共有

Liée à mon demi-frère alpha
Liée à mon demi-frère alpha
作者: Claire V.

Chapitre un

作者: Claire V.
last update 公開日: 2025-11-19 14:15:00

Point de vue de Brielle

CLAC !

Une gifle s’abattit sur ma joue, envoyant ma tête valser sur le côté. C’était la cinquième. Malgré la douleur lancinante qui me brûlait la peau, je restais impuissante.

Les sbires de Ria me maintenaient plaquée au sol, à genoux, comme une criminelle attendant son exécution.

« Pour qui tu te prends, Brielle ? Tu te crois digne de Lancelot ? Toi ? Pauvre putain pathétique ! » Sa voix résonna dans le couloir, gorgée de venin.

À l'entendre, on aurait pu croire que j’avais commis un crime impardonnable : que je lui avais volé son mec ou que je m’étais déshonorée. Mais c’était faux. Rien de ce dont elle m’accusait n’était vrai.

« Imaginez un peu : la garce rousse pensait vraiment qu’elle et Lancelot pouvaient finir ensemble ! » ricana l’une de ses suiveuses en dévoilant ses dents.

« Les bâtardes dans son genre ne connaissent jamais leur place. Tout comme leurs mères putes », surenchérit une autre.

Ce mot, bâtarde, me transperça jusqu'au fond de l'âme.

« Je ne suis pas une bâtarde ! » rétorquai-je.

J'aurais dû me taire. J'aurais dû ravaler ma rage. Mais l'insulte m'avait touchée au cœur. Je bouillonnais déjà et luttais pour me contenir, mais il ne s'agissait plus seulement de moi.

Me traiter de pute était une chose, mais traîner ma mère là-dedans ? C'était intolérable.

« Ce n'est pas parce que ta propre mère a écarté les cuisses pour des inconnus que la mienne a fait la même erreur. Nous n'avons rien en commun, Mila », lui crachai-je en levant les yeux au ciel, bien que parfaitement consciente d'être à leur merci.

Son visage s'assombrit, balayé par une rage soudaine. Elle leva la main pour me frapper sans même attendre l'accord de Ria, mais se figea brusquement, à ma grande surprise.

Des pas résonnèrent dans le couloir.

Incapable de me retourner, une odeur brute de eau de Cologne mêlée à quelque chose de sulfureux m'envahit les narines. Inutile de regarder. Je savais exactement qui venait d'arriver.

Lui.

La cause exacte de ma présence dans ce pétrin.

Je gardai les yeux rivés au sol, le corps raide sous la poigne de Ria, tandis que sa main relâchait lentement mes cheveux.

Quand j'étais montée dans cet avion avec ma mère pour rejoindre le Clan des Crocs d'Argent, je n'aurais jamais imaginé vivre cet enfer. L'université de Silvermoor était censée être le meilleur établissement pour les gens comme moi. J'avais accepté ce déménagement lorsque ma mère s'était trouvée un compagnon ici, espérant que ma vie prendrait un nouveau départ.

Mais je ne m'attendais pas à ça : ce harcèlement quotidien, méthodique, infligé par Ria et sa clique.

Au début, je pensais que cela passerait après une semaine ou deux. Un simple rite d'initiation pour la nouvelle, cette cruauté ordinaire que tout le monde conseille d'« encaisser en silence ».

Mais les jours sont devenus des semaines, puis des mois. J'ai dû me rendre à l'évidence : le cauchemar ne faisait que commencer. Des filles m'accusaient de séduire leurs copains. D'autres me dévisageaient comme si j'étais un parasite indésirable.

« Qu'est-ce qui se passe ici ? »

La voix glaciale fendit l'air comme une lame, tranchante et impérieuse. Son regard balaya la scène, oscillant entre Ria et moi, agenouillée comme une proie prise au piège.

Ria m'abandonna aussitôt. L'espace d'une seconde, je levai la tête et croisai le regard de Lancelot. Je le regrettai instantanément.

Son visage exhalait un mépris souverain. Et, maudite soit-elle, cette même étincelle de dégoût y brûlait encore — celle-là même que j'avais vue plus tôt en cours.

Je lui avais simplement avoué mes sentiments. Rien de plus. Je m'attendais à ce qu'il m'accepte ou me éconduise discrètement. Mais non : il avait choisi de m'humilier publiquement.

Ce salaud avait donné ma lettre d'amour à une autre fille, la sommant de la lire à haute voix devant toute la classe. Ce que je croyais intime avait été étalé au grand jour, mot pour mot. Et comme si cela ne suffisait pas, il lui avait demandé de corriger mes fautes d'orthographe, ma ponctuation et la structure de mes phrases, transformant mon cœur mis à nu en une vaste rigolade.

Quel monstre.

Mais que Dieu me maudisse encore plus d'avoir été assez naïve pour essayer.

