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Chapitre 4

last update Petsa ng paglalathala: 2026-04-29 06:50:33

Chapitre 4

Zelmira

Ma mère est assise dans le salon, près de la fenêtre ouverte, un livre à la main qu'elle ne lit pas. Je le sais parce qu'elle tourne les pages trop vite, machinalement, le regard perdu dans le jardin. Quand j'entre dans la pièce, elle sursaute presque, comme prise en faute.

— Tu devrais te reposer, dis-je doucement. Demain sera une longue journée.

— Je n'arrive pas à lire, avoue-t-elle en refermant le livre. Trop de pensées. Trop d'émotions.

Elle tapote le coussin à côté d'elle sur le canapé. Je m'assieds, prends sa main, la serre doucement. Les mains de ma mère sont douces et ridées, des mains de professeure qui ont passé des années à écrire au tableau, à feuilleter des livres, à corriger des copies.

— Tu es heureuse, Zelmira ? demande-t-elle soudain, d'une voix qui se veut légère mais qui ne l'est pas.

— Bien sûr, maman. Pourquoi cette question ?

Elle hésite. Ses doigts jouent avec le fermoir de son bracelet, un bracelet en or que mon père lui a offert pour leur vingtième anniversaire de mariage. Je connais ce geste. C'est le geste qu'elle fait quand elle va dire quelque chose qui ne me plaira pas.

— J'ai vu Stefano, hier, dit-elle enfin. Il était... ailleurs. Distant. Comme s'il pensait à autre chose.

— Tout le monde est nerveux la veille d'un mariage.

— Ce n'était pas de la nervosité. C'était autre chose.

Ma mère se tourne vers moi et plante ses yeux dans les miens. Ses yeux sont gris, doux et perçants à la fois, des yeux qui ne jugent pas mais qui voient tout.

— Je ne veux pas te faire de peine, Zelmira. Mais je dois te demander... es-tu sûre de lui ?

— Sûre comment ?

— Sûre qu'il t'aime. Sûre qu'il te sera fidèle. Sûre que ce mariage est ce qu'il veut vraiment.

Je retire ma main de la sienne, plus brusquement que je ne le voudrais. Une bouffée de colère monte dans ma poitrine, inattendue et brûlante.

— Pourquoi dis-tu cela ? Pourquoi maintenant, la veille du mariage ?

— Parce que je suis ta mère. Parce que je t'aime. Et parce que j'ai vu des choses qui m'inquiètent.

— Quelles choses ?

Nouvelle hésitation. Nouveau geste vers le bracelet.

— Des regards. Des silences. Des absences auxquelles il ne donne pas d'explication. Et puis... il est toujours avec Bianca.

Je me lève, incapable de rester assise. Le nom de Bianca dans la bouche de ma mère me glace le sang.

— Bianca est ma demoiselle d'honneur. Elle aide aux préparatifs. C'est normal qu'ils se voient souvent.

— Peut-être. Mais je te demande de réfléchir. Juste réfléchir. As-tu déjà senti que Stefano te cachait quelque chose ? As-tu déjà eu un doute, même minuscule, sur sa sincérité ?

Je pense au message sur le téléphone. Au silence quand je suis entrée dans la pièce. Aux regards furtifs que j'ai surpris, que j'ai refusé d'analyser.

Mais je ne veux pas y penser. Je ne peux pas y penser. Pas aujourd'hui. Pas maintenant.

— Je te trouve injuste, dis-je d'une voix froide. Stefano m'aime. Il va m'épouser. Et au lieu de te réjouir pour moi, tu sèmes le doute. C'est de la jalousie, maman ? Parce que je pars, parce que je vais fonder ma propre famille ?

Le visage de ma mère se ferme. Elle ne répond pas. Elle se lève à son tour, pose une main légère sur mon épaule, et quitte la pièce sans un mot de plus.

Je reste debout au milieu du salon, le cœur battant, les joues en feu. Les mots que j'ai prononcés résonnent dans ma tête, lourds de reproche et d'ingratitude. Je sais que ma mère m'aime. Je sais qu'elle veut mon bien. Mais je ne peux pas entendre ce qu'elle a à dire. Pas aujourd'hui. Pas la veille de mon mariage.

Pourtant, malgré ma colère, ses paroles continuent de tourner dans mon esprit. Des regards. Des silences. Des absences inexpliquées.

Et toujours, toujours ce nom : Bianca.

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