LOGINChapitre 53
Mikhaïl
Le parc Gorki s'étend devant moi comme un territoire inconnu, une contrée sauvage que je dois conquérir sans armes, sans stratégie, sans rien d'autre que mon désir désespéré d'être accepté. Kira est dans mes bras, son petit corps chaud pressé contre ma poitrine, et je respire son odeur, shampoing à la pomme et savon d'enfant, la pl
Chapitre 55MikhaïlLe dossier de l'accident est posé sur mon bureau depuis ce matin, une chemise cartonnée marquée du sceau des archives de la police. J'ai mis des années avant d'oser l'ouvrir, des années à accepter la version officielle : un dérapage sur une route verglacée, une perte de contrôle, un coma dont je ne me réveillerais peut-être jamais. Mais depuis l'arrestation d'Igor, depuis les révélations sur Alina, un doute s'est insinué en moi comme un ver dans un fruit trop mûr.Et si l'accident n'en était pas un ?Je tourne les pages, les doigts tremblants. Rapports de police, témoignages, photographies du véhicule accidenté. La voiture, une berline blindée, était réputée pour sa sécurité. Les freins avaien
Chapitre 54AlinaLe soir tombe sur Moscou, et l'appartement est silencieux. Les jumeaux dorment dans leur chambre, épuisés par l'après-midi au parc, par les émotions, par la rencontre avec cet homme qui est entré dans leur vie comme un ouragan et qui en est ressorti avec une promesse. Une promesse de revenir. Une promesse de ne plus disparaître.Je suis assise sur le canapé, une tasse de thé refroidie à la main, le regard perdu sur les lumières de la ville. Marguerite est rentrée chez elle, et je suis seule avec mes pensées, ces pensées qui tournent en boucle depuis que j'ai vu Mikhaïl s'agenouiller devant Kira, depuis que j'ai vu Maksim lui tendre la main.Mon téléphone vibre sur la table basse. Son nom s'affiche, et je décroche avant même d'avoir décid&eacu
Chapitre 53MikhaïlLe parc Gorki s'étend devant moi comme un territoire inconnu, une contrée sauvage que je dois conquérir sans armes, sans stratégie, sans rien d'autre que mon désir désespéré d'être accepté. Kira est dans mes bras, son petit corps chaud pressé contre ma poitrine, et je respire son odeur, shampoing à la pomme et savon d'enfant, la plus belle odeur du monde. Elle m'a accordé un câlin, un trésor inestimable, et je ne sais pas comment retenir les larmes qui menacent de couler.Maksim, lui, se tient à distance, les bras croisés, le visage fermé. Mon fils. Mon pirate en herbe. Celui qui a déposé un smiley aux lunettes sur mon ordinateur. Il porte une chemise blanche et un pantalon beige, et ses boucles châtaines, identiques aux miennes, rebiquent s
Chapitre 52KiraLe parc sent les feuilles mortes et la terre mouillée, même si le soleil brille un peu, même si le ciel est bleu avec des nuages blancs qui courent vite. Maman me tient la main, sa main est chaude, mais je la lâche parce que je veux m'approcher toute seule.L'homme devant nous est très grand, très large, avec un manteau noir qui vole dans le vent. Il a les yeux de Maksim, exactement les mêmes, ce gris-vert qui change de couleur selon la lumière. Il est pâle, et il a l'air fatigué, et il nous regarde comme si on était les choses les plus précieuses du monde.C'est mon papa.Maman nous a expliqué. Papa était malade, il dormait pendant très longtemps, et quand il s'est réveillé, il ne savait pas qu'on existait. Mais maintenant il le sait, e
Chapitre 51AlinaLe miroir de ma chambre me renvoie l'image d'une femme que je ne reconnais plus tout à fait. J'ai troqué mon tailleur gris contre une robe bleu marine, sobre mais moins austère, et mes cheveux, au lieu de leur chignon strict, sont relevés en une queue-de-cheval souple qui adoucit mon visage. Les lunettes métalliques sont toujours là, mon armure de verre, mais derrière elles, mes yeux trahissent une nervosité que je ne peux pas cacher.Aujourd'hui, mes enfants rencontrent leur père.Maksim est assis sur mon lit, habillé d'une chemise blanche et d'un pantalon de toile beige, les cheveux coiffés avec soin par Marguerite qui a dû batailler un quart d'heure pour dompter ses boucles rebelles. Il a son air des mauvais jours, le menton buté, les sourcils froncés. Kira, à c&o
Chapitre 50MikhaïlL'image du smiley aux lunettes ne me quitte plus. Elle flotte devant mes yeux, se superpose à mes dossiers financiers, danse dans mes insomnies. Mon fils. Mon fils inconnu a posé sa marque sur mon ordinateur comme un chiot pose sa patte sur un territoire à conquérir. Avec intelligence, avec humour, avec une insolence qui me remplit malgré moi d'une fierté que je n'aurais jamais cru possible.Mais derrière cette fierté, une vérité amère : mon fils me déteste. Il me voit comme l'ennemi, comme l'homme qui fait pleurer sa mère, comme une menace à éliminer. Et si je continue sur la voie juridique que j'ai empruntée, je ne ferai que renforcer cette image. Je deviendrai à jamais le méchant de son histoire, celui qu'il s'acharnera à combattre depuis ses claviers d'enfant.Je ne peux pas gagner cette guerre. Même si les tribunaux me donnent raison, je perdrai mes enfants avant de les avoir vraiment rencontrés.Alors ce matin, j'appelle Elena Vassilievna pour lui dire de sus