« Rien d'important, Alpha », ronronna Ria d'une voix mielleuse, cherchant son approbation. « On remettait juste la nouvelle à sa place après le cirque qu'elle a fait aujourd'hui… »

« Parfait. Finissez-en vite. Je ne veux plus revoir un tel spectacle », lâcha Lancelot en faisant claquer sa langue. Il nous congédia d'un geste indifférent avant de tourner les talons.

Je fixai sa silhouette qui s'éloignait, pétrifiée par l'incrédulité.

Remettre à sa place ? C'est comme ça qu'il appelait ça ?

N'avait-il pas vu les griffures ensanglantées sur ma peau ? La brûlure des gifles sur mes joues ? Les taches de café qui me trempaient là où ses filles m'avaient aspergée ?

Même si c'était leur définition de la discipline, qu'en était-il de moi ? Du fait que j'étais brisée et piétinée sous ses yeux ?

Pourtant, je gardai le silence. Je savais qu'il valait mieux m'écraser.

Protester ne ferait qu'empirer mon sort, et j'en avais déjà trop fait. Alors, ravalant les mots qui me brûlaient la gorge, j'attendis que le supplice s'achève.

Après tout, c'était ma faute depuis le début. Je n'aurais jamais dû me laisser charmer par lui.

« Relevez-la ! » ordonna Ria.

Aussitôt, trois de ses sbires me tirèrent vers le haut, leurs ongles s'enfonçant dans mes chairs.

Ria s'avança et me réagrippa les cheveux. D'une secousse violente, elle me traîna le long du couloir. Mon cuir chevelu me brûlait alors que je trébuchais derrière elle.

J'essayai de me défaire de sa poigne, en vain. Elle était trop forte, et ses molosses me cernaient, guettant la moindre incartade pour me frapper. Je ne pouvais que serrer les dents sous la douleur des cheveux arrachés, priant pour que cela s'arrête.

« Comment tu oses approcher mon Lancelot ? Tu te prends pour qui ? Tu crois que ton admission ici te donne tous les droits ? » cracha-t-elle, la voix tremblante de rage, en me tirant brusquement par le bras.

« Une université, mon œil », murmurai-je avec amertume.

Ce n'en était pas une. C'était une arène. Un royaume où les héritiers des grandes familles faisaient la loi sur les faibles et les démunis.

Et moi ? J'étais la cible idéale. Sans loup, sans nom, sans protection.

Ria régnait en fille du Bêta ; mon destin, lui, avait été scellé dès la seconde où j'avais franchi les portes de Silvermoor en simple anonyme.

« Avance plus vite, putain de rousse ! »

Un coup de pied sec me percuta le bas du dos, me projetant en avant alors que je peinais déjà à suivre le rythme frénétique de Ria.

Même sans loup, je savais que je pouvais en étaler certains si je le voulais. Je l'avais déjà fait une fois, quand deux d'entre eux m'avaient attaquée à la sortie des cours.

Mais depuis que Ria avait pris la tête de cette meute de hyènes, ralliant d'autres nobles et me menaçant d'en faire subir les conséquences à ma mère, j'avais dû ravaler ma fierté.

J'encaissai chaque coup, chaque crachat, chaque humiliation sans broncher. Le prix de la riposte aurait été bien trop lourd à payer.

« C'est peut-être parce qu'elle a couché avec la moitié du campus qu'elle se croit tout permis », lança une fille avec dédain.

Inutile de me retourner, je reconnus cette voix entre mille. Fanny.

Son mec me tournaît autour depuis mon arrivée, s'imposant dans mon espace, me suppliant de lui laisser une chance. Je l'avais jeté à chaque fois, insulté en face. Mais lorsqu'il l'avait finalement larguée pour me draguer ouvertement, elle avait propagé l'enfer : disant que je l'avais aguiché, que je n'étais qu'une traînée.

Elle était de haut rang ; je n'étais rien. Ses mensonges sont devenus parole d'évangile, tandis que ma vérité a été enterrée vivante.

« Laisse-moi rire », cracha Ria en jetant un regard méprisant par-dessus son épaule. « Aucun mec ne toucherait à une poubelle pareille. Avec un trou pareil, n'importe quelle bite se perdrait dedans. »

Des éclats de rire cruels fusèrent dans le couloir, ricochant contre les murs comme des éclats de verre. Encouragée par la méchanceté de sa cheffe, la bande enchaîna les insultes, me réduisant plus bas que terre.

Je serrai les poings à m'en enfoncer les ongles dans les paumes. Mon pouls battait à mes tempes, un tambour sauvage impossible à faire taire. Leurs mots faisaient plus de dégâts que leurs poings.

J'étais sans défense. Pauvre.

