LOGINLe secret de Portofino Après avoir surpris sa cousine dans les bras de son fiancé, **Zelmira Ardovini** quitte Vérone pour oublier sa douleur lors d’une soirée à Portofino. Cette nuit-là, elle rencontre un mystérieux inconnu avec qui elle partage une seule nuit avant de disparaître au lever du jour. Quelques semaines plus tard, Zelmira découvre qu’elle est enceinte. Décidée à recommencer sa vie seule, elle accepte un poste d’assistante à Milan auprès du redoutable **Alvise Nerucci**, un milliardaire froid et inaccessible. Mais en croisant son regard, Zelmira comprend immédiatement qu’Alvise est l’homme qu’elle n’a jamais réussi à oublier… tandis que lui recherche depuis des mois la femme qui s’est volatilisée après cette nuit.
View MoreChapitre 1
Zelmira
La robe est suspendue devant moi, et je n'arrive pas à détacher mon regard d'elle. Elle flotte doucement dans la lumière de cette fin d'après-midi, portée par un courant d'air invisible qui s'infiltre par la fenêtre entrouverte. Le tulle ondule comme une respiration, la dentelle frémit sur le satin ivoire, et les minuscules perles cousues à la main captent les rayons du soleil pour les transformer en poussière d'étoiles.
Vérone, début juin. L'air qui entre par la fenêtre sent le jasmin et la pierre chaude, cette odeur si particulière des étés italiens qui s'installent doucement, promesse de chaleur et de longues soirées. J'entends au loin les cloches de San Zeno qui sonnent six heures, et plus près, dans la cour, la voix de ma mère qui donne des instructions aux traiteurs pour le banquet de demain.
Demain. Demain, je porterai cette robe. Demain, je marcherai dans l'allée de la basilique Santa Anastasia, mon bras glissé sous celui de mon père qui retiendra difficilement ses larmes. Demain, Stefano soulèvera mon voile et nos regards se croiseront, et le prêtre prononcera les mots qui feront de nous un couple pour la vie.
Je tends la main vers la robe, j'effleure le tissu du bout des doigts. Le satin est doux, presque frais, comme une eau qui coule sur la peau. J'imagine la sensation qu'il aura sur mes épaules, contre mes hanches, glissant sur mes jambes quand je marcherai. J'imagine le poids du voile sur mes cheveux, le bouquet de pivoines blanches entre mes mains, le bruissement de la traîne derrière moi.
Un frisson me parcourt, et ce n'est pas seulement d'excitation. Il y a autre chose. Une ombre, minuscule, qui traverse ma joie comme un nuage devant le soleil. Une angoisse que je ne m'explique pas, que je refuse d'expliquer, qui se cache dans les plis de ma robe de mariée comme un insecte dans une fleur.
Je la chasse d'un mouvement de tête. C'est le stress, rien de plus. Toutes les futures mariées ressentent cela, m'a dit Bianca hier, en riant de sa voix légère. Le trac, l'émotion, l'immensité de ce qui arrive. C'est normal que j'aie peur. C'est normal que je me sente vulnérable. Demain, ma vie change pour toujours. Demain, je deviens Madame Stefano Marini.
— Tu l'admires encore ?
La voix de Bianca me fait sursauter. Je ne l'avais pas entendue entrer. Elle se tient dans l'encadrement de la porte, une main sur la hanche, un sourire amusé sur ses lèvres roses. Sa robe d'été est couleur lavande, ses cheveux bruns cascadent sur ses épaules, et elle tient à la main deux flûtes de prosecco.
— Je n'arrive pas à y croire, dis-je. Demain. C'est demain.
— Je sais. C'est fou.
Elle traverse la pièce, me tend une flûte, et trinque avec moi. Le cristal tinte doucement, un son pur et bref. Le prosecco pétille sur ma langue, frais et fruité.
— Tu es heureuse ? demande Bianca.
— Plus que je ne pourrais le dire.
— Stefano est un homme bien. Tu as de la chance.
Sa voix est douce, mais quelque chose dans son regard m'échappe. Une lueur qui disparaît trop vite pour que je puisse l'identifier. Je me demande si elle pense à elle, à son célibat qu'elle affiche comme une liberté mais qui parfois, je le sais, lui pèse. Bianca a vingt-six ans, deux ans de plus que moi, et elle n'a jamais eu de relation sérieuse. Des aventures, des amourettes, des hommes qu'elle quitte avant qu'ils ne la quittent.
— Tu trouveras aussi, dis-je. Un jour.
Elle hausse les épaules, boit une gorgée de prosecco.
— Peut-être. Mais je ne suis pas pressée. Le mariage, ce n'est pas pour moi. Trop de contraintes. Trop de... renoncements.
Le mot flotte dans l'air, plus lourd qu'il ne devrait l'être. Je le repousse mentalement. Ce n'est pas un renoncement que d'épouser Stefano. C'est un accomplissement.
