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Chapitre 3

Auteur: King Djo
last update Date de publication: 2026-08-01 00:05:10

Chapitre 3 

Point de vue de Kieran

Avelis n’avait pas changé. La capitale du royaume était toujours aussi imposante. Des murailles immenses entouraient la ville, des bannières royales flottaient au sommet des tours et les rues étaient remplies de marchands, de soldats et de nobles qui se croisaient sans jamais vraiment se regarder.Mais quelque chose était différent.Une tension invisible pesait sur chaque pierre. Les gens parlaient moins fort. Les soldats étaient plus nombreux aux carrefours. Les regards se détournaient rapidement lorsque quelqu’un portait les couleurs du palais. Un royaume qui avait peur devenait un royaume dangereux. Je descendis de mon cheval devant les grandes portes du palais royal. Deux gardes s’approchèrent immédiatement.

– Votre nom ?

Je les regardai sans descendre ma capuche.

– Vous savez déjà qui je suis.

Les deux hommes échangèrent un regard. L’un d’eux fit un pas en avant.

– Nous devons vérifier votre identité.

Je soupirai intérieurement. Les soldats royaux avaient toujours cette impression étrange que leurs armures les rendaient invincibles. Je retirai lentement mon gant et leur montrai le sceau que le messager m’avait donné. Le changement fut immédiat.

Ils se redressèrent.

– Pardonnez-nous, messire Drakkar.

Je n’aimais pas cette façon dont les gens changeaient d’attitude lorsqu’ils apprenaient mon nom. La peur était une arme. Mais une arme qui finissait toujours par se retourner contre celui qui la portait.

Je récupérai mon sceau.

– Où est le roi ?

– Dans la salle du conseil.

Je traversai les couloirs du palais. Chaque pas résonnait sur le marbre blanc. Contrairement aux maisons des nobles que j’avais infiltrées auparavant, le palais d’Avelis ne cherchait pas à cacher sa richesse. Il voulait qu’on la voie. Des statues. Des peintures. Des armes exposées sur les murs. Tout rappelait une chose : Le pouvoir appartenait à ceux qui avaient assez de force pour le conserver.

Lorsque j’arrivai devant la salle du conseil, deux gardes ouvrirent les portes. Le roi Alaric était debout devant une immense carte du royaume. Il n’était pas aussi vieux que je l’avais imaginé. Les rumeurs avaient fait de lui un homme faible, presque mourant. Elles avaient tort. Son regard était celui d’un homme habitué à commander. À côté de lui se trouvait un homme vêtu d’une armure sombre. Je reconnus immédiatement les couleurs. La Garde des Corbeaux. La force spéciale du royaume. Le roi leva les yeux vers moi.

– Kieran Drakkar.

Je m’inclinai légèrement. Pas par respect. Par habitude.

– Votre Majesté.

Son regard parcourut mon visage.

– On dit beaucoup de choses sur vous.

– Les gens parlent trop.

Un léger sourire apparut sur ses lèvres.

– Certains disent que vous êtes l’homme le plus dangereux du continent.

Je restai silencieux.

– D’autres disent que vous êtes un monstre.

– Les monstres ont moins de règles que moi.

Le silence tomba dans la salle.

L’homme de la Garde des Corbeaux me fixa avec méfiance.

Le roi, lui, semblait amusé.

– Voilà exactement pourquoi je vous ai choisi.

Je ne répondis pas.

– Vous ne servez aucun seigneur. Vous n’avez aucune loyauté envers une famille noble. Vous ne cherchez ni gloire ni reconnaissance.

Il s’approcha lentement.

– Vous faites simplement votre travail.

– Cela dépend du travail.

Le roi hocha la tête.

– Bien.

Il posa une main sur la table.

– Alors parlons du contrat.

Je regardai la carte devant lui.

Une partie du royaume était entourée de marques rouges. Des villages. Des routes. Des frontières. Quelque chose se préparait.

– Quel est mon objectif ?

Le roi resta silencieux quelques secondes.

Puis il prononça un nom.

– Serena.

Je ne bougeai pas.

Mais je remarquai le changement dans l’atmosphère.

Ce nom avait un poids.

– La princesse Serena.

Le roi serra la mâchoire.

– Ma fille.

Je compris alors.

Ce n’était pas seulement une mission.

C’était une affaire personnelle.

– Qu’a-t-elle fait ?

Le roi détourna le regard.

Un détail qui ne m’échappa pas.

– Elle a trahi la couronne.

Je restai immobile.

– Une accusation grave.

– Elle a volé des documents appartenant au royaume. Elle a disparu avant son arrestation.

– Et vous voulez que je la retrouve.

– Oui.

Le roi s’approcha d’une table où reposait une bourse.

Puis une deuxième. Puis une troisième. Je regardai les pièces d’or. Même pour un roi, la somme était excessive.

– Voilà votre récompense.

Je ne touchai pas l’argent.

– Pourquoi payer autant pour une seule personne ?

Le roi ne répondit pas immédiatement. Encore une hésitation. Encore un secret.

– Parce que ma fille est dangereuse.

Je regardai l’homme devant moi. Un père parlant de son enfant comme d’un ennemi. C’était inhabituel.

– Vivante ou morte ?

Le silence qui suivit fut plus lourd que toutes les réponses.

Le roi finit par parler.

– Vivante.

Je hochai légèrement la tête.

Puis une voix froide intervint derrière moi.

– Faites attention, Drakkar.

Je me tournai vers l’homme de la Garde des Corbeaux.

– Elle sait manipuler les gens.

Son regard était dur.

– La princesse Serena n’est pas la victime que certains veulent croire.

Je l’observai.

– Votre nom ?

– Lucien Varros.

Je mémorisai ce nom.

Les hommes qui parlaient trop étaient souvent ceux qui avaient quelque chose à cacher.

Lucien soutint mon regard.

– Vous feriez mieux de comprendre une chose.

Il s’approcha légèrement.

– La princesse que vous cherchez n’est plus celle que le royaume connaissait.

Je ne répondis pas. Je pris finalement la bourse posée sur la table.

Le roi sembla satisfait.

– Vous acceptez donc ?

Je regardai une dernière fois la carte.

Puis le sceau royal.

– Je vais la retrouver.

Lucien eut un sourire discret.

– Et quand vous la trouverez ?

Je le fixai.

– Ce sera mon problème.

Je quittai la salle du conseil sans ajouter un mot. Mais alors que les portes se refermaient derrière moi, une pensée traversa mon esprit. Je connaissais les criminels. Je connaissais les traîtres. Je connaissais les menteurs.Mais une chose m’intriguait.

Pourquoi avais-je l’impression que dans cette histoire…

Quelqu’un mentait au roi ?

À suivre 

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