Parachutée ici parce que ma mère avait dégoté un nouvel amant et s'était imaginé que ce retour changerait notre vie. Elle ne m'avait même pas révélé son identité. Elle ne m'avait pas préparée à ça.

Elle m'avait jetée dans la fosse aux loups, sans armes.

Et lorsqu'il y a deux semaines, une photo de ma mère au lit avec un homme au visage masqué a fuité sur Moonbook — le réseau social du campus alimenté par les ragots —, les rumeurs se sont embrasées.

La marque s'était imprimée au fer rouge : fille de pute. Ils prétendaient que mon père n'était pas mort comme l'indiquaient mes registres, mais qu'il m'avait abandonnée à la naissance, écœuré par la vie débauchée de ma mère.

Telle mère, telle fille. C'était mon nouveau nom.

Avant que je ne puisse réagir, une pluie de coups s'abattit sur moi. Ils pleuvaient de partout, brisant la protection de mes bras. Je me recroquevillai d'instinct, mais mes défenses ne ralentissaient pas la douleur.

Ma lèvre éclata sous un impact ; le goût amer et métallique du sang m'envahit la bouche.

À moitié sonnée, on me traîna de force jusqu'aux toilettes. Mes jambes raclèrent le carrelage avant qu'on ne me projette à l'intérieur. La porte claqua dans un bruit sourd.

Je me précipitai contre le panneau en bois, martelant la surface, la voix éraillée par la terreur : « Ouvrez ! Laissez-moi sortir ! »

Seuls des rires moqueurs me répondirent de l'autre côté.

En levant les yeux, j'aperçus une fumée grise s'enrouler au-dessus de la cloison, s'infiltrant dans la cabine comme un prédateur. L'odeur me foudroya l'instant d'après : lourde, prend-à-la-gorge, toxique.

La panique m'écrasa. Je toussai à m'en décrocher les poumons, me masquant le visage, mais la fumée m'incendiait les voies respiratoires. Je grattais la porte, frappais de toutes mes forces restantes, mais mon énergie s'évaporait.

Ma tête tourna. Mes genoux se dérobèrent.

La dernière chose que je ressentis avant d'être aspirée par les ténèbres, ce fut la morsure de la trahison, l'écho de leurs rires étouffés, et la certitude terrifiante que je ne survivrais pas si personne ne me venait en aide.

この本を無料で読み続ける
コードをスキャンしてアプリをダウンロード

最新チャプター

  • Liée à mon demi-frère alpha   Chapter 312

    Point de vue de BrielleMon corps s'écrasa sur le sol froid.Le choc me coupa le peu d'air qui me restait. J'essayai de me relever, mais en vain.Mes bras tremblaient tellement qu'ils s'affaisèrent sous moi. Toute la force qui m'animait quelques secondes auparavant m'avait quittée.J'avais l'impression qu'une force intérieure m'était de nouveau enchaînée. La louve qui avait rugi si fièrement quelques instants plus tôt s'était étrangement tue.Je la sentais encore, mais sa voix était faible, comme emprisonnée derrière d'épaisses parois. J'avais du mal à respirer.« Quoi… » toussai-je, du sang giclant sur le sol ciré. « … Qu'est-ce que tu m'as fait ? »Séraphina essuya calmement le sang du poignard d'argent avec un chiffon blanc.Elle semblait presque amusée, comme si elle regardait un enfant résoudre une énigme simple.« Je me demandais combien de temps il te faudrait pour trouver la solution. »Ma main se porta de nouveau à mon cou. La plaie me brûlait comme du feu. Chaque battement d

  • Liée à mon demi-frère alpha   Chapter 311

    Point de vue de Brielle« Tu as tué ma mère ! »Les mots me sortirent de la gorge à nouveau tandis que je me jetais sur Séraphina.Rien d'autre ne comptait, ni les gens autour de nous, ni les gardes, ni même les soldats qui se rapprochaient.Je ne voyais que son sourire béat, savourant ma frustration. J'avais déjà croisé des sadiques, mais elle les surpassait tous.Voilà une femme qui riait de satisfaction en parlant de la mort de Sonia.La femme qui avait détruit ma famille, celle-là même qui m'avait menti.« Je vais te tuer ! » la menaçai-je, le visage enflé.La colère m'envahissait et mon visage tout entier reflétait cette rage. Le sol craqua sous mes pieds lorsque je chargeai.Je n'avais jamais été aussi rapide.L'étrange puissance qui m'habitait rugissait, inondant chaque fibre de mon être. Pour la première fois de ma vie, je ne me sentais pas faible, même après avoir été vidée de mon sang.Je me sentais invincible.Séraphina ne broncha même pas. Un homme s'interposa entre nous.