— Tu es ma demoiselle d'honneur, dis-je pour changer de sujet. Tu es prête pour demain ?
— Prête comme on ne peut pas l'être, répond Bianca avec un sourire que je ne lui connais pas. Un sourire trop large, trop brillant. Un sourire qui ressemble presque à un triomphe.
Et l'ombre revient, fugitive, se glisser dans mon cœur. Je la chasse à nouveau. Je bois une autre gorgée de prosecco. Je regarde ma robe, ma magnifique robe, et je me force à ne penser qu'au bonheur.
Demain, je serai mariée. Demain, tout sera parfait.
Je suis zelmira Ardovini,j'ai 24 ans ,je suis de nature calme mais très curieuse,je suis compréhensive mais pas bête.
Chapitre 150ÉpilogueZelmiraDes années plus tard, par une chaude soirée d'été, je me tenais sur la terrasse de notre villa toscane, les mains posées sur la balustrade en pierre, le regard perdu vers les collines qui s'embrasaient sous les derniers rayons du soleil. La vigne était lourde de raisins mûrs, les oliviers centenaires étendaient leurs branches noueuses vers le ciel, et l'air était chargé du parfum sucré des roses et de la lavande. Le chant des cigales emplissait l'air, mêlé aux rires lointains qui montaient du jardin, là où mes petits-enfants jouaient sous le regard attendri de leurs parents.Leonardo était revenu. Après ses années d'études à Paris, après son diplôme d'architecte, après son mariage avec Chiara dans cette même chapelle toscane où Alvise et moi avions renouvelé nos vœux, il était revenu s'installer en Italie, non loin de nous, avec sa femme et ses deux enfants, un petit garçon aux yeux gris nommé Alessandro et une petite fille aux yeux verts nommée Sofia. Il
Chapitre 149ZelmiraLes semaines passèrent, puis les mois, et peu à peu, insensiblement, le vide laissé par le départ de Leonardo commença à se combler. Non pas qu'il nous manquait moins, non pas que son absence devenait plus légère, mais nous apprenions à vivre avec, à l'apprivoiser, à la transformer en quelque chose de doux plutôt que de douloureux. Ses lettres arrivaient régulièrement, de longues lettres remplies de détails sur ses cours d'architecture, sur ses professeurs, sur ses nouveaux amis, sur Paris qu'il découvrait avec des yeux émerveillés. Il nous parlait de Chiara, qui avait été acceptée aux Beaux-Arts et qui travaillait jour et nuit dans son atelier, de leurs promenades le long de la Seine, de leurs visites au Louvre, de leurs rêves d'avenir. Et chaque fois que je lisais ces lettres, mon cœur se gonflait de fierté, de joie, de gratitude.Alvise et moi, nous redécouvrions ce que c'était que d'être seuls tous les deux. Comme au début. Comme avant Leonardo. Comme à cette
Chapitre 148ZelmiraLe jour du départ de Leonardo arriva plus vite que je ne l'aurais voulu, comme toutes les choses que l'on redoute et que l'on espère à la fois, comme tous les moments charnières de l'existence qui vous prennent par surprise alors même que vous les avez vus venir de loin. C'était un matin d'automne, doux et lumineux, un de ces matins où la lumière toscane semble vouloir retenir l'été encore un peu, où les collines se parent de brumes légères qui s'effilochent au lever du soleil, où l'air est chargé de l'odeur des raisins mûrs et des dernières roses de la saison. Les valises étaient entassées dans le hall de la villa, deux grandes valises noires et un sac à dos en cuir usé que Leonardo avait insisté pour garder malgré son aspect défraîchi, parce que c'était celui que je lui avais offert pour son premier voyage scolaire, des années plus tôt, et qu'il disait qu'il lui portait chance.Leonardo se tenait sur le perron, grand, élégant, ses yeux gris balayant une dernière
Chapitre 147ZelmiraLa première du film adapté de mon livre eut lieu à Rome, par une soirée de septembre douce et étoilée, dans une salle de cinéma historique aux murs couverts de velours rouge, aux balcons ornés de dorures, aux lustres de cristal qui scintillaient comme des milliers d'étoiles. Les projecteurs balayaient le ciel nocturne de leurs faisceaux blancs, les flashes des photographes crépitaient sur le tapis rouge, et une foule élégante, bruissante, se pressait devant l'entrée, impatiente d'assister à l'événement. Les acteurs étaient là, resplendissants dans leurs tenues de soirée, le réalisateur saluait la foule, les producteurs échangeaient des poignées de main, et moi, j'étais au milieu de tout ce tumulte, au bras d'Alvise, le cœur battant à tout rompre, incapable de croire que tout cela était réel.— Tu te rends compte ? murmurai-je à Alvise alors que nous montions les marches du cinéma, mes doigts crispés sur son bras, mes yeux écarquillés par le spectacle qui m'entoura












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