MasukElle se relève, me tend la main, et je la saisis. Elle me conduit vers le lit, me fait allonger, et commence à me déshabiller avec une lenteur délibérée, chaque vêtement retiré comme un voile, chaque caresse posée comme une promesse. — Tu n'es pas un substitut, répète-t-elle. Tu es toi. Et je t'aime. Ses lèvres se posent sur ma peau, sur mes paupières, sur mes joues, sur ma bouche. Puis elles descendent le long de mon cou, s'attardent sur le collier, sur la ceinture, sur chaque cicatrice, chaque frisson. Ses mains parcourent mon corps, lentes, précises, et je me perds dans ses caresses, dans ses mots, dans la chaleur du feu qui danse sur les murs. — Laisse-moi t'aimer, murmure-t-elle. Laisse-moi te montrer. Elle m'aime avec une lenteur insoutenable, chaque geste chargé de sens, chaque baiser posé comme une preuve. Ses doigts s'insinuent en moi, ses lèvres se posent sur mon sexe, et je gémis, les poings serrés sur
Nora Les gardes entraînent Iris dans la cave, une pièce sombre et froide que Léonora réserve aux interrogatoires. Je les suis, malgré la douleur qui me lance dans le bras, malgré le sang qui colle à ma peau, malgré les paroles d'Iris qui tournent en boucle dans ma tête comme un poison lent. La pièce est nue, à l'exception d'une chaise métallique au centre, d'une table en acier fixée au sol, et d'une ampoule nue qui pend du plafond, diffusant une lumière blafarde. Iris est assise sur la chaise, les poignets menottés derrière le dos, le visage déformé par la rage et la douleur. Ses cheveux sont tombés sur son visage, et elle respire fort, comme un animal acculé. Léonora entre derrière moi, suivie de Soren, qui a été alerté par le bruit. Il s'arrête dans l'embrasure de la porte, les bras croisés, le visage sombre. Personne ne parle. Le silence est lourd, chargé de tout ce qui n'a pas été dit, de tout ce qui va l'être.
Je la trouve devant sa porte, une tasse de café à la main, le visage aussi impassible que d'habitude. Elle lève les yeux vers moi, et je vois une lueur d'agacement dans son regard. — Vous voulez quelque chose ? demande-t-elle. — Oui. Te parler. — De quoi ? — De toi. De Volkov. Du téléphone dans le débarras. Elle ne bronche pas. Son visage reste de marbre, mais ses doigts se resserrent sur sa tasse, et je vois ses phalanges blanchir. — Je ne sais pas de quoi vous parlez, dit-elle. — Tu sais très bien. J'ai vu le téléphone. J'ai vu les messages. Tu communiques avec Volkov depuis des semaines, peut-être plus. Tu es la taupe. Le silence se fait, lourd, électrique. Iris me fixe, et je vois enfin quelque chose bouger dans ses yeux. Pas de la peur. Pas du déni. De la haine. — Vous ne savez rien, dit-elle d'une voix sifflante. Vous ne savez r
Je marche devant lui, les jambes tremblantes, le cœur battant à tout rompre. La colère me consume, mais ce n'est pas la seule chose qui m'anime. Il y a autre chose, une rage mêlée de désir, une volonté de lui faire payer sa trahison, de le dominer, de lui prendre tout ce qu'il m'a volé.La serre est au fond du jardin, une structure de fer et de verre à moitié effondrée. Les vitres sont opaques de givre, certaines brisées, et la neige s'est accumulée sur les montants rouillés. À l'intérieur, il fait à peine moins froid, et l'air sent la terre morte et le métal gelé. Des plantes desséchées pendent des étagères, leurs feuilles recroquevillées comme des mains de squelettes.Je pousse la porte, qui grince sur ses gonds, et j'attire Soren à l'intérieur. Sans un mot, je le plaque contre le mur, mes mains sur sa poitrine, mon corps pressé contre le sien. Il me regarde, le souffle court, les yeux brillants de surprise et de désir.— Tu m'as menti, dis-je
Nora Le jardin est gelé. La neige a cessé de tomber, mais le froid est mordant, et les allées de gravier crissent sous les pas comme du verre brisé. Les lanternes accrochées aux murs du manoir diffusent une lumière pâle, jaunâtre, qui se reflète sur les arbres nus et les buissons couverts de givre. Je suis sortie pour respirer, pour échapper à l'atmosphère étouffante du manoir, aux regards, aux murmures, aux tensions qui s'accumulent depuis la nuit que j'ai passée avec Léonora. Soren m'a proposé de me rejoindre. J'ai accepté sans réfléchir, poussée par une impulsion que je ne saurais expliquer. J'avais besoin de le voir, de lui parler, de comprendre ce qui m'arrive. Depuis le dîner, depuis la main sur ma cuisse, depuis la nuit d'obéissance, je suis perdue, écartelée entre deux désirs, deux loyautés, deux amours. Il arrive, silencieux, ses pas étouffés par la neige. Il porte une veste sombre, un bonnet de laine noire, et so
Elle se lève, s'approche de moi, et ses doigts se glissent dans mes cheveux, tirent doucement ma tête en arrière. Sa bouche se penche vers mon oreille, et son souffle chaud fait frissonner ma peau.— Cette nuit, tu es mon instrument. Mon miroir. Mon plaisir incarné. Chaque caresse que je t'offrirai sera précédée d'un ordre. Chaque baiser que tu recevras sera une permission demandée et accordée. Comprends-tu ?— Oui, Léonora.— Alors, demande-moi la première permission.Ma gorge se serre, mais je m'exécute. Les mots montent, hésitants d'abord, puis plus fluides.— Léonora, j'aimerais que tu me caresses.— Où ?— Le visage. D'abord le visage.Sa main se détend, se pose sur ma joue, et ses doigts tracent un chemin lent, presque tendre, le long de ma mâchoire, sur mes lèvres, sur mes paupières closes. Le contact est doux, si doux que je sens mes yeux piquer.— Encore, murmure-t-elle. Demande encore.







