Beranda / Romance / Le secret du loup d’Onyx / Chapitre 5 : Le vernis et les masques

Share

Chapitre 5 : Le vernis et les masques

Penulis: Morgane CTS
last update Terakhir Diperbarui: 2026-02-07 05:14:28

Partie 1 : Le vernis et les masques

La robe que la styliste avait choisie était d’un vert émeraude profond, une soie liquide qui épousait mes courbes sans trop en dévoiler. En me regardant dans le miroir du penthouse, je ne me reconnaissais pas. La farine sous mes ongles avait laissé place à une manucure parfaite, et mes cheveux, habituellement attachés à la hâte, retombaient en vagues soyeuses sur mes épaules.

— Vous êtes prête ?

La voix de Julien résonna derrière moi. Je me retournai. Il était en smoking noir, d'une élégance si tranchante qu'elle en était intimidante. Pour la première fois, je vis son regard s'immobiliser. Ses yeux gris parcoururent ma silhouette, et il mit quelques secondes de plus que d'habitude à reprendre son masque d'impassibilité.

— Ça ira ? demandai-je, soudain nerveuse. Je n'ai pas l'air trop... fausse ?

— Vous êtes parfaite, Victoria. Presque trop.

Il s'approcha et me tendit son bras.

— N'oubliez pas : nous sommes ensemble depuis deux mois. On s'est rencontrés lors d'une livraison pour un de mes événements. Coup de foudre immédiat. Soyez naturelle, mais restez près de moi.

Le gala se tenait dans un hôtel particulier dont le luxe m'étouffa dès l'entrée. Les flashs des photographes crépitèrent dès que Julien posa sa main sur ma taille. Un geste protecteur qui me fit brûler la peau, malgré la soie de ma robe.

— Regardez qui voilà, murmura Julien à mon oreille.

À l'autre bout de la salle, près du buffet, je vis une silhouette familière. Stan. Il portait un costume manifestement trop cher pour lui, probablement acheté avec l'argent qu'il m'avait volé. Il riait bruyamment avec un groupe d'investisseurs, mais son visage se décomposa lorsqu'il nous vit approcher.

— Victoria ? bafouilla-t-il, manquant de renverser son champagne. Qu'est-ce que tu fais là... et comment tu es habillée ?

Julien resserra sa prise sur ma taille, m'attirant fermement contre lui.

— Elle est ici avec moi, Stan. Et je vous conseille de surveiller votre ton quand vous parlez à ma future femme.

Stan passa du blanc au rouge.

— Ta future femme ? C’est une blague ? Julien Castille avec une fille qui passe sa vie dans le sucre et la levure ? Vous jouez à quoi ?

— On joue à la loyauté, répliquai-je, trouvant soudainement une force que je n'imaginais pas. Quelque chose que tu ne peux pas comprendre, Stan. Maintenant, si tu veux bien nous excuser, nous avons des gens importants à saluer.

On s'éloigna, me laissant trembler légèrement. Une fois hors de vue, Julien se pencha vers moi.

— Bien joué. Mais gardez votre calme. La présidente du comité d'urbanisme, Madame Morel, vient vers nous. C'est elle que nous devons convaincre.

Madame Morel était une femme d'une soixantaine d'années, au regard d'aigle. Elle nous observa un long moment avant de dire :

— Monsieur Castille. On m'avait dit que vous étiez fiancé à une jeune femme charmante, mais on ne m'avait pas dit qu'elle était la propriétaire de cette petite merveille artisanale de la rue des Lilas. Dites-moi, Victoria, est-il vrai que Julien compte raser votre propre boutique pour son complexe ?

Le silence tomba autour de nous. C'était le moment de vérité. Si je disais oui, je détruisais Julien. Si je mentais, je devenais sa complice.

Julien ne me regardait pas, mais je sentais la tension de son bras sous ma main. Il attendait ma réponse.

Partie 2 : Le pacte de fer

Le regard de Madame Morel était perçant, attendant la moindre faille dans mon expression. Je sentis la main de Julien se crisper imperceptiblement sur ma taille. Il jouait son empire sur ma réponse.

Je redressai le menton et affichai mon plus beau sourire, celui que je réservais aux clients les plus difficiles.

— Au contraire, Madame Morel, commençai-je d'une voix claire. Julien a compris bien avant moi que la modernité n'a aucun sens si elle n'a pas de racines. Le projet Castille Plaza ne va pas raser ma boutique ; il va la protéger. Nous avons convenu que "L'Instant Sucré" serait le cœur historique du complexe.

Je tournai la tête vers Julien, mes yeux brillant d'un défi que lui seul pouvait décrypter.

— Julien est un homme qui sait reconnaître la valeur de ce qui n'a pas de prix. Et je suis là pour m'assurer qu'il reste fidèle à cette vision... n'est-ce pas, mon cœur ?