  • Liée à mon demi-frère alpha   Chapter 310

    Point de vue de BrielleLes mots de ma mère résonnaient dans ma tête.« Il a verrouillé ton pouvoir. »Je fixai Séraphina, et soudain, tout s'éclaira.Chaque anniversaire solitaire.Chaque entraînement où rien ne se passait.Chaque visite douloureuse chez le guérisseur, parce qu'on pensait que quelque chose n'allait pas chez moi.Je me souvenais de chaque murmure sur mon absence de loup.Chaque plaisanterie cruelle.Chaque fois qu'on me regardait avec pitié parce que je n'avais pas d'odeur.Chaque nuit, je pleurais jusqu'à m'endormir, me demandant ce que j'avais fait pour mériter d'être différente.Ce n'était pas parce que j'étais brisée.Ce n'était pas parce que la Déesse de la Lune m'avait abandonnée.Mon père…Il m'avait protégée.Il m'avait cachée d'elle.Il avait porté ce fardeau seul, sachant que je le haïrais probablement un jour pour m'avoir fait vivre comme une fille ordinaire.Les larmes me brûlaient les yeux. « Toi… » murmurai-je.Séraphina sourit, comme si elle m’avait re

  • Liée à mon demi-frère alpha   Chapter 309

    Point de vue de BrielleJe ne savais pas combien de temps j'avais dormi, ou peut-être que je n'avais pas dormi du tout. Les drogues brouillaient tous mes souvenirs.Parfois, je me réveillais persuadée que c'était le matin. Puis je voyais l'obscurité par la petite fenêtre près du plafond.D'autres fois, je croyais qu'il faisait nuit, pour que la lumière du soleil inonde la pièce quelques minutes plus tard.J'avais renoncé à essayer de me souvenir.La porte s'ouvrit de nouveau et deux gardes entrèrent.« Lève-toi », dit l'un d'eux d'un ton cruel.Je me redressai lentement. Tout mon corps était lourd. Ma tête me faisait mal et même lever le bras était difficile.« Qu'est-ce que… qu'est-ce que vous voulez encore ? » J'essayai de paraître forte, mais ma voix était pâteuse, d'une façon que je détestais et que je ne pouvais pas contrôler.Aucun d'eux ne répondit. L'un me saisit le bras. L'autre déverrouilla les chaînes qui retenaient le lit. Mes jambes faillirent flancher quand je me levai.

  • Liée à mon demi-frère alpha   Chapter 308

    Point de vue de LancelotCela faisait des semaines que Brielle avait disparu.Des semaines de recherches, de fausses pistes, à me réveiller chaque matin avec l'espoir que quelqu'un dise : « On l'a retrouvée. »Personne ne l'a jamais fait.Chaque rapport se terminait de la même façon.On ne l'avait ni vue ni entendue.Aucun témoignage, aucune preuve, et Brielle toujours pas.Je me tenais dans le bureau de mon père, fixant une autre carte couverte d'épingles et de notes.« Alors, c'est tout ? » demandai-je. « Encore une impasse ? »Mon père laissa échapper un soupir de lassitude. « Nos éclaireurs ont fouillé chaque recoin. Ils n'ont rien trouvé. »Je ris amèrement. « C'est toujours la même chose. »Il leva les yeux vers moi. « Lancelot… »« Non. » l'interrompis-je poliment en levant un doigt. Je savais ce qu'il voulait me dire : il fallait passer à autre chose, puisqu'on n'avait rien trouvé pour retrouver Brielle.Je secouai la tête. « Il doit bien y avoir quelque chose. »« Il n'y a ri

  • Liée à mon demi-frère alpha   Chapter 307

    Point de vue de LancelotJ'ai assisté à la réunion du conseil sans entendre la moitié des discussions.Toutes les chaises autour de la longue table étaient occupées. Les anciens, les Bêta, mon père, les commandants et les membres du conseil étaient présents.Tout le monde s'était réuni pour discuter des conséquences de l'attaque, du moins c'est ce que j'avais cru comprendre.Nous avons passé la première heure à parler de ravitaillement, de patrouilles frontalières et de la reconstruction des postes de guet endommagés. Je n'arrivais pas à me concentrer ; toutes les quelques minutes, mes pensées revenaient à Brielle.Mangeait-elle ?Était-elle blessée ?S'était-elle encore endormie en pleurant ?Me détestait-elle toujours ?Je me suis frotté le front. Je n'avais pas bien dormi depuis des jours.« Lancelot. »J'ai levé les yeux et j'ai vu que le Bêta me fixait. « Je t'ai demandé ton avis. »J'ai cligné des yeux. « Je suis désolé. »Il m'a adressé un sourire forcé. « J'ai remarqué que tu

続きを読む
無料で面白い小説を探して読んでみましょう
GoodNovel アプリで人気小説に無料で!お好きな本をダウンロードして、いつでもどこでも読みましょう!
アプリで無料で本を読む
コードをスキャンしてアプリで読む
DMCA.com Protection Status