LOGINLe médecin retira son masque chirurgical d'un geste las, dévoilant un visage marqué par des heures de tension extrême. Ses yeux, cernés de fatigue, balayèrent les trois visages tournés vers lui avec une attente insoutenable. Dans ce couloir blanc et froid de l'hôpital central, le temps semblait s'être figé, suspendu au moindre mouvement des lèvres du praticien.— Monsieur Stone a perdu énormément de sang, commença-t-il d'une voix posée mais grave, choisissant ses mots avec la prudence de ceux qui ont trop souvent vu l'espoir se briser sur un pronostic mal formulé. La balle a traversé la partie haute de l'épaule droite, à quelques centimètres seulement de l'artère sous-clavière. S'il avait été touché deux centimètres plus bas, nous n'aurions pas
Le trajet en ambulance vers l'hôpital central de Veridia se déroula dans un flou d'adrénaline et de terreur pure. Aria n'avait pas lâché la main de Xavier, ses propres doigts tachés du sang du financier alors que l'équipe médicale s'affairait autour du colosse inconscient, lui posant un masque à oxygène et une perfusion de ligne de vie. À l’avant du véhicule, Harold, livide, gardait les yeux fixés sur la route, le corps rigide. Derrière eux, la voiture de police transportant Julian suivait le convoi, ses gyrophares déchirant la brume matinale. Dès leur arrivée aux urgences, le chaos s'intensifia. Xavier fut immédiatement engouffré vers le bloc opératoire sous les ordres hurlés des chirurgiens. Aria tenta de le suivre, mais une infirmière la retint fermement par les épaules. — Vous ne pouvez pas aller plus loin, mademoiselle. Asseyez-vous en salle d'attente. Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir. Aria recu
Le tremblement qui secoua les fondations de l’entrepôt n’avait rien d’un séisme naturel ou d'une charge explosive. C’était le choc brutal et lourd des béliers des forces d'intervention qui venaient de pulvériser les doubles portes vermoulues de l'entrée principale, immédiatement suivi par le fracas assourdissant d’une fusillade nourrie. L'escouade de police tactique s'engouffra dans la nef obscure, ouvrant un feu précis et impitoyable sur les mercenaires de Veridia pris de court. Les vitres restantes de la haute toiture métallique volèrent en éclats sous l’impact des détonations qui se répercutaient contre les murs de béton. Ce n'étaient plus les tirs feutrés des silencieux des tueurs, mais un assaut policier d’une violence inouïe.Des cris de surprise, vite étouf
Le coup de feu résonna dans le canal de saumure comme le glas de toutes leurs espérances. Ce ne fut pas une détonation étouffée par un silencieux, mais un bang sec, violent, qui frappa les parois de pierre du conduit avant de se répercuter en un écho infini vers le fond de la crique. Suspendue au-dessus du vide, les doigts crispés sur le fer forgé rouillé, Aria sentit le monde se dérober sous ses pieds. Le silence de mort qui suivit fut brisé par un bruit lourd, mat, insoutenable : celui d'un corps massif s'écroulant sans un cri sur les dalles de béton de la nef.— Non ! Xavier !Un hurlement de pure agonie déchira la gorge d'Aria. C’était un cri viscéral, arraché du plus profond de ses entrailles, qui balaya instantanément toutes les barrières
Les pas des mercenaires martelaient le béton à l'entrée de la nef, se rapprochant avec une régularité terrifiante. Le faisceau de leurs lampes tactiques balayait les murs de ruine, découpant l'obscurité en grandes zébrures blanches. Derrière le réservoir de fonte, la pression était devenue insoutenable.Xavier Stone prit appui contre la paroi texturée de la cuve. Ses muscles saillants sous sa veste de costume se tendirent lorsqu'il glissa le canon en acier du pistolet sous le rebord scellé de la trappe.— Harold, appuyez ici. Rose, tirez vers vous, ordonna le financier d'une voix basse, sourde d'effort.Aria agrippa le bord rugueux du panneau de fonte, ses doigts glissant sur la pellicule de sel et de rouille. En combinant la force de Xavier qui faisait levier et le
Le silence qui suivit la détonation fut de courte durée. Le corps du mercenaire gisait immobile sur le sol poussiéreux, mais à l'extérieur, l'urgence venait de changer de camp. Le chef de l'escouade comprit que la discrétion n'était plus une option. Un ordre sec, hurlé à travers les grilles de la porte brisée, déclencha une tempête de plomb. Deux armes automatiques ouvrirent le feu simultanément depuis les ouvertures hautes, criblant le pilier de béton derrière lequel le trio s'était réfugié.Des éclats de ciment et de poussière aveuglante plurent sur les épaules de Rose. Elle se tassa contre le sol, les mains sur la tête, le pistolet serré contre sa poitrine. Le bruit était assourdissant, amplifié par la structure métallique de la nef qui ré