Un silence de mort plana pendant deux secondes. Puis, Madame Morel éclata d'un rire franc en tapotant l'épaule de Julien.

— Eh bien, Castille ! Il semblerait que vous ayez enfin trouvé quelqu'un capable de vous tenir tête. C’est rafraîchissant. Si Victoria se porte garante de votre intégrité, je regarderai votre permis de construire d'un œil bien plus bienveillant.

Une fois la présidente éloignée, Julien m'entraîna vers un coin plus sombre de la terrasse, à l'écart des regards. Il lâcha ma taille, et l'absence de sa main me fit l'effet d'un courant d'air froid.

— "Mon cœur" ? répéta-t-il, la voix basse et dangereuse. Vous avez pris des libertés avec notre accord, Victoria.

— J'ai sauvé votre projet, Julien. Madame Morel vient de vous donner son feu vert officieux. En échange, vous venez de promettre publiquement de ne pas toucher à un seul cheveu de ma boutique. Je crois que c'est ce qu'on appelle un... retour sur investissement.

Je pris une coupe de champagne sur le plateau d'un serveur qui passait, mon assurance masquant le fait que mon cœur battait à tout rompre.

Julien fit un pas vers moi, me coinçant presque contre la balustrade en pierre. Ses yeux gris n'étaient plus froids, ils étaient sombres, chargés d'une émotion que je n'arrivais pas à définir.

— Vous êtes plus dangereuse que je ne l'imaginais, murmura-t-il. Mais n'oubliez pas une chose : dans ce jeu, c'est moi qui distribue les cartes. Ne vous avisez plus de me piéger devant des témoins.

— Ou quoi ? Vous allez me licencier de mon poste de fiancée ?

Il ne répondit pas. Il se contenta de fixer mes lèvres pendant un temps qui me parut durer une éternité. La tension entre nous était devenue si épaisse qu'un simple mot aurait pu la briser.

Soudain, son téléphone vibra. Il rompit le contact visuel, reprit son masque de marbre et consulta son écran.

— On s'en va. La presse a eu les photos qu'il fallait. Stan essaie de se saouler au bar pour venir nous faire une scène, je n'ai pas l'intention de lui offrir ce spectacle.

Lanjutkan membaca buku ini secara gratis
Pindai kode untuk mengunduh Aplikasi

Bab terbaru

  • Le secret du loup d’Onyx   Chapitre 20 : L'ombre et l'acier

    Le froid du métal contre mes poignets était une sensation glaciale, une morsure que je n'aurais jamais crue connaître dans ma vie de labeur et de sucre. On me poussa sans aucun ménagement à l'arrière d'un fourgon de police dont l'intérieur sentait le fer et la sueur ancienne. Par la petite lucarne grillagée, je vis le quartier défiler. Sur le trottoir, une meute de paparazzis, prévenus avec une précision chirurgicale par Olivia, faisait déjà crépiter les flashs. Leurs objectifs étaient braqués sur moi comme des fusils.Julien était toujours là, immobile au milieu du chaos. Il ne criait pas, il ne se battait pas contre les agents. Il était devenu une statue de marbre, une silhouette de puissance pétrifiée. Mais ses yeux... ses yeux gris étaient devenus deux lames de fond, promettant un massacre à quiconque croiserait sa route.4 heures plus tard – Cellule de garde à vueL'odeur de désinfectant bon marché, de tabac froid et de peur imprégnait les murs jaunis du commissariat du 4e arrond

  • Le secret du loup d’Onyx   Chapitre 19 : Le revers de la médaille

    Le soleil se levait à peine sur la rue des Lilas, jetant une lumière crue et impitoyable sur les débris de verre qui parsemaient le trottoir comme des éclats de glace sale. L'air était glacial, chargé de l'humidité d'un matin parisien qui ne promettait aucune chaleur. Le baiser de la nuit, ce moment de vérité brute et désespérée au milieu des choux à la crème et du sang, semblait déjà appartenir à un rêve lointain, balayé par la réalité glaciale du petit matin.Julien, le visage marqué par la douleur mais le dos droit, examinait les dégâts. Il portait une chemise blanche immaculée qu’un de ses gardes lui avait apportée en urgence, mais je devinais, sous le tissu fin, l'épaisseur du bandage qui comprimait son flanc. Son ton de commandement, ce ton qui ne souffrait aucune contradiction, avait repris le dessus.— Victoria, tu ne peux plus rester ici. Ce n'est plus une question de bail ou de pâtisserie, dit-il, ses yeux gris balayant la rue avec une vigilance de loup. S’ils ont envoyé des

