LOGINIl continue de bouger en moi, lentement, et le plaisir monte, se mêle aux larmes, au sel, à la douceur. Quand l'orgasme me submerge, je m'accroche à lui comme à une bouée, et je crie son nom, la voix brisée. Il jouit peu après, le visage enfoui dans mon cou, et nous restons allongés, enlacés, silencieux. La neige tombe toujours derrière la vitre, et le vent gémit contre les volets, mais dans cette chambre, il n'y a plus que nos deux souffles qui se mêlent, et ce pacte silencieux qui se noue entre nous. Le lendemain, Léonora propose à Soren un pacte formel : travailler pour la Phalange, au service de sa cause, en échange de sa protection et de sa confiance. Soren accepte, à une condition. — Je veux pouvoir protéger Nora, dit-il. Léonora le regarde longuement, puis un sourire mince étire ses lèvres. — Elle n'a pas besoin de toi. Mais je t'accepte dans mon organisation.
Il y a dans sa voix une douceur triste qui me serre le cœur. Je me lève, contourne le bureau, m'arrête près d'elle. Mes doigts effleurent sa main, s'entrelacent aux siens. — Je t'aime, dis-je doucement. Je t'aime encore. Cela aussi, c'est vrai. Elle me regarde, et dans ses yeux noirs, je vois passer un éclat fragile, comme une étoile qui vacille. — Je sais, murmure-t-elle. Moi aussi, je t'aime. Plus que je ne l'aurais cru possible. Et c'est pour ça que je ne te retiendrai pas. Nous restons là, nos doigts entrelacés, nos regards accrochés l'un à l'autre. Dehors, la neige tombe à nouveau, fine et obstinée, comme si le ciel refusait de faire la paix avec la terre. Le soir venu, je me rends dans la chambre de Soren, dans l'aile des invités. La pièce est petite, sobre, meublée d'un lit étroit, d'une table de chevet, d'un fauteuil près de la fenêtre. Soren est assis dans le fauteuil, vêtu d'un pull gris trop
Ses mains glissent sous mon pull, remontent sur ma peau nue. Je frissonne, et ce n'est pas seulement à cause du froid. Ses doigts sont chauds, fébriles, et ils me parcourent comme s'il apprenait une carte, comme s'il voulait mémoriser chaque centimètre de ma peau. — Ne bouge pas, dis-je en le poussant doucement vers le lit. Laisse-moi faire. Il s'allonge sur le lit étroit, le souffle court, les yeux brillants. Je grimpe à califourchon sur lui, prenant soin de ne pas peser sur ses blessures. Mes mains se posent sur sa poitrine, légères, prudentes. — Ne bouge pas, répète-je. Laisse-moi faire. Il hoche la tête, ses mains se posant sur mes hanches. Je commence à onduler, lentement, en le regardant dans les yeux. Le contact de son corps sous le mien est différent de celui de Léonora, plus dur, plus anguleux, plus masculin. Mais il est bon. Il est juste. Il est lui. —
Nous arrivons au manoir alors que l'aube commence à poindre, grise et silencieuse. Les braseros brûlent encore dans la cour, et des agents en faction se précipitent pour ouvrir les grilles. Léonora nous attend sur le perron, vêtue de son manteau noir, les bras croisés. Son visage est fermé, mais je vois la tension qui noue sa mâchoire, la façon dont ses doigts s'enfoncent dans ses manches.Elle descend les marches quand la voiture s'arrête. Son regard va de moi à Soren, de Soren à moi, puis s'attarde sur nos mains entrelacées. Je ne lâche pas. Pas maintenant.— Volkov sait que vous êtes partis, dit-elle d'une voix égale. Il va riposter. Il va chercher à se venger. Mais pour l'instant, vous êtes en sécurité. C'est tout ce qui compte.— Merci, dit Soren. Pour l'extraction.— Ne me remerciez pas. C'est Nora qui vous a sorti de là. Moi, je n'ai fait que préparer le terrain.— Vous avez fait plus que préparer le terrain. Vous l'avez
NoraLes heures passent, lentes et lourdes, dans la cellule sans fenêtre. Le froid s'infiltre par les murs de parpaings, traverse mes vêtements, s'insinue dans mes os. Je me suis recroquevillée sur le matelas crasseux, les bras serrés autour de mes genoux, et je fixe la porte métallique, guettant chaque bruit. Des pas résonnent parfois dans le couloir, des voix étouffées, des rires gras. Puis le silence revient, plus oppressant encore.Je ne sais pas combien de temps s'est écoulé. Une heure, peut-être deux. Peut-être plus. J'ai renoncé à compter. Je me concentre sur ma respiration, comme Léonora me l'a appris. Inspirer quatre secondes, retenir quatre secondes, expirer quatre secondes, retenir quatre secondes. Le rythme lent et régulier apaise mon cœur, mais ne chasse pas la peur. La peur est toujours là, tapie dans mon ventre, comme un animal froid et patient.Soudain, un bruit. Pas un pas, non. Un choc sourd, suivi d'un autre, puis d'un cri étou
Il se lève, s'approche de moi. Sa main attrape mon menton, me force à lever le visage vers lui.— Tu sais ce que tu viens faire ici, petite ?— Je viens négocier, dis-je d'une voix que j'espère tremblante. Pour l'homme que vous détenez.— Négocier. Avec ton corps, peut-être.Il rit, et les autres rient avec lui. Je baisse les yeux, comme Léonora me l'a appris. La peur qui cède au pouvoir. La soumission qui se produit sous ses yeux.— Amenez-moi à Volkov, dis-je doucement. Laissez-moi lui parler.— Oh, tu vas lui parler. Tu vas même faire plus que lui parler. Mais d'abord, il faut que je m'assure que tu n'as pas d'armes cachées.Sa main se pose sur ma poitrine, la pétrit grossièrement. Je ne bronche pas. Son autre main descend sur mon ventre, s'insinue sous mon pull, remonte sur ma peau nue. Je sens ses doigts froids, calleux, qui tracent des sillons de dégoût sur ma chair.— Elle est douce, dit-il. Le







