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Chapitre 52

last update Veröffentlichungsdatum: 24.05.2026 00:41:00

Chapitre 52

Zelmira

La salle de conférence du trente-huitième étage est une boîte de verre suspendue au-dessus de Milan, avec des murs transparents qui donnent l’impression de flotter dans le vide. Aujourd’hui, pourtant, l’atmosphère est plus lourde que le plomb. Les avocats sont alignés de chaque côté de la longue table de marbre noir, des dossiers épais pos&

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  • Le secret de portofino   Chapitre 150

    Chapitre 150ÉpilogueZelmiraDes années plus tard, par une chaude soirée d'été, je me tenais sur la terrasse de notre villa toscane, les mains posées sur la balustrade en pierre, le regard perdu vers les collines qui s'embrasaient sous les derniers rayons du soleil. La vigne était lourde de raisins mûrs, les oliviers centenaires étendaient leurs branches noueuses vers le ciel, et l'air était chargé du parfum sucré des roses et de la lavande. Le chant des cigales emplissait l'air, mêlé aux rires lointains qui montaient du jardin, là où mes petits-enfants jouaient sous le regard attendri de leurs parents.Leonardo était revenu. Après ses années d'études à Paris, après son diplôme d'architecte, après son mariage avec Chiara dans cette même chapelle toscane où Alvise et moi avions renouvelé nos vœux, il était revenu s'installer en Italie, non loin de nous, avec sa femme et ses deux enfants, un petit garçon aux yeux gris nommé Alessandro et une petite fille aux yeux verts nommée Sofia. Il

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    Chapitre 149ZelmiraLes semaines passèrent, puis les mois, et peu à peu, insensiblement, le vide laissé par le départ de Leonardo commença à se combler. Non pas qu'il nous manquait moins, non pas que son absence devenait plus légère, mais nous apprenions à vivre avec, à l'apprivoiser, à la transformer en quelque chose de doux plutôt que de douloureux. Ses lettres arrivaient régulièrement, de longues lettres remplies de détails sur ses cours d'architecture, sur ses professeurs, sur ses nouveaux amis, sur Paris qu'il découvrait avec des yeux émerveillés. Il nous parlait de Chiara, qui avait été acceptée aux Beaux-Arts et qui travaillait jour et nuit dans son atelier, de leurs promenades le long de la Seine, de leurs visites au Louvre, de leurs rêves d'avenir. Et chaque fois que je lisais ces lettres, mon cœur se gonflait de fierté, de joie, de gratitude.Alvise et moi, nous redécouvrions ce que c'était que d'être seuls tous les deux. Comme au début. Comme avant Leonardo. Comme à cette

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    Chapitre 148ZelmiraLe jour du départ de Leonardo arriva plus vite que je ne l'aurais voulu, comme toutes les choses que l'on redoute et que l'on espère à la fois, comme tous les moments charnières de l'existence qui vous prennent par surprise alors même que vous les avez vus venir de loin. C'était un matin d'automne, doux et lumineux, un de ces matins où la lumière toscane semble vouloir retenir l'été encore un peu, où les collines se parent de brumes légères qui s'effilochent au lever du soleil, où l'air est chargé de l'odeur des raisins mûrs et des dernières roses de la saison. Les valises étaient entassées dans le hall de la villa, deux grandes valises noires et un sac à dos en cuir usé que Leonardo avait insisté pour garder malgré son aspect défraîchi, parce que c'était celui que je lui avais offert pour son premier voyage scolaire, des années plus tôt, et qu'il disait qu'il lui portait chance.Leonardo se tenait sur le perron, grand, élégant, ses yeux gris balayant une dernière

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    Chapitre 147ZelmiraLa première du film adapté de mon livre eut lieu à Rome, par une soirée de septembre douce et étoilée, dans une salle de cinéma historique aux murs couverts de velours rouge, aux balcons ornés de dorures, aux lustres de cristal qui scintillaient comme des milliers d'étoiles. Les projecteurs balayaient le ciel nocturne de leurs faisceaux blancs, les flashes des photographes crépitaient sur le tapis rouge, et une foule élégante, bruissante, se pressait devant l'entrée, impatiente d'assister à l'événement. Les acteurs étaient là, resplendissants dans leurs tenues de soirée, le réalisateur saluait la foule, les producteurs échangeaient des poignées de main, et moi, j'étais au milieu de tout ce tumulte, au bras d'Alvise, le cœur battant à tout rompre, incapable de croire que tout cela était réel.— Tu te rends compte ? murmurai-je à Alvise alors que nous montions les marches du cinéma, mes doigts crispés sur son bras, mes yeux écarquillés par le spectacle qui m'entoura

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    Chapitre 146ZelmiraL'idée d'écrire mes mémoires naquit un soir d'hiver, alors que j'étais assise devant la cheminée du salon, un livre à la main que je ne lisais pas, le regard perdu dans les flammes qui dansaient dans l'âtre en crépitant doucement. Dehors, la neige tombait sur les collines toscanes, silencieuse, immaculée, recouvrant les vignes et les oliviers d'un manteau blanc qui scintillait sous la lune. Le silence était si profond, si absolu, qu'il semblait appeler les mots, les histoires, les souvenirs enfouis. Je pensais à tout le chemin parcouru, à cette jeune femme brisée qui avait fui Vérone en pleine nuit, abandonnant derrière elle sa robe de mariée, ses rêves de jeune fille, sa confiance en l'amour. Je pensais à cette nuit magique à Portofino, à cet inconnu au regard gris qui m'avait regardée comme personne ne m'avait jamais regardée, qui avait dansé avec moi sous les étoiles, qui m'avait aimée une nuit avant de me perdre au petit matin. Je pensais à tout ce qui avait s

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    Chapitre 145ZelmiraL'automne était revenu sur la Toscane, et avec lui les premières fraîcheurs, les premières feuilles mortes qui tourbillonnaient dans le vent avant de se poser sur le sol comme un tapis d'or et de cuivre, les premières soirées passées au coin du feu à regarder les flammes danser dans l'âtre. Leonardo avait dix-sept ans maintenant, et il était devenu un jeune homme, grand, fort, élégant, avec cette assurance tranquille et ce regard perçant qui faisaient tourner les têtes sans qu'il en ait conscience. Ses épaules s'étaient élargies, sa voix était devenue grave et posée, et il portait en lui cette noblesse naturelle, cette distinction innée qui caractérisait les Nerucci depuis des générations.Un soir, il vint me trouver dans mon atelier, alors que je terminais une toile commencée des semaines plus tôt, un portrait de Chiara assise dans le jardin, ses cheveux bruns caressés par la brise, ses yeux verts fixés sur l'horizon. La lumière du crépuscule entrait par la verri

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