Mag-log inChapitre 3
Point de vue du Narrateur
Les lourdes portes vitrées se refermèrent derrière Sélène et Mireia. À mesure qu’elles rejoignaient la salle de réception, l’atmosphère changeait. Quelques minutes plus tôt, les conversations remplissaient encore la pièce. Désormais, elles n’étaient plus que des murmures.
Les regards étaient tous dirigés vers l’entrée principale.
Sélène fronça légèrement les sourcils.
– Qu’est-ce qui se passe ?
Mireia secoua doucement la tête.
– Je l’ignore.
Luciano, qui discutait quelques instants plus tôt avec plusieurs investisseurs, venait d’interrompre sa conversation. Son visage était impassible, mais ceux qui le connaissaient remarqueraient immédiatement la légère crispation de sa mâchoire. Un détail presque invisible. Pourtant, il révélait une certaine tension. Le majordome s’avança jusqu’à l’imposante porte en bois massif. Il l’ouvrit. Une silhouette apparut. Grand. Un costume noir parfaitement ajusté. Ses chaussures résonnaient sur le marbre dans un silence presque religieux. Derrière lui marchaient deux hommes. L’un portait une oreillette discrète et observait chaque recoin de la pièce avec une vigilance militaire.
L’autre tenait une tablette électronique à la main, notant silencieusement tout ce qui semblait important.
L’inconnu s’arrêta au centre de la salle. Son regard balaya l’assemblée. Calme. Froid. Maîtrisé. Il n’avait pas besoin de parler pour imposer sa présence.
Plusieurs invités échangèrent des regards.
– C’est lui…
– Je ne pensais pas qu’il viendrait.
– Luciano a vraiment réussi à l’inviter…
Les murmures se répandirent comme une traînée de poudre. Selene observa la scène avec curiosité. Elle ne reconnaissait pas cet homme.Et pourtant…Tous semblaient le connaître. Luciano s’avança finalement vers lui. Les deux hommes se serrèrent la main. Une poignée ferme. Mesurée. Aucun sourire.
– Je suis heureux que vous ayez accepté mon invitation, monsieur Devereaux.
L’homme inclina légèrement la tête.
– Merci de m’avoir convié.
Sa voix était grave. Posée. Il parlait lentement, comme s’il pesait chacun de ses mots. Luciano fit un geste en direction des invités.
– Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue.
– Votre réception est remarquable.
– J’espère qu’elle sera à la hauteur de vos attentes.
– Les attentes sont faites pour être dépassées.
Quelques personnes laissèrent échapper un sourire nerveux. Cet homme dégageait une assurance presque déstabilisante. Sélène leva discrètement un sourcil.
– Devereaux…
Murmura-t-elle pour elle-même.
Ce nom lui était familier. Elle l’avait déjà vu dans plusieurs magazines économiques. Des acquisitions. Des investissements. Des entreprises rachetées. Un empire financier qui s’étendait bien au-delà de l’Espagne. Alors… C’était donc lui. Ezra Devereaux. Elle l’observa quelques secondes. Contrairement aux autres hommes présents, il ne cherchait pas à impressionner. Il semblait même indifférent à l’attention qu’il suscitait. Comme si être au centre de tous les regards faisait simplement partie de son quotidien. Tiago Salazar, son chef de la sécurité, restait légèrement en retrait. Ses yeux parcouraient sans relâche la salle. Personne ne lui échappait. Pas même Sélène. Cette dernière sentit brièvement son regard se poser sur elle. Puis il reprit aussitôt son inspection. Luciano invita Ezra à rejoindre le reste des convives. Plusieurs chefs d’entreprise s’empressèrent de venir le saluer. Tous cherchaient à attirer son attention.
Tous… sauf une personne.
Sélène. Elle détourna le regard avec une indifférence presque provocante.
– Tu ne vas pas lui dire bonsoir ? demanda Elio en la rejoignant discrètement.
– Pourquoi ?
– Parce que tout le monde le fait.
– Justement.
Elio esquissa un sourire.
– Tu es incroyable.
– Non.
Elle reposa sa coupe sur le plateau d’un serveur.
– Je refuse simplement de courir derrière quelqu’un sous prétexte qu’il est puissant.
Au même instant…
Comme s’il avait senti qu’on parlait de lui, Ezra tourna lentement la tête. Son regard traversa la salle. Il croisa celui de Sélène. Une seconde. Pas davantage. Aucun sourire. Aucun signe de tête. Aucune émotion. Puis chacun détourna les yeux. Ils venaient de se voir pour la première fois. Sans échanger un mot. Sans savoir que cette rencontre silencieuse était le premier mouvement d’une partie dont aucun des deux n’accepterait de perdre.
