Mag-log inC’était Laurent qui appelait.Adèle a décroché.Elle avait eu le cœur serré pendant tout ce temps, la gorge nouée. Ainsi, quand elle a ouvert la bouche, sa voix tremblait légèrement.Laurent a immédiatement senti que quelque chose n’allait pas.« Qu’est-ce qui se passe ? Il y a un problème ? »« Non… rien. » Adèle s’est reprise précipitamment.Impossible de lui avouer que le baiser qu’elle venait d’échanger avec Éric lui avait retourné le cœur.Heureusement, Laurent n’a pas insisté. Il a entendu sa réponse et est passé directement au sujet.La première livraison de produits pour L.L Technologies était prête et avait été remise au client. L.L était satisfait de la qualité, mais trouvait les délais de fabrication trop longs et souhaitait qu’UME accélère la cadence.En creusant la question, Laurent avait trouvé que la cause profonde était simple — l’usine venait d’être mise en service, les effectifs étaient insuffisants et le planning mal organisé. Il fallait envoyer des renforts
Elle ne voulait plus perdre son temps dans une histoire qui n’aboutirait à rien. Elle avait mieux à faire.Faire grandir UME, par exemple.Se construire un avenir plus éclatant.Et puis…Elle a tourné la tête vers Éric.Cet homme avait risqué sa vie pour la sauver. Plus tard, pour elle, il s’était brouillé définitivement avec Mathieu et avait failli se retrouver lui-même en danger. Même en mettant les sentiments de côté, il restait son sauveur.Éric a croisé son regard. Au lieu de détourner les yeux, il lui a souri.Les joues d’Adèle ont aussitôt chauffé. Elle a détourné la tête et a lancé le premier sujet qui lui passait par l’esprit : « Le médecin n’avait pas dit que tu pourrais bientôt sortir ? Pourquoi on t’a remis une perfusion ? Tu ne te sens pas bien ? »Elle trouvait qu’il avait mauvaise mine.Éric a baissé les yeux vers sa main, où l’aiguille était encore plantée : « Sans doute pour renforcer le traitement et éviter une rechute. Cela dit… moi aussi, je trouve ça assez
Les sanglots de Céline ont résonné derrière lui.Mais cette fois, Étienne ne s’est pas retourné.Le ciel s’était encore assombri, comme s’il pesait lui aussi sur sa poitrine. Il avait l’impression qu’une main invisible lui serrait le cœur, au point de lui couper le souffle.Toutes ces années, rongé par la culpabilité, il avait tout donné à Céline. Il avait voulu la dédommager, la protéger, lui offrir presque tout ce qu’il possédait.Et pour cela, il avait réservé toute sa cruauté à Adèle.Le soir de leur mariage, il l’avait abandonnée, la laissant devenir la risée de toute la ville. Après cela, il n’avait cessé de lui rendre la vie difficile.Il avait cru réparer une injustice. Il avait cru rendre à Céline ce qu’on lui avait pris.Mais en réalité ?Tout cela faisait partie du plan de Céline depuis le début.Ridicule.Ridicule à en mourir.Un grondement de tonnerre a déchiré le ciel.La pluie s’est abattue d’un coup, violente et dure, comme si le ciel s’ouvrait au-dessus de
À l’époque, ils avaient rompu sous la pression de la mère d’Adèle. Tout le monde avait cru que Céline avait été contrainte de partir à l’étranger, qu’elle n’avait pas eu le choix.Mais aujourd’hui ?La vérité se dressait devant lui, nue, implacable.Céline avait accepté de rompre avec lui. Pire encore, elle avait reçu une somme considérable de la mère d’Adèle avant de quitter le pays.Alors toutes ces années passées à se venger d’Adèle… qu’est-ce que c’était ?Ses mains tremblaient. Ses yeux étaient injectés de sang. Étienne faisait de son mieux pour contenir le tumulte qui lui ravageait la poitrine.Céline, elle, était d’un calme presque déroutant : « Parce que je t’aimais. Je ne voulais pas te perdre. »« Alors pourquoi tu as accepté ? »« Parce que j’avais besoin de cette chance. Celle qui pouvait changer ma vie. »Elle a levé les yeux vers lui, sans détourner le regard.« Je voulais être ton égale. Pas subir ces regards toute ma vie, comme si j’étais une Cendrillon qu’on
Flavie restait là, le regard vide, encore sous le choc. Visiblement, ce qu’elle venait d’entendre l’avait frappée tout aussi durement que ce qui s’était passé un peu plus tôt.À sa réaction, Adèle a compris qu’elle avait fini par saisir.Au départ, elle n’avait pas l’intention de lui mettre tout cela sous les yeux. Que Flavie admire Céline, après tout, c’était son affaire. Adèle ne comptait pas s’en mêler. Elle, tout ce qu’elle voulait, c’était régler ses comptes avec Céline jusqu’au bout.Mais après avoir vu Flavie s’interposer devant Virginie pour défendre Céline, elle avait compris une chose : tant que Flavie continuerait à se faire des illusions, elle finirait forcément par leur attirer d’autres ennuis.« Même si elle ne l’a pas fait exprès, elle savait très bien que tu risquais d’en payer le prix. Elle t’a laissée foncer droit dans le piège. »« Si elle est capable de rester indifférente à ce qui t’arrive, alors avec moi, elle ne fera aucun cadeau. »« Alors tu connais ma ré
La veille au soir, elle avait réfléchi pendant longtemps et avait fini par admettre qu’Adèle n’était pas si mauvaise.Au moins, si c’est elle qu’on avait maltraitée ainsi, elle n’aurait pas supporté.Et pourtant, celle qui avait maltraitée Adèle le plus cruellement chez les Dupont, c’était elle.Quand Flavie était dans cet embarras, elle a vu Adèle s’avancer vers elle.Elle a aussitôt redressé les épaules, prête à dire quelque chose, mais Adèle a pris les devants : « Tu te souviens du soir, il y a quelques mois, où tu avais été droguée et tu m’avais appelée en pleine nuit ? »En entendant ça, Flavie a eu un moment de surprise, puis une colère mêlée de honte l’a envahie. « Qu’est-ce que tu veux dire par ça, tu me menaces avec ça ? »« Ne crois pas que je n’ai pas de preuves sur ce que tu as manigancé… »Sans la laisser finir, Adèle a sorti un dossier et le lui a tendu.« Lis ça d’abord. »« On parlera après. »Flavie l’a pris avec une méfiance visible. Au fur et à mesure qu’el







