Chapitre 99LE POINT DE VUE D'ELIASJe reposais contre l’oreiller, encore faible, les bras branchés à des perfusions, une douleur sourde me traversant l’abdomen à chaque respiration. Pourtant, malgré cette souffrance, il y avait une chaleur dans ma poitrine : Alaya, assise juste à côté de moi, me tenait la main, comme si elle refusait de me lâcher, comme si sa présence seule me gardait en vie.La porte s’ouvrit et Malick entra avec Amenda. Je levai difficilement les yeux vers eux.— Mon grand, comment tu te sens ? demanda Malick d’une voix grave mais adoucie.Un petit sourire se dessina sur mes lèvres malgré tout.— J’ai connu mieux…Malick éclata de rire, puis lança :— Franchement, c’est la plus belle lune de miel de tous les temps entre toi et Alaya !Je me surpris à rire aussi, même si chaque vibration de ma poitrine me rappelait que mon corps était encore meurtri. Amenda aussi riait doucement, et même Alaya esquissa un sourire timide, malgré les larmes encore fraîches qui marquai
Chapitre 98LE POINT DE D'ALAYATout s’est passé si vite. La police est entrée dans la pièce comme un éclair. Les hommes ont crié des ordres, et j’ai vu Santino, toujours debout, le regard fou de rage, se faire menotter. Je n’arrivais pas à y croire. Il lisait ses droits, et il était enfin hors d’état de nuire. Mon corps entier tremblait de soulagement et de peur mêlées.Malick s’est précipité vers moi et a commencé à desserrer les cordes qui retenaient mes bras. Une fois les liens tombés, je me suis précipitée vers Elias, mes jambes me portant malgré l’épuisement et la peur.— Tiens bon, mon amour ! Tiens bon ! ai-je crié, ma voix tremblante, brisée par l’angoisse.Mais en le voyant, mon cœur s’est arrêté. Il se vidait de son sang si rapidement… sa peau était pâle, ses lèvres bleuies, et ses yeux me cherchaient, lourds et fatigués. J’avais peur, une peur viscérale, profonde, que je n’avais jamais ressentie.— Elias… oh mon dieu… ne me laisse pas… reste avec moi…Il m’a souri faibleme
Chapitre 97LE POINT DE VUE D'ELIASJe crus que mon cœur allait s’arrêter.Un cri rauque m’avait échappé un cri d’homme arraché à ses entrailles. Je n’osais pas rouvrir les yeux. Si je les ouvrais… je la verrais gisant à terre.Mais alors, un autre bruit m’a ramené. Pas son corps qui tombe. Pas son souffle qui s’éteint. Non… des rafales. Des coups de feu. Les balles pleuvaient autour de nous, sifflant dans l’air, ricochant sur les murs. Et comme par miracle, j’ai osé rouvrir les yeux.— Alaya !Elle était toujours là. Debout. Vivante. Haletante, tremblante, mais debout. Mon souffle s’est brisé. J’ai cru voir un ange arraché à la mort.Puis mon regard s’est tourné. Et ce que j’ai vu m’a glacé. Les hommes de Santino… s’effondraient un à un, transpercés par les balles venues d’ailleurs. Quelqu’un nous couvrait, quelqu’un d’invisible dans l’ombre. Ce n’était pas Santino qui avait tiré sur elle. Non. Ce démon avait eu l’intention, mais le destin avait brouillé son jeu.Alors, dans un derni
Chapitre 96LE POINT DE VUE D'ELIASLa douleur me vrillait les entrailles. Chaque coup de Santino était comme une explosion dans mon corps. Le goût métallique du sang emplissait ma bouche, et je crachai un filet rouge sur le sol poussiéreux. Mes jambes pliaient, mais je me forçais à tenir, à rester debout. Il ne devait pas voir ma faiblesse.Je relevai mes yeux vers lui, vers cet homme que je croyais mort. Santino… debout, vivant, un sourire cruel accroché aux lèvres. J’avais vu son corps. Je l’avais vu descendre en terre. J’avais assisté à l’enterrement. Et pourtant… il était là.— Comment… comment c’est possible ? soufflai-je d’une voix brisée par la douleur. Nous t’avons enterré. J’ai vu ton corps.Santino éclata d’un rire sec, tranchant, qui résonna comme une gifle.— Merde… Elias, j’ai juste hâte de voir la tête d’Alaya quand elle se réveillera. Putain, pourquoi elle s’est évanouie, hein ? J’aurais voulu qu’elle profite du spectacle.Mon cœur se serra. Alaya… Je priai intérieurem
Chapitre 95LE POINT DE VUE DE D'ALAYA Je n’avais jamais ressenti une douleur pareille. Chaque coup de fouet s’abattait sur ma peau comme une lame brûlante, arrachant un cri que je ne pouvais retenir. Mon dos me brûlait, mes larmes se mêlaient à la sueur qui inondait mon visage, et mes poignets liés derrière moi me faisaient atrocement mal à force de tirer, de résister, de vouloir me libérer.— Aaaah !… s’il vous plaît… arrêtez !Ma voix était étranglée, déchirée, presque méconnaissable. Mais rien n’y faisait. Le bruit sec du cuir fendait encore l’air avant de frapper ma chair, me volant à chaque fois un peu de souffle, un peu de force, un peu d’espoir.Dans ma tête, une seule pensée tournait en boucle : mon bébé. J’avais peur qu’avec chaque coup, chaque secousse, je perde cette vie fragile qui grandissait en moi. Je serrais les dents, je priais en silence, je suppliais Dieu, le ciel, n’importe qui d’épargner mon enfant, même si moi je devais mourir ici.Je n’arrivais plus à sentir o
Chapitre 94LE POINT DE VUE D'ELIASJe me réveillai en sursaut, le souffle coupé, la gorge sèche. Tout était confus, douloureux. Une brûlure intense me vrillait la nuque et mes poignets me lançaient atrocement. Je sentais mes mains suspendues au-dessus de ma tête, liées par une corde épaisse qui me sciait la peau. Mes pieds touchaient presque le sol, oscillant à peine, comme un pantin désarticulé.Un sac noir étouffait ma vision, collé à mon visage, et je peinais à respirer. Un souvenir brutal me frappa : le camion, l’impact violent, le cri d’Alaya, puis le néant. Mon cœur s’emballa. Non… ce n’était pas un accident. C’était un piège, une attaque préméditée. Et il n’y avait qu’un seul enfoiré assez lâche et cruel pour m’infliger ça : Luca.La panique monta d’un coup. Mon premier réflexe fut de secouer ma tête, frénétiquement, pour essayer de faire tomber ce sac. Je me balançai, cognant mon corps contre les chaînes qui grinçaient dans l’air moite. Mais rien. J’étais coincé. Prisonnier.