Chapitre 7Le siège du groupe Valtieri dominait l’une des avenues les plus prestigieuses de Madrid. À huit heures précises, les employés étaient déjà à leur poste. Les ascenseurs montaient et descendaient sans interruption, tandis que les téléphones sonnaient à un rythme soutenu. Sélène traversa le hall d’entrée d’un pas assuré.Tous ceux qu’elle croisait la saluaient avec respect.– Bonjour, mademoiselle Valtieri.– Bonjour.– Bonne journée, mademoiselle.– Merci, à vous aussi.Elle n’avait jamais apprécié qu’on la traite comme « la fille du patron ». Elle voulait que les employés la respectent pour son travail, pas pour son nom. En entrant dans son bureau, elle retira sa veste et la déposa sur le dossier de son fauteuil.Son assistante, Clara Fuentes, frappa à la porte.– Vous avez quelques minutes ?– Entrez.Clara posa une tablette électronique sur le bureau.– Voici votre programme de la journée.Sélène parcourut rapidement l’écran.– La réunion avec l’équipe juridique est mainte
Chapitre 6Le lendemain matin. Madrid s’éveillait lentement sous un ciel clair. Au sommet d’une tour de verre dominant le quartier financier, le siège du groupe Devereaux reprenait vie. Les ascenseurs ne désemplissaient pas, les employés se hâtaient d’un étage à l’autre, chacun absorbé par son travail. Au dernier étage, derrière une immense baie vitrée offrant une vue sur la capitale, Ezra Devereaux parcourait un dossier. Il ne lisait jamais en diagonale. Chaque ligne. Chaque chiffre. Chaque clause. Tout passait sous son regard.On frappa deux fois à la porte.– Entrez.Tiago pénétra dans le bureau, une tablette à la main.– Votre réunion avec le conseil est prévue dans trente minutes.– Je sais.– Le cabinet Ortega attend également votre validation concernant l’acquisition du groupe Álvarez.– Ils l’auront avant midi.Tiago hocha la tête.– Et monsieur Octavian Devereaux souhaite vous voir cet après-midi.Ezra releva enfin les yeux.– Pour quelle raison ?– Il ne l’a pas précisée.–
Chapitre 5Les réceptions mondaines avaient toutes le même goût. Celui de l’hypocrisie. Ezra tenait son verre de whisky entre ses doigts sans y avoir touché depuis son arrivée. Les conversations se succédaient autour de lui, mais elles se ressemblaient toutes.– Monsieur Devereaux, ce serait un honneur de collaborer avec votre groupe.– Nous pourrions organiser un déjeuner la semaine prochaine.– J’aimerais vous présenter mon fils. Il admire énormément votre parcours.Il répondait avec la même politesse distante.– Nous verrons cela.– Merci.– Bonne soirée.Pas un mot de plus. Pas un sourire inutile. Il n’en avait jamais eu besoin pour imposer le respect. À quelques pas de lui, Tiago Salazar gardait sa position habituelle, les mains croisées devant lui. Son regard ne cessait de parcourir la salle.Ezra fit tourner lentement le liquide ambré dans son verre.– Tu as remarqué quelque chose ?Tiago comprit immédiatement qu’il ne parlait pas de la sécurité.– La fille de Luciano Valtieri.
Chapitre 4Point de vue du narrateur Le regard de cet homme ne dura qu’une seconde. Une seule. Pourtant, il avait réussi à figer le temps. Sélène détourna les yeux la première. Non pas parce qu’elle était intimidée. Parce qu’elle refusait de participer à ce jeu silencieux auquel tant de personnes semblaient déjà avoir succombé. Autour d’elle, les conversations reprenaient peu à peu. Les invités se pressaient autour d’Ezra Devereaux comme si sa simple présence pouvait changer le cours de leurs affaires. Des rires éclataient. Des cartes de visite s’échangeaient. Des promesses étaient faites. Elle leva discrètement les yeux au ciel.– C’est fascinant.Elio, qui venait de récupérer une coupe de champagne, tourna la tête vers elle.– Quoi donc ?– Regarde-les.– Qui ?– Tous ces gens.Il suivit son regard.Ezra discutait avec un groupe d’investisseurs. Chacun semblait vouloir monopoliser son attention.– Ils se battent presque pour lui parler.– C’est normal.– Pourquoi ?– Parce qu’il e
Chapitre 3Point de vue du NarrateurLes lourdes portes vitrées se refermèrent derrière Sélène et Mireia. À mesure qu’elles rejoignaient la salle de réception, l’atmosphère changeait. Quelques minutes plus tôt, les conversations remplissaient encore la pièce. Désormais, elles n’étaient plus que des murmures.Les regards étaient tous dirigés vers l’entrée principale.Sélène fronça légèrement les sourcils.– Qu’est-ce qui se passe ?Mireia secoua doucement la tête.– Je l’ignore.Luciano, qui discutait quelques instants plus tôt avec plusieurs investisseurs, venait d’interrompre sa conversation. Son visage était impassible, mais ceux qui le connaissaient remarqueraient immédiatement la légère crispation de sa mâchoire. Un détail presque invisible. Pourtant, il révélait une certaine tension. Le majordome s’avança jusqu’à l’imposante porte en bois massif. Il l’ouvrit. Une silhouette apparut. Grand. Un costume noir parfaitement ajusté. Ses chaussures résonnaient sur le marbre dans un silen
Chapitre 2 Point de vue du NarrateurLa résidence Valtieri brillait de mille feux. Les lustres en cristal illuminaient la vaste salle de réception, où les conversations se mêlaient au son d’un quatuor à cordes. Les domestiques circulaient entre les invités avec des plateaux d’argent, tandis que les verres de champagne se remplissaient sans jamais rester vides. Cette soirée n’était pas un simple gala. C’était un échiquier. Chaque poignée de main représentait une alliance. Chaque sourire pouvait cacher une négociation. Chaque regard avait une intention.Luciano Valtieri évoluait au milieu de ses invités avec l’assurance d’un homme qui avait bâti son empire sans jamais laisser la place au hasard. À quelques mètres de lui, Mireia accueillait les nouveaux arrivants avec son élégance habituelle. Sélène, quant à elle, se tenait près d’une immense baie vitrée, une coupe de champagne à la main. Elle n’y avait toujours pas touché. Son regard parcourait lentement la salle. Elle reconnaissait la