  • Le secret du loup d’Onyx   Chapitre 18 : Le sang et la soie

    Le fracas du verre brisé résonnait encore dans mes oreilles, un écho assourdissant qui semblait faire vibrer les murs de la pâtisserie. Pendant quelques secondes, le monde s'était transformé en un tourbillon de violence. Julien s’était jeté sur le premier assaillant avec une fureur animale que je ne lui soupçonnais pas. Ce n'était plus le milliardaire froid, l'homme des conseils d'administration qui déplaçait des pions sur un échiquier financier. C'était un homme protégeant son territoire, un prédateur défendant ce qu'il avait de plus précieux.Le combat fut bref, mais d'une brutalité inouïe. Les coups sourds des battes de baseball contre le bois des comptoirs se mêlaient aux grognements de douleur. Julien, malgré son manque d'entraînement apparent, utilisait son poids et sa rage pour repousser les deux ombres cagoulées vers la sortie béante. Dans la mêlée, au milieu des débris qui jonchaient le sol, l'un des agresseurs brandit un éclat de verre de la vitrine — une pointe acérée et tr

  • Le secret du loup d’Onyx   Chapitre 17 : Farine et mains sales

    Il était trois heures du matin, l'heure où le monde semble s'arrêter de respirer, sauf dans les cuisines. Mes yeux me brûlaient comme si on y avait jeté du sable, mes bras me faisaient l'effet de deux blocs de plomb fondu, et mon dos n'était plus qu'une longue plainte sourde. Il me restait encore deux cents miniatures à garnir, à glacer et à décorer. La chaleur des fours rendait l'air moite, saturé d'une odeur de beurre et de sucre qui, pour la première fois de ma vie, me donnait la nausée. La fatigue commençait à me faire vaciller, les contours de la pièce devenant flous sous la lumière crue des néons.C’est à ce moment-là, alors que je luttais pour ne pas laisser tomber ma poche à douille, que la clochette de la porte tinta, un son cristallin qui déchira le silence de la nuit.Je sursautai violemment, le cœur bondissant dans ma gorge, et je saisis par réflexe un couteau d'office posé sur le plan de travail. Mais ce n'était pas un agresseur errant dans les rues désertes de Paris. C'é

  • Le secret du loup d’Onyx   Chapitre 16 : Seule contre l'orage

    Le lendemain matin, la réalité me frappa avec la force brutale d'un marteau-piqueur. Je n'avais pas dormi dans les draps de soie à mille fils du penthouse, mais sur un vieux sac de farine dans l'arrière-boutique, enveloppée dans mon manteau encore humide. Le froid du sol en béton s'était infiltré dans mes os, et chaque muscle de mon corps criait sa protestation. L'odeur de brûlé, ce mélange âcre de bois calciné et de désespoir, flottait toujours dans l'air, malgré le courant d'air glacial qui s'engouffrait par la porte arrière.Pourtant, en me levant avec peine, je constatai que les ouvriers de Julien avaient fait un travail remarquable avant que je ne les renvoie violemment la veille : la vitrine brisée par Stan avait été remplacée par un verre épais, impeccable, qui reflétait les premières lueurs grises de l'aube parisienne.Je n'avais plus rien. Pas de téléphone — je l'avais jeté de rage dans une flaque d'eau en quittant la tour Onyx — pas d'argent liquide sur moi, et plus de fianc

  • Le secret du loup d’Onyx   Chapitre 15 : Le prix du mensonge

    Le silence qui suivit mon cri était plus violent, plus assourdissant que n'importe quelle dispute. Dans l'immense cuisine de marbre, le temps semblait s'être figé. Julien ne nia pas. Il ne détourna pas les yeux, ne chercha pas d'excuse lâche. Il resta là, debout, la silhouette découpée par les lumières froides du penthouse, alors que l'omelette oubliée brûlait sur le feu. Une odeur âcre, étouffante, se répandait dans toute la pièce, comme un écho funèbre à l'incendie de ma boutique.— Victoria, laisse-moi t'expliquer... Sa voix était basse, rauque, dépourvue de son assurance habituelle.— "T'expliquer" ? répétai-je, le mot sonnant comme une insulte dans ma bouche. Est-ce que cette photo est réelle, Julien ? Est-ce que tu as rencontré Stan, mon associé, mon ami, avant même de mettre les pieds dans ma vie ? Avant même que je ne sache qui tu étais ?Il prit une profonde inspiration, sa poitrine se soulevant sous sa chemise de soie. Son visage reprit soudain ce masque de pierre, cette exp

Bab Lainnya
Jelajahi dan baca novel bagus secara gratis
Akses gratis ke berbagai novel bagus di aplikasi GoodNovel. Unduh buku yang kamu suka dan baca di mana saja & kapan saja.
Baca buku gratis di Aplikasi
Pindai kode untuk membaca di Aplikasi
DMCA.com Protection Status