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Chapitre 2 : La Robe de Mariée

Auteur: Mr penny
last update Date de publication: 2026-06-29 09:43:45

« Non. » Le mot sortit avant que je puisse l’arrêter. Ma voix se brisa, mais je le répétai, plus fort. « Non. Je ne le ferai pas. C’est de la folie, Victor. Tu ne peux pas m’obliger à faire ça. »

Le sourire de Victor disparut. Ses yeux se plissèrent en deux fentes étroites. « Surveille ton langage, gamin. »

Je reculai, secouant la tête si fort que ma vision se brouilla. « Trouve quelqu’un d’autre. Engage une actrice. Paie une de ces filles qui te doivent de l’argent. Mais pas moi. Je ne suis pas elle. Je ne peux pas être une mariée ! »

Il bougea plus vite que je ne m’y attendais. Sa main s’abattit sur mon visage avec une gifle sèche qui m’envoya trébucher contre la commode. La douleur explosa sur ma joue.

« Tu crois que c’est un jeu ? » grogna-t-il en attrapant le devant de ma chemise. « Je dois tout aux Devereux. Si ce mariage tombe à l’eau, ils me détruiront. Et je m’assurerai que toi et ta précieuse sœur couliez avec moi. »

Je le repoussai au niveau de la poitrine, respirant difficilement. « Elle est partie ! Laisse-la être heureuse pour une fois. Nos parents détesteraient ce que tu nous fais ! »

Victor éclata de rire, me repoussant contre le mur et m’y clouant avec une force surprenante.

« Tout ce que tu as vient de moi. Je contrôle tout. Le téléphone de ta sœur ? Je le trace. Le nom de son petit ami ? Je le connais déjà. Tu n’as rien sans moi. Rien. »

Des larmes brûlaient dans mes yeux, mais je refusai de les laisser couler. Pas devant lui.

Il se pencha plus près. « Si tu ne vas pas jusqu’au bout de ce mariage tout de suite… je retrouverai ta sœur. Je la ramènerai en la traînant par les cheveux en hurlant. Et ensuite je la remettrai personnellement à Adrien Devereux de mes propres mains. Peut-être qu’il sera plus gentil avec elle après s’être occupé de toi d’abord. Qui sait ? »

La combativité me quitta instantanément.

Mes jambes se dérobèrent. Je glissai le long du mur, fixant la robe de mariée froissée sur le sol. La menace flottait dans l’air. Il le ferait. Je connaissais suffisamment Victor pour savoir qu’il ne bluffait pas.

Je levai les yeux vers lui, la voix à peine plus forte qu’un murmure. « Promets-moi que tu la laisseras tranquille. Si je fais ça… promets que tu ne la poursuivras pas. »

Le visage de Victor s’adoucit en quelque chose qui ressemblait presque à de la gentillesse. Un masque. « Je le jure, » dit-il d’une voix fluide. « Tu fais ta part, et j’oublierai complètement ta sœur. Elle pourra s’enfuir avec son petit copain et vivre heureuse pour toujours, pour ce que j’en ai à faire. »

Il mentait. Je le voyais dans ses yeux. Mais quel choix avais-je ? S’il y avait la moindre petite chance qu’Éliane reste libre, je devais la saisir.

Je hochai lentement la tête. « D’accord. »

Victor sourit à nouveau et tapota ma joue douloureuse comme si j’étais un bon chien. « Intelligent, ce garçon. Maintenant habille-toi. Tu as quinze minutes. »

Il quitta la pièce en verrouillant la porte derrière lui.

Seul, je ramassai la robe de mariée avec des mains tremblantes. J’enlevai mes vêtements et y entrai. La fermeture éclair était difficile à atteindre. Je tordis mes bras derrière mon dos, me battant avec jusqu’à ce que mes épaules me fassent mal. Quand elle se ferma enfin, la robe épousait mon corps trop parfaitement. Éliane et moi avions toujours eu la même taille. La même taille fine. La même hauteur. La robe me donnait l’air… doux. Délicat. Féminin.

Je la détestais.

Vint ensuite les chaussures. Des talons blancs qui me pincèrent immédiatement les orteils. Je m’entraînai à marcher avec, titubant à travers la petite pièce. Chaque pas me rappelait que j’entrais dans la vie de quelqu’un d’autre.

Le voile fut le pire. Je l’accrochai dans mes cheveux avec des doigts maladroits, le tissu transparent tombant sur mon visage comme une cage.

Je m’assis devant la petite coiffeuse et appliquai le maquillage du mieux que je pus. Du fond de teint pour cacher la marque rouge laissée par la gifle de Victor. Plus de mascara.

Quand je me levai enfin et me regardai dans le miroir, mon souffle se bloqua. Je reconnaissais à peine la personne qui me fixait.

Une mariée. Mais c’était toujours moi en dessous. Élian Beaumont. Pas Éliane.

Je touchai le miroir avec des doigts tremblants. « Qu’est-ce que je suis en train de faire ? » murmurai-je. « S’il te plaît… fais que ça marche. »

Un coup sec à la porte me fit sursauter.

« Le temps est écoulé, » appela Victor. « Allons-y. »

Il me ramena au domaine en silence. Mon cœur s’emballait un peu plus à chaque mètre qui nous rapprochait. Victor agrippa mon bras fermement en m’aidant à sortir, s’assurant que je ne trébuche pas avec les talons. Des journalistes criaient des questions derrière les barrières, mais le voile cachait mon visage.

Nous nous arrêtâmes juste devant les portes de la salle de cérémonie. J’entendais des centaines de voix murmurer de l’autre côté.

Victor se pencha à mon oreille. « Souris. Aie l’air heureuse. Sinon… »

Les portes s’ouvrirent.

Des milliers de regards se tournèrent vers moi en même temps. Au bout de l’allée se tenait Adrien Devereux.

Il était plus grand que je ne m’y attendais. De larges épaules dans un costume parfait. Cheveux sombres. Mâchoire anguleuse. Son visage était beau d’une manière froide et distante. Mais ses yeux… ils étaient vides. Il me regardait comme si j’étais juste une autre transaction commerciale.

Pendant une seconde terrifiante, nos regards se croisèrent à travers le voile. Qu’est-ce que j’ai fait ?

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