :
– La récompense proposée est exceptionnelle.
Je fixai l’homme.
– Je ne travaille pas pour l’argent.
Garrick leva un sourcil.
Je tournai la tête vers lui.
– Quoi ?
Il eut un sourire.
– Tu viens de dire ça avec une bourse pleine de pièces accrochée à ta ceinture.
Je ne pris pas la peine de répondre.
Le messager baissa la voix.
– Ce contrat concerne une personne disparue.
Mon regard se posa sur lui.
– Qui ?
Il serra les lèvres. Comme s’il avait reçu l’ordre de ne pas prononcer ce nom.
Puis finalement, il murmura :
– La princesse Serena.
Le feu de la forge crépita derrière moi. Pendant une seconde, personne ne parla. Je ne savais pas encore pourquoi ce nom était devenu une menace pour tout un royaume. Je ne savais pas encore qui était réellement cette princesse. Je savais seulement une chose. Les rois ne dépêchaient pas leurs messagers sous la pluie pour des affaires ordinaires. Je regardai le parchemin dans ma main. Puis le sceau royal.
A suivre
Chapitre 6Point de vue de KieranJe n’ai jamais aimé les histoires simples. Les histoires simples sont souvent des mensonges bien racontés. Un coupable. Une victime. Un héros. Un méchant. Le monde adore ces versions-là parce qu’elles permettent aux gens de dormir tranquillement. Mais après dix ans passés dans l’ombre, j’avais appris une chose. La vérité n’était jamais aussi propre. Elle était toujours tachée de sang. De regrets. Et de secrets.Je chevauchais depuis plusieurs heures en direction des anciennes terres de Valeron lorsque j’aperçus enfin les premières habitations. Un petit village perdu entre les montagnes. À peine une dizaine de maisons. Pas de garde royale. Pas de noble. Pas de personne assez importante pour attirer l’attention du palais. Exactement le genre d’endroit où quelqu’un pouvait disparaître. Je descendis de cheval et attachai l’animal près d’un arbre. Quelques habitants cessèrent leurs activités en me voyant approcher. Je connaissais ce regard. La méfiance. La
Chapitre 5Point de vue du NarrateurLe lendemain matin, Kieran quitta Avelis avant même que les premières cloches de la ville ne résonnent . Il n’aimait pas rester trop longtemps dans un endroit où trop de personnes connaissaient son nom. La discrétion était une arme. Et ces dernières années, elle l’avait maintenu en vie plus souvent qu’une épée. Son cheval avançait calmement sur la route principale qui quittait la capitale. Le contrat royal était rangé dans une poche intérieure de sa veste, mais il n’avait pas besoin de le relire. Il connaissait sa mission.Retrouver Serena Alaric.La ramener à Avelis. Recevoir sa récompense. Simple. Du moins, en apparence. Après plusieurs heures de voyage, Kieran s’arrêta dans un petit village situé à quelques kilomètres de la capitale. Un endroit sans importance sur aucune carte officielle. Mais les petits villages étaient souvent les meilleurs endroits pour obtenir des informations. Les grandes villes étaient remplies de secrets. Les villages, eu
Chapitre 4 Point de vue du NarrateurDans les royaumes, les guerres ne commençaient pas toujours avec des épées. Parfois, elles commençaient avec une accusation. Un murmure dans un couloir. Une lettre disparue. Un secret enterré trop profondément. Et parfois… Elles commençaient avec un mercenaire qui acceptait une mission qu’il aurait dû refuser. Kieran Drakkar avait passé une grande partie de sa vie à éviter les affaires des royaumes. Les rois changeaient. Les alliances disparaissaient. Les promesses étaient brisées. Mais les contrats, eux, restaient simples. Un objectif. Un paiement. Une fin. C’était ainsi qu’il avait survécu. Pourtant, ce contrat était différent. Pas parce qu’il venait d’un roi. Pas parce que la récompense dépassait largement tout ce qu’il avait reçu auparavant. Mais parce que la personne qu’il devait retrouver n’était pas un simple fugitif. C’était la princesse Serena. Une femme que tout le royaume croyait connaître. Une femme dont le nom était désormais associé
Chapitre 3 Point de vue de KieranAvelis n’avait pas changé. La capitale du royaume était toujours aussi imposante. Des murailles immenses entouraient la ville, des bannières royales flottaient au sommet des tours et les rues étaient remplies de marchands, de soldats et de nobles qui se croisaient sans jamais vraiment se regarder.Mais quelque chose était différent.Une tension invisible pesait sur chaque pierre. Les gens parlaient moins fort. Les soldats étaient plus nombreux aux carrefours. Les regards se détournaient rapidement lorsque quelqu’un portait les couleurs du palais. Un royaume qui avait peur devenait un royaume dangereux. Je descendis de mon cheval devant les grandes portes du palais royal. Deux gardes s’approchèrent immédiatement.– Votre nom ?Je les regardai sans descendre ma capuche.– Vous savez déjà qui je suis.Les deux hommes échangèrent un regard. L’un d’eux fit un pas en avant.– Nous devons vérifier votre identité.Je soupirai intérieurement. Les soldats royaux
Chapitre 2 Point de vue de KieranLa forge de Garrick était toujours le même endroit. Un refuge pour ceux qui cherchaient à disparaître. Un lieu où les hommes fatigués pouvaient poser leurs armes quelques heures avant de reprendre leur route. Mais cette nuit-là, quelque chose était différent. Je le sentais. Garrick ne parlait jamais des affaires du royaume sans raison. Il était un homme qui avait appris à garder le silence. Pendant des années, il avait forgé des lames pour des soldats, des nobles et même des hommes dont les noms ne devaient jamais être prononcés. Il savait reconnaître le danger avant qu’il ne frappe. Je pris la chope qu’il avait posée devant moi, mais je ne bus pas.– Tu sais quelque chose.Ce n’était pas une question. Garrick me fixa quelques secondes avant de détourner le regard vers le feu de la forge.– Je sais beaucoup de choses, Kieran.– Et tu sais aussi que je n’aime pas perdre mon temps.Un léger sourire apparut sur son visage.– Voilà pourquoi tu es toujour
Chapitre 1 , Le MercenairePoint de vue de KieranJe n’ai jamais cru aux héros. Les héros meurent pour une cause. Ils sacrifient leur vie pour un royaume, un roi ou une promesse. Moi, je n’appartiens à personne. J’appartiens seulement à mes contrats. Depuis plus de dix ans, je vends mon épée au plus offrant. Certains me traitent d’assassin, d’autres de mercenaire. Je n’ai jamais cherché à leur donner raison ou tort. Je fais ce que je sais faire. Je tue. La pluie tombait sans relâche sur les falaises de Drekar. Les gouttes glissaient le long de ma cape noire tandis que j’observais le manoir dressé au sommet de la colline. Une dizaine de gardes. Deux archers sur les tours. Quatre hommes patrouillaient dans la cour. Les autres étaient probablement à l’intérieur. Un sourire presque imperceptible étira mes lèvres. Ils étaient trop confiants.Je descendis silencieusement de mon cheval avant de lui caresser l’encolure.– Attends-moi ici.L’animal souffla doucement, comme s’il comprenait chac







